avoués (2)

févr.
8

Grève et Chaos

  • Par jean-marc.boizard le
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Recourant pour la première fois à ce moyen si furieusement moderne que nous offre notre blog personnel, j'avais écrit il y a trois ans un texte intitulé " réformes entropiques en 2008 ? ", expliquant alors le poids de la désorganisation sur toutes les structures et la nécessité de les charger en énergie pour résister.

Malheureusement, annonçant le prochain règne du chaos, j'avais raison.

Nos chers Magistrats, qui au moment de la disparition de nos Tribunaux se disaient solidaires mais statutairement incapables de participer à nos grèves, s'en découvrent soudain capables, s'offusquant sans doute moins de la pauvreté de leur budget que de leur future et inexorable responsabilité.

Ce combat pour un statut confortable est légitime, mais il est déjà perdu. Aucun privilège ne résistera au chaos.

Les Avoués se préparent à en payer le fort prix, sans que les Magistrats de Cour versent une larme sur leur sort ni n'envisagent un petit mouvement d'humeur gréviste en leur faveur, alors que leur travail ne sera pas facilité par cette disparition d'auxilliaires précieux.

Le problème, c'est que nous disparaitrons tous dans une médiocre grisaille faite de délégués du Procureur, de procédures sur formulaires en QCM à envoyer depusi nos écrans, que nos petites erreurs seront indolores, que Tuttle et Buttle verront changer leur vie sans rencontrer un vrai Juge.( Brazil, bien sûr)

Pour résister, il eût fallu de l'argent, des carrières, attirer des cerveaux , de la gloire, de la dignité, du panache.

Même combattre pour les états de frais, nous ne l'avons pas fait. Il y a des Barreaux qui n'ont jamais demandé à avoir des majoration d'AJ. Le Barreau subit sans comprendre une vague démocratique dans laquelle il noie ses dernières prétentions.

Comment a t on pu imaginer de laisser un Avocat visser sa plaque seul, sans aucun temps de formation aux usages, aux manières, au savoir faire ?

Le chaos nous enveloppe, nous étouffe, et avec lui déjà nous ne voyons plus autour de nous

juin
16

L'idée de Justice est elle soluble dans la misère?

  • Par jean-marc.boizard le
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Une mission première d'un état consiste à assurer à ses ressortissants un socle de services qui favorisent leur bien être, communications, santé, enseignement, défense, justice, mais la gestion du pouvoir est de plus en plus polluée par la mesure du pouvoir, chiffrée en fonds avec lesquels les gouvernants peuvent jouer, pour que les peuples les aiment et les réélisent.

Pour disposer de toujours plus de fonds, les états, jusqu'à la révolte, s'acharnent à lever de l'impôt, jusqu'à la caricature, jusqu'à la déraison.

Ne nous ont ils pas confié que la taxe professionnelle était " stupide?" ( Miterrand!) que l'impôt sur la fortune est non rentable ( Giscard?) que les pays voisins qui ont supprimé les droits sur les successions ont eu raison ( Chirac ?), ne savent ils pas que trop d'impôt tue l'impôt ( cours de droit fiscal, première année!)

Pour dégager des marges utilisables, vu que l'essentiel du budget est déjà engagé pour les traitements et la dette, il faut réaliser des économies, car avec les fonds ainsi rendus disponibles on va s'acheter facilement une réputation de bon dirigeant ( le gouvernement vient de " débloquer deux milliards" souvenez vous que c'est votre argent !, et dites merci à la propagande - média)

Nous voiçi entrés dans l'ère des toutes petites économies, sur le plus faible budget de l'état, la Justice.

Encore, réaliser des économies peut à court terme, et nous sommes gouvernés à très court terme et à très courte vue, etre une source de dépenses supplémentaires.

Que dire du bilan écologique de trente véhicules automobiles employés à transporter autant de justiciables pour une audience à soixante dix kilomètres, parceque le Tribunal local a été supprimé, alors que de son temps seul le Juge faisait le trajet?

Où sont passés les Juges de Paix, siègeant dans chaque canton? Ont ils disparu avec le souci de la paix ?

Nous sommes entrés dans le paradigme de la rationalisation de la carte judiciaire, et personne ne se trouve interloqué qu'une réforme de la Justice ait pour seule justification de fausses économies et non un souci de rendre un meilleur service public de la Justice.

Les intérêts catégoriels se manifestent, avec une satisfaction centralisatrice, qui fait qu'une proportion non négligeable de nos Confrères ne comprennent pas la nécessité de Tribunaux en province, et qu'ils veillent à promouvoir et faire avancer la suppression des postulations, les échanges internet, c'est à dire la possibilité de tout gérer depuis Paris. Les mêmes ne pleurent pas sur la disparition des Avoués des Cours, et personne n'a tiré les conséquences sur la totale dérive des fondements du droit judiciaire privé depuis la suppression des Avoués des Tribunaux.

Le minimum de l'éthique des professionnels du droit ne devrait il pas être de contribuer à ce qu'un service de la justice et du droit soit assuré dans les meilleures conditions de temps, de coût, de proximité, de lisibilité, d'égalité des citoyens?

Travailleurs obscurs du droit, levez vous et défendez la civilisation!

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