billet d'humeur (21)

janv.
2

- VOEUX PIEUX -

  • Par jean-claude.guillard le
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Bon, ça y est, on y est dans cette foutue année 2012, que l'on nous annonce si périlleuse !

Difficile de former des voeux, sachant que peu seront exaucés.


Cependant, le premier qui me vient à l'esprit est relatif à ce qui nous est le plus cher : la santé, sans laquelle tout le reste est dérisoire. Ça tombe bien, puisque nos gouvernants espèrent aussi que vous serez épargnés pour soulager les caisses de la Sécu. De toute façon, mieux vaut éviter le pépin de santé, puisque les médicaments disparaissent des rayons des officines au profit des produits de beauté, et que certains de ceux qui restent sur le marché présentent quelques risques majeurs. Alors, pensez à vous maintenir en forme naturellement.


Voeux de prospérité ? Bon, je passe car, vu l'ambiance économique de notre beau pays, ceux qui vont prospérer étaient déjà prospères...Youp la boum ! Pas de voeux pour eux, sinon de leur souhaiter de défiscaliser en donnant aux autres dans le besoin. Quoique, à cet égard, on manque de niches... Ah, les chiens !


Voeux de bonheur ? Bien sûr, mais si les deux premiers voeux ne sont pas au rendez-vous, il sera limité aux menus plaisirs de la vie quotidienne, patates et nouilles partagées en famille, agrémenté des navets de TF1, avant le petit câlin du soir, sauf si la migraine vous prend (Cf. voeux de santé).


Voilà pour les traditionnels.


Je voulais souhaiter que la Justice en finisse avec ses réformes sans fin, n'ayant ni queue ni tête, sauf que là encore, c'est mal parti : durant la trêve des confiseurs, on a anéanti les juges de proximités, qui vont désormais avoir statut d'intermittents du spectacle au sein de la noble institution des Tribunaux de Grande Instance ; on a trouvé de nouveaux intermittents pour garnir les audiences du sévère Tribunal Correctionnel et tenter de juger autrement... Et puis, horresco referens, on a entendu étouffer la profession d'avocat, ou plutôt son caractère libéral, en commençant à la « barémiser » ; c'est le premier coup de bâton à une profession qui se targuait de n'être soumise à aucun pouvoir, politique ou économique, situation lui garantissant sa liberté de parole et lui donnant vocation à être la garante des libertés individuelles, essence même de la démocratie. Oh, cette première atteinte est modique, puisqu'elle tend à unifier la pratique des honoraires, d'abord lors des procédures de divorce, en attendant la suite. Bonne nouvelle pour les justiciables me direz vous... Peut-être, si cette unification tend vers le bas, mais sûrement pas si elle pousse à la hausse. Seulement, il se trouve que les avocats sont aussi devenus percepteurs puisqu'ils reversent à l'Etat magnanime quelques millions d'euros de TVA à 19,60%, et qu'en ces temps de disette, toute baisse de la manne ne serait pas bien vue. Les avocats font également vivre les innombrables familles de leurs dévoués personnels, et abondent divers caisses. Leur tarification leur est personnelle, selon l'importance de leur cabinet, et avant de percevoir le premier centime d'euros, ils auront déjà du acquitter leurs oboles étatiques, et charges de fonctionnement, outre leurs propres assurances et retraites personnelles qui ne cessent de croître. Certains disent travailler 20 jours par mois pour verser leur écot à la communauté nationale, et n'encaisser pour eux qu'à partir du 21ème jour.

Subir ce barème, même sous couvert d'unification de la pratique de l'honoraire, est un mauvais coup à notre libéralisme, puisque l'Etat pourra actionner désormais ce levier pour mettre la profession au pas. Nos illustres instances dirigeantes n'ont pas à l'évidence entendu broncher face à ce tournant historique.


Il me me reste donc qu'un voeu à formuler pour cette pauvre année 2012 : qu'elle soit l'année de l'indignation et qu'un souffle nouveau vienne balayer notre société déclinante pour que nous puissions à nouveau formuler nos bons voeux pour 2013, si Dieu nous prête vie.



photo Calystee





nov.
30

DROIT DE PLAIDOIRIE - TOUT AUGMENTE MON BON MONSIEUR -

  • Par jean-claude.guillard le
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Bingo,


après la création de la taxe de procédure de 35 euros devant être acquittée par tout justiciable souhaitant engager une procédure (sauf les bénéficiaires de l'AJ), voilà que le même justiciable va devoir supporter une légère augmentation de la taxe de plaidoirie qui était déjà payée à concurrence de 8,84 euros: depuis le 25 novembre 2011, elle passe à 13 €. C'est sans doute l'effet de l'inflation...


Une taxe à l'entrée, une taxe à la sortie, il ne reste plus qu'à attendre la taxe du milieu.


Non, pas une taxe sur les gangs et bandes organisées! je parle du milieu de la procédure, comme il existe la mi-temps du foot ou le trou normand en cours de bouffe gastronomique. En décrétant une mi-temps ou un trou normand lors d'une procédure, celà permettrait de prévoir une taxe intermédiaire et complémentaire pour avoir le droit de revenir en jeu ou à table; bon, ce n'est qu'une idée saugrenue, mais je la propose quand même à l'attention des énarques peuplant les cabinets ministériels, qui sont actuellement en état de stress maximum pour trouver les idées "géniales" pour remplir les caisses; tous des Achille TALON pour les bédéphiles. Et Dieu sait combien les idées les plus saugrenues sont souvent les meilleures en ces temps incertains. J'espère que l'inventeur des radars et celui qui a osé créer le radar "pas vu, t'es pris" ont négocié un bon bonus de fin d'année, au pourcentage.


Une pensée aussi pour les mêmes qui doivent trouver quelques subsides, non seulement pour remplir les caisses étatiques vides, mais aussi pour financer les joutes électorales de leurs maîtres; on espère seulement qu'il n'y aura pas de confusion des caisses. On fera les comptes à la sortie pour décerner le "Achille d'or" du meilleur apporteur d'idée et de pognon surtout. Les taxés seront appelés à voter pour leur préféré.


Bon, en attendant, n'oubliez pas votre nouvelle obole à 13 euros.


oct.
16

- HOMMAGE POSTHUME A LA GOLDO -

  • Par jean-claude.guillard le
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Demain, le bon vieux paquet de Gauloises figure au rang des produits de luxe.


Quelle promotion et quelle reconnaissance de la Nation pour ce vulgaire étui de tabac. L'Etat, remarquable parrain de la drogue nicotinée, a su habilement créer l'addiction et rendre accrocs des générations de bidasses, à une époque pas si lointaine où les hommes, les vrais, devaient accomplir leur service militaire durant une année. Chacun recevait sa dotation gratuite, sous forme d'une cartouche entière par mois, qu'il soit fumeur ou non. Les habiles non fumeurs endossaient alors la casquette de dealer pour refiler sous la vareuse leurs stocks de cartouches, moyennant finances pour aller satisfaire quelques besoins hygiéniques dans le tripot du coin, ou en échange de boissons alcoolisées pour fêter leur nouvelle réussite sociale.


Le choix était alors réduit à l'intoxication des poumons, à la chaude-pisse ou à l'alcoolisme, à moins de passer pour le navet du régiment, qui se tapait toutes les corvées avant d'être renvoyé dans ses foyers avec une infâmante lettre P (comme psychopathe) frappée en rouge sur son livret militaire.


Avec les bonnes vieilles goldos spéciales bidasse, baptisée « Troupes », l'adolescent à voix fluette était assuré de muer en deux semaines maxi pour marcher au pas cadencé en hurlant les chants guerriers (la plupart issues après francisation de quelques airs entrainants du Reich) avec une voix de vieux baryton enroué. Merci encore à la mère Patrie pour sa générosité, peut-être pas si désintéressée, vu le pognon qu'elle encaisse aujourd'hui sur le prix de la goldo civile en taxant tous ses fidèles serviteurs qui se sont cramé le gosier à inhaler un tabac de qualité incertaine, sans filtre bien sûr, et qui ont ensuite basculé vers un modèle plus allégé et plus onéreux. Gratuites les goldos « Troupes », oui mais pour mieux encaisser ensuite.


Les non fumeurs rescapés sont devenus des chantres de la guerre anti-tabac pour ceux qui ont survécu et que l'on trouve parfois dans les ministères, à s'essayer goulument au havane barreau de chaise ; les fumeurs sont taxés au maximum comme prévu par le Ministère des Armées et paient désormais leur obole au Ministère de la Santé pour un trou de la Sécu creusé par une majorité de non fumeurs. A moins que ce ne soit l'inverse : que voulez vous, la fumée à ce prix là, ça fait tourner la tête à en perdre l'esprit.


En tous cas, avec ce que l'on donne pour la goldo civile, et en réparation du préjudice subi par tous les accros aux « Troupes », j'espère au moins que l'hosto sera encore gratuit pour eux, pauvres victimes des parrains de la nicotine, et ce d'autant plus que certains abandonneront de facto aux générations suivantes leur retraite si chèrement constituée.


Moi, si j'étais vous, je ferais un procès à l'Etat pour intoxication génocidaire par création de dépendance à une substance dangereuse.



juin
24

DE L'ARENE A L'AGORA

Une bien triste soirée télévisée.


Une fois n'étant pas coutume, j'avais réservé ma soirée à l'émission de France 2 « des paroles et des actes », le journaliste PUJADAS ayant invité la fille de Belzébuth, devenue grande prêtresse du parti honni, si antirépublicain, mais si régulièrement admis à concourir à toutes les élections, à condition qu'il n'ait pas d'élu ; cette contradiction m'est d'ailleurs toujours apparue saugrenue, au plan constitutionnel, sans autre considération sur ledit parti, puisque chacun peut s'en faire sa propre opinion.


Bref, me voilà dans mon canapé pour déguster un spectacle prometteur dans un style des meilleures émissions politiques d'autrefois, vous savez quand l'ineffable Georges MARCHAIS se mettait en pétard au nom des masses populaires contre le grand capital. Le spectacle ne fut pas à la hauteur des promesses et le début fut même laborieux, la blonde esquivant les passages difficiles par son sourire carnassier ou un rire guttural. Mais elle résistait, la bougresse, aux assauts des journalistes dits spécialisés, en différant un temps la réponse à la question par quelque propos étranger, le temps de consulter ses fiches. Pas de quoi fouetter un chat, notamment lors du débat avec la plus rigolote des verts candidats à l'investiture du parti écolo, qui, pour avoir perdu en cet instant son humour, a démontré que ses préoccupations étaient bien éloignées des tracas du bon peuple. Je me suis même imaginé que si les deux mêmes restaient les seules en lice lors de l'ultime débat permettant de faire choix de la prochaine présidente de la République, les chaines de télé n'allaient pas se déchirer pour organiser l'évènement. A moins qu'une chaine qatarie ne postule.


Le débat économique suivant fut lourd et pesant pour le pauvre français moyen, d'autant qu'il a cru y déceler, sans grande surprise, qu'euro ou pas euro ce serait toujours lui qui dérouillerait.


Bon moment cependant de voir mon bon confrère COLLARD dans le public, rougir de plaisir lorsque l'icône frontiste l'a imaginé en Garde des Sceaux, puis devenir écarlate d'émoi à l'évocation d'un référendum en vue d'un éventuel rétablissement de la peine de mort dans notre code pénal ! Gilbert plaidant pour le rétablissement de la peine capitale, sous le regard ému de la Bonne Mère, ça vaut son pesant de pastagas ! Bon, on n'y est pas encore, c'est vrai.


Mais le clou du spectacle, que certains ont du rater faute d'avoir tenu le coup jusque là, fut à n'en point douter l'excellente prestation de deux « journalistes », rebaptisés « examinateurs » ou "exterminateurs" ou quelque chose comme cela, qui furent lancés dans l'arène avec mission d'achever la blonde reine du soir. A deux, en fin de débats, c'était jeu d'enfants ; les images furtives des deux comparses dans l'ombre du studio, prenant des notes les yeux pourtant rivés sur l'ennemi et les mâchoires contractées par la tension nerveuse, avaient été prometteuses ; on se serait cru dans le vestiaire du XV de France, à cinq minutes du coup d'envoi d'un match contre les All- Blacks, juste après une mise en condition par Bernard LAPORTE lui-même. La première entrée en mêlée s'annonçait chaude.


