consentement mutuel (4)
MA LETTRE AU PERE NOEL -
Cher Père Noêl,
J'ai regardé ton catalogue de cadeaux ; ils ne m'ont pas tous plu, sauf un
MA LETTRE AU PERE NOEL
Cher Père Noêl,
J’ai regardé ton catalogue de cadeaux ; ils ne m’ont pas tous plu, sauf un : j’ai été un gentil petit avocat bien sage : je n’ai pas fait grève, je n’ai pas refusé l’AJ, j’ai été aimable avec mes clients, je leur ai fait signer des conventions d’honoraires adaptées à leur situation financière, j’ai essayé de ne pas plaider trop longtemps, j’ai payé mes impôts et taxe professionnelle, je ne frappe pas ma sécrétaire même quand elle me passe Mme DUPONT, je n’ai pas dit de mal sur toi sur mon blog, comme tu le sais. Alors, cher père Noël, je sais que le cadeau que je te commande va être très demandé, mais c’est celui là que je veux et c’est pour ça que je m’y prends tôt : le pack divorce « référence CM SESP » (sans enfant sans patrimoine) à 1600 euros HT, ou plutôt à 1913,60 euros, puisque, comme tu le sais, les particuliers ne récupèrent pas la TVA. Je sais que c’est très cher pour un tel cadeau, mais je veux bien qu’il compte pour plusieurs Noëls.
Je compte sur toi, cher Papa Noël, et merci d’avance.
Réponse personnalisée du Père Noël
Mon cher enfant
J’ai bien reçu ta commande pour Noël. Tu es bien petit pour réclamer ce cadeau ; tu ne vas pas savoir t’en servir et peut-être seras tu déçu. Je te demande de bien réfléchir : tu sais, c’est un cadeau pour les grands, ceux qui savent le faire marcher ; on ne peut pas l’utiliser partout, car il peut perturber ; certains m’ont déjà dit qu’il faisait beaucoup de bruit et dérangeait ; d’autres disent qu’il est trop cher, d’autres pas assez ; d’autres prétendent aussi que c’est un gadget et qu’il ne marchera pas.
Tu sais ou tu sauras, quand tu seras grand, que la catalogue du Père Noël, comme tous les catalogues, affiche des cadeaux magiques appelés « offres d’appel publicitaires » : c’est pour faire envie, mais seulement pour vendre d’autres cadeaux moins magiques. Regardes les autres pages du catalogue : n’aurais tu pas envie, dans la même gamme, du beau cadeau sous la référence pack divorce "CM SESP AJT" . c'est le même modèle, de même qualité, mais beaucoup moins cher, et sûrement plus adapté à ta taille, petit morveux (non exprimé dans le texte du courrier, mais pensé par le Père Noël).
Allez, très cher enfant, on va faire comme ça, et puisque tu as été très sage, ça sera pas plus cher que l’année dernière. Et en plus, avec ce modèle, normalement, pas de risque de panne ; toutefois, je t’offre une garantie de deux ans, pièces et main d’œuvre gratuite. Comme tu le vois, le Père Noël est très gentil.
Tu recevras ton paquet le soir de Noël, sauf grèves postales.
Continue à être bien sage.
Ton Papa Noêl... du CNB.
DIVORCE - RUPTURE - PENSIONS
TIME IS NOT MONEY
Face aux multiples demandes qui me sont faites, et auxquelles je ne peux pas répondre très spécifiquement, faute de connaître tous les aspects du dossier de chacun, je dois rappeler, certains principes applicables au paiement des pensions qui sont fixées dans le cadre d'un divorce.
DIVORCE - RUPTURE - PENSIONS
TIME IS NOT MONEY
Face aux multiples demandes qui me sont faites, et auxquelles je ne peux pas répondre très spécifiquement, faute de connaître tous les aspects du dossier de chacun, je dois rappeler, certains principes applicables au paiement des pensions qui sont fixées dans le cadre d’un divorce.
Les époux se séparent d’un commun accord (ou non) et ont des résidences distinctes. A un moment, ils souhaitent régulariser leur situation en divorçant : deux hypothèses, soit par demande d’un seul des époux, soit par consentement mutuel.
