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Procédure pénale Proposition de loi tendant à assurer l'assistance immédiate de l'avocat

  • Par jean-marie.bequin le
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Samedi 6 février 2010


Plusieurs propositions de lois de réforme de la procédure de garde à vue ont été déposées à l'Assemblée Nationale (AN, prop. de loi n° 2181, 2191 et 2193) et au Sénat, (Sénat, prop. de loi n° 201 et 208). Celle du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) tendant à assurer l'assistance immédiate d'un avocat aux personnes placées en garde à vue (Sénat, Prop. de loi n° 208, J. Mézard et Y. Collin) devrait être soumise à l'examen de la commission des lois le 24 mars prochain, et serait ainsi la première à être soumise à l'examen du Parlement sur ce thème. Un débat de contrôle sur ce sujet se tiendra au Sénat le 9 février à l'initiative de ce groupe, qui souhaite attirer l'attention du gouvernement sur la « multiplication abusive des gardes à vue » (800 000 en 2009), et sur la compatibilité du droit français de la garde à vue avec le droit à un procès équitable, aux vues des récentes décisions de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH, 27 nov. 2008, n° 36391/02, Salduz c/ Turquie ; CEDH, 13 oct. 2009, n° 7377/03, Dayanan c. Turquie).


Le Premier Ministre, qui s'est dit « choqué du nombre des gardes à vue dans notre pays », regrettant qu'il y ait « des tas de cas où cette garde à vue n'est pas nécessaire et où elle ne devrait pas être employée », a affirmé qu'un texte sera bientôt présenté en Conseil des ministres afin de réformer la procédure pénale dans ce sens.





Début : 06/02/10 - 20:00
Fin : 06/02/10 - 20:30
Echéance : 06/02/10 (dépassée de 841 jours)
Niveau de priorité : haut
Statut global : en cours

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un peu de people for fun. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État au numérique, a récemment publié "Tu viens ?". Son

  • Par jean-marie.bequin le

Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État au numérique, a récemment publié "Tu viens ?". Son mari n'a pas eu la même chance. Son essai politique n'est jamais paru, censuré par madame. Par crainte des foudres présidentielles.


"Si le livre sort, je divorce !" Tel a été l'ultimatum lancé par Nathalie Kosciusko-Morizet afin de mater la plume grandiloquente de son mari, Jean-Pierre Philippe. L'homme de la sous-ministre au numérique est un énarque qui collectionne les postes de conseiller dans les cabinets ministériels. Il a été également maire PS de Villefontaine (Isère), avant de devenir le candidat UMP à Longpont-sur-Orge (Essonne), aux dernières municipales.


Le forfait conjugal du brave homme est d'avoir écrit un livre en 2008, Où c kon va com ça ? Le besoin de discours politique. Vous ne remettez pas le titre ? Normal, l'essai philosophico-politique, qui, faut-il s'en étonner quand on considère le parcours de l'auteur, s'interroge sur l'existence d'une frontière gauche-droite, n'a jamais paru. Pourtant, le livre avait été écrit, revu, relu, mis en pages, relié, et envoyé à la presse, communiqués à l'appui, avant l'été 2008. Suivant une liste établie par l'auteur avec son directeur de collection, Philippe-Michel Thibault, et son attachée de presse. Libération avait même prévu un long portrait de l'écrivaillon pour habiller sa dernière page.


Parano Sarko

Mais voilà, à la fin juillet 2008, à quelques semaines seulement de la publication du livre chez Panama, l'éditeur Marc Grinsztajn reçoit un coup de fil de Jean-Pierre Philippe. Plaintif et gêné, Jean-Pierre lui explique que c'est bien dommage mais son oeuvre ne peut plus sortir. En tout cas pas en l'état. Il faut couper des paragraphes de toute urgence ou prendre le risque que Nathalie, qui vient de lire le texte, divorce.


