La grippe a frappé.
À droite, ma fille ; à gauche, ma belle-mère, à moins que ce soit l'inverse.
Dans ce champ de bataille médicamenteux, j'ai, jusqu'ici, été préservé à coups de pilules diverses que me donne ma douce, qui plus tard ne donnera les gouttes du soir.
Cela étant, il me faut bien considérer que la fatigue est là.
Fatigue physique, mais plus pernicieusement, fatigue intellectuelle.
Cela a commencé par ces pruneaux que l'on achète et qui se révèlent être des dattes.
Cela continue par cette tasse de café plein renversée sur le bureau encombré de dossiers.
Mais cela se manifeste surtout comme si les connexions neuronales ne se faisaient plus très bien.
Ce sentiment diffus de ne pas comprendre ce que l'autre vous dit
Cette modification d'un projet d'avenant effectuée sur un ancien projet qui n'était pas le bon.
Cette difficulté à comprendre la logique de l'application de l'article 1078 du code civil.
Et puis, le summum.
L'écoute attentive du candidat Sarkozy qui propose donc de supprimer les charges salariales sur les salaires situés entre 1200 et 1450 € dit-il.
Alors, je l'avoue, j'ai expliqué à mon épouse que c'était particulièrement injuste pour ceux qui étaient payés en deçà.
Ainsi, la fatigue m'avait fait-elle occulter la notion de SMIC.
Ma douce, indulgente, de me parler temps partiel et taux horaire, en bonne avocate triturant le droit social, mais tout cela n'arrivait pas à mon entendement.
Fatigue intellectuelle donc.
Et finalement, j'en suis venu à comprendre que le spectacle désolant que nous donnent nos candidats à l'élection présidentielle, théâtreux incertains, oscillant entre promesse et demi- mensonges, n'était jamais que le fait, soyons indulgente, de leur grande fatigue intellectuelle, laquelle d'ailleurs s'avère contagieuse car, pour tout dire, ils nous fatiguent.
On devrait les mettre au tamiflu.
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