Bein oui, je sais, voilà un sujet polémiste...
Mais c'est justement ce qui me plaît.
Bon, déjà, le halal, c'est du droit : halal, ça veut dire licite, ce qui est admis.
Surtout, le halal c'est un peu beaucoup dérogatoire au droit commun.
Tout est parti d'une erreur (volontaire ?) de Marine LE PEN, affirmant que l'ensemble de la viande consommée en Ile de France (IDF), était halal. Tout le monde lui tombe dessus, jusqu'à Notre Président-Candidat (faut-il qu'il ait besoin de voix...) qui y va de sa mugnificente contestation.
En fait, ce que la chambre professionnelle va reconnaître c'est que l'ensemble des viandes abattues en IDF l'est sous rite halal, pour des raisons de praticité. C'est différent, puisque toutes les viandes consommées en IDF ne sont pas abattues en IDF; mais ça reste surprenant pour autant.
Si on fait abstraction des qualités gustatives - dont j'ignore tout - tenant aux méthodes d'abattage, mais qui tient davantage à la qualité de la viande, je pense, reste un problème culturel que nous aurions tort de sous estimer.
Mais là n'est pas le plus important.
La dimension juridique n'est pas absente : tant le code pénal qu'une directive européenne, interdisent la souffrance inutile perpétrée contre les animaux, spécialement ceux de boucherie;
C'est là l'origine légale et obligatoire du coup de masse, le plus souvent électronique, que l'animal de boucherie est censé recevoir dans le front afin que, assommé, il ne se voit pas mourir. De la même manière, il n'est théoriquement plus possible d'égorger le cochon comme naguère.
Toutefois, et c'est bien là un problème caché par nos gouvernants : le rite halal bénéficie d'une dérogation lui permettant d'éviter le coup de mandrin pré égorgeage, puisque l'animal est censé mourir conscient. Je crois que certains Imams l'admettent, mais ils sont loins d'être majoritaires.
Cette dérogation, du même tonneau que les Quatariottes friquées (notez que tout est dans le qualificatif) se trimballant voilées de la tête aux pieds sur les Champs Elysée, sans réaction de la police française, est anormale puisque contrevanant clairement à la loi et faisant souffrir l'animal au-delà du raisonnable.
Surtout, une pratique religieuse, qui en devient obscurantiste, ne devrait pas pouvoir s'imposer aux lois de la République avec de ténébreuses arrières-pensées politiciennes.
Maintenant, il faut avoir l'honnêteté de reconnaître que nos abattoirs sont de vastes foutoirs et que, sans que l'on fasse de comparaisons déplacées, la chaîne (on dit "la filière") de production de viande de boucherie, si elle sortait de l'anonymat, rendrait nombre végétariens : élevages en cages, déplacements en camions, bêtes beuglantes poussées dans les entonnoirs (viande nerveuse au passage) et, s'il faut en croire certaines images clandestines, certaines bêtes oubliées du mandrin que l'on commence à dépecer avant même qu'elles soient mortes...
Bref, il y a de quoi balayer devant notre porte.
Il n'y a quand même aucune raison de ne pas appliquer la loi : le halal n'est concevable que sur une bête préalablement et règlementairement étourdie, les prières et les inacantations n'engageant que ceux qui y croient.
Toute autre solution n'est pas acceptable.
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