Dans l'affaire de Villiers le Bel, où une mini moto (non homologuée sur route) pilotée par deux jeunes (sans casque) s'était encastrée à un carrefour dans une voiture de police, causant la mort des deux jeunes, un non lieu avait d'abord été prononcé.
L'avocat des familles vient de déposer plainte pour faux témoignage, l'expertise ayant révélé que la voiture de police avait accéléré "brûtalement" de 5 km/h au carrefour, ce dont les policiers n'avaient pipé mot.
Là encore, il faut se garder de se laisser guider par ses sentiments pro ou anti police (je ne parle pas des sentiments pro ou anti jeunes...).
Objectivement, il est peu probable que l'accélération ait été involontaire, mais il l'est tout autant qu'elle ait eu pour but de placer le véhicule volontairement devant la moto des jeunes.
A toutes fins utiles, je rappelle que la voiture n'était pas en service et n'avait pas pour ambition, normalement, d'intercepter la moto.
Pour autant, je pense que les policiers, je dirais plutôt le conducteur, a aperçu ces jeunes et a, sans nul doute, accéléré un peu, soit pour se positionner en vue d'une poursuite, soit pour faire peur.
On ignore la trajectoire de la moto qui roulait semble-t-il bien vite et, peut être la survenance du véhicule de police a fait commettre un écart au pilote, surpris.
L'accident a, sans doute des causes multiples et le positionnement volontaire du véhicule de police perpendiculairement à la moto est normalement exclu.
Mais là encore, une ommission d'un élément important (on n'accélère normalement pas dans un carrefour que l'on aborde, plutôt en freinant et prudemment, dit le code de la route - notez que le véhicule de police roulait, déjà, à 59 km/h avant accélération, ce qui était déjà 9 km/h de trop quand on n'est pas en service) ne va pas aider leur défense : je pense que face aux conséquences même non voulues de l'accident, l'esprit préfère oublier le détail.
De là à parler de faux témoignage, la marge est grande.
Laissons donc faire l'enquête qui dira si cette accélération fut suffisante à créer le danger ou le risque, voire l'accident.
Pour autant, il est bon de rappeler que, dans d'autres circonstances, on peut difficilement faire l'économie ou l'impasse d'essayer d'intercepter ce type d'individus qui font courir des risques invraisemblables aux autres (pour eux même, ce sont eux qui voient) et que l'accident qui peut en résulter, est d'abord leur faute, faute, d'ailleurs, d'obtempérer aux injonctions de s'arrêter.
Hier, je voyais à la télé une maman (très digne) qui avait perdu son petit Victor, quelques années, et le papa, par la faute, non pas d'un concours de circonstances, mais d'une conductrice alcoolisée, sous emprise de stupéfiant, roulant à une vitesse excessive, tout en écrivant un SMS...
Il y a des jours où dire qu'il y a eu geste criminel n'est presque pas infondé.
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