Dans la guerre que les époux en procédure de divorce peuvent se mener, il est indispensable de protéger les enfants de telle manière qu'ils ne soient pas parties prenantes dans le conflit.
C'est pourquoi l'article 205 du code de procédure civile dispose que les descendants ne peuvent jamais être entendus sur les griefs invoqués par les époux à l'appui d'une demande en divorce ou séparation de corps
Dans le cadre d'une procédure, il avait été soutenu que les déclarations des enfants des époux recueillies par les services de police dans le cadre d'une enquête pénale étrangère à l'instance en divorce ne sauraient par principe être écartées des débats.
Et, une nouvelle fois, la Cour de cassation a rappelé que la prohibition s'applique bien aux déclarations recueillies en dehors de l'instance en divorce !
S'il n'est reçu aucune preuve par témoins ou présomptions contre et outre le contenu des actes, cette preuve peut cependant être invoquée pour interpréter un acte obscur ou ambigu.
Une banque avait, suivant acte notarié du 31 mai 1999, consenti à un client et son épouse un prêt, garanti par le nantissement d'un plan d'épargne populaire (PEP) n° 23315563 ouvert au nom du client qui part en liquidation.
la banque avait sollicité l'attribution judiciaire de son gage ; le tribunal avait rejeté sa requête au motif que la demande d'attribution portait sur un compte n° 23315565 différent de celui mentionné à l'acte.
La cour d'appel avait ordonné l'attribution judiciaire à la banque du compte PEP n° 23315565
La Cour de cassation lui donne raison car le client ne prétendait pas être titulaire de plusieurs PEP et ne pouvait soutenir ne pas avoir accordé en toute connaissance de cause la garantie prévue à l'acte sur le seul PEP ouvert auprès de la banque,
L'acte notarié était donc entaché d'une erreur matérielle évidente.
En matière de divorce, l'article 257 -2 du Code civil dispose qu'à peine d'irrecevabilité la demande introductive d'instance comporte une proposition de règlement des intérêts pécuniaires et patrimoniaux des époux.
Si cela n'est pas fait, l'irrecevabilité peut donc être constatée et prononcée.
Une cour d'appel a eu à statuer dans une hypothèse où un jugement de première instance avait déclaré irrecevable une action en divorce pour cette raison.
Néanmoins, la cour d'appel avait réformé la décision entreprise, constatant que, postérieurement à l'acte introductif, des conclusions avaient formalisé une proposition de règlement.
En effet, la Cour d'appel avait fait application de l'article 126 du code de procédure qui prévoit que l'irrecevabilité est écartée si sa cause a disparu au moment où le jour le juge statue.
Cette position est approuvée par un arrêt de la Cour de Cassation du 6 janvier 2012.
(Cour de cassation, chambre civile 2, 6 janvier 2012 N° 10-17824)
Une femme assigne son mari en divorce pour faute.
En défense, celui-ci demande que le divorce soit prononcé pour altération définitive du lien conjugal dont le principe est que celui-ci résulte de la cessation de communauté de vie entre les époux lorsqu'ils vivent séparés depuis deux ans lors de l'assignation en divorce.
Il est également de principe que si une demande pour altération définitive du lien conjugal et une demande pour faute sont concurremment présentées, le juge examine en premier lieu la demande pour faute.
Et s'il rejette celle-ci, il statue sur la demande en divorce pour altération définitive du lien conjugal.
Il est prévu alors, dans cette hypothèse particulière, que le divorce est prononcé pour altération définitive du lien conjugal dès lors que la demande présentée sur ce fondement est formée à titre reconventionnel.
Dès lors le principe est qu'en cas de présentation d'une demande principale en divorce pour faute et d'une demande reconventionnelle en divorce pour altération définitive du lien conjugal, le rejet de la première emporte le prononcé du divorce du chef de la seconde.
(C. cass. 5 janvier 2012, 10-16359) quel que soit le débat sur la durée de la séparation.
Quand je suis entré au Centre de formation à la profession d'avocat, il y a quelques petites années, il y avait là un ancien bâtonnier qui nous expliquait que les avocats étaient des seigneurs.
Je n'ai pas entamé, avec lui, de débat sur la noblesse d'épée, certes admirable, mais souvent fauchée, avant même que d'être guillotinée.
Aujourd'hui, je ne vais pas vous accabler de lieux communs sur la nécessité pour l'avocat d'être chef d'entreprise, patin, couffin, trognon.
Il doit également avoir une nouvelle flèche à son arc : être informaticien, ou à tout le moins vivre en paisible harmonie avec l'outillage informatique.
Certains, pourtant, croient encore qu'il est devin ! C'est-à-dire qu'il est en mesure de prédire l'avenir et, notamment, la jurisprudence.
Sans vouloir d'ailleurs être désagréable, il apparaît que les jurisprudences sont souvent fluctuantes sur un sujet donné et que prévoir leur évolution relève réellement du don de divination.
Toujours est-il qu'un aimable justiciable a cru utile d'imaginer de pouvoir faire condamner un avocat qui n'aurait pas été en mesure de prévoir une évolution jurisprudentielle.
La Cour de Cassation, dans son immense sagesse, a rappelé par un arrêt du 15 décembre 2011 (10 - 24550) que' les éventuels manquements de l'avocat à ses obligations professionnelles ne s'apprécient qu'au regard du droit positif existant à l'époque de son intervention, sans que l'on puisse lui imputer la faute de n'avoir pas prévu une évolution postérieure du droit consécutive à un revirement de jurisprudence' .