Elle le fut, par l'effet d'un réel pétage de plomb de la « journaliste » FOUREST, qui, oubliant pourquoi elle était là, a provoqué une bagarre générale, à partir de l'évocation d'un écrit dont aucun téléspectateur n'a pu avoir connaissance et dont la présentation, si l'on a bien compris dans la cacophonie suivante, était pour le moins douteuse. PUJADAS dépassé, ou réjoui du buzz, a seul profité des postillons des deux catcheuses, au contraire de ceux qui regardaient son émission. Ayant depuis longtemps abandonné l'éthique du journaliste, la militante FOUREST a donné une piètre image de sa fonction et c'est ce qui me restera de ce combat de coqs, ou plutôt de poules. Le pire est que lorsque POUJADAS a entendu siffler tardivement la mi-temps de cette prolongation, et qu'il a donné la parole à l'éminent Laurent JOFFRIN, ce dernier, sans doute contaminé par les excès de sa comparse et déçu qu'elle n'ait pas réussi sa faena de muerte, se trouva fort dépourvu pour porter l'estocade.

Le patron du Nouvel Obs, à perdre également son latin journalistique, pétat littéralement les plombs pour tomber dans les griffes de la fille du Diable, pour en sortir salement amoché. Una cornada disent les aficionados.


Clap de fin: autant changer de chaine pour voir les bavardages de l'Equipe TV, d'autant que, par les hasards de la programmation, France 2 poursuivait par l'évocation du massacre d'un village entier par les SS, documentaire passionnant, qui à cette heure avancée de la soirée, aurait mérité de figurer à meilleur horaire sur la grille des programmes ; on oublie trop que le bon peuple va au boulot le lendemain. Au moins, avec l'Equipe TV en cinq minutes de journal, on connait l'état du mercato, et basta, au dodo.


Que reste-t-il de cette soirée « politique » le lendemain ? Et bien que la fifille a bien les mêmes gènes que son paternel, bien qu'elle ait également hérité de quelques un du coté maternel, atténuant la rudesse du premier avec un sourire carnassier. Que les journalistes politiques semblent pour certains avoir perdu les valeurs de leur profession. Que le mélange de ces deux ingrédients ne donne qu'un cocktail imbuvable pour les pauvres téléspectateurs, qui seront pourtant ceux qui devront déposer un bulletin dans l'urne.


Autant la presse avait réussi à diaboliser le père, autant les journalistes militants et opposants risquent de faire le miel de la fille à agir ainsi ; le peuple préfère souvent l'agressé à l'agresseur.


Ceci dit, il est à craindre, à quelques mois d'une échéance capitale pour notre avenir, que nous connaissions encore pire. Que la démocratie est belle !



mai
22

RADARS FIXES - INTERDICTION DE SIGNALISATION - EFFET PERVERS -

C'est une faute politique majeure. En période pré-électorale, les citoyens automobilistes se souviendront du lourd impôt déguisé mis en place dans l'urgence pour alimenter les caisses de l'Etat, sous l'alibi de sauvegarder la vie des conducteurs. Car priver l'automobiliste de connaitre, dans des lieux qui ne sont pas ceux qu'il fréquente quotidiennement, les conditions de circulation et les vitesses autorisées fournies par son assistant personnel à la conduite est criminel. Tout autant que la vitesse au volant accusée de toutes les misères franchouillardes.


L'implantation des radars fixes a été initialement mise en oeuvre pour limiter la vitesse dans des zones particulièrement accidentogènes, et statistiquement l'objectif à été atteint ; la zone d'implantation de ces radars était annoncée par panneaux et pour l'automobiliste équipé, confirmée par son appareillage ; compte tenu du nombre de véhicules circulant dans la zone, seul un faible pourcentage de conducteurs, distraits ou imprudents, a été flashé et sanctionné, parfois pour un dépassement de vitesse minime. Il n'est nullement prouvé que l'accroissement supposé du nombre de tués ait été localisé dans les zones signalées de radar fixe.


Dès lors, faire disparaitre la signalisation de ces zones accidentogènes, surtout pour les conducteurs y circulant pour la première fois, va avoir un effet pervers : ceux qui pratiquent la grande vitesse vont désormais aborder la zone sans le ralentissement qui leur était imposé et vont rétablir la dangerosité ancienne ; certes, ils seront flashés et alimenteront non seulement les caisses de l'Etat, mais aussi les statistiques de Pole Emploi, outre celles des accidents mortels que la signalisation avait fait disparaitre.

Pour ne pas augmenter le nombre de victimes, il est urgent de replacer les signalisations déposées à la hâte dans le seul objectif réel d'accélérer le remplissage des caisses étatiques.


Pour le reste, les équipements divers équipant les véhicules, signalant ces zones accidentogènes ainsi que la vitesse à respecter, constituent des aides précieuses à la conduite, permettant au conducteur de ne pas circuler la tête orientée vers le bas coté droit pour vérifier les panneaux indicatifs des vitesses, qui évoluent souvent au gré des kilomètres parcourus ; c'est une sécurité que de disposer d'un affichage dans son champ de vision de la vitesse à respecter là où l'on se trouve, ou de se voir rappelé de manière sonore l'entrée dans une zone à risque, équipée à cet effet du radar fixe.


Certains équipements permettent même de signaler l'emplacement de radars mobiles ou de contrôles inopinés ; qui en dispose est invité de manière sonore à vérifier sa vitesse et donc à ralentir s'il dépasse celle autorisée ; l'expérience démontre que, sur certains équipements conservant en mémoire les emplacements ayant servi de postes d'affut à la maréchaussée, le bip est permanent, dès qu'apparait un pont, un bosquet ou une grande ligne droite de préférence est descente. Tout le trajet est jalonné de bips amenant le conducteur lambda à adapter sa vitesse sur la totalité de son cheminement, par un rappel permanent du risque de dépassement de vitesse pour les étourdis. Un rappel à la règle procède de la prévention du risque.


Il est bon de rappeler que notre législation impose des affichages dans de nombreux secteurs d'activités à risques, alors que des lois existent que nul n'en censé ignorer ; ainsi la prévention du risque d'alcoolémie impose l'affichage dans les débits de boissons de panonceaux rappelant la prohibition de vente aux mineurs ; l'affichage est de règle dans les entreprises concernant les risques d'accidents du travail, etc. Il est permis de s'interroger sur le réel motif de la disparition de l'affichage préventif d'une zone accidentogène matérialisée par un radar : la seule réponse envisageable est que l'objectif de prévention a disparu et que ne subsiste que celui de la répression, synonyme de manne financière pour l'Etat ;


Plutôt que d'être prohibé, tout appareillage d'aide à la conduite devrait être rendu obligatoire et constituer un équipement de série sur tous les véhicules. Sinon, pourquoi ne pas envisager le retrait de nos véhicules de leurs systèmes d'aide au freinage, de correction automatisée de la direction, ou radars de recul et tutti quanti, au seul motif que la Loi impose au conducteur de rester maître de son véhicule ?


Jusqu'alors, les contrôles participaient pour l'essentiel à la prévention des risques et pour une part infime à la répression des conducteurs fous. Aujourd'hui, la règle est inversée et la grande majorité des conducteurs prudents est exposée à la répression des radars fous, traquant le kilomètre heure en trop pour récolter leur écot. Les dangers publics continueront à faire exploser le compteur, ne risquant pas de perdre leur permis, qu'ils n'ont déjà plus depuis longtemps.


En ces temps de disette économique, le conducteur vache à lait n'est pas soumis à des quotas : tout est bon à prendre pour l'Etat, entre les taxes pétrolières et le fruit des rapines des percepteurs déguisés en gendarmes : la répression économique prévaut sur la prévention routière.


Cette prévention a vécu et la culpabilisation de l'automobiliste, comme celle du fumeur, rapporte gros ; nul ne pense à frapper là où se situe une des causes de la mortalité routière : ce serait s'attaquer aux lobbies puissants : qui a pensé à consulter les statistiques de l'implication dans les accidents mortels des milliers de poids lourds, de toutes nationalités, circulant quotidiennement sur nos routes nationales, notamment dans la traversée du département de la Charente ? L'automobiliste confronté à ces trains de camions est conscient qu'il risque sa peau à chaque trajet, et s'en remet à Saint Christophe en rêvant de ferroutage. Peut-il décemment jouer les Fangio dans de telles conditions de circulation ? Oui, de vraies mesures urgentes s'imposent pour protéger l'automobiliste et épargner des vies, qui ne sont pas celles prises à la hâte, sans motif réel et sérieux.

Alors, à défaut de rétablissement des panneaux informatifs des zones « radarisées » et surtout accidentogènes, à défaut de levée de l'interdiction des aides à la conduite, l'automobiliste, qui est aussi électeur, saura bientôt manifester dans l'urne son ras le bol d'une politique devenue systématiquement répressive, pour de vains motifs, en tous domaines.


J'adhère pour ma part aux pétitions en cours, ne serait-ce que parce que jamais jusqu'alors un radar n'a eu l'occasion de me tirer le portrait, la vitesse de mon véhicule étant adaptée à celle que me rappelle mon GPS intelligent, soucieux de ma sécurité et de celles de mes congénères automobilistes.


En attendant le bulletin dans l'urne, la pétition doit faire connaitre à nos gouvernants, devenus bornés, la plainte du peuple majoritaire des automobilistes. Il est sans doute temps que la vache à lait se rebiffe et montre que le troupeau est capable de réagir en masse sans attendre l'épuisement qui le conduirait vers l'abattoir.


Voir ci-dessous un modèle de pétition en fichier joint téléchargeable


Nom : Petition radars.docx
Taille : 80 Ko


mars
25

- CANTONALES - QUI NE VOTE PAS N'EST PAS... -

Carte d'identité, carte vitale, carte bleue, carte de bouffe à crédit de l'hyper préféré, carte de financement du magasin de bricolage ou d'électroménager, cartes de fidélité aux boutiques ou services préférés, carte de bus, carte jeune ou vermeil SNCF, carte du parti, carte du syndicat, carte professionnelle, carte SIM, cartes à jouer. Cartes payantes, cartes gratuites, cartes perdues, cartes volées. Porte cartes chargé jusqu'à la gueule ; blocage à la caisse pour retrouver la bonne carte ; blocage de carte en caisse en fin de mois. Retrait de carte. Difficile de vivre sans carte !


Il en est une délivrée gratuitement qui permet de tenter d'améliorer sa vie si l'on sait l'utiliser : c'est une carte très moche, mi papier mi carton, d'un format incertain n'entrant pas dans le porte carte, que chaque citoyen reçoit par la poste s'il s'est inscrit pour la recevoir. C'est une carte que de nombreux habitants de pays étrangers rêveraient d'avoir, au point d'y risquer leur vie. Carte à la valeur inestimable pour eux, elle est la seule à ne pas servir chez nous, ou si peu. Cette carte a pourtant été gagnée à la force des baïonnettes et après de durs et longs combats politiques, par le peuple et pour le peuple, qui prétendait avoir un avis personnel à donner sur son choix de vie.


Le Français est bougon de nature, et prompt à défiler dans les rues dès que son mode de vie ne lui convient pas ; oriflammes colorés, sono bal musette, slogans percutants, et barbecue géant ; l'élu est nommément désigné « Machin, salaud, le peuple aura ta peau ». Mini révolution festive, qui n'entraine pas décapitation de l'intéressé. Régulièrement, pour qui sait entendre, tel citoyen en pétard, prend à témoin, à l'heure de la tournée du patron, les habitués de son bistrot de quartier préféré, le coude lourdement posé sur le zinc, pour dénoncer la moindre injustice locale, les trains qui n'arrivent pas à l'heure ou les trains de camions qui encombrent nos routes et tuent beaucoup plus que la vitesse ou même l'alcoolisme au volant ; pas de boulot, pas de hausse du RSA, etc. Entendez vous dans nos campagnes mugir ces féroces soldats... Machin, responsable ou pas, trépassera, le jour venu. Avis partagés autour du comptoir : le bougon en est quitte pour payer sa tournée, y compris à ceux qui lui déclarent soutenir l'intéressé.


Le jour arriva et le tribun du zinc oublia l'heure du règlement de compte ; pensez donc un Dimanche ! D'abord, le bistrot est fermé, alors on fait relâche... Et puis, on se lève plus tôt que les autres jours pour être là au moment où le gardon frétille ; une bonne petite journée en plein air au bord de l'eau en compagnie de ses vers de terre, histoire de repartir d'un bon pied le Lundi matin, à l'heure du petit noir et du blanc limé, pour commenter les résultats de Machin. Comme à chaque lendemain de scrutin, le patron l'accueillera par son éternel refrain : « alors, t'as perdu la bonne carte ? T'as retrouvé que la carte de pêche ! ». Machin a survécu de quelques voix : c'est la faute à ces salauds de votants ! Ainsi va la démocratie : c'est toujours un problème de bonne carte : oublié la peau de Machin, et en plus, quand on revient bredouille les gardons rigolent et on finit par passer pour le couillon de service.


