oct.
28

Propos de comptoir.

  • Par jean.devalon le
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J'ai cru discerner, depuis quelques semaines, comme une sorte d'agitation sociale et j'ai entendu, dans la petite lucarne, des gens expliquer que leur souhait était de bloquer l'économie du pays.

C'est, à Marseille, fort réussi, ma foi.

Comme tout cela nous laisse le temps, activité altérée étant, d'aller au bar prendre quelques cafés, à la santé du banquier, le lecteur voudra bien m'autoriser quelque propos de comptoir.


Pourquoi les politiques, tous partis confondus, ne parlent-ils jamais d'égalité entre les Français ?

L'égalité, c'est bien sûr un statut unique du salarié car en effet le statut de la fonction publique dérogatoire du droit commun n'a aucune justification économique et crée une inégalité entre les Français, dressant en quelque sorte la France du public contre la France du privé car le partage de l'effort, dans cette période difficile, n'est pas équitable.


De même, pourquoi n'est-il jamais évoqué la refonte de tous les régimes de retraite pour parvenir à la création d'un régime unique ?



Pourquoi ne peut-on pas parvenir à une vraie réforme des institutions ? Chacun reconnaît plus ou moins que la classe politique a un fort besoin de renouvellement, mais celui qui détient le pouvoir ne le laissera jamais volontairement, et c'est pourquoi on voit beaucoup de villes gouvernées par des vieillards.

Pourquoi ne peut-on pas parvenir à une vraie limitation des mandats, notamment dans leur durée ? Pourquoi la question de la représentativité du Sénat, image en l'état d'une France qui n'existe plus guère, n'est jamais posée avec acuité ?

Pourquoi le référendum d'initiative populaire contenue dans la réforme de 2008 n'a-t-il jamais fait l'objet de la loi organique qui lui permettrait de s'appliquer ?

Où est la protestation des forces de gauche ?


Le lecteur va dire que je suis quelque peu morose, mais j'ai comme l'impression que les vraies questions ne sont jamais traitées chacun souhaitant seulement garder ses petits privilèges.


Cela étant, vous savez qu'à Marseille le port est bloqué depuis près d'un mois par quelques salariés qui demanderaient maintenant paraît-il une prime de stress.

Le blocage est illégal.

Pourquoi quelques zozos peuvent-ils bloquer une ville et mettre son économie en péril sans que les politiques locaux ne montent au créneau pour demander l'intervention des forces de l'ordre ?

C'est pas bon pour leur image?


Ca en fait des questions !


3 commentaires

Vos questions sont d'une acuité terrible?

  • Par etienne.lejeune le

Malheureusement les réponses sont difficiles et je dois admettre que je suis effaré de l'état de votre ville depuis des années...

Je me souviens qu'en 2007, pendant la campagne présidentielle, les zozos du port avaient organisés un blocage en règle pour un coût astronomique uniquement pour défendre l'équivalent d'un emploi qui aurait, je crois, dû être confié à l'avenir à un opérateur privé.

Pas un seul homme politique n'avait dénoncé ce chantage! Pas un!


Comme disait ce bon vieux Sénèque,


"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles"


Allez bon courage, et remettez vous bien!


Tout n'est-il pas en ordre...

  • Par nicolas.besset le
    (mis à jour le )

Jean, toi qui m'a habitué à des finesses d'analyse extrêmes et ö combien pertinentes, je suis stupéfait de voir à quel point tu t'égares.


Que fais-tu de la tradition, de la spécificité qui crée la richesse de la différence ?


Cambrai ses bêtises, Montélimar ses nougats, Valence ses pognes, Agen ses pruneaux, qui songerait à leur constester leurs héritages ? Les leur concurrencer jalousement peut-être, mais les leur contester ?


Marseille n'a pas ce bonheur culinaire, tout juste peut-être, même si pour les marseillais ce n'est pas rien, ses navette que l'on trouve encore sur les hauteurs de la rue sainte.


Marseille ce sont les grèves et les syndicats, les grèves grâce aux syndicats, et là, toute l'oeuvre sociale nationale se joue, parce que de la France entière, depuis que les chantiers navals atlantiques ont viré leur cuti pour fournir en yachts les nantis de ce monde, et depuis que les terrils du nord sont partis pour l'amérique du Sud créer de nouveaux héros du bivouac en strates profondes, bien il ne reste en France, pour la lutte des classes, que ce dernier bastion que nous envierait presque un napolitain averti.


C'est donc bien tout l'héritage de ce qui a permis au salarié de n'être plus un gueux, un manant, qui fait cette force vibrante de Marseille.


C'est du reste le premier employeur local, la grève constituant un bien une activité à plein temps chez nous.


Alors venir chippoter les dizaines d'entreprises et centaines de salariés mis au chômage le mois dernier, tu es un peu chagrin, que cela peut-il bien changer voyons, quand 40% de la population n'est de toutes façons pas accessible à l'impôt sur le revenu?


Venir chippoter que les eaux du port autonôme soient devenues une réserve naturelle où nagent paisiblement de sympathiques girelles, au motif que des centaines de milliers d'euros seraient perdus chaque jour, n'est pas très écologique.


Et alors surtout, venir chippoter que par la faute d'une poignée de salariés, l'ensemble des rues de la seconde ville de France croule sous des milliers de tonnes de poubelles, que le mistral du reste, se charge de façon naturelle, de déplacer au gré de ses humeurs, me paraît être un peu amnésique, lorsqu'on se souvient qu'il y 50 ou 60 ans à peine, il demeurait culturel que chaque marseillais jette son sac encombrant depuis sa fenêtre. C'est avoir la mémoire courte mon cher Jean.


Tu seras bien triste et bien marri, mon cher Jean, quand à l'image de toute autre ville insipide, Marseille aura une économie forte permettant aux habitants de vivre bien, et quand tu pourras déambuler sans heurter un sac, un rat passant entre tes pieds, familièrement, comme pour dire bonjour, quand les trottoirs seront propres pour avoir été nettoyés, et que tu ne pourras plus descendre les rues de ton quartier en te demandant pourquoi l'eau y coule en permanence et pourquoi tout est paradoxalement toujours aussi sale.


Tu seras bien marri lorsque les effluves seront devenues senteurs, un peu comme si l'on se prenait pour quelques notables fous de Grasse.


Ce jour-là Jean, tu seras inquiet, et tu te demanderas vraiment ce qu'il est arrivé à Marseille, aux marseillais, pour que se perdre à ce point son identité.



Pour ma part,

  • Par laurent.epailly le

je dirai que la différence salariés du privé/agents publics n'est pas forcément infondée.


A l'origine, le pacte était simple : garantie de l'emploi dans le Public contre traitements chiches et neutralité politique.


Dans le privé, meilleure évolution en statut ou en salaire contre précarité accrue.


Le problème, c'est que nos politiques et les entreprises ont tout mélangé et divisent sans cesse les uns et les autres : aujourd'hui, lep pacte n'est plus vrai, puisque le privé a, à la fois, salaires bas et précarité extrême (sauf cas particuliers) tandis que le public a (relative) garantie d'emploi et traitements meilleurs (de peu).


Le pacte, vous l'aurez compris, il existe encore chez les hauts cadres : le public gagne moins, mais on y joint généralement un mandat à rien foutre, tandis que le privé gagne bien plus et n'en fout pas plus.


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