Il est vrai que les revirements de jurisprudence interviennent, parfois brutaux, et qu'il est bien difficile d'expliquer à la clientèle qu'une procédure que le professionnel pensait devoir être gagnée se trouve perdue, ou l'inverse.
Dieu ne joue pas aux dés, mais le justiciable, c'est parfois moins certain.
Un homme marié peut-il signer un contrat de courtage matrimonial en vue de trouver une compagne ?
La question s'est posée quand, 15 jours après une ordonnance de non-conciliation, un brave homme a contracté avec une agence matrimoniale dénommée centre national de recherche en relations humaines (Ca a l'air aussi scientifiques que le CNRS)
Il avait donc coché dans la case 'divorcé', ce qu'il n'était pas.
La nullité du contrat avait été soulevée, comme ayant une cause contraire à l'ordre public et aux bonnes moeurs, le signataire étant marié.
Mais la Cour de Cassation a estimé que le contrat de courtage matrimonial ne se confond pas avec la réalisation d'un mariage ou d'union stable.
En fait, il y a offre de rencontres en vue de la réalisation d'un mariage ou d'une union stable.
L'objet du contrat, c'est donc la rencontre, et pas la réalisation, obligatoirement, du mariage ou de l'union stable.
En quelque sorte, l'essayer n'est pas obligatoirement l'adopter.
Et donc, la Cour de Cassation, par un arrêt du 4 novembre 1011 (10-20114), a estimé qu'un homme marié pouvait contracter avec une agence de courtage matrimonial.
Nous pouvons cependant supputer, qu'en dehors d'une procédure de divorce, si un homme marié contracte ainsi, il pourrait être considéré par un juge pointilleux qu'il y a faute commise à l'égard de son conjoint, si celui-ci, étonnamment intolérant, s'offusquait de la chose
A la lecture des gazettes, il semblerait que nous vivions la crise du siècle, un peu comme ces inondations ou ces tempêtes centennales qui laissent dans le paysage de tristes traces destinées à l'édification des générations futures.
Certes, il est possible, pour s'extraire de ce triste environnement climatique, de se plonger dans la ludique lecture de la Gazette du Palais.
Posons cependant ce mutin journal et affrontons les vents mauvais.
Quand la crise est là, les chiffres d'affaires sont à marée basse et la conduite d'un cabinet d'avocats nécessite une attention soutenue.
C'est pourtant dans ce moment-là que l'agitation et l'affolement des gouvernants compliquent la tâche des professionnels.
Rappelez-vous la réforme de la carte judiciaire, nécessaire dans le principe, mais appliquée dans une ambiance d'agitation criarde que ne dissimulaient aucunement, bien au contraire les robes de madame Dati, qui est allée heureusement depuis exhiber son téléphone portable au Parlement européen.
Pour la profession d'avocat, la communication électronique avec les juridictions est un progrès souhaitable, mais ses modalités techniques sont aberrantes, maltraitées par le caporalisme du Conseil National des Barreaux qui paraît avoir été inspiré par les fumées des grandes idées plutôt que par les besoins réels des cabinets d'avocats et de leur gestion quotidienne.
Cela crée du désordre.
La procédure d'appel électronique a été mise en place alors que rien n'est prêt, ce qui conduit à cette situation grotesque ou la Chancellerie se lance dans une masturbation prétendument intellectuelle pour savoir comment apposer un timbre matériel sur la procédure électronique !
Peut-être aurait-on pu attendre que tout soit prêt matériellement avant que de mettre en place une procédure qui ne peut que générer de grandes difficultés en état de cette impréparation manifeste ?
Et si l'on peut parfaitement concevoir la suppression des avoués, la brutalité avec laquelle elle est intervenue conduit à taxer le contribuable à hauteur de 150 € par partie en appel fragilisant de facto le droit de faire appel, mais qu'importe, n'est-ce pas ?
Ceci est une iniquité, tout cela pour rentrer dans le moule copié de l'agitation du mari de Carla, pour pouvoir dire que la réforme a été faite, peu important son coût pour le pays comme les difficultés qu'elle génère pour les professionnels, dont il n'est pas inutile de rappeler ici que ce sont des employeurs.
Et voilà que cette agitation structurelle est devenue aujourd'hui de l'affolement à trois mois des élections.
Il nous est donc reparlé de la TVA sociale, enterrée en 2007 et exhumée à l'heure du probable prochain un enterrement du Pouvoir.
Elle sent la mort.
Bien sûr que les charges salariales sont devenues proportionnellement trop importantes par rapport au salaire net, ce qui conduit à un coût du travail élevé et à des salaires nets insuffisants.
Bien sûr, quand les chiffres d'affaires flageolent, les salariés, à un moment ou un autre sont impactés et il faut les protéger.
Essayer de réduire les charges est une nécessité quand on voit les trésoreries des PME et TPE
Mais lancer cette idée affolée à trois mois des élections, c'est la certitude que cette réforme n'aboutira jamais, et la certitude que, si elle aboutit, elle générera un rejet tel qu'elle sera aussitôt abrogée par le nouveau Prince.
Autrement dit cette idée qui peut être intéressante n'est utilisée que trop tard, à des fins électorales, et au mépris glacé des perturbations à venir que cela peut créer dans la gestion des entreprises et donc des cabinets d'avocats.
Ainsi, au soir de ce règne peu glorieux, l'agitation structurelle est devenu affolement.
Nous sommes gouvernés par des affolés !
Et chaque jour qui va passer désormais donnera sa folie, comme poule qui pond son oeuf.
Retournons à la lecture de la Gazette du Palais !
Parmi les combats qu'impose l'époque, il y a le combat contre le surpoids.
