sur le site de Amnistie International on peut trouver un modèle de courrier pour tenter de faire pression aux autorités iraniennes... j'ai bien dit "tenter"
Dans le Temps, de Genève, cet extrait de l'entretien avec l'avocat de Sakhina, menacée de lapidation en Iran, et réfugié à Oslo.
Lisez le jusqu'au bout, pour vous faire votre opinion.
"Mohammad Mostafaei était, jusqu'il y a quelques jours, l'avocat de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. C'était, par-delà son métier, l'une des voix libres de l'Iran et l'une de ses consciences. Harcelé par les mollahs, plusieurs fois emprisonné, soumis à un insoutenable chantage moral chaque fois que l'on s'en prenait à sa femme et à sa fille, il a fini par quitter son pays. C'est d'Oslo, où il a trouvé refuge depuis dimanche, qu'il a répondu à nos questions. C'est la première fois qu'il s'exprime, depuis son départ d'Iran.
- Comment s'est passé votre départ?
Mohammad Mostafaei: J'ai passé la frontière entre l'Iran et la Turquie. Cinq heures de marche. Puis à cheval.
- Et ensuite, en Turquie?
- Je suis arrivé dans la ville de Van. Des organisations humanitaires comme Amnesty International ont pris mon cas en main. Nous avons écrit au gouvernement turc. Ils m'ont fait prendre un avion pour Istanbul. Et, là, j'ai passé six jours. Trois au poste de police de l'aéroport. Trois dans un centre de rétention pour étrangers en situation irrégulière. Et c'est grâce à l'intervention de gens de l'ONU, de l'Union européenne et du gouvernement norvégien que j'ai pu arriver à Oslo.
- Quel est votre état d'esprit?
- Epuisé mais combatif. J'aurais préféré rester en Iran, bien sûr, pour continuer le combat pour Sakineh et pour les droits humains dans mon pays. Mais ils m'auraient arrêté. Ou, pire, ils auraient gardé ma femme en prison.
[...]
- Une chose frappe: l'acharnement contre une femme?
- C'est vrai. On s'est acharné sur elle de toutes les manières possibles. D'abord, il y a eu cette condamnation à la lapidation. Elle a vécu avec ce cauchemar, cette épée de Damoclès, au-dessus de la tête. Et puis, maintenant, la République islamique d'Iran, émue par la mobilisation internationale, hésite à appliquer le verdict et pense à transformer la lapidation en pendaison. Sakineh attend. Et c'est une autre forme de torture.
- Pourquoi cet acharnement contre elle en particulier?
- Elle est un symbole. Elle est le symbole de toutes les femmes iraniennes victimes de la famille, de la société, de leurs lois discriminatoires.
- Vue de l'extérieur, toute cette affaire semble parfois très obscure. De quoi est-elle accusée, au juste?
- Concrètement, elle a été condamnée à 99 coups de fouet pour «relation immorale» avec un homme pendant que son mari était en vie. Après le meurtre de son mari, elle a été condamnée à 10 ans de prison pour complicité. Et, au même moment, un autre tribunal l'a rejugée pour son soi-disant adultère et l'a condamnée, cette fois, à la lapidation. Il n'y a évidemment rien de vrai dans tout cela. Aucune preuve. Aucun aveu. Mais, quand l'affaire a été jugée, trois des cinq juges l'ont déclarée coupable avec, pour seule base, leur intime conviction. C'étaient, tous les trois, des religieux. Et des religieux particulièrement fanatiques.
- Quel genre de femme est-elle?
- Une femme simple. Très simple. Elle ne parle quasiment pas le farsi par exemple. Seulement l'azéri.
- Est-ce pour cela qu'elle n'a pas compris, quand il a été prononcé, le verdict de lapidation? On dit que c'est seulement une fois rentrée dans sa cellule que ses codétenues lui ont expliqué et qu'elle a compris?
- Non. Ça, c'est autre chose. C'est parce que le mot employé par les juges a été rajam, le mot arabe pour dire lapidation.
- C'est étrange qu'on utilise un mot arabe?
- C'est vrai. Mais c'est la règle. C'est ce mot, ce mot arabe, qui est utilisé dans le système pénal iranien. Et c'est ce mot qu'elle n'a pas compris.
- Qu'en est-il, selon vous, de ces images télévisées où on la voit, presque entièrement cachée par un voile, confesser ses prétendus crimes. Est-ce bien elle, d'abord?
- Je n'ai pas personnellement vu les images. Mais, selon toute vraisemblance, oui, c'est elle.
- Est-ce sous la torture qu'on lui a extorqué ces aveux?
- C'est ce que j'ai entendu, oui. Qu'elle a été soumise, disons, à très forte pression. Et qu'elle a été contrainte de dire ce qu'elle a dit...."
Juste ces quelques commentaires :
1. Nous avons là une image symbolique et admirable de l'avocat tel qu'il est dans les Pays dictatoriaux et que nous avons, heureusement, perdue de vue dans nos pays occidentaux.
Mais la relative aisance démocratique qui est la nôtre (car le Pouvoir résiste et corrompt) ne doit pas faire oublier que nous sommes les héritiers de ceux qui luttèrent pour défendre des résistants, des collabos, des moins aisés, des opposants politiques....
Je dis ceci avant tout pour le public qui croit trop souvent que seul l'argent (de plus en plus rare (*) nous motive.
2. Pour Sakhineh, on se sent bien impuissant. Mais on peut écrire, relayer, pétitionner, interpeler son élu de tout bord...
Franchement, même si elle avait été complice de la tuerie de son mari, pour le besoin du raisonnement, personne ne mérite d'être lapidé.
Tiens, il faut quand même que je vous décrive la scène : on creuse un trou à mi-femme (normal, on ne lapide que les femmes...), femme que l'on a saucissonnée (saucissonage hallal, faut pas jouer avec ça) dans un drap blanc et que l'on positionne donc dans le mi-trou. Vous me suivez ?
Normalement, la foule doit être à point et, même si l'on ne peint pas un petit cercle rouge sur la tête, chacun y va de sa caillasse visant la tête, éructant (pas exultant) sa joie à chaque coup au but.
J'imagine déjà certains tentant le coup en 1, voire le ricochet.
Bref, chaque Pays est maître chez lui.
Mais il y a un moment où, quand c'est l'Humanité qui est bafouée, on a forcément le droit de s'immiscer.
Tiens, la preuve que ça marche : sous la pression des reproches, les Mollahs envisageraient de commuer la lapidation en pendaison.
Les Mollahs ça ose tout...
(*) c'est dérisoire au regard du sujet de l'article, mais la Garde des Sceaux a demandé à la Profession de réfléchir à un numérus clausus au regard des difficultés économiquyes connues par nombre de cabinets.



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