Il est curieux d'entendre les motifs donnés par les uns ou les autres pour ne pas avoir été accomplir son devoir de citoyen : le « je ne sais pas pour qui voter » est la réponse la plus nulle, l'intéressé, non décérébré, étant quand même capable de choisir entre un ballon de rouge ou de blanc ; en plus, la lecture des paperasses électorales pouvant être une épreuve insurmontable tant les promesses qui y figurent sont similaires et rarement tenues, on fournit les photos des candidats : quand on ne sait pas, on peut au moins choisir sur la bonne tête du type, miser sur une femme ou un homme, un jeune ou un vieux, ou au pire après tirage au sort à pile ou face. Mais quand on ne veut plus de Machin, le choix semble pourtant aisé ! Le vote est l'expression de la critique ou de l'approbation.


Il y a l'alibi rigolo, type Roland TOPOR : « Je respecte trop la démocratie pour risquer de la dérégler en votant ». Sauf que le tribun de bistrot clamait à qui voulait l'écouter qu'il entendait bien dérégler la situation en place. Il ne déréglera rien, et sera désormais interdit de critiques si Machin est encore là.

Le « quoique je vote, ça ne changera rien » révèle le désabusé qui doit encore s'interroger sur les raisons qui ont conduit son facteur à lui apporter un jour une carte électorale. Envisagerait-on de lui supprimer son carton qu'il entrerait en Résistance pour clamer son indignation d'être privé de son précieux sésame. Non mais, « j'suis français moi, Monsieur » !


Et puis, ultime argument en forme de question : « c'est quoi comme élection, déjà ? ». Là, c'est évidemment imparable. Que voulez vous, il y a longtemps que l'instruction civique n'est plus enseignée comme il se doit dans les écoles : à 18 ans, c'est la seule carte qui est délivrée sans explication préalable, sans mode d'emploi. Mais quand même, on en a parlé à la télé dans les journaux télévisés (« oui mais moi, je ne regarde que le sport... ») ; On en parle même dans le journal local (« oui mais moi, je ne lis que les faits divers, les avis de décès et les pages de sport »).


Bon, alors c'est simple : Dimanche, on doit choisir un homme ou une femme qui va s'occuper de nos petits intérêts locaux, vous savez les trains, les routes, les avions, les aides pour les associations, pour les vieux, pour les handicapés, et même le RSA... Le vote de chacun compte : si vous êtes satisfait de Machin, prenez quelques instants Dimanche pour lui donner votre voix ; si Machin vous a déçu, votez pour l'autre qui propose normalement autre chose. Ne pas choisir c'est laisser ceux qui iront voter décider pour vous. Pourquoi boire un blanc limé si vous préférez un coup de rouge. (C'est une image, bien sûr, puisque c'est jour de relâche le Dimanche).


Voilà, j'ai fait ce que j'ai pu pour vous éviter de garnir le club de ceux qui ne pensent rien, troupeau des moutons au bord de la falaise qui attend qu'un des leurs saute le premier pour se précipiter dans le vide ; si vos préoccupations de Dimanche sont autres au point de ne pas pouvoir disposer de cinq minutes pour porter votre voix dans l'urne, un conseil : réexpédiez votre carte à celui qui vous l'a établi, vous serez définitivement débarrassé du risque de corvée du Dimanche, et vous contribuerez ainsi à ne pas fausser les résultats des élections, en n'étant plus qualifié d'« abstentionniste » mais devenant un « non inscrit » : les choses en seront plus claires ; vous aurez au moins choisi de ne plus être électeur et on ne vous comptera plus parmi les électeurs inscrits.


Pour mémoire, les porteurs de cartes d'électeur, conservent un droit de repentir, pour nous faire l'honneur de participer au scrutin démocratique de Dimanche et ne pas avoir de regret Lundi : la carte météo est pessimiste.



NB : à l'attention des inscrits : la prochaine élection sera celle d'une des marionnettes des Guignols de Canal ; pour affiner votre connaissance politique, vous avez quelques mois pour choisir l'une d'entre elle : la plus belle ou la plus marrante par exemple ; attention, le vote étant secret vous n'aurez pas à justifier de votre choix (PPD est à ce jour exclu du choix). Ne pas voter par téléphone, il n'y a rien à gagner.


mars
18

CANTONALES - PLOUF, CE SERA TOI QUI ...

Hélas, la météo annonce du beau temps Dimanche, ce qui risque de plomber la participation à la dernière élection de nos élus cantonaux, avant leur engloutissement dans les méandres de la réforme annoncée. Il est curieux que ce scrutin typiquement local n'ait jamais réussi à attirer les foules, s'agissant pourtant de doter d'un siège représentatif ceux qui sont censés postuler à l'amélioration de nos modestes préoccupations quotidiennes.


Il est vrai que l'encartage fait désormais le candidat, ce qui éloigne l'électeur des hommes de la Cité qui trouvaient jadis la légitime récompense publique de l'intérêt manifesté jusque là pour la politique, au sens étymologique du terme. La découverte, dans l'enveloppe distribuée par la poste, des candidats officiellement en lice, n'est souvent pas pour la plupart des électeurs très folichonne, peu habitués à une si belle prose.


Electeur lambda, l'ouverture du pli me permet de découvrir les têtes de la plupart des postulants et accessoirement leur profession de foi, pour le cas où l'on veut savoir pourquoi ils sont là. J'aime bien découvrir les inconnus, vous savez ceux qui, à chaque élection, apparaissent ex nihilo, évidemment sans étiquette, mais qui tentent plus ou moins habilement de révéler leur penchant ; là, pour une fois, j'ai trouvé la perle rare : un militaire pilote d'hélicoptère, postule au siège prestigieux, tout en indiquant qu'il ne peut faire de politique, grande muette oblige: tout un programme ! Les autres anonymes ne concourent apparemment que pour compter au dépouillement le nombre de leurs amis fidèles ou ceux figurant sur leur page Facebook, et pour éprouver la solidité de leur clan familial.


Alors, comme d'habitude, les estampillés vont être les têtes de gondole du jour. Ils pourront compter sur l'apparente unité du groupe d'électeurs adhérents, voire sympathisants, de leur parti : on vote pour la couleur de la casaque et peu importe le cheval. Pour l'électeur indécis, c'est comme aux courses.


Dans les boites de départ, voici cote à cote, piaffant d'impatience sous les ordres du starter, de droite à gauche :


casaque bleu roi frappée du lys et toque blanche une poulinière, sosie d'Anne Roumanoff, cheveux en pétard et sourire joyeux en moins (bonne cote des pronostiqueurs, mais défiance des turfeurs ) ; à ses cotés, casaque bleu barrée d'orange et toque orange, un sémillant étalon, propriété d'un groupe d'investisseurs, chéri des pouliches, dont le sourire et la prestance affichent ses ambitions (grosse cote des pronostiqueurs et confiance des parieurs ) ; ensuite, casaque verte et toque verte, un animal rustique élevé au pré, lorgnant sur le champ d'herbes folles de son voisin (délaissé des pronostiqueurs et de ses parieurs qui seront à la campagne le jour de la course ) ; à sa droite, casaque rose et toque rose à visière verte, un cheval inconnu des parieurs présenté comme ayant de bonnes origines, n'ayant jamais concouru, venu tardivement remplacer celui prévu à l'origine en méforme et qui refusait sur l'obstacle (bonne cote des pronostiqueurs et parieurs partagés ) ; et enfin, casaque rouge frappée d'une faucille entrecroisée à un marteau - toque rouge, un spécimen d'une race en voie d'extinction, qui entend bien encore prouver sa survivance (délaissé des pronostiqueurs et des parieurs) .


Les joueurs sont circonspects comme toujours : jouer la sécurité, et gagner petit, ou risquer un coup pour gagner gros. Déjà, les cotes se dessinent et, comme souvent, sauf surprise d'un outsider, les deux favoris devraient se retrouver à l'arrivée. Mais, il se dit dans les paddocks que cette course locale pourrait permettre de voir l'éclosion d'un champion et que ce galop d'essai ne serait pas inutile pour l'avenir. Certains affirment même que le cheval remplacé pour cause de méforme n'aurait pas été présenté pour ne pas entacher davantage sa réputation acquise précédemment en gagnant sa première course...


Quel cheval jouer ? Le jeune pur sang fougueux présenté par un groupe d'investisseurs doté d'entraineurs de renom ou le remplaçant du cheval défaillant, à qui l'on prête, sans pedigree confirmatif, une bonne origine pour avoir été élevé dans le même pré qu'un ancien champion arrivant au terme de sa longue carrière ? Nul doute que l'état du terrain influencera le déroulement de la course : un terrain lourd peut avantager le second, un terrain sec étant plus favorable au premier.


Le parieur est toujours en quête du bon tuyau : rien ne vaut mieux que l'avis des spécialistes oeuvrant au sein de chaque écurie. J'en ai obtenu un et dans ma grande bonté et avec mon sens aigu du partage, je vais vous le livrer, mais surtout gardez le pour vous. Chez les casaques rose - toques rose, un des anciens découvreurs de yearlings en devenir avait jeté son dévolu sur le... pur sang adverse, regrettant que les siens n'aient pas donné la pleine mesure des espoirs placés en eux. Avant de se retirer définitivement des affaires, je ne doute pas qu'il ait laissé son tuyau pour que nous autres, parieurs amateurs, puissions profiter de sa science, et gagner de quoi améliorer l'ordinaire.


Au fait, nous votons bien pour notre avenir local et pour un homme ou femme qui nous parait le plus apte à répondre à nos aspirations égoïstes; alors, sur notre expérience et ressenti, osons voter pour tel ou tel, mais pas pour la gloire d'un parti, qui franchement se fout royalement de notre quotidien local et de l'état délabré de certains de nos cantons.



déc.
24

- LETTRE OUVERTE AU PERE NOEL -

  • Par jean-claude.guillard le
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Cher vieux grigou


J'ai bien reçu ta réponse à ma traditionnelle lettre te donnant la liste des cadeaux qui me feraient plaisir cette année pour Noel.


D'abord, c'est bien la première fois que tu m'écris en réponse et j'en suis surpris ; je me suis dit dans un premier temps qu'il s'agissait seulement d'un accusé de réception, mais la lecture du contenu m'a arraché le coeur et des larmes ! Comment ? La crise... Toi, Père Noel, tu parles de la crise, alors que tu passes une année entière à ne rien faire dans ta cabane au milieu des neiges, sinon d'avoir à préparer et empaqueter les cadeaux de l'année suivante. Pourquoi parles-tu aujourd'hui comme un politicien quand une grande personne lui réclame quelque chose ? D'ailleurs à ce sujet, tu sais, là où j'habite, une ville moyenne perchée à 70 mètres d'altitude, je pense que tu n'aurais pas pu y accéder : les illuminations qui te permettaient de trouver ton chemin sont cette année inexistantes ; ni sapin scintillant, ni décorations de rues : le couvre feu de Noel a été instauré et c'est le black-out total ! Et même si je te mettais une petite lumière sur ma maison, ton traineau n'y parviendrait pas, les rues étant défoncées depuis des lustres ! En réalité, les nids de poule sont les seuls éléments de décoration de nos rues, surtout devant le Palais, de Justice, il est vrai. Que veux-tu, Père Noel, notre Maire broie du noir, ce qui déteint même sur son look : du plus dressé de ses cheveux jusqu'à la pointe de ses sept chaussettes BD, black is black.


Certes, le ciel a tenté d'apporter un peu de blanc dans cet univers sinistre, en déversant de beaux flocons de neige se ramassant à la pelle, comme cela est l'usage pour ta venue; mais hélas, trois fois hélas, notre édile semble ignorer la tradition, comme l'usage de la pelle : il aurait fallu évidemment te tracer ton chemin dans cet univers immaculé, pour au moins accéder à la ville haute ; misère, nous avons pu qu'apprendre l'orthographe du mot « pagaille », tout en testant notre équilibre de bipède sur les pistes noires de notre station d'altitude ; seule une des salières de la cantine de la préfecture a pu être utilisée pour dégager l'entrée du Château, le reste étant consacré à assaisonner nos futures taxes : misère !. Père Noel, si tu peux encore faire un cadeau utile, déposes donc dans une des chaussettes BD noires de notre édile, une de ces magnifiques boules à neige, si didactiques pour comprendre comment les flocons finissent pas recouvrir le point le plus bas, à condition de savoir mettre la boule dans le bon sens, sans la perdre ou en perdre le Nord.