• Si l’un des époux dépose seul la demande en divorce classique, les deux seront convoqués par le Juge pour une audience où il sera débattu des pensions (enfants et/ou épouse) ; ce n’est qu’au jour où ces pensions seront fixées qu’elles deviendront applicables (exécutoires).
• Si les deux envisagent un consentement mutuel, il faudra discuter d’abord pour se mettre d’accord sur ces pensions, puis signer la convention (qui portera également accord sur toutes les autres conséquences du divorce), puis déposer au greffe ces conventions, puis attendre la convocation devant le Juge qui transformera les conventions en jugement de divorce, qui seul constituera le point de départ des pensions ; à noter qu’il ne pourra s’agir seulement que des pensions enfants et non pour l’épouse. Pourquoi ? la pension de l’épouse est due pendant la durée de la procédure et jusqu’au prononcé du divorce ; en clair, si vous fixiez une pension pour l’épouse dans les conventions, elle ne deviendrait applicable qu’au jour où le juge l’homologuerait, c'est-à-dire le jour où vous seriez convoqués devant lui ; mais comme ce serait aussi le jour où votre divorce serait prononcé, la pension disparaîtrait aussitôt, puisqu’il ne peut plus y avoir de pension une fois le divorce prononcé ! il ne sert donc à rien de fixer une pension épouse « morte née » (la pension, pas l'épouse) dans un consentement mutuel dont le temps de procédure ne sera que de quelques semaines
Il résulte de tout cela que le consentement mutuel est la solution idéale pour divorcer, si le temps de discussion est réduit, car, entre le moment où vous avez déterminé la pension des enfants dans une convention, réglant au surplus toutes les autres conséquences du divorce, et le moment où vous comparaîtrez devant le Juge qui prononcera votre divorce, par homologation de cette convention, il ne se sera écoulé qu’un délai de quelques semaines, rendant exécutoire rapidement la pension enfants ; pour l’épouse, elle n’aura certes pas de pension, mais bénéficiera des effets de l’éventuelle prestation compensatoire, fixée dans la convention homologuée, pour l’après divorce.
Si l’élaboration du consentement mutuel prend un temps infini, en vaines discussions, qui permettent à l’époux devant verser la pension enfants de ne rien payer pour eux, il est alors plus opportun d’abandonner ce projet de procédure, pour déposer une demande en divorce ordinaire, qui pourra ensuite être traité de manière simplifiée si les époux le souhaitent, mais qui aura le mérite de faire fixer très vite les pensions et les rendre exécutoires. (à noter que certains époux, déjà séparés, préfèrent attendre que leur immeuble commun soit vendu pour établir les conventions: si l'immeuble ne se vend que dans deux ans, les enfants risquent d'avoir faim, si aucune pension ne leur est versée pendant ce délai)
Pour éviter les abus, si vous êtes séparés et que vous hébergez déjà seul(e) les enfants, exigez, pour poursuivre la discussion sur un consentement mutuel, que l’autre verse déjà une pension pour les enfants et peut-être même pour vous ; s’il le fait, vous aurez le temps de peaufiner l’élaboration de votre convention. Dans ce cas, faites au moins élaborer par le ou les avocats, une convention parentale pour fixer la pension enfants, précisant qu’elle sera applicable dès sa signature, et une fois que la séparation effective des époux conduira à la mise en place de la résidence séparée des enfants.
S’il refuse, déposez aussitôt une requête en divorce, en abandonnant l’idée du consentement mutuel, qui n’avait d’autre objectif que de gagner du temps, pour éviter justement de payer ces pensions. Vous arriverez vite devant le Juge qui les fixera aussitôt.
Ayez toujours à l’esprit que, tant qu’une pension n’a pas été fixée par le Juge, vous n’avez aucun moyen de contrainte pour que l’autre parent paie une pension , et que les temps de discussion sont autant de délais perdus pour les pensions.
Et, en référence, au bon vieux raisonnement de Monsieur de La Pallice, tant qu’une demande de pension n’est pas formulée, un juge ne peut la fixer.
* * * *
Enfin, il est bon de rappeler que, mariés ou pas, divorcés ou non, séparés ou pas, le Code Civil énonce que :
Art. 203 Les époux contractent ensemble, par le seul fait du mariage, l'obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfants
La jurisprudence des tribunaux précise que
« Comme les parents mariés, les parents naturels ont l'obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfants conformément aux dispositions de l'art. 203 ».
