l'expérience des américains qui a peut-être inspiré Ségolène Royale. Les autorités ont décidé de proposer dans quelques Etats aux condamnés à des peines de moins de cinq ans de prison leur sortie anticipée à la condition qu'ils réalisent une formation militaire de trois mois dans le corps des troupes de marines. La discipline est dure, l'entraînement épuisant. Il s'agit de suivre un cursus de sélection morale et physique. Il n'y a pas d'obligation de s'engager à la sortie et beaucoup qui grâce à ce traitement de choc ont appris à respecter ses prochains, un horaire et la discipline, retrouvent des repères. Les résultats donnent 50% d'échec et pour les 50% qui sortent après ce traitement la récidive est quasi nulle. En plus pendant ces trois mois ils doivent suivre une remise à niveau scolaire.
L'idée prônée par Ségolène ROYAL (dont elle va demander un test grandeur nature au Ministre de la Défense) de confier des mineurs délinquants à l'Armée, afin qu'ils y soient "encadrés", n'est pas forcément mauvaise en soi.
Elle n'a juste aucun avenir matériel possible.
Certes, nombre d'anciens, nostalgiques du service National (j'en suis...) adhèrent à une idée qui, du reste, a permis à certains jeunes gens de sortir de leur patelin, de voir autre chose, parfois d'avoir leurs premiers 3 sous en poche, de s'affirmer un peu ou de se modérer le melon au contact de leurs concitoyens et les chevilles au contact des rangers.
Mais en l'état actuel, c'est juste impossible.
D'abord sur le plan matériel : songez que, RGPP oblige, aujourd'hui, le format de l'Armée, c'est 135.000 terriens, 25.000 marins, 15.000 aviateurs, en baisse encore en cours; sachant que chaque poste est programmé, prévu au plan, déterminé, sérié.
J'élimine les marins (qui n'ont plus de bateaux) et les aviateurs (qui n'ont plus rien et dont la vertu première, n'est pas le type de discipline recherchée...), restent les terriens.
Et là, nous allons nous livrer à une expérience amusante, à la découverte de votre corps :
* il reste autant de régiments d'infanterie que vous pouvez compter sur vos doigts et vos orteils réunis.
* il reste autant de régiments de cavalerie que vous pouvez compter sur vos deux mains
* pour les régiments d'artillerie, une main suffira, même amputée d'un doigt...
S'y ajoutent les OMLT, les déploiements, les interventions, les vigipirates, les JAPD, les commémorations...
Bref, monter un petit peloton de djeuns, souvent intimidés mais mal maîtrisables car en carence de repères et d'estime d'eux-même et pas vraiment volontaires, au sein d'un escadron d'instruction (puisqu'il vaut mieux les confier à des instructeurs, tant qu'à faire - je vous rassure : pas de sergent major vous crachant à la goule en France), et pendant un certain temps si on veut que ça soit utile, c'est juste très difficile.
D'autre part, c'est oublier que l'Armée prend déjà sa part dans son recrutement où, au-delà de réelles vocations, on va retrouver aussi des gens qui viennent à la gamelle (après tout, il y en à d'autres ailleurs) ou chercher une seconde chance, justement, et pas que dans la Légion.
L'Armée participe également aux EPIDES : http://www.epide.fr/
où viennent également, parmi des jeunes en difficultés sociales ou scolaires, certains qui ont fait des bêtises encore excusables et veulent tourner, méritoirement, la page.
Bref, on ne peut pas trop charger la mûle non plus et pour les nostalgiques des Bat'd'Af' (*), disons que les années 30 ne reviendront plus (ce qui n'est pas plus mal, puisqu'elles furent suivies des années 40).
(*) les Bat'd'Af', pour Bataillons d'Afrique, étaient des formations disciplinaires stationnés en AFN, pour l'essentiel.
Le fameux Chéri Bibi y était.
Notons que le fameux 17° d'infanterie de Béziers (celui qui "en ne tirant pas sur nous - la foule - ne voulut pas assassiner la République", lors des manifs monstres autour de Marcellin ALBERT en 1907, plus de 700.000 personnes dans le Montpellier de l'époque !) y alla tout entier...





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