Grinsztajn n'est pas au bout de ses surprises. Après cet épisode pour le moins inattendu, c'est au tour de NKM en personne de faire des siennes. La secrétaire d'État, alors à l'Écologie chez Borloo, convie son boulet de mari et l'éditeur à un dîner dans un lieu qui laisse rêveur, au ministère, boulevard Saint-Germain. Interrogé par Bakchich, Marc Grinsztajn a confirmé l'épisode et raconté le dîner. Du plat au fromage, Nathalie passe tout son temps, l'ignoble livre ouvert, à relever, un brin énervée, les passages à censurer. Elle dit regretter que les épreuves aient « déjà » été envoyées. Culottée, la rouquine...


Un peu plus tard, entre la poire et le dessert, NKM change de registre et explique le motif de son courroux : « Nicolas Sarkozy va entrer dans une colère folle ! » « Le Président déteste les intellectuels. » Déjà, « la couverture du Point sur Sarkozy et les psys [mai 2008] l'avait rendu furieux. » La sous-ministre raconte que le chef de l'État n'a « aucun humour ». Puis elle laisse tomber une phrase définitive : « Si ce livre sort, je saute. Pas tout de suite, mais au prochain remaniement. »


Pendant ce temps-là, Jean-Pierre Philippe, presque oublié, se tord sur sa chaise. Son mutisme est régulièrement interrompu par un murmure : « tout cela est de ma faute ». Contacté par Bakchich, l'auteur du livre s'est montré tout autant mutique.


Au final, « NKM m'a proposé qu'on le publie avec des coupes, se rappelle Marc Grinsztajn, mais j'ai refusé. Il n'y avait pas lieu de couper. » L'éditeur poursuit : « J'ai expliqué que je ne voyais pas le caractère subversif de ce livre, mais bien la parano qu'inspirait Nicolas Sarkozy à ses ministres. » Et de conclure : « En matière de conjoint des ministres, aucune jurisprudence n'a pour l'instant été établie par le Président. »


L'ouvrage incriminé en mains, Bakchich a cherché les passages les plus gênants pour la secrétaire d'État. Pas de quoi fouetter un chat... D'abord parce que, sur 122 pages, Nicolas Sarkozy est cité... six fois. Les critiques, vagues, sont noyées dans une masse de propos sur la politique au sens large. Ici et là, l'auteur tresse des lauriers à un Président qu'il asticote gentiment deux lignes plus haut.


Ainsi, page 18, à propos de Sarkozy et de Ségolène Royal, alors candidats à l'élection présidentielle, Jean-Pierre Philippe écrit : « Face au réel qui est asphyxié par sa propre accumulation, ils se sont refusés à l'explication. Leur est resté le pari de l'incantation. Et là, quelle emphase, quelle réussite médiatique, chacun dans son registre composé au fil du temps. »


Page 27, sur le vocabulaire en politique, l'auteur envoie une petite pique à Sarkozy : « Qui peut entendre sans réagir des mots inutiles ou décalés : la « racaille », ou ce verbe qui vrille toute oreille bien faite : « j'exigerai ». » Quelle insolence !


Tout ça pour ça



La fin de l'ouvrage est une espèce de leçon politique à l'usage de Sarkozy. « Il y a une attente phénoménale. Nicolas Sarkozy le sait très bien. Il rythme son parcours au gré de ces dangers de désamour.Tout cela ne peut conduire à l'échec. Il doit ré-apprivoiser la France. » (page 117) La conclusion, toujours sur le ton du petit donneur de leçons, est légèrement plus pinçante : « Pas un Français n'aurait osé secrètement imaginer que ces élections de 2007 pourraient sonner aussi creux, que le timbre de leur désespoir aurait aussi peu d'écho... » (page 121) On ne peut que regretter de voir un auteur être censuré pour si peu. Mais si Nicolas Sarkozy manque à ce point d'humour, mieux vaut prévenir que guérir...