Soit.
Etre gros, c'est malsain et malséant.
Donc le dr Dukan propose de donner les point au bac aux élèves minces.
Nous dirons que peut-être il n'a pas encore dessoulé.
Mais ça donne déjà mal à la tête ces âneries.
A peine un mal de tête s'estompe qu'un autre arrive!
J'ai encore quelques bulles dans la tête, mais, fort heureusement, elles n'ont pas éclaté.
Il est donc de bon ton, ça se fait, de présenter des voeux pour la nouvelle année, en l'espèce 2012.
Comment dire, il ne semble pas que l'année à venir s'annonce sous les meilleurs auspices.
Si je pense à nous, je veux dire ici les avocats de Marseille, dont le nombre a augmenté de 40 % en dix ans, alors que la richesse de la ville n'a certes pas augmenté dans de telles proportions, j'éprouve comme une interrogation.
C'est vrai que le nombre de tués à la kalachnikov est en forte augmentation, mais cela ne fait pas un chiffre d'affaires.
Je laisse ici les démagos de la profession pour qui tout va bien, et les technos qui sont hémiplégiques intellectuels quelque part, pour en venir au bon sens : demain, ça va pas être simple.
Alors revenons à Marc-Aurèle : « La perfection du caractère consiste à passer chaque journée comme si c'était la dernière, à éviter l'agitation, la torpeur et l'hypocrisie. »
Il va nous falloir beaucoup de sagesse.
Comme disait l'Ecclésiaste : il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Bon, peut-être le réchauffement climatique, mais on verra plus tard/
Bonne et courageuse année !
Noël, Chaque année est aussi un hommage aux mères, comme celui que rendit Charles Péguy et que tant de mères peuvent assurément prendre à leur compte, de prétoires en prétoires.
Elle pleurait, elle pleurait...
Depuis trois jours elle pleurait.
Depuis trois jours elle errait, elle suivait.
Elle suivait le cortège.
Elle suivait les événements.
Elle suivait comme à un enterrement.
Mais c'était l'enterrement d'un vivant.
Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.
Depuis qu'il avait commencé sa mission.
Elle suivait, elle pleurait.
Elle pleurait, elle pleurait.
Les femmes ne savent que pleurer.
Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.
Maternelle.
Une femme en larmes.
Une pauvresse.
Une pauvresse de détresse.
Une pauvresse en détresse.
Une espèce de mendiante de pitié.
Elle pleurait pour aujourd'hui et pour demain.
Et pour tout son avenir.
Pour toute sa vie à venir.
Mais elle pleurait, elle pleurait aussi.
Elle pleurait pour son passé.
Pour les jours où elle avait été heureuse dans son passé.
L'innocente.
Pour effacer les jours où elle avait été heureuse dans son passé.
Pour effacer ses jours de bonheur.
Ses anciens jours de bonheur.
Parce que ces jours l'avaient trompée.
Ces jours trompeurs.
Elle pleurait, elle pleurait, elle en était devenue laide.
Elle la plus grande beauté du monde.
La Rose mystique.
La Tour d'ivoire.
Turris eburnea.
La Reine de beauté.
En trois jours elle était devenue affreuse à voir.
Les gens disaient qu'elle avait vieilli de dix ans.
Ils ne s'y connaissaient pas.
Elle avait vieilli de plus de dix ans.
Elle savait, elle sentait bien qu'elle avait vieilli de plus de dix ans.
Elle avait vieilli de sa vie.
Elle avait vieilli de sa vie entière et de plus que de sa vie, de plus que d'une vie.
Car elle avait vieilli d'une éternité.
Elle avait vieilli de son éternité.
Elle était devenue Reine.
Elle était devenue la Reine des Sept Douleurs.
Elle pleurait.
Elle fondait.
Son coeur se fondait.
Son corps se fondait.
Elle fondait de bonté.
De charité.
Il n y avait que sa tête qui ne fondait pas.
Elle marchait comme involontaire.
Elle ne se reconnaissait plus elle-même.
Elle n'en voulait plus à personne.
Elle fondait en bonté.
En charité.
Sa douleur était trop grande.
C'était une trop grande douleur.
On ne peut pas en vouloir au monde pour un malheur qui dépasse le monde.
Ce n'était plus la peine d'en vouloir au monde.
D'en vouloir à personne.
Elle qui autrefois aurait défendu son garçon contre toutes les bêtes féroces.
Quand il était petit.
Aujourd'hui elle l'abandonnait à cette foule.
Ce n'était pas étonnant qu'elle ne se reconnaissait plus.
En effet elle n'était plus la même.
Jusqu'à ce jour elle avait été la Reine de Beauté.
Et elle ne serait plus, elle ne redeviendrait plus la Reine de Beauté que dans le ciel.
Le jour de sa mort et de son assomption.
Après le jour de sa mort et de son assomption.
Éternellement.
Mais aujourd'hui elle devenait la Reine de Miséricorde.
Comme elle sera dans les siècles des siècles.
On a quelquefois bien du mal avec les enfants.
Madame.
Celui-là ne leur avait jamais donné que de la satisfaction.
Toutes les satisfactions que l'on peut demander dans l'existence.
Tant qu'il était resté garçon.
Tant qu'il était resté à la maison.
Jusqu'au jour, jusqu'au jour où il avait commencé sa mission.
Où il avait commencé d'accomplir sa mission.
Mais depuis qu'il avait commencé sa mission.
Commencé d'accomplir sa mission.
Depuis qu'il avait quitté la maison.
Il ne leur avait donné que du souci.
Il faut le dire, il ne leur avait jamais donné que du souci.