Voilà, ici bas ce n'était déjà pas très chaleureux, et voilà que ta réponse à ma lettre en remet une couche glaciale : comment ça, la crise ? Dis donc, vieux grigou, tu te moques de nous ! Tu es le Père Noel, quand même ! Nous, on a passé toute l'année à respecter tes recommandations de l'an dernier : on a été bien sages et on a limité les bêtises au maximum ; pourtant, je te jure, il y avait des fois où c'était dur de résister, tellement on nous en a fait voir. Alors, voilà, on s'écrase en pensant à toi pendant 360 jours, et en se disant que tu vas nous récompenser comme promis, et que me dis-tu ? La crise, la crise et toujours la crise ! Finalement, tu parles comme le Maire, comme papa et maman et comme tout le monde ou presque ; les parents disent à longueur d'année qu'ils paient trop de charges, de taxes et d'impôts (et même des prunes ???), et c'est sans doute vrai quand je vois papa au bord du malaise quand il ouvre son courrier, et maman prise de bouffées de chaleur en ouvrant le frigo, qui n'héberge plus que la glace qu'il produit.


Mais toi, Père Noel, tu n'en paie pas de taxes et impôts et ce n'est pas la pitance de tes rennes qui va écorner ton trésor; alors, je ne comprends pas ce que tu me dis. En plus, il parait que tu es déjà passé, il y a quelques jours, chez le Roi de la France, qui avait organisé une petite collation en son Palais pour les enfants de ses amis ; j'ai vu à la télé que tu leur avais remis toi même leurs cadeaux : il y aurait donc des endroits où il n'y aurait pas de crise ? Si tu peux me dire où sont ces endroits près de chez moi, ça m'arrangerait. Et puis, papa m'a dit que tu aurais même apporté de jolis cadeaux aux parents des enfants sages qui sont amis avec notre Roi et sa reine: je n'ai pas bien compris, mais je crois que ça devait être des déguisements, puisqu'il y avait une histoire de bouclier, comme du temps des chevaliers de la table ronde en quête du graal. Alors, pourquoi donnes-tu des cadeaux à certains et que tu m'écris que je ne pourrais pas en avoir cette année ? Si c'est parce que je n'ai pas été assez sage, je préfère que tu me le dises clairement plutôt que de me parler de cette histoire de crise ; mais, je te le jure, j'ai été très sage.

Je n'ose pas penser que tu as épuisé ton stock de cadeaux, en le distribuant avant le jour J dans les fêtes privées du Palais.


Alors, tu sais, Père Noel, depuis ta lettre, je me demande si c'est bien toi qui l'a écrite, car le vrai Père Noel, lui, n'aurait jamais parlé comme ça aux enfants sages. En y réfléchissant bien, je me demande même si... tu existes. Tu te rends compte, penser cela alors que tu es bien venu toutes ces années passées pour me donner mes cadeaux. .. Excuses moi, mais c'est plus fort que moi.


Je vais quand même attendre demain matin pour voir, à mon réveil, ce que tu auras déposé dans mes charentaises RONDINAUD : pour mémoire, je te rappelle que je t'ai commandé la montre ROLEX, les lunettes RAYBAN et les talonnettes qui vont avec la poupée « NIC » que tu m'as apportée l'an passé (moins belle que celle de Ken de ma petite soeur), ainsi que, si possible, la boite de jeu de bonne société « BINGOREAL », avec tous ses personnages, y compris évidemment et surtout « MAMIENOR » et son coffre fort rempli de billets, que j'aime bien. Si tu m'apportes mes cadeaux, je te le jure, je croirai que tu existes jusqu'à... l'année prochaine. Sinon, je piquerai ma crise à moi, une vraie, et tu resteras pour toujours un vieux grigou qui ment aux enfants sages, et qui se cache honteusement sous une barbe blanche, pour donner ses joujoux aux gens qui n'en ont pas forcément besoin et qui n'ont pas toujours été très sages pendant l'année écoulée.


N'oublie pas mon petit soulier, ni que je t'attends toi et ta crise.


DESIRLESS



nov.
26

- ANGOULEME - RUMEURS ET EMOI-

  • Par jean-claude.guillard le
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Notre sheriff a disparu.


Une curieuse rumeur parcourt notre bonne ville ; elle est partie d'une constatation inquiétante : le sheriff qui arpentait nos rues en grand uniforme, armé de son légendaire sifflet et arborant son étoile en plastique, celui qui n'a jamais arrêté quiconque et qui avait inventé le comble en réglant une circulation routière imaginaire dans la rue piétonne, n'est plus apparu depuis quelques mois.


La rumeur qui enfle et se répand suggère que ce digne représentant de la loi de la fantaisie, n'oserait plus sortir de son cantonnement, ayant été dégradé et privé des attributs de son auguste fonction.


On lui aurait coupé le sifflet et pire encore, on lui aurait enjoint de reprendre une tenue civile, en abandonnant à tout jamais sa tenue de parade. Certaines mauvaises langues ajoutent même que la maréchaussée locale aurait pris ombrage de la popularité de ce singulier collègue, qui présentait l'inconvénient majeur d'être totalement inactif, n'ayant pas en poche de son uniforme d'opérette l'arme règlementaire qui fait l'homme de Loi, le fameux carnet à souche.


Ce n'est que la rumeur, me direz vous, et nous autres, pauvres citoyens de base, ne pouvons que constater qu'il nous manque quelqu'un dans la ville ; mais, où est-il passé ? Beaucoup s'inquiètent de son état de santé, en espérant qu'elle ne se soit pas dégradée du fait de sa mise à la retraite forcée suggérée par le bouche à oreille. Les collégiens et lycéens déversés chaque matin devant la cathédrale par les cars de ramassage ne bénéficient plus du regard bienveillant du sheriff venu surveiller les automobilistes impétueux, calmés par la vision de son uniforme et par quelques coups de sifflet administrés aux imprudents, depuis que ce lieu sensible lui avait été abandonné.


Nous voyons venir avec effroi les grandes manifestations festives de la ville, comme la grand messe de la BD, où nombreux seront les visiteurs à s'étonner de l'absence de notre célébrité locale, devenu vedette incontournable de la manifestation, seul homme en uniforme à être photographié en souvenir d'une visite touristique à ANGOULEME.


Ce modeste billet, lancé comme une bouteille à la mer, n'a d'autre objet que de faire la lumière sur cette disparition étrange ; qui a vu ou croisé notre sheriff, en uniforme ou en civil (bien qu'il soit alors plus difficile à reconnaitre), est prié de nous le signaler au plus tôt, au moyen de ce blog, pour soulager notre angoisse, et, nous l'espérons tous, faire taire cette rumeur, qui n'est finalement que peu crédible : qui oserait prétendre qu'une quelconque autorité galonnée ait pu craindre la concurrence d'un simple sheriff, qui, comme le nom l'indique est venu d'ailleurs, d'un pays de BD où l'homme de Loi arpente la rue unique de sa ville, depuis le saloon jusqu'à la geôle désespérément vide, arborant son étoile sous le soleil torride du désert avoisinant , et priant pour que nul outlaw ne vienne troubler la cité ?


Merci par avance à ceux qui se manifesteront pour calmer l'inquiétude générale, en espérant qu'il n'ait subi le sort funeste qui guette même les meilleurs sheriffs de l'Ouest.

nov.
14

TOUT LE MONDE IL EST GENTIL

Ouf, la curieuse journée de la gentillesse est finie :


on va enfin pouvoir reprendre les affaires courantes. Eprouvant, ce jour où le soleil avait décidé d'être gentil (dans le Sud) au point que la plupart des gentils hommes avaient décidé d'offrir, gratuitement, la place du mort à leur charmante moitié, dans leur véhicule personnel pour l'emmener en promenade, à en juger par l'abondante circulation envahissant nos cités.


Certains en ont été jusqu'à aller faire du lèche-vitrine avec elle, gros lèches bottes, va ! Il faut dire que Monsieur TOULEMONDE n'a pas regretté de participer à l'expérience, de nature à le réconcilier avec le genre humain.


A peine sorti du parking, un gentil crétin motorisé est venu frôler sa belle (auto) au risque de l'emboutir ; Mr T. lui a adressé un amical coup de klaxon, auquel l'autre a répondu par un gentil signe, en lui montrant son majeur levé, un gentil sourire en plus, agrémenté de bave au coin des lèvres.


Encore ému par ce témoignage de gentillesse, Mr T. a abordé ensuite le flot des véhicules qui se trainait lamentablement devant lui ; que voulez vous, en ce jour béni, chacun rêvait sans doute de rencontrer un gentil policier pour le remercier de sa légendaire gentillesse pour le cas où il entendrait vous gratifier d'une petite photo de vous au volant de votre voiture, scène émouvante que lui seul peut immortaliser de l'extérieur. Bref, cette gentille léthargie au volant ravissait Mr T. au point qu'il en ait remercié les aimables dormeurs par d'amicaux appels de phare.


Voilà notre couple arrivé dans la généreuse zone commerciale où apparemment tous les gentils du coin avaient décidé de se réunir ; parking bondé, et là, très gentil miracle, Mr T. trouve un gentil conducteur qui libère sa place : sa gentille femme était justement en train de lui dire qu'il avait une chance de c. (elle n'a pas eu le temps de finir le mot), quand un aimable jeune éphèbe, avec un « A » sur l'arrière train, est venu couper son élan pour s'enfiler dans sa place avant lui; il a remercié ce gentil néophyte en lui demandant, dans l'entrebâillement de sa portière promptement ouverte, quel gentil débile lui avait refilé son papier rose. En sortant de son bolide relooké, ce jeune anthropopithèque s'est inquiété de ce qui préoccupait Mr T. et s'est gentiment proposé de refermer sa porte sur son joli minois. Fuyons, dit-il à sa passagère.


Dans les magasins, Mr T. a gentiment suivi sa tendre moitié partout où elle entrait et a même très gentiment prêté la main à quelques essayages vestimentaires sous les tropiques des sunlights, en donnant son avis, généreusement sollicité ; ayant le même goût que celui de son gentil banquier, Mr T. a trouvé que le vestiaire proposé à la vente était de piètre qualité pour le gentil prix ; les aimables vendeuses, au début légèrement contrariées par ses appréciations, ont fini par adopter ses thèses, et il lui a même semblé entendre l'une d'elle le remercier chaleureusement de sa contribution par un très gentil petit nom d'oiseau.


Preuve de sa gentillesse, Mr T. a ensuite offert à sa moitié de partager son frugal repas dans un estaminet sympa, où les gentilles serveuses ont mis trois quart d'heure à découvrir leur présence ; l'une d'elle, encore plus gentille, est venue leur demander ce qui leur ferait plaisir ; notre gentil homme lui ayant très courtoisement répondu qu'ils souhaitaient seulement déjeuner, elle a gentiment accepté de prendre en note leur choix, et de revenir, trois quart d'heure plus tard, leur jeter aimablement l'assiette des entrées sur la table. Bref, pour faire court, deux heures plus tard nos gracieux tourtereaux avaient avalé leur gentil café final, et une demi-heure après, leur bienfaitrice consentait à leur présenter une sympathique addition aussi longue que son service. La gentille femme de notre homme était très excitée à l'idée de la remercier chaleureusement de sa gracieuse et efficace prestation.


Pour digérer l'ensemble, l'idée leur vint d'entreprendre, sous ce beau soleil hivernal, une agréable petite promenade le long du fleuve ; le parking était plein et Mr T. a du stationner dans un pré voisin, où un charmant riverain est venu lui rappeler ce qu'était le droit de propriété, au terme d'un discours argumenté et bien charpenté: cet aimable débat l'a conduit à devoir déplacer aimablement son véhicule, avec toute l'émotion due à tant de gentillesse. Et voilà enfin notre gentil couple sur le sentier de halage, où les vilaines intempéries des jours précédents avaient laissé quelques traces humides, dans lesquelles la tendre épouse a pris plaisir à laisser patauger ses escarpins, ce qui a valu entre eux quelques doux échanges sur les bienfaits de la nature. Ils ont néanmoins pris plaisir à croiser tous ces gentils promeneurs, en bottes et K-ways, qui leur adressaient de gentils compliments et encouragements, en souriant par gentille moquerie ; notre couple a même pris soin de remercier la dame qui, tractée par son gentil chien au bout d'une laisse distendue par l'effort, avait trouvé répit lorsque l'animal avait décidé de laisser une gentille trace de son passage, au milieu du parcours pédestre ; pudique, la maitresse regardait ailleurs comme si Médor avait appartenu à autrui et elle repartit en leur offrant la vue imprenable sur son aimable et généreuse croupe. L'étron ravira tous les gentils promeneurs du lieu et participera à la régénérescence de Dame Nature.