La mise en œuvre de ces obligations naturelles s’impose donc à tout parent, même en dehors de toute procédure, si bien que le parent qui n’a pas les enfants avec lui, doit spontanément payer sa quote part afin de contribuer à les nourrir, entretenir et élever.
Pensez, en cas de rupture, si vous avez des résidences distinctes et si le conjoint n'offre pas spontanément de pension pour les enfants, à la bonne vieille contribution aux charges du mariage ( reportez vous à mes précédents billets sur le sujet); elle vous permettra d'obtenir une aide financière, en attendant que la procédure de divorce soit mise sur rail; généralement, c'est fou comme un jugement de contribution accélère le processus du divorce !
Comme le disait my taylor, qui n'est pas encore rich, time is not money.
Et combien ça va me coûter tout ça, Maître ?
A cette lancinante question, il me revient toujours en mémoire la réponse qu'un ancien avocat que j'ai connu jadis donnait à son client : « beaucoup moins que votre mariage »
Et combien ça va me coûter tout ça, Maître ?
A cette lancinante question, il me revient toujours en mémoire la réponse qu’un ancien avocat que j’ai connu jadis donnait à son client : « beaucoup moins que votre mariage »
Il est vrai que la réponse à cette question, sauf dans de très rares cas, ne peut surgir aussitôt, puisque les procédures de divorce sont très variées, simples ou complexes, pouvant être réglées en deux ou trois mois, ou bien au terme de plusieurs années de débats judiciaires acharnés.
C’est un peu comme si, entrant chez votre boucher, vous demandiez combien cela va vous coûter, sans avoir encore choisi l’animal dont vous dégusterez un morceau et sans avoir indiqué le nombre de personnes qui vont se le partager. Vous ne disposerez que des étiquettes affichant le prix au kilo.
Pour répondre à votre question, l’avocat doit disposer des paramètres de votre procédure, dont le principal lui est encore ignoré à cet instant : quelle sera l’attitude et la résistance de la partie adverse. Combien de fois, le client optimiste prétend qu’il n’existera pas de difficulté majeure avec son conjoint, et combien de fois la lecture des prétentions adverses lui promet ensuite une longue aventure procédurale.
Chez l’avocat, l’étiquette du boucher est remplacée par le coût horaire, qu’il peut aisément vous donner : ce coût horaire est strictement économique. A partir de l’honoraire que vous payez, l’avocat va reverser la TVA qu’il a encaissé pour le compte de l’Etat (19,60%, désolé), payer ses charges de fonctionnement (entre 45 et 60% selon l’importance du cabinet) et trouver sa rémunération dans ce qui restera.
Ainsi, un avocat qui recevra 1000 € de son client, disposera de 400 € environ pour payer ses charges personnelles (assurance maladie, retraite et assurances sociales) et vivre avec le solde.
Ainsi, en connaissant les charges acquittées l'année précédente, et son nombre d'heures facturables, l'avocat connait son taux horaire facturable, qu'il a déterminé pour que, une fois lesdites charges payées, il lui reste de quoi rémunérer sa prestation intellectuelle.
Ce coût horaire peut être sujet à des variations, par adaptation, en plus ou en moins, selon la complexité du dossier, la notoriété certaine ou illusoire de l’avocat, la situation personnelle du client (contrairement aux idées reçues, un avocat sérieux modère son honoraire en présence d’un client à situation modeste).
A partir de ces éléments, l’avocat connaît le coût du taux horaire qu’il doit appliquer à votre dossier
Ensuite, la tâche du boucher est plus simple : quand vous lui avez désigné les trois tournedos de vos rêves, empaquetés et pesés, le prix s’affiche sur la balance.
L’avocat ne peut soupeser le poids de votre dossier que sur les seuls éléments que vous lui avez fourni : il fait une estimation du temps prévisible à consacrer à votre affaire, selon le choix de la procédure envisagée à cet instant ; mais le poids peut s’alourdir une fois connue l’argumentation adverse.
Oui, me direz vous, mais quand même, combien cela va-t-il me coûter ?