FRANCE
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NOM DE CODE - HADOPI - DECRYPTAGE

  • Par jean-marie.bequin le
HADOPI, vous en avez entendu parler dans les médias, au détour d'une discussion entre copains, même vos enfants vous en ont parlé. Derrière ce nom de code se cache un nouveau dispositif législatif. Pour vous aider à comprendre le nouveau droit, le Forum vous propose de répondre aux questions essentielles avant que la loi ne soit mise en oeuvre. Que comprend le dispositif HADOPI ? Pour commencer, le système HADOPI c'est deux lois : 1) la loi du 12 juin 2009 favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet. 2) la loi du 28 octobre 2009 relative à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet. La première de ces lois, dite HADOPI 1, a conduit à la création de la « HADOPI », la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet. Elle a également abouti à la création d'une obligation pour le titulaire de l'accès à internet (abonné d'un fournisseur d'accès à l'internet) de veiller à ce que son accès à l'internet ne soit pas utilisé à des fins de contrefaçon. Il s'agit d'une obligation de sécurisation de l'accès à l'internet à la charge de l'abonné. La seconde de ces lois, dite HADOPI 2, a, quant à elle, modifié le dispositif pénal applicable aux contrefaçons commises au moyen d'un service de communication au public en ligne, par exemple le Peer to Peer (ou Pair à Pair), notamment en prévoyant des peines complémentaires de suspension de l'accès à l'internet. HADOPI, qu'est ce que ça signifie ? HADOPI désigne la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet, c'est-à-dire une autorité administrative indépendante comme la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) ou encore le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Elle est composée d'un collège et d'une Commission de protection des droits. Quelles sont les missions de la HADOPI ? Les missions de cette autorité sont une mission : d'encouragement au développement de l'offre légale et d'observation de l'utilisation licite et illicite des oeuvres sur internet ; de protection de ces oeuvres à l'égard des atteintes au droit d'auteur et aux droits voisins commises sur internet ; de régulation et de veille dans le domaine des mesures techniques de protection, les DRM. Une obligation de sécurisation. Qu'est ce que c'est ? Au titre de l'objectif de protection des oeuvres, la loi dite HADOPI 1 a en effet imposé aux abonnés à l'internet une obligation de veiller à ce que leur accès à l'internet ne fasse pas l'objet d'une utilisation à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d'oeuvres ou d'objets protégés par un droit d'auteur ou par un droit voisin sans l'autorisation des titulaires de droits lorsqu'elle est requise , c'est-à-dire des contrefaçons. Aucune sanction pénale n'est pour l'instant attachée au non respect de cette obligation mais un décret devrait prévoir une sanction pour ces manquements sous la forme d'une contravention de 5e classe punis d'une amende de 1 500 euros et éventuellement d'une peine de suspension de l'accès à l'internet. Quels sont les pouvoirs de la HADOPI ? Pour assurer sa mission de protection des oeuvres, la HADOPI dispose de différents pouvoirs. Elle est saisie par des agents assermentés désignés par les organismes de défense professionnelle (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), le Business Software Association (BSA)...), les sociétés de perception et de répartition des droits (SACEM, SACD, SPPF, SCPP, SDRM, ADAMI...), le Centre national de la cinématographie (CNC) et le procureur de la République. Après cela, elle peut : constater et établir des procès verbaux des manquements à l'obligation de sécurisation et des contrefaçons ; adresser des avertissements appelés « recommandations » aux abonnés à l'internet ; transmettre au procureur de la République tout fait susceptible de constituer une infraction. La HADOPI est-elle dotée d'un pouvoir de sanction ? Non. À l'origine, la volonté du Gouvernement était de doter cette autorité du pouvoir d'avertir les abonnés à l'internet et de prononcer une sanction de suspension d'accès à l'internet. La HADOPI disposait donc d'une double fonction : avertir et sanctionner. Cette dernière possibilité a été censurée par le Conseil constitutionnel, qui a considéré que seul un juge pouvait prononcer une sanction portant atteinte à une liberté fondamentale comme celle de la liberté de communication ; l'accès à l'internet étant un moyen d'exercer cette liberté. La HADOPI ne dispose donc pas d'un pouvoir de sanction. La loi HADOPI 2 a confié au juge le pouvoir de sanctionner. Que peut constater la HADOPI ? Après saisine, la Commission de protection des droits et les agents assermentés de la HADOPI, pour les nécessités de la procédure, pourront demander communication aux fournisseurs d'accès à l'internet et aux prestataires d'hébergement de tous documents ou données qu'ils conservent ou détiennent. À ce titre, ils pourront obtenir des fournisseurs d'accès à l'internet ou des prestataires d'hébergement l'identité, l'adresse postale, l'adresse électronique et les coordonnées téléphoniques de l'abonné dont l'accès à l'internet a été utilisé à des fins de contrefaçon. La HADOPI pourra constater les faits susceptibles de constituer un manquement à l'obligation