Fourbus et crottés, le retour du couple au sweet-home fut le bienvenu, sauf qu'un gentil inconnu avait décidé de se garer devant leur garage ; ils ont échangé à son retour quelques gentilles amabilités sur le bonheur de ce jour mémorable.


Enfin, fauteuil télé : et là, la gentille journée finit dans le drame : voilà que l'on annonce que notre gracieux premier ministre n'est plus et que notre gentil Président a été contraint d'abandonner son club de gentils copains pour rentrer bosser un Dimanche ! « J'ai une gentille tuile » aurait-il dit en partant, sans même prendre le temps de se poster au milieu de la photo de famille au milieu des grands. Il parait qu'il n'a même pas eu le temps de finir la partie de Monopoly à moins qu'il ne s'agisse d'un poker menteur, et a du tester inopinément la capacité de son aéronef d'occasion, EMMAUS ONE, à effectuer cul sur tête un trajet retour, alors que les réacteurs n'étaient pas encore refroidis du trajet aller. La gentille France va bien mal finir cette mémorable journée : le joujou de Noël tiendra-t-il le choc d'un tel trajet retour, et si oui, que sera celui de notre vénéré voyageur de commerce en découvrant que les bureaux ministériels sont désertés en son absence ? En plus, un Samedi, jour qui permet de gagner plus ! Sa gentillesse légendaire n'en sera-t-elle pas affectée. La France reste médusée, comme sur le radeau éponyme à la dérive.


Heureusement, la journée des gentillesses n'est pas achevée, et les nouvelles deviennent rassurantes : l'avion a tenu et son gentil passager a regagné son château, pour s'asseoir illico à sa table et entreprendre son gentil et traditionnel jeu de réussite, comme le Grand Charles ; il a réussi à joindre et rencontrer son FILLON mignon et lui a même très, très, très longuement serré sa gentille main, au point de ne plus vouloir la lâcher, sinon pour lui adresser ensuite un très, très gentil petit signe de la mimine, qui, de source autorisée, signifierait « à tout à l'heure, mon mignon ».


On se disait bien, quand même, que ce jour ne pourrait pas s'achever dans la méchanceté : au moins une fois l'an, si ce jour est gentiment reconduit, tout le monde il sera beau et peut-être gentil. Mais attention, la gentillesse cache souvent des lèche botte au repos ; demain sera le jour de leur réveil et seuls retomberont dans l'anonymat les vrais gentils qui n'aspirent à rien d'autre que d'être à l'écoute de leur prochain.


Pour les autres, il reste 364 jours pour s'éclater, après cette bonne journée de remise en forme linguale.


oct.
27

LA TUTELLE - NOUVEAU FEUILLETON DE L'ANNEE -

Les dents de l'amer.


Pas un jour ne se passe sans que son nom n'apparaisse dans les médias, et que chaque épisode apporte son lot de découvertes en tous genres : tout cela est parti d'un différent entre la fille et sa mère à propos de l'inquiétude de la première sur l'évaporation de partie de l'immense fortune de la seconde.


Pourtant, tout individu fait ce qu'il veut de son patrimoine et les héritiers ne peuvent prendre cette qualité qu'au jour de la disparition de leur cher parent ; s'il a tout dépensé, il reste encore aux héritiers potentiels leurs yeux pour pleurer ; quoique dans le cas qui nous occupe, fifille a déjà perçu un sacré pactole assurant ses arrières pour sa vie durant, ce qui permet de ne pas verser de larmes sur son sort.


Pour empêcher Maman B. de faire ce qu'elle veut de ses sous, pas d'autre moyen que de la faire passer pour zinzin, et d'obtenir une tutelle, qui permettrait à quelqu'un d'autre de gérer sa fortune en lui laissant quelque argent de poche pour acheter ses caramels mous préférés. Alors, tout est bon pour y parvenir, à commencer par tirer à boulets rouges sur les profiteurs qui ont forcément abusé cette pauvre mamie, qui aurait donné le code de sa carte bancaire au premier venu ; on nous assaille des chiffres astronomiques de dons à ceux qui la côtoient, forcément profiteurs ! D'abord, ces dons sont proportionnels à l'extraordinaire capacité financière de Mamie, et puis, si l'on mettait sous tutelle tous ceux qui distribuent ce qu'ils ont en trop, le hit parade des grandes fortunes de ce monde encombrerait les bureaux des Juges des Tutelles, puisque, à ce niveau de bonheur financier, il est bien connu que le don est un outil de défiscalisation, et que même, certains autolimitent leur consommation personnelle pour distribuer généreusement leurs trop-pleins aux déshérités. Bill Gate sous tutelle ! On imagine le procès. Sa progéniture doit être moins avide que celle de Mamie B.


Bref, pour en arriver à ses fins, Fifille a embauché les avocats les plus chers, censés être les plus compétents, et Mamie B. se défend de manière idoine. Cela nous vaut le bonheur de voir chaque jour, à l'heure des journaux télévisés, les échanges médiatiques de ces vieux pontes des prétoires, à en croire qu'ils sont payés davantage à la prestation télévisée qu'à l'intervention devant le Juge. Il est étrange de voir que, même dans l'institution judiciaire, chaque protagoniste à son propre juge supporter, l'un ne supportant pas l'autre. Pourtant ces juges devraient avoir la sérénité d'analyser la situation. Ils donnent la curieuse impression au bas peuple de n'avoir que cela à faire, alors que leurs collègues de base triment sur de vulgaires affaires plébéiennes, la Loi de la statistique les contraignant à enfiler les dossiers comme des perles.


On en perd son latin, car le dossier est à l'origine fort simple, n'en déplaise aux illustres avocats de cette cause grandiose : comment Mamie B. peut-elle être placée sous tutelle, alors que pour nous autres, justiciables de base, la Cour de Cassation a fixé de longue date les règles du jeu.

Fort heureusement pour nous, une personne ne peut être placée sous tutelle que si elle est atteinte d'une altération de ses facultés mentales ou physiques empêchant l'expression de sa volonté ; une telle atteinte doit être médicalement constatée par un médecin choisi sur une liste établie par le procureur de la République, qui établira un certificat circonstancié. La Cour de Cassation assure un contrôle très strict et casse toute décision de juges ouvrant à tous vents des mesures de protection sans détenir le précieux sésame médical prouvant l'altération précitée.


Ceci a conduit à faire disparaitre les abus antérieurs qui permettaient de placer sous protection des personnes tout à fait aptes à exprimer leur volonté, même affectées d'une déficience de leurs facultés physiques ou mentales, comme par exemple celles accusées de prodigalité, d'intempérance, voire pire d'oisiveté. A ce train, on risquait la mise sous tutelle en cas de difficultés financières ou de surendettement ! Cela n'est plus de mise et ces mesures ne sont plus autorisées, même si des aides d'une toute autre nature existent désormais pour accompagner les personnes en difficultés sociales ; n'oublions pas que, dans les siècles précédents, un mari, pour vivre sa vie avec sa maîtresse, pouvait trouver un médecin ami, compatissant et véreux, pour envoyer l'épouse en asile d'aliénés pour le restant de ses jours, avec la bénédiction d'un juge, camarade de club ou de loge.


Alors, ces avocats qui s'agitent au dessus du magot de Mamie B., ont-ils fourni le certificat médical la concernant, qui seul permet d'ouvrir la voie qu'ils ont choisie, si elle n'a plus la capacité d'exprimer sa volonté ? Bien sûr que non, sinon point ne serait besoin d'une telle agitation ; ils ont provoqué un intérêt médiatique qui a eu le mérite de laisser au bon peuple le soin de juger par lui-même de l'état d'altération de la bienfaitrice ; apparemment, M amie B. sait ce qu'elle veut et exprime parfaitement sa volonté devant les caméras, et ne présente pas d'altération mentale ou physique, sinon les signes manifestes et ordinaires de tout senior, insuffisants pour envoyer nos retraités chez un juge des tutelles. Beaucoup de bruit pour rien, à moins que les éminents avocats n'aient pas perçu que leurs anciens codes sont périmés et que la Loi du 5 mars 2007 est venue assainir les dérives du temps passé.


Certes l'affaire a généré des dommages collatéraux, qui pourront égayer les épisodes suivants du feuilleton, en déviant de l'intrigue initiale.


Laissons Mamie B. vivre sa vie comme elle l'entend, sinon, se serait à nous dégouter du fameux « travailler plus pour gagner plus » ! Plus pourquoi ? Pour finir comme elle à ferrailler avec ses propres enfants, avides d'hériter avant l'heure ? Non, merci, que chacun profite sur le tard de ce qu'il a acquis, tout en gratifiant sa progéniture méritante qui trouvera, le moment venu, matière à s'étriper en procédures pour se partager ce qui restera.



oct.
12

- MANIF ET CHIFFRES FIABLES -

  • Par jean-claude.guillard le
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A chaque manif, c'est toujours la même chanson : les organisateurs donnent leurs chiffres de manifestants, et la police en donne d'autres, correspondant généralement à la moitié du précédent : à en croire que les uns ou les autres ne savent pas compter.


Mon bureau étant un emplacement stratégique, le défilé passant sous mes fenêtres, j'ai décidé de m'y coller et de compter moi-même ; pour que la méthodologie soit correcte, j'ai opté non pas pour le comptage des têtes qui ne sont pas forcément celles de défilants, mais pour celui des pieds arpentant le pavé, mais attention dans le sens de la marche, excluant les pieds de grues inactifs sur les trottoirs et les marcheurs en sens inverse. Le joggeur égaré courant à une vitesse supérieure à celle du défilé, est exclu du compte ; de même, une mamie avec son sac à provision, qui a été doublée par l'ensemble des manifestants, n'a pas été comptabilisée.


Evidemment, le nombre de pieds comptabilisé est divisé par deux, étant précisé que les culs de jatte sont pris en compte (les roues étant comptées comme des pieds) ; que les unijambistes sont rétablis dans leurs droits, toute canne ou prothèse étant comptée comme un pied ; que les enfants ne sachant pas marcher sont décomptés pour deux pieds dès lors qu'ils sont, soit portés ou poussés par un adulte défilant. Les conducteurs de véhicules ornés aux armes de leur syndicat ou de leur loueur, ont été comptabilisés pour deux pieds, tout comme les passagers, musiciens ou non.


Enfin la présence d'un manifestant à quatre pattes a été réglée, après avis du jury : il remplissait toutes les conditions pour être admis comme manifestant, portant sur ses flancs un écrit protestataire : l'animal, qui militait pour sa retraite à 12 ans, fut compté pour deux pattes seulement.


Je suis alors en mesure, au terme de ce long défilé ensoleillé, coloré, animé et décidé, de donner le chiffre exact des manifestants qui sont passés sous ma fenêtre.


Les 25 848 pieds décomptés, représentent donc 12 924 têtes de manifestants.



J'attends avec sérénité les chiffres qui seront annoncés demain par la presse, selon les déclarations syndicales et policières : ils seront forcément erronés puisque décomptés par tête, alors que chacun sait que ce qui compte dans la manif, c'est le pied.




août
31

- C'EST ROYAL ! -

  • Par jean-claude.guillard le
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Avant propos: Désolé pour mes lecteurs ne résidant pas à ANGOULEME, mais, la rentrée y est rude, si bien que je dois traiter par priorité une affaire urgente, par le billet qui suit, qui ne va sans doute pas évoquer grand-chose pour vous.


- IL Y A DU ROYAL CHEZ CE LAVAUD -


Il y a des mots que l'on se prend en pleine poire, à peine rentré de la douce période estivale, celle qui permet à chacun de faire le point sur ses états d'âme et son ego.


Voilà que le prévôt de notre bonne ville s'estime être l'héritier de Marguerite de Valois, soeur de notre bon Roi François (le premier et non pas le dernier de nos monarques natifs de Charente).