On a souvent bien du souci avec les enfants.
On a souvent beaucoup de mal avec les enfants.
Lui qui leur avait donné autrefois tant de contentement.
Il ne leur avait donné autrefois que du contentement.
On a quelquefois bien du souci avec les enfants. Quand ils grandissent.
On est quelquefois drôlement récompensé dans la vie.
Jamais un enfant n'avait autant fait pleurer sa mère.
On a quelquefois des drôles de récompenses.
On est quelquefois souvent drôlement récompensé dans l'existence.
Jamais un garçon n'avait autant fait pleurer sa mère.
Que lui elle.
Depuis ces trois jours et ces trois nuits.
Depuis ces trois années.
Quel dommage.
Une vie qui avait si bien commencé.
C'était dommage.
Elle se rappelait bien.
Comme il rayonnait sur la paille dans cette étable de Bethléem.
Une étoile était montée.
Les bergers l'adoraient.
Les mages l'adoraient. Les anges l'adoraient.
Qu'étaient donc devenus tous ces gens-là.
Qu'est-ce que tout ce monde-là était devenu.
Pourtant c'étaient les mêmes gens.
C'était le même monde.
Les gens étaient toujours les gens.
Le monde était toujours le monde.
On n'avait pas changé le monde.
Les rois étaient toujours les rois.
Et les bergers étaient toujours les bergers.
Les grands étaient toujours les grands.
Et les petits étaient toujours les petits.
Les riches étaient toujours les riches.
Et les pauvres étaient toujours les pauvres.
Le gouvernement était toujours le gouvernement.
Il ne voyait pas qu'en effet il avait changé le monde.
C'est dommage, c'était une vie qui avait si bien commencé.
Tout le monde l'avait si bien accueilli.
A son entrée dans le monde.
Quand il était petit tout le monde avait bien voulu de lui.
Tout le monde avait l'air content de le voir.
Et à présent qu'il était grand.
Qu'il était devenu un homme.
Personne n'en voulait plus.
Petits enfants, petits tourments.
Grands enfants, grands tourments.
On a quelquefois bien de la peine, madame, avec les enfants.
On ne pourrait pas dire qu'elle avait joui de son garçon.
Voilà quelle était sa récompense.
Voilà comme elle était récompensée.
D'avoir porté.
D'avoir enfanté.
D'avoir allaité.
D'avoir porté.
Dans ses bras.
Celui qui est mort pour les péchés du monde.
Et de lui avoir fait sa soupe et bordé son lit jusqu'à trente ans.
Car il se laissait volontiers environner de sa tendresse.
Il savait que ça ne durerait pas toujours.
Et lui en lui-même il se disait : Voilà ma mère.
Qu'est-ce que j'en ai fait.
Voilà ce que j'ai fait de ma mère.
Cette pauvre vieille femme.
Devenue vieille.
Qui nous suit depuis vingt-quatre heures.
De prétoire en prétoire.
Et de prétoire en pace publique.
C'est l'habitude, c'est la loi, c'est la règle.
Que les fils rapportent quelque chose à leurs parents.
Que les enfants.
En grandissant.
Apportent quelque chose à leurs parents.
Lui voilà ce qu'il a apporté à ses père et mère.
Voilà ce qu'il avait apporté à sa mère.
Ce qu'il lui avait mis dans la main.
Voilà comme il l'avait récompensée.
Il lui avait apporté.
Il lui avait mis dans la main.
Les Sept Douleurs.
Il lui avait apporté.
Il lui avait mis dans la main
D'être la Reine.
D'être la Mère.
Il lui avait apporté
D'être
Notre Dame des Sept Douleurs.
Noël, Chaque année est aussi un hommage aux mères, comme celui que rendit Charles Péguy et qua tant de mères peuvent assurément prendre à leur compte.
Elle pleurait, elle pleurait...
Depuis trois jours elle pleurait.
Depuis trois jours elle errait, elle suivait.
Elle suivait le cortège.
Elle suivait les événements.
Elle suivait comme à un enterrement.
Mais c'était l'enterrement d'un vivant.
Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.
Depuis qu'il avait commencé sa mission.
Elle suivait, elle pleurait.
Elle pleurait, elle pleurait.
Les femmes ne savent que pleurer.
Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.
Maternelle.
Une femme en larmes.
Une pauvresse.
Une pauvresse de détresse.
Une pauvresse en détresse.
Une espèce de mendiante de pitié.
Elle pleurait pour aujourd'hui et pour demain.
Et pour tout son avenir.
Pour toute sa vie à venir.
Mais elle pleurait, elle pleurait aussi.
Elle pleurait pour son passé.
Pour les jours où elle avait été heureuse dans son passé.
L'innocente.
Pour effacer les jours où elle avait été heureuse dans son passé.
Pour effacer ses jours de bonheur.
Ses anciens jours de bonheur.
Parce que ces jours l'avaient trompée.
Ces jours trompeurs.
Elle pleurait, elle pleurait, elle en était devenue laide.
Elle la plus grande beauté du monde.
La Rose mystique.
La Tour d'ivoire.
Turris eburnea.
La Reine de beauté.
En trois jours elle était devenue affreuse à voir.
Les gens disaient qu'elle avait vieilli de dix ans.
Ils ne s'y connaissaient pas.
Elle avait vieilli de plus de dix ans.
Elle savait, elle sentait bien qu'elle avait vieilli de plus de dix ans.
Elle avait vieilli de sa vie.
Elle avait vieilli de sa vie entière et de plus que de sa vie, de plus que d'une vie.
Car elle avait vieilli d'une éternité.
Elle avait vieilli de son éternité.
