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sept cavaliers.....

  • Par jean-marc.boizard le

Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée... Il s'agit du titre fascinant d'un ouvrage de Jean Raspail, écrit dans une langue parfaite , merveilleusement évocateur de la chute d'une époque, d'une civilisation, d'un ensemble de valeurs.

Malheureusement, je viens de retrouver la nostalgie qui règne dans cet ouvrage à sentir la fin de nos Tribunaux.

Cette fin approche, les Juges se laissent muter, les greffiers tentent d'envisager leur avenir ou leur retraite, les dossiers trainent, chacun pour soi, le navire sombre.

Les justiciables en déshérence feront la route vers la capitale régionale pour se faire juger par des gens dont le mépris sera à mesure de la distance, et ils passeront pour d'immondes bouseux aux yeux des savants et doctes juristes des mégapoles à cités judiciaires barbelées.

Fin de la Justice de proximité, abandon des petits, concentration des décisions, que personne n'ose brandir un coutumier pour justifier d'un droit de puisage et en expliquer les modalités : peut on s'y rendre en charette?...

Bienvenue aux bugs inévitables d'une informatique obsolète organisée par de frileux spécialistes de la protection et du secret qui paralysent tout : l'idéal pour ne pas que cela se sache n'est il pas que rien n'ait lieu?

Bienvenue aux jugement sur clavier et écran, aux formules toutes prêtes, aux statistiques toutes faites.

Quels progrès en science juridique! Loin des scories de la réalité et des gens, point ne sera besoin de se soucier de leur sort, enfin on pourra faire du droit pour le droit comme de l'art pour l'art, sans se préoccuper des conséquences.

La ville n'est plus gardée, toutes les portes sont ouvertes, la Justice pourra se passer des justiciables, et ceux ci retourner à l'obscurantisme et à la barbarie.

Malheureusement, aucun cavalier ne sort par la porte de l'Ouest pour chercher du secours, il n'y en a pas.....


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