Il est vrai que la Culture dans laquelle à baigné notre édile en cette fin d'Août, était propice aux extases que procure la fréquentation de nos grands artistes, qui trouvent dans notre université d'Eté à nous, ce Festival du Film Francophone, matière à préparer leur rentrée en décrochant quelque trophée valoisien. N'y voyez aucune allusion au parti du même nom, ce vieil ancêtre radical, qui a trouvé refuge dans le giron UMP. Honni soit qui mal y pense.


Bref, ANGOULEME a enfin retrouvé la progéniture de sa Marguerite, dans le Château même où elle naquit, et nous comprenons mieux pourquoi notre prévôt a tant fait pour y trouver un siège familial proche de la vieille tour où sa chère ailleule poussa son premier cri ; rendons lui grâce de ne pas nous avoir révélé cette filiation princière lors de sa campagne électorale, par pudeur évidemment, pour ne pas briguer un titre par hérédité. Néanmoins, cet aveu tardif risque de heurter le citoyen républicain qui ne goûte que très peu les charges héréditaires, surtout si elles se révèlent être royales.


A bien examiner la situation, notre édile présente quand même certaines des caractéristiques de son ailleule : un engagement spirituel d'avant-garde qui avait valu à Marguerite d'être prise « entre l'arbre de l'obéissance et l'écorce de l'intolérance » ; une haute notion de la négociation, qui valut à l'ancêtre de revenir penaude de ne pas avoir obtenu de Charles Quint, après Pavie, la libération du bon François, ou plus tard, d'avoir échoué auprès du même Quint pour tenter de récupérer quelques terres manquantes de son nouveau royaume de Navarre. Bref, Marguerite, décue et même dépitée, a fini par lâcher la politique pour de réfugier dans le culturel, comme l'héritier. Elle retrouvera goût à une écriture laborieuse et tentera d'avancer dans la rédaction de l'ouvrage de sa vie, l'Heptaméron, bouquin coquin et religieux à la fois, qui connaitra un succès posthume, même inachevé : il n'est pas sans intérêt de noter que, comme le nom l'indique, l'action se déroule sur sept jours, et aurait du se prolonger au moins sur un huitième, vision très novatrice de la semaine allongée, reprise de nos jours, en moins coquin, par notre roi Nicolas, sous sa célèbre formule « travailler plus pour gagner plus ». Hélas, Marguerite acheva sa vie, après un bref séjour dans le couvent de Tusson, et quelques ultimes péripéties, sans avoir pu traiter de ce huitième jour, le fameux Sarkodi. Puisse sa descendance pourvoir à combler ce grand manque pour le royaume.


L'hérédité n'est pas contestable, et après la Marguerite des marguerites, voilà la Château abritant une Rose des roses (pas de masculin pour la fleur) . Et ça, c'est le bouquet, celui qui comble de plaisir l'écolo de service toujours prêt à s'extasier sur les productions naturelles. Nous sentons bien, depuis l'aveu, monter jusqu'au plus haut du Plateau, cette ferveur populaire qui réunit bourgeois et manants dans la même espérance de retombées royales, et pourquoi ne pas le dire, d'un édit déclarant ANGOULEME ville franche, d'impôts et de taxes.


Nous espérons tous, Monseigneur, en vos bonnes grâces et bontés.



NDLR : merci aux sources Wikipédia.



août
6

- LA FRANCE AU MOIS D'AOUT -

  • Par jean-claude.guillard le
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- Pas de gain ou appât du gain -


« Travailler plus pour gagner plus » nous dit-on. Sauf au mois d'août, à en juger par la totale paralysie de notre beau pays endetté. Le mois d'Auguste est celui de tous les dangers pour ceux qui n'ont pas choisi d'émigrer : le désert, voire le néant.


Malheur à qui aura un pépin de santé : son toubib est parti se soigner dans l'Ile Maurice ; le jeune remplaçant est lessivé dès midi ; les urgences de l'hosto s'adaptent paisiblement et l'interne sacrifié sur l'autel des congés, petit mousse devenu pacha du jour sur le grand navire, gérera la bobologie, prescrivant médications, ou quelques accessoires de mobilité ; galère pour trouver le pharmacien juilletiste qui assure les utilités, et qui pourra fournir ce qu'il a encore en réserves, quelques acries à louer, pour la mobilité de l'éclopé, car, pour le neuf, les fournisseurs sont fermés en Août, mon bon Monsieur !.


Malheur à celui qui veut favoriser l'économie nationale en honorant son concessionnaire automobile préféré d'une commande en Juillet ; tout le monde connaît le dicton « commande en juillet, en décembre livrée » ; la fabrication française est stoppée en Août, mon bon Monsieur !


Malheur à celui qui a ose travailler pour honorer son banquier en Août de quelques menues recettes : les banques ne sont pas mieux loties ; des armées de jeunes étudiants ont décroché le golden job de l'Eté, en substituant les vieux briscards des guichets ; c'est l'époque bénie où votre compte risque de se trouver crédité des remises d'un autre, à moins que ce ne soit le contraire. Une petite demande de prêt ? Quoi ? au mois d'Août ! On verra ça en septembre... C'est le mois d'Août, mon bon Monsieur !


Malheur aux prévoyants qui veulent se vêtir pour l'automne dans leur boutique préférée ; nos commerçants, par les soldes repus, ont tiré le rideau pour aller promener la Béhème sur les plages huppées et engraisser leurs collègues saisonniers des bénéfices engrangés. C'est le mois d'Août, mon bon Monsieur !


Malheur aux grandes familles : c'est l'époque maudite pour les grands parents qui héritent du gardiennage de la jeune génération remuante, pour permettre aux géniteurs de goûter aux plaisirs estivaux solitaires. Même les vieux, dans leur maison de retraite, délaissés par la descendance en goguette, se trouvent confrontés à la perte des habitudes, par pénurie de leurs aides habituelles et du fait de remplaçants qui n'avaient pas imaginé la charge de travail, au point de jeter l'éponge, en même temps que l'eau du bain et de la canicule. Mais, c'est le mois d'Août, mon bon Monsieur !


Misère de mois d'Août ! Et tout ça pendant que des millions de chinois remplissent à la pelle leur fourmilière de milliards de dollars, douze mois sur douze.


Alors, travailler plus au mois d'Août pour gagner plus ? La désertification ambiante semble démontrer que personne n'y croit vraiment.


De toute façon, quand on voit ce qui se passe en cette période estivale question pognon, ça fait peur à ceux qui voudraient gagner plus, ou pire, gagner trop : la nouvelle saga de l'été, diffusée en boucle dans les médias, nous apprend la triste vie de ceux qui ont réussi à gagner plus, beaucoup plus, énormément plus. Mieux que les navets annuels, type « les gendarmes en goguette » ou « la 7ème compagnie en vadrouille », les passionnantes aventures télévisuelles de Mamie Oroal calment les ardeurs au gain.


Voilà une pauvre vieille dame qui a amassé, sou par sou, un pactole impressionnant et qui n'arrive plus à en stopper le flux, un peu comme pour la maxi fuite de pétrole de BP ; elle voit étalés sous les yeux ébahis de la plèbe ses relevés de carte bleue illimitée. Voilà qu'en août, on épluche au temps chaud ce qu'elle a pu engranger aux frimas, ce qu'elle a pu s'acheter ou donner à ses amis fidèles. Voilà qu'on lui reproche de donner quelques milliers d'euros aux relations proches et quelques millions d'euros aux plus chers des très chers amis! Vous allez voir que l'on va maintenant demander des comptes à ceux qui travaillent en Août ! Et pourquoi ? Ne donnez vous pas vous-même à qui il vous plait, avec bien sûr quelques zéros en moins. Ce n'est seulement qu'une question de proportion et de relativité !


On ne nous dit pas tout : travailler plus, bon ; pour gagner plus, évidemment ; mais, on n'oublie de nous préciser qu'il ne faut pas quand même trop gagner, sous peine de finir comme Mamie Oroal , livrée en pâture aux lecteurs pauvres et avides de la presse people. Ça fait peur et ça refroidit, non ?


De toute façon, les feuilles d'automne que le vent mauvais va déposer dans nos boîtes aux lettres, passé ce foutu mois d'août, vont rapidement venir freiner les intrépides du gain, en modérant leurs dépenses personnelles après légère ponction et en leur suggérant fortement, pour cause de déduction, de donner ce dont ils n'ont pas besoin.


Je passe sous un silence pudique, le contre-exemple de nos néos mercenaires milliardaires, dont certains ont été dotés par la nature d'une cervelle dont chacun des deux lobes est équitablement réparti dans chacune de leurs chaussures à crampons ; ces grévistes de l'extrême ont choisi d'user les débordements de leurs comptes dans d'autres débordements que la morale réprouve : ce ne sont que des mercenaires voulant misérablement imiter les maîtres qui les ont achetés. A oublier !


Alors, à quoi bon bosser douze mois et douze ? Hein ? il en reste quand même...Sans doute, mais, in fine, pourquoi faire ?


L'actualité récente nous révèle ce que les grandes fortunes de ce monde peuvent faire de leurs surplus de monnaie une fois acquis tout ce que l'on peut acquérir et avoir mis hors du besoin les générations suivantes sur les siècles à venir : ils se sont concertés, là bas aux USA, entre gens de très bonne compagnie, pour traiter de cette question existentielle et aboutir à une réponse ; on imagine l'ambiance angoissée de la réunion, pour trouver une utilisation à quelques milliards de dollars en trop ! Et bien, finalement la réponse était simple : faut donner !!! Non, pas à l'Etat, qui s'est déjà servi copieusement, mais aux pauvres, via les bonnes oeuvres.


Comme Mamie, Bill Gates a initié cette opération de délestage massif du trop plein de ses 53 milliards de dollars de fortune, et y a entraîné son pauvre copain de galère Warren Buffet (homme de coffre bien nommé ) pour seulement 47 milliards, ainsi que tous les membres du club très sélect « Je ne sais pas quoi faire de mes sous ». Ledit Buffet promet même de larguer 99 % de son capital, ce qui démontre que l'on peut très bien vivre avec le 1% restant !


Combien de mois d'Août ces gens ont-ils pu sacrifier pour laisser la caisse déborder à ce point jusqu'à l'inutile ?


Alors, travailler en Août pour gagner plus ? Non finalement, la raison, dont sont dotées les classes laborieuses, commande de freiner au feu orange et de s'arrêter au rouge.


Fort de ces exemples, et tout en espérant disposer d'une capacité, à ma modeste mesure, de donner, de bon coeur et non par obligation de délestage, je vais me ranger à l'avis général : en bossant seulement onze mois sur douze, on doit pouvoir s'en sortir, d'autant que rien ne pousse en août dans le désert caniculaire, à part quelques plantes rugueuses aux piquants acérés.


Bon, c'est décidé, cette fois, je ferme la boutique en Août, et on verra à la rentrée. Et faute de grève, j'vais me contenter de mers ... et plages dorées.




juil.
30

- CLOPIN CLOPANT - L'APARTHEID SANS FILTRE -

  • Par jean-claude.guillard le
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Une petite fumée annonce l'incendie, que dis-je, l'autodafé des paquets de clopes et la grande chasse aux fumeurs hérétiques.


Voilà que certains restaurateurs, ayant appliqué à la lettre la législation protectrice de la santé publique, en expédiant durant l'hiver les clients fumeurs sur les terrasses extérieures, entendent, en été, réserver ces mêmes terrasses aux non fumeurs, sans évidemment réserver l'intérieur aux enfumeurs.


En un mot, ils ne veulent plus de clients fumeurs ni dedans ni dehors ! Dont acte. Il ne leur reste plus qu'à afficher clairement, à coté du menu, le panonceau « Fumeurs non acceptés » de cet apartheid, comme certains l'avaient déjà fait pour les porteurs de casquettes à l'envers ou pour les compagnons à quatre pattes ! Le parallélisme des formes ne semble pas pouvoir exister, puisque les taverniers qui voudraient réserver l'intérieur de leur établissement aux seuls fumeurs ne le pourraient pas, législation oblige, même s'il est déserté par les craintifs du cancer des poumons, devenus adorateurs des ultraviolets du soleil ardent inondant la terrasse extérieure, pouvant conduire à une autre forme de ladite maladie.


Au moins, aux USA, avant qu'il soit mis fin à la ségrégation, les établissements accueillant le public affichaient clairement leur choix, en réservant leurs entiers locaux, soit à l'une soit à l'autre des catégories d'individus. La France, pays des Droits de l'Homme, en légiférant sur la discrimination entre fumeurs et non fumeurs, certes au nom de la Santé Publique, remet un apartheid franchouillard au goût du jour.