Elle était devenue Reine.
Elle était devenue la Reine des Sept Douleurs.
Elle pleurait.
Elle fondait.
Son coeur se fondait.
Son corps se fondait.
Elle fondait de bonté.
De charité.
Il n y avait que sa tête qui ne fondait pas.
Elle marchait comme involontaire.
Elle ne se reconnaissait plus elle-même.
Elle n'en voulait plus à personne.
Elle fondait en bonté.
En charité.
Sa douleur était trop grande.
C'était une trop grande douleur.
On ne peut pas en vouloir au monde pour un malheur qui dépasse le monde.
Ce n'était plus la peine d'en vouloir au monde.
D'en vouloir à personne.
Elle qui autrefois aurait défendu son garçon contre toutes les bêtes féroces.
Quand il était petit.
Aujourd'hui elle l'abandonnait à cette foule.
Ce n'était pas étonnant qu'elle ne se reconnaissait plus.
En effet elle n'était plus la même.
Jusqu'à ce jour elle avait été la Reine de Beauté.
Et elle ne serait plus, elle ne redeviendrait plus la Reine de Beauté que dans le ciel.
Le jour de sa mort et de son assomption.
Après le jour de sa mort et de son assomption.
Éternellement.
Mais aujourd'hui elle devenait la Reine de Miséricorde.
Comme elle sera dans les siècles des siècles.
On a quelquefois bien du mal avec les enfants.
Madame.
Celui-là ne leur avait jamais donné que de la satisfaction.
Toutes les satisfactions que l'on peut demander dans l'existence.
Tant qu'il était resté garçon.
Tant qu'il était resté à la maison.
Jusqu'au jour, jusqu'au jour où il avait commencé sa mission.
Où il avait commencé d'accomplir sa mission.
Mais depuis qu'il avait commencé sa mission.
Commencé d'accomplir sa mission.
Depuis qu'il avait quitté la maison.
Il ne leur avait donné que du souci.
Il faut le dire, il ne leur avait jamais donné que du souci.
On a souvent bien du souci avec les enfants.
On a souvent beaucoup de mal avec les enfants.
Lui qui leur avait donné autrefois tant de contentement.
Il ne leur avait donné autrefois que du contentement.
On a quelquefois bien du souci avec les enfants. Quand ils grandissent.
On est quelquefois drôlement récompensé dans la vie.
Jamais un enfant n'avait autant fait pleurer sa mère.
On a quelquefois des drôles de récompenses.
On est quelquefois souvent drôlement récompensé dans l'existence.
Jamais un garçon n'avait autant fait pleurer sa mère.
Que lui elle.
Depuis ces trois jours et ces trois nuits.
Depuis ces trois années.
Quel dommage.
Une vie qui avait si bien commencé.
C'était dommage.
Elle se rappelait bien.
Comme il rayonnait sur la paille dans cette étable de Bethléem.
Une étoile était montée.
Les bergers l'adoraient.
Les mages l'adoraient. Les anges l'adoraient.
Qu'étaient donc devenus tous ces gens-là.
Qu'est-ce que tout ce monde-là était devenu.
Pourtant c'étaient les mêmes gens.
C'était le même monde.
Les gens étaient toujours les gens.
Le monde était toujours le monde.
On n'avait pas changé le monde.
Les rois étaient toujours les rois.
Et les bergers étaient toujours les bergers.
Les grands étaient toujours les grands.
Et les petits étaient toujours les petits.
Les riches étaient toujours les riches.
Et les pauvres étaient toujours les pauvres.
Le gouvernement était toujours le gouvernement.
Il ne voyait pas qu'en effet il avait changé le monde.
C'est dommage, c'était une vie qui avait si bien commencé.
Tout le monde l'avait si bien accueilli.
A son entrée dans le monde.
Quand il était petit tout le monde avait bien voulu de lui.
Tout le monde avait l'air content de le voir.
Et à présent qu'il était grand.
Qu'il était devenu un homme.
Personne n'en voulait plus.
Petits enfants, petits tourments.
Grands enfants, grands tourments.
On a quelquefois bien de la peine, madame, avec les enfants.
On ne pourrait pas dire qu'elle avait joui de son garçon.
Voilà quelle était sa récompense.
Voilà comme elle était récompensée.
D'avoir porté.
D'avoir enfanté.
D'avoir allaité.
D'avoir porté.
Dans ses bras.
Celui qui est mort pour les péchés du monde.
Et de lui avoir fait sa soupe et bordé son lit jusqu'à trente ans.
Car il se laissait volontiers environner de sa tendresse.
Il savait que ça ne durerait pas toujours.
Et lui en lui-même il se disait : Voilà ma mère.
Qu'est-ce que j'en ai fait.
Voilà ce que j'ai fait de ma mère.
Cette pauvre vieille femme.
Devenue vieille.
Qui nous suit depuis vingt-quatre heures.
De prétoire en prétoire.
Et de prétoire en pace publique.
C'est l'habitude, c'est la loi, c'est la règle.
Que les fils rapportent quelque chose à leurs parents.
Que les enfants.
En grandissant.
Apportent quelque chose à leurs parents.
Lui voilà ce qu'il a apporté à ses père et mère.
Voilà ce qu'il avait apporté à sa mère.
Ce qu'il lui avait mis dans la main.
Voilà comme il l'avait récompensée.
Il lui avait apporté.
Il lui avait mis dans la main.
Les Sept Douleurs.
Il lui avait apporté.
Il lui avait mis dans la main
D'être la Reine.
D'être la Mère.
Il lui avait apporté
D'être
Notre Dame des Sept Douleurs.