D’abord, nous parlons de divorces dans lesquels l’avocat, doté d’une expérience en la matière et suivant une formation continue, travaille dans l’artisanat et non pas dans le divorce industriel. Vous trouverez sur le net des pages publicitaires annonçant des tarifs promotionnels de divorces indignes de vrais professionnels, du divorce discount à prix cassés ; à quand les soldes ? Comment ces annonceurs peuvent-ils à de tels tarifs fournir une prestation de qualité et en même temps gagner leur vie ? Ils auront sans doute peu de temps à vous consacrer et votre QCM sera votre lien essentiel avec l’annonceur. Je me suis longtemps interrogé sur les personnes pouvant s’abriter derrière ces offres promotionnelles : sont-ils réellement avocats respectueux des principes de cette profession : compétence, dévouement, diligence et prudence, dus au client ? Des réponses négatives finissent par être apportées, après analyse des situations promotionnelles ainsi proposées au public des internautes ; certaines officines ne sont que des intermédiaires, souvent non avocats, nouveaux courtiers du divorce, qui se font fort, après avoir encaissé le montant affiché sur leur site commercial, de mettre seulement le « client » avec un cabinet d’avocat partenaire, qui facture alors ses prestations, petit complément surprise. Un conseil : un avocat sérieux n’est pas n’est pas un commerçant, mais un professionnel libéral ; évitez de cliquer sur les sites de divorce des rubriques commerciales, avec un lien commercial affiché ou dont l’adresse se termine en « .com ».
Plus sérieusement pour en revenir à un travail personnalisé de votre dossier, votre avocat, après sa première analyse de votre dossier, va vous établir et proposer un devis personnalisé, la convention d’honoraire.
- Soit il vous annoncera un coût fixe, avec les modalités du paiement, si votre affaire est simple et maîtrisable dans le temps : c’est souvent le cas de consentements mutuels dans lesquels, les problèmes d’enfants ou d’immeuble sont déjà réglés ou mis en pratique par les époux, ou mieux quand il n’existe pas d’enfants à charge ou d’immeuble en propriété.
L’estimation du temps est faite par l’avocat qui lui applique alors son taux horaire, en général modéré
- Soit, vous serez orienté vers un honoraire au temps passé, comportant l’estimation prévisible d’un dossier mené sans incident, par une fourchette de prix, ainsi que celle des coûts approximatifs des divers incidents pouvant survenir durant la procédure. Tant mieux pour vous si ces incidents ne surviennent pas.
- Soit enfin, dans des cas où il est évident que les discussions essentielles (résidence des enfants, pensions alimentaires, prestation compensatoire, partage des biens, etc.) vont devoir être âprement débattues, il pourra vous être proposé, un honoraire au temps passé, panaché avec un honoraire de résultat ; selon l’intérêt financier en jeu, le résultat obtenu grâce à son travail permet à l’avocat de recevoir une rémunération complémentaire, favorisant une limitation de l’honoraire au temps passé : autrement dit, il facturera l’honoraire principal à un coût horaire moindre que celui que la complexité du dossier aurait justifiée, et il sera lié à son client quant au résultat pour percevoir un éventuel complément, en pourcentage des sommes obtenues ou économisées par rapport à la demande faite.
Bon, d’accord, mais combien cela va me coûter ?
Un taux horaire de cabinet d’avocat, selon les estimations (l’avocat est très individualiste et ne donne pas ses coûts et tarifs à ses concurrents, pardon, ses confrères) se situent entre 150 et 250 € HT, ou plus dans les grandes villes et les gros cabinets réputés.
Selon certaines études sur le temps qu’un avocat doit consacrer à telle procédure, il apparaît qu’en moyenne le consentement mutuel simple génère cinq à six heures de travail (avocat et secrétariat compris) incluant la réception du client, l’analyse de sa situation, la négociation l’établissement des conventions, les démarches au greffe, l’assistance devant le Juge et l’accomplissement des formalités de publicité du divorce auprès de l’état civil.
Pour le divorce contentieux, le temps moyen du temps à consacrer est évidemment plus important et incertain ; toutefois, et par exemple, dans le cas d’un divorce accepté, dans lequel ne seront pas discutées les causes du divorce, mais seulement des conséquences, le travail de l’avocat inclura : le réception du client, l’établissement de la demande ou l’analyse des demandes adverses, la préparation du dossier en vue du débat devant le Juge conciliateur, puis le traitement du divorce devant le Tribunal, avec l’établissement de l’assignation, ou des conclusions, les communications de pièces, le suivi du dossier devant le Juge de la Mise en Etat, la préparation du dossier de plaidoirie, l’audience de plaidoirie, et les formalités d’état civil, soit au minimum 10 à 12 heures. Une telle procédure étant gérée par le cabinet d’avocat sur plusieurs mois, ce temps estimé est celui que votre avocat consacre exclusivement à votre dossier (y compris parfois les appels téléphoniques de très longue durée qui vont participer à la détermination du temps).