de sécurisation ou susceptibles de constituer une contrefaçon dont elle a été saisie. Elle pourra, aux différents stades de la procédure, entendre, à la demande de l'abonné ou sur convocation, la personne concernée par ces investigations, personne qui pourra se faire assister d'un conseil. Quelle est la procédure d'avertissement confiée à la HADOPI ? La HADOPI dispose du pouvoir d'envoyer aux abonnés des avertissements (recommandations) au regard des faits qu'elle aura constatés. Plus précisément, ce sera la Commission de protection des droits, composante de la HADOPI, qui pourra prendre ce type de mesures. Elle pourra envoyer une première recommandation et, en cas de renouvellement des faits dans un délai de six mois à compter de l'envoi de la première recommandation, une seconde recommandation. Chaque recommandation devra comporter les éléments suivants : un rappel de l'obligation de sécurisation ; une injonction de respecter cette obligation ; un avertissement sur les sanctions encourues en application des articles L. 335-7et L. 335-7-1 du Code de la propriété intellectuelle ; une information de l'abonné sur l'offre légale de contenus culturels en ligne ; une information de l'abonné sur l'existence de moyens de sécurisation permettant de prévenir les manquements à l'obligation de sécurisation ; une information de l'abonné sur les dangers pour le renouvellement de la création artistique et pour l'économie du secteur culturel des pratiques ne respectant pas le droit d'auteur et les droits voisins ; la mention de la date et l'heure auxquelles les faits susceptibles de constituer un manquement à l'obligation de sécurisation ont été constatés ; les coordonnées téléphoniques, postales et électroniques où l'abonné peut s'adresser, s'il le souhaite, pour formuler ses observations et obtenir des précisions sur ce qui lui est reproché. Les recommandations sont envoyées à l'abonné par la voie électronique (courriel) et par l'intermédiaire du fournisseur d'accès à l'internet. Toutefois, la seconde recommandation, si elle peut également être envoyée par courriel, devra être assortie d'une lettre remise contre signature (par exemple, une lettre recommandée) ou de tout autre moyen propre à établir la preuve de la date de présentation de cette recommandation. Les modalités de la procédure seront précisées par décret. Peut-on répondre à un avertissement ? L'abonné qui reçoit une recommandation de la HADOPI pourra présenter ses observations à la Commission de protection des droits (les coordonnées téléphoniques, postales et électroniques sont précisées dans les recommandations). Il pourra également demander des précisions sur le contenu des oeuvres ou objets protégés concernés par le manquement qui lui est reproché. De plus, la loi HADOPI 2 prévoit que l'abonné pourra être convoqué par la Commission de protection des droits ou demandé à être entendu. L'abonné pourra se faire assister d'un conseil de son choix. Une copie du procès-verbal d'audition lui sera remise. Que risque-t-on pour des faits de contrefaçon ? La HADOPI n'a pas de pouvoir de sanction. Ce sera au juge qu'il reviendra de prononcer des sanctions s'il estime les faits établis. Il convient de préciser que la procédure d'avertissement de la HADOPI n'est pas le préalable nécessaire à l'engagement de poursuites. Une personne qui commet un délit de contrefaçon pourra voir des poursuites engagées à son encontre soit à l'initiative des titulaires de droits soit à l'initiative du procureur de la République. Outre les actions civiles et pénales déjà existantes, il est désormais possible avec la loi HADOPI 2 de recourir à une procédure judiciaire simplifiée en matière pénale : l'ordonnance pénale . Ainsi, désormais, la personne peut être jugée par un seul magistrat et sans contradictoire. Si elle conteste la décision rendue, elle peut, dans un délai de quarante cinq jours à compter de la notification, former opposition à l'exécution de l'ordonnance. En cas d'opposition, l'affaire fera l'objet d'un débat contradictoire et public devant le tribunal correctionnel. Attention, cette procédure simplifiée ne peut être engagée à l'encontre d'un mineur. Et pour les majeurs, elle suppose que les faits soient établis et que les renseignements sur la personnalité du prévenu soient suffisants. En l'état et à la suite de la seconde décision du Conseil constitutionnel, les parties civiles ne peuvent demander des dommages et intérêts dans le cadre de cette procédure simplifiée. La loi HADOPI 2 a apporté des changements en matière de sanctions pénales. Si les sanctions encourues sont toujours une peine maximum d'emprisonnement de 3 ans et une amende de 300 000 euros en matière de contrefaçons, une nouvelle possibilité de sanction pénale est donnée au juge lorsque le délit de contrefaçon a été commis par le biais d'un service de communication au public en ligne : prononcer une peine complémentaire de suspension de l'accès à internet pendant une durée maximale d'un an. À noter que, pour prononcer la peine de suspension et en déterminer la durée, le juge prend en compte les circonstances et la gravité de l'infraction ainsi que la personnalité de son auteur, et notamment l'activité professionnelle ou sociale de celui-ci, ainsi que sa situation socio-économique. La durée de la peine prononcée doit concilier la protection