Midi Libre de ce jour (je ne suis pas rancunier...) :
"La commission des Lois de l'Assemblée nationale a adopté mercredi à la quasi unanimité la proposition de loi du sénateur UMP Raymond Couderc (Hérault) visant à pénaliser la diffamation et l'injure envers les harkis. Cette "proposition de loi relative aux formations supplétives des forces armées" sera examinée en séance le 20 février avant de retourner au Sénat. Le député UMP Elie Aboud a assuré que le texte "serait adopté avant la fin de la session". Les travaux du Parlement doivent s'arrêter le 9 mars.
12 000 euros d'amende l'insulte et de 45 000 euros la diffamation
La proposition de loi prévoit que, pour l'application de la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui punit la diffamation et les injures, les formations supplétives sont considérées comme faisant partie des forces armées. Ainsi, elle sanctionne de 12 000 euros d'amende l'insulte et de 45 000 euros la diffamation. Elle permet aussi aux associations de défense de se porter partie civile. Le 19 janvier, le Sénat à majorité de gauche avait adopté cette proposition de loi à l'unanimité, sauf les sénateurs communistes qui n'ont pas pris part au vote."
Commentaires :
On imagine, cela va de soi, que, demain, on punira ceux qui contestent le massacre des Harkis restés en Algérie (abandonnés serait plus exact) par le FLN en 1962 (évènement non-contestable, mais sur lequel les données chiffrées sont très parcellaires : de 30.000 pour certains à 200.000 pour d'autres).
Objectivement, cette Loi est stupide et, malheureusement, annonciatrice de pleins d'autres lois stupides du même genre, puisque l'on ne finira plus de détailler ceux qu'il conviendra de protéger : les SDF, les descendants de Chouans ou les coureurs cyclistes non dopés...
Elle est d'autant plus stupide que, là encore, c'est l'argument électoraliste qui joue à plein : son promoteur, l'intellectuel raymond Couderc, député-maire de Béziers, étant notoirement en difficulté pour sa réélection mais connaissant l'existence d'une importante communauté d'origine Harki sur sa circonscription.
A ce tarif, dans le 13° Arrondissement de Paris, ça sent la Loi contre la négation de la Révolution Culturelle, tout en laissant au point mort l'enquête sur la disparition inquiétante des chats du quartier consécutives (mais seuls les esprits chagrins y verront un lien) à une hausse sensible de la production de raviolis.
Pour être plus sérieux, personne de bonne foi ne méconnait le drame des harkis, abandonnés pour certains au massacre en Algérie, parqués pour les autres, dans des camps forestiers ou d'anciens camps de concentrations français, comme à Rivesaltes.
Naguère, quand mon Régiment était à Béziers et que nous manoeuvrions à Rivesaltes, j'aimais beaucoup aller dans l'ancien camp, laissé à l'abandon, quand j'avais un peu de loisir.
Je passais le portail, qui avait vu passer tant de misères, et je songeais à tous ces gens, Républicains espagnols, communistes, juifs, résistants, parqués là avant d'être donnés aux Nazis. Et à ceux qui ont suivi : les Harkis.
Rien qu'aux murs fins - deux plaques de placo collées, tout au plus - tu savais combien ils avaient eu froid l'hiver et chaud l'été.
On attend toujours le mémorial, et son musée, du reste.
Franchement, plutôt que des lois stupides, finissons ce mémorial et envoyons-y les classes avec un bon guide : il faut toucher la misère du doigt, voir l'histoire en vrai, éduquer, pas en punir l'abstraction.
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