Charles Péguy (1873-1914).
Extraits du « Mystère de la charité de Jeanne d'Arc ».
Nous autres, les avocats, avons l'esprit mutin.
Pas mutin comme l'équipage qui se révolte, encore que l'idée nous en vienne souvent.
Mutin, au sens de facétieux, souriant.
Ce qui est signe de sagesse car le sage est souriant.
Donc, sur une idée de l'excellent Dominique Jourdain (Rochefort) et de Nicolas Creisson (Aix), Laure Gaudefroy-Demombynes (Boulogne-Billancourt), a créé un calendrier des avocats.
Vous pourrez le télécharger ici - bas (si je puis dire)
Il y a toutes sortes de calendriers ; pour les hommes le délicieux calendrier Aubade (Moi, je ne l'ai jamais regardé Catherine, on m'a raconté) ; pour les femmes celui des rugbymen.
Ce calendrier là que nous diffusons est tout à fait raisonnable, convenable et plaira même à la hiérarchie.
Oui, notre Monsieur, oui notre bon Maître...
Il y en a bien un autre avec des demoiselles charmantes, mais celui-là je n'ose pas.
Non, non, non !
Salivez en vain, confrères !
En revanche il paraît que le Conseil National des Barreaux a intégré cette idée de calendrier et que va naître, pour notre Noël, un calendrier des dirigeants de cette profession, nus portant seulement la toque d'avocats.
Le bâtonnier de Paris, le président du CNB s'entraînent à poser.
J'ai constaté que bâtonnier de Marseille avait maigri, il doit s'entraîner aussi.
(On dit même que le ministre virtuel de la justice, monsieur. Mercier voudrait poser aussi, mais que des méchants n'en veulent pas.
En tout cas, j'espère que notre calendrier vous apportera un moment de douceur et de beauté.
Ce qui est l'essentiel.
Nom : Calendrierlogo[1].pdf
Taille : 8 Mo
Ce matin, dès l'aube, à l'heure où les cheveux continuent de blanchir s'ils ne sont pas tombés, je pensais à mon avoué.
Non pas quelques pensées interlopes envers ce brave homme en robe noire, mais l'approche de l'année 2012, année de la fin du monde et de la suppression des avoués, s'insérait dans mon esprit.
Depuis quelques semaines, nous avions reçu des offres de services d'avoués devenant avocats.
Qui donnait un tarif à venir de ses prestations. ..
Qui indiquait qu'il procéderait par appels de provisions successives sans en dire plus et paraissant ne pas avoir compris le sens de l'histoire...
Mais de lui, rien.
J'ai les mains pleines de paillettes dorées.
Et même, paraît-il, sur le visage puisque ma femme rentrant dans mon bureau s'est étonnée de visualiser des paillettes d'or sur mon front, expression symbolique pourtant de la brillance de la pensée, mais guère érotique, je le crains.
C'est qu'en fait, mon avoué m'a écrit.
Il m'a envoyé une carte de voeux avec un traîneau doré, plein de paillettes qui se détachent.
À l'intérieur une lettre, dans laquelle il explique qu'il est difficile de coucher sur du papier.
D'abord, ça dépend avec qui on couche, le support finalement, reste secondaire.
Ensuite, s'il a envie de coucher sur du papier, peut-être bancaire, c'est son problème ; moi je préfère coucher dans des draps bien doux.
Mais j'ai lu trop rapidement : il parlait de coucher un barème ; propos de carême.
Et donc il annonce une tarification conforme au montant répétible.
Dans ma région, la pratique est que les actes procédure d'appel sont rédigés par l'avocat et mis en forme par l'avoué qui exerce, en pratique, un rôle de postulation, comme on dit chez les juristes, et qui n'a rien à voir avec les postillons.
En ce sens, la tarification annoncée est conforme à la prestation.
Et peut-être la profession aurait-elle évité sa disparition si elle s'était engagée dans cette voie-là auparavant.
En tout cas, le pauvre malheureux a adapté son informatisation aux exigences du RPVA, ce qui mérite que je lui conserve, avant que le temps et la généralisation d'une communication électronique efficace n'en décident autrement, ma clientèle.
J'y mets une condition.
Une condition absolue.
Qu'il arrête de m'envoyer des paillettes d'or.
Des lingots, il peut (pas ceux du cassoulet)
Quoiqu'un bon cassoulet, il peut aussi.
Mais plus de paillettes d'or !
Peut-être le lecteur s'interrogera-t-il pour savoir où se trouve le lien entre le clavier et la prostituée ?
L'humain !
Comme partout, l'organisation du travail dans mon cabinet s'essaie à une méthodologie sécurisante, notamment grâce à l'informatique et aux logiciels.
Les données entrées dans la mémoire de l'ordinateur sont répétées automatiquement dans les actes les appelants.
Ce qui m'a permis de constater qu'une procédure avait été poursuivie pendant des années avec une adresse portée comme étant le 16 au lieu du 19, parce qu'à l'origine une simple et bêtasse erreur de clavier était intervenue.
L'humain.
Les pays nordiques sont actuellement à la mode mais cela n'a rien à voir avec l'anatomie féminine.
Le fait que l'on dise que la prostitution soit le plus vieux pays du monde n'empêche aucunement qu'elle est réceptacle des misères humaines et symbole de la double exploitation des femmes, sexuelle, et aussi économique par les trafics existants.
Personne ne contestera cela
Je ne crois pas beaucoup à l'affirmation selon laquelle une femme exercerait ce métier par choix libre.
Alors faut-il pénaliser, incriminer, punir les uns et les autres en plus, bien sûr des amis de Dodo la Saumure ?