des droits de la propriété intellectuelle et le respect du droit de s'exprimer et de communiquer librement, notamment depuis son domicile. Que risque-t-on pour un manquement à l'obligation de sécurisation ? La HADOPI n'a pas de pouvoir de sanction. Ce sera au juge qu'il reviendra de prononcer des sanctions. Il conviendra d'attendre la publication d'un décret afin de pouvoir en dire plus sur les risques encourus. En effet, pour le moment, aucune sanction pénale n'est attachée au non respect de cette obligatio et les contours n'en sont pas connus avec précision. Toutefois, il peut d'ores et déjà être mentionné qu'il est prévu de sanctionner ce manquement par une contravention de 5e classe (amende de 1 500 euros). En outre, le juge disposera de la faculté, en cas de négligence caractérisée, de prononcer une peine complémentaire de suspension de l'accès à l'internet pour une durée d'un mois au maximum, à l'encontre de l'abonné auquel la Commission de protection des droits aura préalablement adressé la seconde recommandation (évoquée précédemment). La négligence caractérisée s'apprécie sur la base des faits commis au plus tard un an après la présentation de la seconde recommandation. À noter que, pour prononcer la peine de suspension et en déterminer la durée, le juge prend en compte les circonstances et la gravité de l'infraction ainsi que la personnalité de son auteur, et notamment l'activité professionnelle ou sociale de celui-ci, ainsi que sa situation socio-économique. La durée de la peine prononcée doit concilier la protection des droits de la propriété intellectuelle et le respect du droit de s'exprimer et de communiquer librement, notamment depuis son domicile. Quelles sont les conséquences du prononcé d'une peine de suspension d'accès à l'internet ? La personne, coupable de contrefaçon, condamnée à la peine complémentaire de suspension de l'accès à l'internet, aura interdiction de souscrire pendant la durée de suspension prononcée un autre contrat portant sur un service de même nature auprès de tout opérateur. La HADOPI tiendra un fichier des personnes qui auront vu leur accès suspendu, les fournisseur d'accès devront interroger ce fichier avant tout nouvel abonnement. L'abonné qui violerait l'interdiction de souscrire un nouveau contrat d'abonnement à l'internet encourra une peine maximale de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Par ailleurs, si le contrat d'abonnement à l'internet comporte d'autres services tels que des services de téléphonie ou de télévision, les décisions de suspension ne s'appliquent pas à ces services. L'abonné devra par ailleurs continuer à payer son abonnement pendant la durée de suspension. Les frais d'une éventuelle résiliation de l'abonnement au cours de la période de suspension sont supportés par l'abonné. Lorsque la décision est exécutoire, la HADOPI notifie la peine de suspension d'accès à l'internet au fournisseur d'accès à l'internet qui devra mettre en oeuvre cette suspension dans un délai de quinze jours au plus à compter de la notification. À défaut le fournisseur d'accès à l'internet pourra encourir une peine d'amende maximale de 5 000 euros. Le fournisseur d'accès à l'internet est tenu d'informer la Commission de protection des droits de la date à laquelle il a débuté la suspension. La commission de protection des droits procède à l'effacement des données à caractère personnel relatives à l'abonné dès le terme de la période de suspension. Les mêmes modalités sont prévues pour une personne coupable d'un manquement à l'obligation de sécurisation. Toutefois, l'abonné qui ne respecterait pas l'interdiction de souscrire un autre contrat d'abonnement à un service de communication au public en ligne pendant la durée de la suspension encourrait une peine d'une amende d'un montant maximal de 3 750 euros. Comment sécuriser son accès à l'internet ? Il reviendra à la HADOPI, dans le cadre de sa mission de protection des oeuvres, de définir les spécifications que devront remplir les dispositifs techniques propres à sécuriser l'accès à l'internet. En fonction de ces spécifications, les moyens de sécurisation qui seront développés pourront être labellisés par la HADOPI. Elle s'appuiera pour ce faire sur une procédure qui sera ultérieurement fixée par un décret et publiera la liste des moyens de sécurisation labellisés. Les fournisseurs d'accès à l'internet devront faire figurer dans leur contrat d'abonnement la mention claire et lisible de l'obligation de sécurisation de l'accès à internet et des mesures qui peuvent être prises par la commission de protection des droits. Ils devront informer leurs abonnés de l'existence de moyens de sécurisation permettant de prévenir les manquements à l'obligation de sécurisation et leur proposer au moins un des moyens figurant sur la liste établie par la HADOPI. Ils délivreront également des informations sur l'offre légale de contenus culturels en ligne ainsi que sur les dangers pour le renouvellement de la création artistique et pour l'économie du secteur culturel des pratiques ne respectant pas le droit d'auteur et les droits voisins. Le dispositif HADOPI est-il complet ? La loi HADOPI devra être complétée prochainement par plusieurs décrets. Il conviendra alors d'attendre la publication de ces décrets pour avoir une vision définitive de l'ensemble du dispositif.