NB: Certains avocats pourront apporter leur contribution à cet article par leurs commentaires : allez, chiche !
Je vous donne des clefs mais je ne fournis pas la calculette !
Vous devez bien avoir une petite idée de la simplicité ou de la complexité de votre divorce : vous aurez là une base de calcul vous donnant une orientation : vous en saurez plus après votre rendez vous initial avec votre avocat, en obtenant de lui une étude personnalisée sous la forme de la convention d’honoraires que vous lui demanderez.
N’oubliez pas, à chaque règlement que vous lui ferez, puisque vous avez votre calculette, enlevez du montant HT, 50% de charges de fonctionnement du cabinet, plus 20 % de charges personnelles, et vous aurez une idée de ce que votre avocat a réellement encaissé pour s’alimenter lui même, après évidemment déduction de ses impôts.
Et n’oubliez pas, en découvrant le coût de votre divorce, pensez à ce qui fut dépensé lorsque vous vous êtes marié (n'oubliez pas les boissons, ni la bague qu'elle a conservé) ; dans la majorité des cas, mon vieux confrère avait sûrement raison.
Fabriquer ensemble son propre jugement c'est l'idéal.
Pour éviter les déconvenues, les deux époux doivent être en parfaite harmonie pour en discuter, avoir fait le deuil de leur rupture et ne traiter exclusivement que les seules conséquences du divorce.
Elles sont toujours les mêmes, que le divorce soit amiable ou non; alors, autant décider à deux ce qui sera le mieux pour vous et vos enfants.
CONSENTEMENT MUTUEL suite
LE PLUS DUR,C’EST DE LE VOULOIR
Fabriquer son propre jugement, n’est-ce pas là l’idéal ?
Pour y parvenir, les deux époux doivent évidemment être prêts à y participer très activement, et d’abord être d’accord sur le fait que la vie commune est irrémédiablement compromise, au point que la séparation s’impose.
Ensuite, les deux époux doivent être dans un état d’esprit de coopération mutuelle pour parvenir à établir un accord ; pour cela, seul l’objectif final de la construction du futur jugement doit l’emporter, ce qui suppose d’abandonner dès l’origine toute idée vengeresse, quels que soient les griefs que l’on a à l’encontre de l’autre ; les évoquer n’a aucun intérêt dans cette procédure amiable ; d’ailleurs, si un couple se sépare, c’est qu’il a de bonnes raisons pour cela et, dans un consentement mutuel, peu importe lesquelles, puisque ce point n’est pas abordé.
Si l’un des deux conjoints est dans une situation intellectuelle de refus du divorce, ou si l’un des deux (ou les deux) est dans un objectif de vouloir « faire payer » à son conjoint (au sens propre comme au figuré) des erreurs de la vie de couple, abandonnez l’idée de vouloir faire un consentement mutuel : il est d’avance promis à l’échec.
Dans le cas contraire, si votre seul but est de régler entre vous exclusivement les conséquences de votre séparation, et ce de manière durable et réfléchie, vous pouvez poursuivre dans cette voie.
Ayant abandonné l’idée de « gagner » votre divorce, ce qui ne signifie plus aujourd’hui grand-chose, vous n’aurez qu’un seul objectif : mettre en place un cadre de ce que seront vos futurs rapports de couple divorcé.
Souvent, certains époux se séparent et n’ont pas encore entrepris de régulariser légalement leur situation ; ils sont séparés de fait (ne pas confondre avec la séparation de corps qui résulte d’un jugement) : ceux là ont du, par la force des choses, définir entre eux leur nouveau mode de vie séparée ; ils ont organisé ensemble leurs rapports nouveaux avec leurs enfants, ont défini qui paierait quoi, et parfois même ont vendu leur maison et partagé le prix, après apurement de leurs prêts. Dans ce cas, la trame de leur convention de divorce amiable est quasiment prête, et nous peaufinerons avec eux quelques points complémentaires, pour présenter au Juge une convention récapitulant tout cela, qui deviendra ensuite leur jugement.