Je ne sais.
Faut-il en fait pénaliser ou, à l'inverse institutionnaliser franchement, par le biais de maisons de prostitution, en quelque sorte.
La question est probablement de savoir quelle est la solution la plus pragmatique, celle qui s'éloignera le plus des grandes illusions, des moralismes de tous bords, j'allais écrire de tous poils, pour parvenir autant que faire se peut à limiter les dégâts humains de ce triste commerce.
Car, de la même manière que pour supprimer la délinquance il faudrait fusiller tous les délinquants, s'agissant de la prostitution, il ne s'agirait pas tant de donner des amendes que d'émasculer les clients ou, à défaut de leur imposer une cure obligatoire de bromure, mais il a été interdit, je crois.
Il paraît même qu'à l'armée on n'en donne plus.
Car, on a beau faire, on a beau dire ; tant qu'il y aura de l'humain, il y aura du sordide malgré les plus beaux textes de lois
"L'abstinence, ou la quasi-abstinence de relations sexuelles pendant plusieurs années, avec des reprises ponctuelles, contribue à la dégradation des rapports entre époux dans la mesure où les rapports sexuels entre époux sont notamment l'expression de l'affection qu'ils se portent mutuellement, tandis qu'ils s'inscrivent dans la continuité des devoirs découlant du mariage.
Aussi, dans le cadre d'une procédure de divorce dit contentieux, comme après celle-ci, un époux peut-il obtenir de son conjoint réparation de son préjudice d'abstinence contrainte, préjudice moral, étranger à celui résultant de la rupture du lien conjugal, sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle."
La Cour d'Aix a condamné le mari à 10000 euros lit-on sur les dépèches.
Cet arrêt, de mai 2011, qui a défrayé la chronique revient sur les pages internet.
Il va falloir faire une recherche jurisprudentielle pour savoir si des épouses fautives ont été condamnées de ce chef.
C'est un peu le devoir conjugal ou le chéquier...
Ce soir, comme tous les soirs, une voix douce susurrera au téléphone :"n'oublie pas la pain!"
Hélas,ce soir je ne pourrai pas aller chercher le pain,
ni aller chez picard ou quelque bricomachin
Que voulez-vous, j'ai oublié ma kalachnikov!
Je n'ai que mon dictaphone.
Comme on dit désormais, ça ne va pas le faire.
Désolé.
Le métier d'avocat est aussi, peut-être même surtout, un métier de conseil et ne se limite pas à l'intervention devant les tribunaux, qui est au fond comme une intervention chirurgicale que l'on n'a pu éviter et à laquelle on peut ne pas survivre.
Mais cette idée, d'évidence, n'est pas si facilement appréhendée par la population qui conserve encore de la profession d'une image parcellaire.
Je lisais ce matin fémina, le complément du week-end du journal la Provence.
J'adore, pour tout dire le courrier des lecteurs avec les questions posées à la psychologue de service.
Il y a cette semaine la petite fille de 14 ans à qui un adulte de neuf ans de plus propose de faire des photos à 300 km de son domicile : la psychologue déconseille
Il y a, aussi,la femme qui a craqué pour le jeune voisin homosexuel qui lui lance pourtant des regards insistants qui en disent long et qui voudrait bien qu'il comprenne qu'elle a craqué, la coquine.
La psychologue lui conseille de ne pas se nourrir d'illusions.
Il vaut mieux, en effet une bonne choucroute.
Il y a, cette fois-ci, un article un peu inhabituel qui relate ce que le lecteur peut faire sans son notaire et pour moins cher.
Je dis que c'est inhabituel car, en général, le notaire de famille est bien perçu par la presse.
Il est donc rappelé que la déclaration de succession représente 1 % de l'actif brut même s'il y a un passif et qu'il est possible de la faire soi-même ; comme il est possible de rédiger un testament et de le déposer ensuite chez le notaire pour 15 euros.
S'agissant des donations, il est rappelé que l'acte notarié est obligatoire seulement pour les donations immobilières et qu'un avocat a autant de compétence d'un notaire mais que ses honoraires, fixés à l'avance, ne dépendent pas du montant des sommes en cause.
Ce qui est intéressant, intellectuellement, c'est la remise en cause implicite du tarif, comme la compréhension que la profession d'avocat peut aussi offrir des prestations comparables.
Je ne comprends pas d'ailleurs, pourquoi l'avocat ne peut pas rédiger de contrat de mariage.
Les observations qui précèdent ne tendent pas à critiquer Justin le tabellion et ses copains, mais simplement à observer une évolution des mentalités.
Pour ma part, je reste convaincu que les professions « à tarif » devront évoluer (Je ne parle pas de la plus vieille profession du monde)
Cela étant je reviens au courrier des lecteurs et à cette femme qui a une bonne situation et dont le compagnon musicien ne gagne pas un sou. Elle se fait du souci pour l'avenir matériel de sa famille future. Car le bougre aime cette existence de bohème alors qu'elle n'est pas sereine avec le fait qu'il vive à ses crochets et le couple se heurte sans trouver de terrain d'entente. (Zut, même plus la literie !)
De toute façon, j'ai vu, je crois dans « femme actuelle », que les couples avaient environ 312 disputes par an et que c'était très sain.
C'est la raison pour laquelle je laisse toujours traîner des chaussures sous la table en verre du salon.
Il y en a une qui n'a rien à dire, sinon je la dénonce.
Mais j'irai cependant chercher le gâteau du dimanche.
On n'échappera jamais aux crimes de sang, l'homme n'étant la base qu'un animal plus ou moins bien dressé.
