charrière-bournazel (1)
Je ne pratique pas le divorce.
Non que ce domaine ne soit pas intéressant, car il l'est à bien des égards, et le rôle de l'avocat y prend souvent toute sa signification. Juriste bien sûr, fiscaliste aussi, un peu psy, confident endurant, médiateur parfois, conseil et défenseur toujours, l'avocat intervenant dans un divorce est tout cela et plus encore.
Simplement j'ai d'autres domaines de compétences.
Pour autant, dois-je me désintéresser du projet de réforme annoncé avant même d'avoir été réfléchi?
Non, assurément car je ne peux admettre que la place de l'avocat soit remise en cause sans raison avouée et sans que le résultat de la réforme soit constitutif d'un progrès, et je doute que le transfert aux notaires en soit un, sauf par magie sans doute.
Soubressaut corporatiste? Non, et pour s'en convaincre il suffit de voir ce qu'ont été et ce que sont les sociétés sans avocats indépendants et en mesure de faire valoir et respecter les droits de leur client, car la place réservée aux avocats est un indicateur précieux de l'état de santé d'une société.
Lorsque l'avocat n'est plus désigné que comme un gêneur, un empécheur de tourner en rond alors qu'il est, pas essence, le défenseur des droits et libertés individuelles, et que le juge, garant des libertés individuelles, est déchargé de son office, le ver est dans le fruit.
Cette réforme, ou encore que des confrères se fassent gazer alors qu'ils manifestent, m'inquiétent comme m'avaient inquiétées les tentatives d'évincement de l'avocat pendant la garde à vue.
Christian Charrière-Bournazel, futur Bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Paris, c'est-à-dire, en simplifiant, représentant des avocats, vient de faire paraître une lettre que vous trouverez en téléchargement au bas de ce petit mot d'humeur.
J'y souscris pleinement.
Nom : Divorce-sans-juge-14dec07.pdf
Taille : 17 Ko
