mars
30

La mort et le bucheron

  • Par laurence.leraille le
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Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée,

Sous le faix du fagot aussi bien que des ans

Gémissant et courbé marchait à pas pesants,

Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.

Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,

Il met bas son fagot, il songe à son malheur.

Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?

En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?

Point de pain quelquefois, et jamais de repos.

Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

Le créancier et la corvée,

Lui font d'un malheureux la peinture achevée.

Il appelle la mort, elle vient sans tarder,

Lui demande ce qu'il faut faire.

« C'est, dit-il, afin de m'aider

A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère. »

Le trépas vient tout guérir ;

Mais ne bougeons d'où nous sommes.

Plutôt souffrir que mourir,

C'est la devise des hommes.


Jean de La Fontaine, Fable XVI, Livre I.


5 commentaires

C'est pour nous, avocats, ce message?

  • Par elisabeth.guerin le

convenons-en!

  • Par laurence.leraille le

il n'est pas démodé ce poême, il est même trés actuel!!!


D'Artagnan es-tu là ?

Tel le preux Chevalier d'Artagnan, je m'en allais muni de mes petits escarpins courir les couloirs d'un Palais hanté par nos prédecesseurs.

Ma robe munie de ma barette de lapin blanc, toute voile dehors, j'entendais voguer sur les articles de ces codes si chers à nos législateurs pour sauvegarder le peu de dignité humaine qu'un pauvre hère avait conservé.

O rage ! O désespoir ! o vieillesse ennemie !

Je cassais mon talon.

A défaut de brandir cette chaussure, je brandissais mon serment, peu important le sort qui m'était réservé pour me sauver la face devant cet auditoire !

Mais oui, je n'oubliais pas qui j'avais été, qui j'étais et quel était mon devoir : sauver cet Homme, aider cette Victime, tendre une main à ces parents dans le désaroi, .....................je me découvrais : j'étais l'artisan du Droit, celle qui le façonne, qui le manipule, qui le pétrit pour devenir SOCIETE.


Quel talent, cette Marie-jo!!!

  • Par laurence.leraille le

en fait, si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer


je rougis, je me pame, bref, je m'engage vers une destinée pleine de rebondissements.

c'est trop d'honneur que vous me faîtes Madame le Bâtonnier.