Nom : HADOPI.doc
Taille : 46 Ko


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  • Par jean-marie.bequin le
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La Cour des droits de l'homme révolutionne les garde-à-vueDiscret / lundi 9 novembre par Xavier Monnier

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Un arrêt de la cour européenne des droits de l'homme met à mal le régime des gardés-à-vue français. Pluie de recours à prévoir. Les magistrats vont devoir se couvrir.


A l'Est du nouveau. Et pas parce que le mur a chu il y a vingt ans. C'est un peu moins loin vers l'Orient qu'une mini révolution pour le monde judiciaire français est en train de se tramer. Du côté de Strasbourg où siège la Cour Européenne des droits de l'homme.


Le 13 octobre dernier, la malicieuse assemblée a rendu un arrêt dans une assez obscure affaire turque, Denayan contre la Turquie. Et au détour de ce dossier, claque une phrase qui risque de soulever la commission Leger, qui a zappé le sujet...


Les juges européens rappellent simplement « le droit de tout accusé à être effectivement entendu par un avocat, au besoin commis d'office, figure parmi les éléments fondamentaux du procès équitable ». Douce remarque, qui rappelle tout bonnement l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme, à laquelle la France, patrie desdits droits, a souscrit.


Le régime des gardés-à-vue français illégal



Et qui change profondément la donne. A savoir que les gardés à vue doivent bénéficier, dès les premiers temps de leur mise à l'ombre, être assisté d'un baveux pour que leurs droits soient respectés. « Un accusé doit, dès qu'il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l'assistance d'un avocat », énonce l'arrêt que Bakchich a pu dépiauter.