Il est possible d'admettre les arguments des non fumeurs ; il est interdit d'admettre ceux des fumeurs, dès lors que la prohibition est établie. La mesure était parfaitement justifiée DANS les lieux ouverts au public, mais DEHORS ? Là où, en plein hiver, on renvoyait le fumeur de havanes, au risque de le faire mourir d'une affection des bronches ou d'une pneumonie ! Nul patron d'estaminet n'aurait envisagé d'y envoyer un non fumeur pour cause, par exemple, de consommation de boissons alcoolisées. On cache sa misère où l'on peut...


Pourtant, ces mêmes établissements ne sont-ils pas indirectement responsables d'une partie du trou de la Sécu, au moins égale ou supérieure à celle imputée aux fumeurs, en alimentant (si l'on peut dire) le penchant blâmable de buveurs invétérés ? Le risque de contamination passive pour notre jeunesse adepte du jus d'orange est pourtant avéré face à cette vision de piliers de comptoirs engloutissant au fil des tournées, y compris celle du patron, des quantités d'alcool à s'en faire éclater le foie de cirrhose. La législation ne les rattrape généralement, et seulement que dehors, lorsque l'aviné a réussi à se hisser dans son véhicule pour jouer, sur les routes, la vie des autres à la roulette russe ; mais attention, pour les mineurs présents dans le bistroquet, la pancarte affichée interdit qu'ils puissent être servis dans l'établissement, mais non qu'ils puissent s'imprégner de la vision des maîtres du lever de coude. La pancarte de la bonne conscience ! Tiens, comme celle pour la vente des clopes aux mineurs, désormais.


Alors, à force de pancartes prohibitives, tout le monde se retrouve dehors : l'alcoolique majeur ou mineur pour aller se fournira au supermarché du coin, où son litron sera équivalent au prix d'un seul verre au comptoir ; le fumeur mineur fera acheter son paquet par Papa ou le copain non fumeur mais majeur, ou trouvera un petit commerçant des rues ambulant, écoulant son stock incertain au cul du camion.

Et puis, bling bling oblige, vous avez sans doute vu dans certaines villes, la nouvelle arme de contre attaque des libres penseurs de la santé publique : sous l'enseigne d'une cave à vins, petite boutique hautement spécialisée en alcools, des dégustations payantes (à volonté) se déroulent à même le trottoir, drainant tous amateurs, mineurs ou majeurs, fumeurs ou non, mais en tous cas buveurs, qui vont ainsi s'offrir en spectacle et en tentation aux passants éberlués, mineurs ou majeurs. Au moins, là, on picole et clope au grand jour, et en extérieur, toutes conditions sociales réunies, dans une ambiance festive et parait-il très utile pour constituer son réseau social, aussi bien voire mieux que lors des apéros géants de FACEBOOK ; au moins l'alcoolisation reste mondaine et même très bon chic bon genre...au début.


Mais l'Etat veille, plus à l'écoute des groupuscules « anti-tout et pisse froid » que du bon peuple en manque de pain et de vin, et même maintenant de jeux, culpabilisant la plèbe au nom d'une santé publique, devenant un peu plus privée chaque jour, économie malade oblige. Dormez tranquille, braves gens, votre santé est assurée...sauf en cas de canicule, où l'eau, pourtant en vente libre, peut faire défaut à nos vieux, qui peuvent périr en masse, avec le bonheur de participer, par économie radicale, au comblement du trou de la Sécu et à l'allègement de la charge des retraites. Le bénéfice réalisé permet alors d'investir des sommes astronomiques en achat de vaccins, dont le nombre fut tel que le virus a préféré renoncer à son funeste dessein.


Alors, si les alcoolos pourront, aux temps chauds, étancher leur soif à l'intérieur ou à l'extérieur de leurs lieux publics de consommation, les dangereux fumeurs y seront proscrits. Que leur reste-t-il à part la rue, comme les SDF, pour en griller une petite, c'est-à-dire au grand air, dans les vastes étendues de l'atmosphère. Misérables sont-ils, qui vont alors polluer l'oxygène atmosphérique des non fumeurs, et sans doute participer au réchauffement climatique ! Ah bon ? Mais leur petite fumée est moindre que celle dégagée par telle cimenterie, qui propulse sur dix kilomètres aux alentours, malgré les filtres (de gitanes), des nuages de fumées emplies de poussières nocives recouvrant les toits des immeubles ; juste sur les toits, avec une remarquable précision chirurgicale, ou aussi dans les bronches des heureux habitants de la contrée ?


Nul n'a vu de pancartes à l'entrée des villes prohibant les rejets des usines, puisqu'on les a laissées s'y installer, voire encouragées ! Là, l'oxygène de nos poumons, on s'en fout ! Comment pourra-t-on être crédible en fabulant sur la toxicité des volutes du fumeur dans la rue, ou même sur une terrasse extérieure d'un bistrot ?


« Non, Môssieur », dit la Dame assise sur la même terrasse, dans la moitié non fumeur due à une partition équitable du lieu par un tenancier habile : « le vent m'amène l'odeur de votre fumée et c'est insupportable » ! Diable, j'avais oublié que, dans la brousse, il y avait une histoire de vent pour ne pas révéler sa présence aux bêtes fauves ! J'ai répondu à la mienne que le vent devait être tournant, puisqu'il me renvoyait l'odeur incommodante d'un parfum de supermarché dont elle s'était aspergée, au point qu'elle en arrivait à masquer le fumet de mon plat du jour, et même la prégnante émanation de l'huile de frites du cuistot, celle dont vos vêtements conservent l'arôme une semaine entière.


On est évidemment très loin des préoccupations sanitaires ou écologiques : le débat se résume à un échange du style « tu me gènes, moi non plus », assorti d'une tolérance zéro non édictée par la Loi, conduisant à une proscription, mère de l'apartheid.


La boucle est bouclée. La clope est clopée, qui sera peut-être la dernière, celle du condamné, à moins qu'il en soit privé, sous peine de contaminer son bourreau.


Ah, si seulement la Dame était venue gentiment m'expliquer qu'elle se fichait royalement de ma petite volute, mais qu'un beau gosse comme moi ne pouvait s'abîmer les bronches avec pareille saloperie, une réelle relation aurait pu se dessiner entre nous, sur ce sujet brûlant évidemment, dehors ou dedans.





juil.
12

- ANGOULEME - VILLE VERTE -

Depuis les accords passés lors des dernières élections municipales entre les anciens élus rosissants d'une part, et les nouveaux verts d'autre part, ce mélange des couleurs n'a fait ressortir qu'une couleur non identifiable, une mélasse marronnasse ; en réalité, chacun a entendu conserver son idéal et les verts ont obtenu de conserver leur pré carré, évidemment verdoyant.


Comme dans une émission télévisée devenue culte, les survivants accédant à la réunification des tribus doivent cohabiter tout en pensant à s'éliminer pour qu'il n'en reste qu'un. Le chef de la tribu verte est de sexe féminin, qui a aussitôt pris en main l'aspect environnemental du camp. Dame Nature est son totem : toucher à un seul poil urticant d'une ortie est péché mortel. Tout produit d'origine chimique a été proscrit pour les jardiniers de la ville, en regard des risques de type Seveso.


C'est ainsi qu'un étranger, débarquant par hasard en nos murs, découvrira nos rues agrémentées de verdure, devenue luxuriante par l'effet du climat tempéré de notre région ; nos trottoirs ombragés sont agrémentés de touffes vertes croissant librement au pied des arbres, et même le pied des murs de nos maisons s'ornent de quelques plantes dont les graines furent apportées par quelque zéphyrin, pour s'implanter là où nul ne viendra les piétiner. Ah, l'intelligence du végétal !


J'étais béni des Dieux, qui m'avaient choisi pour semer une petite graine au pied de l'immeuble abritant mes bureaux : petite chose minuscule, qui par l'effet d'un printemps pluvieux, réjouissait mon regard en prenant de l'importance ; émouvante apparition de toutes petites feuilles, puis élévation de la tige, couplée avec l'épanouissement du feuillage.


N'étant pas né vert, je n'avais aucune idée de l'identité de mon pensionnaire, mais peu m'importait : seule cette vision quotidienne de la croissance de ma nouvelle amie éclairait ma journée et, comme tout parent, je m'inquiétais de sa santé, guettant le moindre signe de faiblesse, ou l'apparition de quelques taches révélatrices de maladies infantiles. Non rien d'inquiétant, tout allait bien. Bien sûr, je redoutais l'arrivée des jours caniculaires et j'imaginais déjà l'installation d'un petit goutte à goutte. Il est vrai que le chat errant de la rue, pourvoyait déjà au bien être de la plante, en levant sa queue tressaillante, pour l'asperger d'un jet rafraîchissant.


L'autre soir, ma chère et tendre passe me prendre au bureau, et, étant une femme d'ordre et de goût, elle connaît par coeur les jours de ramassage des sacs poubelles, noirs ou jaunes ; alors machinalement, la femme de ménage n'intervenant que le matin, elle constitue un sac des menus déchets de mon activité qu'elle déposera sur le trottoir en partant, puisque le strict règlement urbain impose aux citoyens de ne déposer leur obole au ramassage qu'à partir de 19 heures, des fois que les horribles traces de notre consommation ne masquent aux yeux ahuris des touristes les belles plantes qui agrémentent nos trottoirs et pieds de murs.


Nous sortons ensemble, et je porte galamment et élégamment le sac noir. Tandis que je refermais ma porte d'accès, je vois en un éclair ma moitié se pencher et se relever aussitôt en me disant : « saleté de chiendent, ça pousse partout ! » ; elle tenait dans sa main MA plante, mon petit végétal devenu grand, qui a connu aussitôt sa dernière demeure dans le sac noir, au lieu de finir paisiblement sa vie, le moment venu, dans les premiers frimas de l'automne.


Ça fait un choc ! Ma fibre verte s'est éteinte dans la douleur et dans l'indifférence de ma moitié, qui elle, distingue très bien les belles plantes des mauvaises herbes.


Mais alors, pourquoi notre dame verte laisse-t-elle pousser de telles horreurs dans notre cité ? Peut-être pourrait elle, par souci de co-habitation, envisager de planter quelques roses sauvageonnes aux épines acérées au pied de nos arbres.



juil.
5

- PAGES JAUNES - DU NOUVEAU -

  • Par jean-claude.guillard le
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Quoi de neuf du coté des Pages Jaunes, en cette période estivale, où l'on prépare les commerciaux pour essaimer à la saison froide, pour engranger leurs étrennes annuelles ?


Depuis mon dernier billet, saluant leur précédent passage, rien ; sinon que nous disposons maintenant du nouvel annuaire papier, sur lequel chacun a pu contempler sa chère, très chère annonce.


Un de mes fidèles lecteurs a constaté que sa commande de l'an passée a donc été honorée, pour un tarif qui avait quelque peu explosé, sans motif particulier, depuis l'année précédente, alors que son encart était strictement identique.


Mais il a découvert, preuve en mains, un petit hic : l'annuaire papier commence à devenir lilliputien, au point que les opticiens sont dévalisés de verres correcteurs et loupes.


Mon honorable correspondant s'étonne à juste titre que le prix de son encart n'ait pas tenu compte de la réduction dimensionnelle de la page, et par voie de conséquence de son annonce.


En mettant cote à cote l'encart de l'année précédente sur l'annuaire grand modèle, et celui de cette année sur l'annuaire lilliputien, le choc de l'image est moins violent et le poids des mots est plus léger ! Mais le petit coûte plus cher que le grand ! Comprenne qui pourra. Ça doit être le même phénomène que celui affectant le string, qui coûte souvent plus cher que le monokini traditionnel (selon ce que m'en dit ma tendre et chère, bien sûr !). La ficelle est un peu grosse, non ?


Le commercial a omis de s'appesantir sur ce menu détail ; mais, en reprenant le contrat, et une fois doté les verres correcteurs et loupes, il apparaît en caractères également lilliputiens, que le format de l'annuaire sera réduit. Que diable cette minuscule restriction de taille ne se retrouve pas, proportionnellement, dans les tarifs ?


