janv.
24

Mère porteuse : refus de transcription à l'état civil

  • Par laurence.teboulmayer le
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La Cour de cassation refuse de faire transcrire à l'état civil français, la filiation d'un enfant né d'une mère porteuse à l'étranger, application pure et simple du principe selon lequel la convention portant sur la gestation pour le compte d'autrui est nulle.

Pour qu'il en soit différemment, il faudrait une intervention du législateur qui supprimerait l'article 16-9 du Code civil : « toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour autrui est nulle ».



« Vu l'article 423 du code de procédure civile, ensemble l'article 16-7 du code civil ;

Attendu qu'aux termes du premier de ces textes, le ministère public peut agir pour la défense de l'ordre public à l'occasion de faits portant atteinte à celui-ci ; que, selon le second, toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle ;

Attendu que par un jugement du 14 juillet 2000, la Cour suprême de Californie a conféré à M. X..., la qualité de père génétique et à Mme Y..., son épouse, celle de mère légale des enfants à naître, portés par Mme Z..., conformément à la loi de l'Etat de Californie qui autorise, sous contrôle judiciaire, la procédure de gestation pour autrui ; que le 25 octobre 2000 sont nées A... et B... à... ; que leurs actes de naissance ont été établis selon le droit californien indiquant comme père, M. X... et comme mère, Mme X... ; que M. X... a demandé, le 8 novembre 2000, la transcription des actes au Consulat de France à Los Angeles, ce qui lui a été refusé ; qu'à la demande du ministère public, les actes de naissance des enfants ont été transcrits, aux fins d'annulation, sur les registres de l'état civil de Nantes, le 25 novembre 2002 ; que le 4 avril 2003, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Créteil a fait assigner les époux X... pour demander cette annulation ;

Attendu que, pour déclarer irrecevable l'action du ministère public fondée sur une contrariété à l'ordre public, la cour d'appel retient que le ministère public ne contestait ni l'opposabilité en France du jugement américain, ni la foi à accorder, au sens de l'article 47 du code civil, aux actes dressés en Californie, dans les formes usitées dans cet Etat ;

Qu'en se déterminant par ces motifs, alors qu'il ressort de ses propres constatations que les énonciations inscrites sur les actes d'état civil ne pouvaient résulter que d'une convention portant sur la gestation pour autrui, de sorte que le ministère public justifiait d'un intérêt à agir en nullité des transcriptions, la cour d'appel a violé les textes susvisés » (Cass Civ1, 17 décembre 2008 ; pourvoi n° 07-20.468, arrêt publié au Bulletin n° 289).





4 commentaires

Non, la cour de cassation ne s'est prononcée que sur la recevabilité !

  • Par Eric le

Je ne partage pas du tout votre point de vue. En aucun cas la cour de cassation ne s'est prononcée en refusant la transcription d'un acte de naissance d'enfants nés par GPA à l'étranger.


Elle a seulement cassé un jugement de la cour d'appel qui déclarait irrecevable le parquet à annuler la transcription au motif que le parquet peut agir en contestation pour défendre l'ordre public lorsqu'il est intéressé. Dit autrement, cela veut dire que le parquet peut contester, mais pas obligatoirement que les juges doivent le suivre.


La cour d'appel de Paris devant se prononcer sur le fond dans le futur, nous en saurons plus sur le sujet. Sans compter que la jurisprudence européenne Wagner/Luxembourg pourrait mettre tout le monde d'accord. Ou encore les 70 sénateurs qui viennent de déposer une proposition de loi tendant à légaliser la gestation pour autrui.


Au niveau des conventions de mères-porteuses.

  • Par ELEVEDROIT le

Je suis actuellement en 1ere année de droit, et je fais appel à votre aide car j'ai un sujet de dissertation à traiter et votre aide me serait d'une très grande utilité.

Voila le sujet : " Faut-il revenir sur l'interdiction des conventions de mères-porteuses? "

J'aimerais avoir votre avis, d'après moi Oui puisque dans nombreux d'autres pays ces conventions sont autorisées.


Merci d'avance.

Cordialement .


RE: Au niveau des conventions de mères-porteuses.

Vous me posez là une question d'éthique très délicate.

J'avoue moi-même être partagée.

La législation française d'interdiction est bonne, parce que prudente, et de nature à éviter les excès,ce n'est pas parce que d'autres pays étrangers ont adopté la position inverse qu'il faudrait modifier notre législation.

En France, la position est qu'un contrat de mère porteuse aboutit à l'abandon d'un enfant, puisque la mère de l'enfant, c'est celle qui l'a mis au monde.Ce qui peut être une source de traumatisme pour l'enfant.L'enfant s'est attaché à la mère pendant sa grossesse, cela peut être une très grande source d'angoisse pour lui d'être abandonné par elle.

Je comprends la souffrance des gens qui ne peuvent pas avoir d'enfant, mais l'enfant ne doit pas devenir une marchandise.

Vous pouvez écouter la vidéo qui était passé sur la chaine de télévision 24 en face à face entre moi et justement une mère qui n'arrivait pas à faire trancrire.

Allez sur mon site Laurence Mayer.

Laurence Teboul Mayer


RE: Au niveau des conventions de mères-porteuses.

  • Par ELEVEDROIT le

Merci d'avoir pris le temps de me répondre.

Je suis complètement d'accord avec vous même si néanmoins, je suis en faveur d'une loi sur la convention de mères-porteuses si celle-ci est très bien encadrée.

Cordialement.

( Me concernant, j'espère avoir le même parcours que vous, et merci pour votre blog, il est très instructif ).


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