Or, dans le droit français, la présence d'un avocat en garde-à-vue n'est que symbolique et ponctuelle. Le conseil n'a alors pas accès aux pièces du dossier et n'assiste pas aux interrogatoires. En certains domaines, notamment le trafic de stupéfiants ou le terrorisme, l'avocat n'intervient souvent qu'après la 72e heure de Gav.



Dessin Ray Clid« L'équite de la procédure, enfonce la Cour, requiert que l'accusé puisse obtenir toute la vaste gamme d'intervention qui sont propres aux conseils. A cet égard, la discussion de l'affaire, l'organisation de la défense (...) sont des éléments fondamentaux que la défense de l'avocat doit librement exercé ».


Des recours à foison

En somme, les aveux en garde à vue d'un prévenu, non assisté d'un avocat pourraient être écartés des dossiers, puisqu'en violation du droit fondamental à être assisté par un conseil dès la première minute de garde à vue. Bref finies les aveux en garde à vue d'un Francis Evrard ou d'un Manuel Da Cruz.


Et tout nouvelle loi qui viendrait réformer la procédure judiciaire française actuelle devra prendre en compte l'assistance obligatoire d'un avocat, dès le début de la Garde à vue. Sans quoi la Cour européenne pourrait la déclarer illégale.


Ephéméride d'un pénaliste. « Les recours en annulation de procédure vont pleuvoir dans les prochains jours ».


(Source BAKCHICH)

Début : 09/11/09 - 20:00
Récurrence : tous les jours
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Le fichier Périclès, grand mix de données personnelles

  • Par jean-marie.bequin le
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Le projet de loi Loppsi 2, qui sera débattu dans les prochaines semaines, devrait s'imposer comme le super-outil de filtrage et de traçage du Net. Au cœur de ce dispositif de lutte contre la criminalité, Périclès, une plateforme névralgique pour les données personnelles.



Apparue et adoptée en 2002, la première loi Loppsi prévoyait un arsenal juridique destiné à endiguer l'accroissement de la délinquance et de la criminalité. Sa première mise en application, la loi sur la sécurité intérieure, votée en 2003, concernait plus spécifiquement la criminalité "classique". Depuis, il fallait prendre en compte la formidable montée en puissance des réseaux - et la montée, liée, de la cyberdélinquance - mais aussi les avantages d'une quasi-totale informatisation des données concernant les citoyens. La Loppsi, 2e du nom, et ses "super-fichiers" croisés ont alors été pensés.


Selon les informations obtenues par le Figaro, le fonctionnement et le champ de recoupement de Périclès, devenu récemment AJDRCDS (Application judiciaire dédiée à la révélation des crimes et délits en série), a été précisé. Seuls les magistrats et gendarmes ou policiers habilités judiciairement et formés à Périclès auront la possiblité de travailler sur la plate-forme, qui ne sera accessible que par une combinaison de code et mot de passe nominatifs. Une fois identifié, l'utilisateur pourra à loisir taper sa requête en précisant le ou les fichiers à interroger.



RECOUPEMENTS À LA CARTE


A la palette des quarante-cinq fichiers (voir ci-dessous) d'ores et déjà disponibles au ministère de l'intérieur, tels les fichiers d'antécédents judiciaires et traitement des infractions constatées (STIC, Judex) ou bases de permis de conduire ou cartes grises, pourront s'ajouter - sur demande des enquêteurs et par réquisition accélérée - certains autres fichiers administratifs comme ceux des douanes, du fisc ou de la Sécurité sociale par exemple. A noter au passage que de 34 en 2006, ces fichiers sont passés à 45 en 2008, et seront bientôt augmentés d'une douzaine supplémentaire "en cours de préparation" selon le rapport Bauer, vraisemblablement pour 2010.


Dernière nouveauté en date, l'adjonction dans les possibilités de croisement des éléments visibles sur la Toile - dits "sources ouvertes" - que chaque internaute peut laisser - parfois sans s'en rendre compte - sur les sites de socialisation (tels Facebook ou MySpace), mais aussi pages personnelles ou blogs (accessibles par simples requêtes sur moteurs de recherche classiques comme Google). A l'image de l'expérimentation du fichier Herisson (Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées) par la Direction générale de l'armement, une masse non négligeable d'informations peut être collectée légalement par ce moteur de recherche "super-renifleur" qui dresse un portrait-robot numérique de chaque individu.


