Finalement, c'est le ministre et les préfets qui sont hors la loi ... :-))
Et la cote de l'Afghan est au plus bas.
Pardon de vouloir choquer un peu, mais l'actualité présente des téléscopages intéressants, révélateurs des hypocrisies.
Voyez, pour Haïti, le gouvernement a édicté des mesures d'urgence, quoi que largement en trompe-l'oeil :
* quelques troupes et sauveteurs, sur nos moyens déjà tendus : rien à dire, on fait ce qu'on peut, à notre place.
* la garantie de la suspension des expulsions vers Haïti : normal, le HCR et la presse mondiale nous aurait "flingués" de renvoyer des gens vers le chaos (plus de morts qu'à Hiroshima !!!). En plus, on ne peut déjà pas faire atterrir les sauveteurs, alors un charter de clandestins...
Notez que l'on s'interdit de renvoyer des Haïtiens vers une ville détruite par un tremblement de terre, mais pas des Afghans dans un pays en guerre.
* accueil en fanfare avec Madame Carla des petits orphelins déjà adoptés préalablement, donc qui allaient venir de toute façon : faut pas confondre avec l'accueil de réfugiés.
Pour ces pauvres gens arrivés en Corse, déjà largement détroussés par des négriers qu'il faut choper (bravo à Hortefeux et ses services s'ils y arrivent), on a quand même, en dépit des assurances du même Besson, finalement appliqué la politique d'urgence habituelle.
Non pas l'accueil au moins temporaire, mais la délivrance de l'arrêté de reconduite à la frontière, exécutable sous 48 heures.
Non pas Madame Carla (après tout, il y a des femmes enceintes, des enfants, des gens qui ne sont manifestement pas des délinquants et la compassion, ce n'est pas politique - je dirais même qu'il n'y a que les andouilles qui auraient pu lui reprocher d'aller les voir et les réconforter) mais 5 centres de rétentions administratifs, d'ailleurs pas bien adaptés aux enfants...
Voilà. Honnêtement, je n'ai pas de position bien tranchée sur ce qu'il faut faire, car le risque d'appel d'air est réel et participerait à la mise en place d'un trafic à grande échelle, mais en plein déferlement de bons sentiments pour Haïti (qui est loin) je trouve que notre accueil fait moche pour ces gens (qui sont proches).
Remarquez, loin, proche, c'est peut être bien l'origine du double-discours : il n'y a pas de risque à être généreux de loin.


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