Jamais.
Ainsi, un lycéen a-t-il violé puis assassiné une collégienne dans cet établissement scolaire où ils étaient internes.
Chacun dira probablement que les procédures ont été respectées, que les experts avaient bien expertisé et peut-être cela est-il vrai.
J'imagine que dans cet établissement scolaire, de culture protestante, la question sera posée au directeur du degré d'information qui était le sien quand la décision a été prise d'intégrer le jeune homme dans l'établissement.
Parfois le christianisme s'illusionne en croyant que du loup, on peut faire un agneau, .au point de l'accueillir dans la bergerie.
On n'a jamais fini, en effet, de désespérer de nos frères humains.
Tout à l'heure, nous étions en plein repas familial, quand deux clients se sont invités.
Je précise, d'abord, que le repas était frugal, constitué de crêpes à la raclette.
Une innovation de ma part que condamneraient tous les diététiciens.
Mais, p...que c'est bon !
Toujours est-il que deux clients se sont invités, non point en présence réelle, susceptible de manger mes crêpes, mais dans ma tête.
Deux personnes appartenant à ce que l'on appelle des milieux socioculturels privilégiés, mais pourtant engagés dans des procès successoraux dans lesquelles affleurent les haines familiales.
Je ne vais pas du tout, ici me lancer dans un laïus psychologique. (Oserais-je dire que le logiciel de dictée vocal avait écrit anus, soudoyé je suppose, par l'école freudienne) ; mais simplement dire que j'ai ressenti tout d'un coup un instant de flottement, de fatigue, d'interrogation sur la nature humaine.
D'un côté, cela est bon qui veut dire que, malgré bientôt 30 ans d'activité professionnelle, l'humain reste là, qui empêche l'esprit de se figer ; d'un autre côté que nous voudrions, nous, les avocats, que nos clients parfois soient plus philosophes.
Peut-on leur facturer la lecture de Marc-Aurèle ?
Je vais la question à la commission déontologie du Conseil National des Barreaux.
Oui, je sais, la fatigue...
Le législateur dans son incommensurable sagesse, a institué un contrôle obligatoire et systématique par le Juge des Libertés et de la Détention de la Légalité du bien-fondé de toutes les prolongations au-delà de 15 jours des hospitalisations psychiatriques sous contrainte prononcée d'office ou à la demande d'un tiers.
Et même, à ce qu'indique le SAF , section de Marseille, le juge ne peut statuer qu'au siège du tribunal de grande instance ou dans une salle spécialement aménagée sur l'emprise de l'établissement d'accueil..
Il paraît qu'à Marseille, les audience se tiennent à proximité immédiate d'un centre de rétention se trouvant dans un quartier quelque peu excentré et populaire en un lieu dans lequel est traité le contentieux de la rétention des étrangers qui se trouvent finalement là-bas plus près du bateau.
Le SAF s'étonne du silence de l'Ordre des avocats au barreau de Marseille, silence dont je m'étais pour ma part, en un autre domaine, étonné quand à l'éventualité programmé du déplacement du tribunal d'instance.
En l'espèce l'éclatement des lieux de justice est un danger pour l'exercice de la profession et il est vrai que l'on aimerait que le silence soit moins assourdissant., moins complaisant.
S'agissant du contrôle des hospitalisations, il y a de surcroît un certain manque de considération à l'égard de ceux qui sont les plus fragiles, mais j'arrête là, cela n'intéresse plus personne.
À part ça, j'ai déjà reçu des tracts électoraux des candidats aux prochaines élections à l'Ordre des avocats qui ont le mérite de pouvoir être oubliés aussitôt lus.
Probablement y a-t-il un équilibre difficile entre la nécessité pour l'institution judiciaire de fonctionner dans son ensemble, avec une participation de la représentation des avocats et, en même temps, la conviction ancrée que l'essence de l'avocat et d'être un emmerdeur veillant quoiqu'il arrive au respect des principes de la démocratie.
Je sais, ce sont là des grands mots.
Mais au fond si ces mots sont considérés comme de grands mots, n'est-ce pas que les gens ont rapetissé ?
Essayons un autre argument : membres des instances ordinales, protestez, défendez avant toute chose la dignité humaine et, même, celle de votre profession, et, je vous l'assure vous ferez une grande carrière au CNB.
Ça, ça devrait marcher pour que l'on entende le bâtonnier et son Ordre.
A moins qu'il ne soit bientôt créée, sous l'égide du CNB, sur proposition des conseils de l'ordre, comme en matière d'avocats de terroristes, une liste des avocats autorisés à être des emmerdeurs
On a oublié Marseille, je veux dire Jacques Marseille, qui, il y a quelques années évoquait la dette et la possible faillites des états.
Comme il est triste de voir les hommes politiques devoir s'effacer devant des technocrates appelés au secours en Italie et en Grèce, technocrates qui ont contribué à l'édification d'un système oublieux des peuples et donc condamné à s'écrouler.
On parle de Marseille, l'autre, la ville où sévit encore l'indécent Guérini et où le crépusculaire Gaudin parle d'une nouvelle candidature à la mairie, symboles qu'ils sont tous deux de cette classe politique qui a ruiné notre pays et s'accroche à son pouvoir néfaste.
Le choix des peuples européennes sera-t-il entre technocratie glacée et démagogie égotique ?
Au moins, j'ai été rassuré par ce conseil donné par mon fils à sa soeur : « Si tu t'embêtes, travaille ! »
Oui, car, pour eux le combat sera rude, autant qu'ils s'y mettent tôt.
Joli, non ce conseil ?