Plus difficile est de parvenir à cette situation lorsque l’on vit encore sous le même toit, que la vie de couple s’est dégradée dans les derniers temps, au point que la discussion devient délicate, voire même parfois houleuse ; les tensions s’accroissent et éloignent toute possibilité d’aborder sereinement un débat constructif ; il est temps de faire prendre rendez vous au cabinet d’avocat pour vous guider, après une parfaite information des droits et obligations de chacun, sur les points à aborder pour construire votre jugement.
Dans certains cas, nous pourrons vous orienter vers une solution de médiation familiale, pas forcément pour tenter de « recoller les morceaux » de votre couple, mais pour vous donner un autre éclairage sur les moyens de parvenir à un accord sur les points essentiels de la future convention à établir, et notamment ceux de la résidence des enfants et des droits de visite et d’hébergement.
Sachez que, quelle que soit la procédure de divorce qui sera engagée, vous aurez à débattre de tous ces points qui doivent obligatoirement figurer dans un jugement de divorce ; si vous ne les réglez pas amiablement entre vous, selon votre accord commun, c’est le Juge ou le Tribunal qui les tranchera pour vous dans une autre forme de procédure, où vous n’aurez plus forcément la maîtrise de vos propres choix.
Alors, si vous pensez que le mieux pour vous, c’est de définir vous-même et ensemble les caractéristiques personnalisées de votre divorce, de fabriquer votre propre jugement, comme un puzzle, entamez une discussion calmement, comme si, demain, vous alliez chacun déménager pour vivre séparément et que vous deviez vous organiser en conséquence. Ce sera le cas, mais projetez vous dans cet avenir proche.
En principe, la plupart des questions viennent spontanément à l’esprit.
• Concernant les enfants : chez quel parent vont-ils habiter ? comment l’autre pourra-t-il continuer à les voir et à assumer son rôle de parent ? comment cet autre pourra-t-il aider financièrement le parent chez lequel vivent les enfants, pour les entretenir et éduquer ?
• Concernant les biens : comment allons nous partager nos meubles, nos économies, nos voitures, et même nos dettes ? Que va devenir la maison ou l’appartement que nous avons acquis ensemble ? l’un de nous va-t-il la garder en payant la part de l’autre ? sommes nous d’accord pour vendre au plus vite cet immeuble, qu’aucun de nous ne voudra ou ne pourra garder ?
• Concernant nos rapports entre époux : Madame reprendra-t-elle son nom de jeune fille ou voudra-t-elle garder le nom de son mari ? l’un de nous va-t-il du fait du divorce se retrouver dans une situation financière difficile, au point de devoir lui fournir une compensation ?
Se poser ces quelques questions naturelles et évidentes, et tenter d’y répondre ensemble, c’est déjà commencer à fabriquer votre futur jugement ; n’oubliez pas qu’à défaut d’accord entre vous, c’est le Juge et le Tribunal qui y répondront pour vous, mais dans un autre cadre....
Bien sûr, vous n’allez pas être d’accord tout de suite sur toutes les réponses à apporter : la recherche d’un accord n’est jamais aussitôt acquise, mais suppose, pour trouver un équilibre final, que tout soit analysé, discuté et affiné entre vous, et que souvent, chacun y contribue par des concessions qui finissent par se compenser, permettant d’aboutir au résultat souhaité.
Dressez la liste des points sur lesquels vous êtes d’accord : c’est déjà une partie de votre jugement amiable ; listez ensuite les points de désaccord, avec en regard la position de chacun ; c’est sur ces points que vous viendrez en rendez vous ,chercher conseil auprès de notre cabinet.
C’est le rôle de notre cabinet que de vous y aider, principalement par rapport à ce que dit la Loi sur vos points de litiges, et ce que les Tribunaux, que nous connaissons bien, jugent lorsqu’ils doivent trancher dans les autres cadres de procédure.
Si vous êtes dans cette disposition de discussion et que vous avez passé le cap d’un blocage, la fabrication de votre propre jugement peut être envisagée ; nous pourrons aborder dans les prochains billets, une analyse plus détaillée des points à traiter.