FACEBOOK ET GOOGLE EN COMPLÉMENT


Et les recoupements ne s'arrêteraient pas là. Toujours sur demande et pour les besoins de l'enquête, il sera alors possible - ce qui est déjà le cas pour certaines affaires - de demander aux opérateurs de téléphonie les numéros d'identification des portables se trouvant dans une zone précise et ayant passé une communication à un moment donné. Idem pour le GIE Cartes bancaires, qui fournirait les listes de retraits d'argent par Carte bleue dans un périmètre déterminé. Ces demandes ne sont pas nouvelles, mais la possibilité de recoupements d'identités grâce à Périclès l'est. La convergence des données augmente les chances de réussite d'une identification.


Une seule limite à tout ce futur arsenal, son utilisation qui serait limitée aux délits passibles d'au moins 5 ans d'emprisonnement, le tout afin "d'étendre l'utilisation des fichiers de police judiciaire à la lutte contre la délinquance la plus nombreuse et la plus répétée pour permettre aux officiers de police judiciaire de bénéficier des nouvelles capacités de rapprochement et de traitement de la sérialité", comme le décrit le projet en préambule. Et déjà, ça et là, quelques initiatives tentent de résister à ce fichage massif.



Source : Le Monde.fr



LISTE DES PRINCIPAUX FICHIERS NATIONAUX DE POLICE ET GENDARMERIE


AGADIR (Direction générale des finances publiques, contrôle fiscal)

AGDREF (application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France)

AGRIPPA (Application nationale de gestion du répertoire informatisé des propriétaires et possesseurs d'armes)

ANACRIM (logiciel d'analyse criminelle)

ARAMIS (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes)

BB2000 (Bureautique Brigade 2000)

CIBLE (comparaison et d'identification balistique par localisation des empreintes)

COG-RENS (centres opérationnels et de renseignement de la gendarmerie)

DELPHINE (premier traitement de données biométriques à visée administrative en France)

FAC (automatisé des casinos et salles de jeux)

FAED (empreintes digitales)

FAR (alphabétique des renseignements)

FBS (brigades spécialisées)

FCA (central des automobiles)

FDST (direction de la surveillance du territoire, christina)

FICOBA (Comptes Bancaires et Assimilés)

FICP (national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers)

FIJAIS (judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles)

FIP (centre national d'analyse d'images pédopornographiques)

FIT (informatisé du terrorisme)

FNAEG (empreintes génétiques)

FNCI (national des cartes d'identité)

FNFM (faux monnayage)

FNI (national des immatriculations)

FNPC (national des permis de conduire)

FNPE (personnes nées à l'étranger)

FNT (national trans-frontières)

FOS (objets signalés)

FPIS (personnes interdites de stade)

FPR (personnes recherchées)

FRG (renseignements généraux, EDVIRSP, ex-Edvige)

FS-PORA (suivi des personnes faisant l'objet d'une rétention administrative)

FSCP (Service Centrale des Prélèvements biologiques)

FTIVV (traitement des images des véhicules volés)

FTPJ (travail de la police judiciaire)

FVVS (véhicules volés et signalés)

GERFAUT (Gestion électronique des reconduites à la frontière audiencées en urgence par les tribunaux)

HOPSY (internements psychiatriques)

INSEE (Répertoire national d'identification des personnes physiques)

JUDEX (Système de traitement des infractions constatées de la gendarmerie nationale)

PULS@R (projet Andromede gendarmerie)

RMV 2 (réseau mondial des visas 2)

SALVAC (système d'analyse des liens de la violence associée aux crimes)

SCPPB (service central de préservation des prélèvements biologiques)

SDRF (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes sans domicile ni résidence fixe)

SIS (système d'information Schengen, France)

STIC (système de traitement des infractions constatées de la police nationale)

RAPACE (Répertoire Automatisé Pour l'Analyse des Contrefaçons de l'Euro)

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