Et qui me paiera le coût du microscope dont je vais devoir me doter, pour lire mon encart de l'année 2011 ? Promis, je poserais la question au commercial qui sera tiré au sort pour venir me vanter sa marchandise. Mais je me demande s'il ne va pas me proposer de conserver la taille de mon encart initial à la celle de la page réduite du prochain annuaire, c'est-à-dire de me faire payer le coût de l'emplacement sur une demie page ! Si telle est la nouveauté, ce mini bottin va gagner en épaisseur ce qu'il a perdu en superficie imprimable.


Ah, qu'il est bon d'être en situation monopolistique !


« Mais l'incohérence n'est pas le monopole des fous: toutes les idées essentielles d'un homme sain sont des constructions irrationnelles ». (André Maurois)


juin
13

MERCI, RAYMOND, MERCI ... (3°)

  • Par jean-claude.guillard le
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Quand je vous l'disais...


RAYMOND est un sorcier : avec seulement sept joueurs valides à l'entame du match, il a réussi à nous éviter la défaite annoncée devant l'illustre et redoutable équipe de l'URUGUAY ; si même un arbitre exotique avait pensé à expulser dès le début du match un, voire deux, de ces sud américains rugueux, c'est sûr, on pouvait même gagner !


Bon, d'accord, il a commis une petite boulette en faisant jouer un gamin se prenant pour son grand ancien au même poste, fraîchement retraité, j'ai nommé le grand VIERA ; ouais, le gamin, avec ses grandes cannes toutes neuves, n'a pas pensé à ralentir le rythme pour attendre que ses co-équipiers arrivent ; il n'a pas réussi à trouver notre génial buteur anglophile ANLK dont on sait pourtant qu'il préfère plutôt gambader sur la largeur du terrain que sur la longueur. En se mettant au diapason de ses glorieux aînés, le jeunot devrait vite d'adapter.


Bonne nouvelle, le dernier carré de nos grognards défenseurs a tenu le choc, ce qui montre bien que c'est dans les vieux pots que l'on peut faire la meilleure soupe. Attention quand même à ne pas trop s'épuiser, un vieux pot fêlé pouvant casser. A noter le choix capital du capitaine : dès le début de la partie, il a montré les limites... du terrain coté touche, et a rappelé ses adversaires à la décence, au point de recevoir un amical cartounet anisé du directeur de jeu.


Quelques réglages sont encore à effectuer au milieu du terrain, là où çà bouchonne aux heures de pointe ; certains n'ont pas encore bien apprécié les dimensions du terrain, à force de s'entraîner sur la largeur : pour les passes, il faut forcer un peu plus et bien suivre les conseils de Raymond de se repérer à la couleur des maillots ; il faut dire, aussi, que ces uruguayens vicieux n'ont pas cessé de s'intercaler entre deux des nôtres voulant se passer le ballon ! Pour contrarier notre beau jeu, rien de pire ; le public local ne s'y est pas trompé en les houspillant durant tout le match, non pas en sifflant, ce qui est impoli dans ce pays, mais en soufflant comme un seul homme dans des trompes d'antilope (la bête est en voie d'extinction dans le pays). Bref, comme me le disais Mr RAYMOND, pourquoi qualifier des équipes qui nous empêchent de jouer, et, par suite, de gagner tous nos matches, nous les champions du monde de 98.


On a bien aimé le respect des traditions gauloises et notamment du bizutage du plus jeune par les anciens : on a tous bien rigolé en voyant le petit GOURCUFF courir dans le vide, ses équipiers coquins faisant mine de lui passer le ballon pour mieux l'envoyer ailleurs.


Moi qui suis adepte du rugby, j'ai apprécié la science de Mr RAYMOND qui a eu l'idée de faire travailler à l'entraînement ceux qui devaient transformer les essais, en leur faisant taper des pénalités entre les barres : ça a payé ! Les cages auraient été élargies et prolongées par des perches, on gagnait haut la main ; encore une semaine pour régler ce menu détail d'intendance.


Mr RAYMOND, particulièrement satisfait du résultat, m'a assuré qu'il allait cependant améliorer l'équilibre politique de l'équipe : il a constaté que la France penchait à gauche ; selon lui, il suffit de renforcer le centre droit, pour raviver la droite : il consulte actuellement les partis concernés, avec l'aide d'une secrétaire d'Etat férue de sport et d'hotels en tous genres.


Bon après les bons points, se pose le cas GOVOU, du nom d'un ancien joueur inscrit sur feuille de match, et qui a oublié de se présenter au coup d'envoi puisque l'on ne l'a pas vu sur le terrain. Il n'a pas été remplacé, comme quoi nul n'est irremplaçable. Mais son ombre planait néanmoins sur le stade au point que certains joueurs envoyaient des ballons sur son aile droite, comme si il avait été là : c'est un phénomène connu, l'illusion d'optique, qui se guérit. Le staff médical y travaille. Ah, voilà la limite des automatismes.


Et puis, pour finir, le cas RIBERY, sauveur désigné de la nation, infatigable en première mi-temps, fonceur et défonceur du couloir gauche, qui n'a d'autre limite que la ligne de touche, et la seconde mi-temps. Il a du jus à en revendre, et mériterait bien d'avoir de temps à autre un repos du guerrier bien mérité. A foncer tête baissée, il risque de se fracasser un jour sur une défense bétonnée et de terminer sa carrière de beau gosse comme un pare brise CARGLASS fissuré. Mr RAYMOND, par pitié, préservez l'idole qui adore faire rigoler ses copains sur banc des remplaçants, ou alors, apprenez lui à quitter des yeux la ligne de touche pour regarder le reste du terrain, là où il arrive parfois que d'autres joueurs puissent se trouver.


Allez, on tient le bon bout ; tout est en place pour tenter de vaincre l'immense équipe du Mexique, ces fils d'incas assoiffés du sang de leurs victimes et férus de sacrifices humains.


Après le thriller, on veut voir un film d'horreur, avec ces milliers d'abeilles en fond sonore, qui nous épuisent, certes, mais nous évitent d'entendre les ineptes commentaires suggérant l'incapacité de notre cher RAYMOND à nous ramener la timbale.



nov.
21

CE N'EST QUE DU FOOT !

Un sport de manchot confronté aux déficiences oculaires ou la Loi du malin


Bon, maintenant ça suffit ! les pseudos footeux de comptoirs, les politiques people qui ne viennent au stade que sur invitation en tribune VIP, même quelques ministres, au demeurant féminins, sont tous venus nous administrer leur complainte, avec leurs certitudes morales démontrant qu'ils n'ont jamais foulé l'herbe, parfois boueuse, d'un terrain de foot. Les pauvres agités ignorent tout des règles de ce sport, et hurlent à la mort, avec les loups, dès qu'un fait de jeu met en péril la nation, pourtant en quête d'identité.


Alors, pour les autres, un but validé, même entaché d'une irrégularité, est valide, comme l'aurait dit Mr de la Palisse, sachant que la règle fondamentale est qu'il n'existe qu'un seul maître à bord sur le terrain, l'arbitre, formé non seulement à la Loi de son sport, mais aussi à la gestion des erreurs qu'il peut commettre. L'arbitre juge le jeu en fonction de ce qu'il voit, et de l'application qu'il en fait en regard de la règle : toute autre considération est vaine.


Cette omnipotence est source de misères pour les homme en noir, dès qu'ils n'ont pas vu ou pu voir une situation litigieuse, parce que, sur une surface aussi vaste que l'est un terrain de foot, vingt deux électrons plus ou moins libres galopent en tous sens et impriment à l'objet de leurs désirs, le ballon, un mouvement perpétuel : un arbitre, même choisi pour son acuité visuelle, n'a normalement que deux yeux et un champ de vision qui n'est pas celui de la mouche.


Prenons l'exemple, au hasard, d'un but marqué par une équipe à la dérive, face à un adversaire très supérieur qui mérite la victoire ; imaginons qu'un joueur s'aide de la main pour contrôler le ballon pour le passer à un équipier qui marque le but : de deux choses l'une, soit l'homme en noir a vu la faute et il ne valide pas le but, soit il ne l'a pas vue et ne peut que valider le point. Si son assistant n'a lui non plus rien vu et ne peut d'être d'aucune utilité, les nuls peuvent ainsi gagner la partie, sans que ce résultat puisse être remis en cause, sauf à vouloir tordre le nez aux règles en cours.


Ensuite, devant le mur des lamentations, tout pourra être dit sans rien n'y changer, faute d'avoir auparavant changé les règles. Dans notre exemple, supposons que l'oeil d'une caméra de télévision ait décelé la faute de main et repasse l'action en boucle : la preuve est apportée que l'arbitre n'a pas vu ce qui lui aurait permis d'invalider le but, et alors ? Aucune loi de jeu n'indique que l'homme en noir puisse prendre le temps d'aller vérifier sur un écran télé ce qu'il n'a pas vu ; son droit de repentir est immédiat et trouve sa limite dans la reprise du jeu ou la fin de la partie. Après, ce qui est jugé a force de Loi.


Reste à définir l'intérêt qu'aurait pu avoir un arbitre à valider un but irrégulier, s'il avait vu la faute l'entachant : à ce niveau, le corps arbitral jouit d'un métier rémunérateur, et n'a aucune envie de le perdre, en se livrant à des exercices que la morale réprouve ; chacune de ses prestations est ensuite analysée par leurs pairs, qui garantissent leur bonne moralité.


Que reste-t-il de l'incident de jeu ? un goût amer pour l'équipe qui méritait la victoire et l'impression d'avoir été volée : réaction normale et justifiée, qui ne peut toutefois conduire à la levée d'une croisade : force est de constater la dignité de ses entraîneurs et dirigeants, de ses supporters, vrais fans de foot et connaissant parfaitement les règles, qui malgré leur cruelle et légitime déception ont accepté un résultat sans entreprendre de piller la ville ; elle contraste avec l'agitation du lendemain de leurs politiques, exigeant une remise à plat du résultat, sans évidemment viser l'article de la règle qui puisse permettre d'envisager une telle solution.


Il en reste, pour le camp des « vainqueurs » du jour, un sentiment de gêne, résultant surtout du fait que, contrairement à l'arbitre sur l'instant, ils ont vu et revu ensuite la réalité de la faute ; une telle « victoire » méritait un profil bas, adopté par les supporters présents et les joueurs, au contraire des scandaleuses manifestations triomphantes et affectueuses du Président de Fédération à l'égard de son entraîneur décrié, désormais à juste titre. C'est le seul fait choquant du match, en dehors de la nullité rare de l'équipe, dont on se demande quelle pourra être sa destinée, face aux grands de ce monde.


Il en restera la mise en cause du joueur ayant commis une faute de main préalable à l'action de but. Ignorons les extrémistes qui exigeraient que la main du fautif soit tranchée à la hache du bourreau. Les faux culs s'indignent de la commission d'une faute de jeu, tout en jouissant, en leur for intérieur, de la victoire qualificative en résultant. Les autres, ceux qui ont pratiqué le sport, savent que chaque week-end, des centaines de faute de jeu sont commises, que l'arbitre a vu et qu'il a sanctionnées, ou qu'il n'a pas vues laissant le joueur fautif impuni. Et, puis, disons le franchement, les joueurs de foot sont comme les autres : dans la mesure où un homme seul, en noir, est l'unique maître à bord, qui n'a jamais cherché à l'influencer, voire le tromper ? L'éthique du sport trouve sa limite dans la règle, mais aussi dans une certaine forme de roublardise, qui a d'ailleurs toujours distingué les meilleurs : untel, avant centre réputé pour le grand nombre de buts qu'il infligeait aux équipes adverses, dans ou hors le cadre de règles, était appelé le « renard des surfaces », en référence à la devise de l'animal « pas vu, pas pris ». Quel joueur, dans la surface de but, n'a pas trouvé opportun de s'écrouler au sol, en hurlant de douleur, pour tromper l'arbitre sur une faute imaginaire de l'adversaire et obtenir la faculté de marquer un but aisé, de réparation ? Quels autres, levant les mains au ciel comme un seul homme, tentent d'abuser l'arbitre pour obtenir un avantage, en soutenant l'existence d'une faute imaginaire de leur adversaire, ou seulement d'un simple geste de jeu parfois pour un objectif aussi dérisoire que celui du droit de remettre un ballon en jeu, sur une touche ou un renvoi de but. Les résultats en sont inéluctablement faussés, mais comme le précisent les techniciens du sport, observateurs avisés, les erreurs de l'arbitre finissent par se compenser sur la durée d'une saison ou d'une compétition.


Notre joueur a mis la main sur la ballon, comme un autre aurait pu se laisser choir pour obtenir un coup de pied de réparation : et alors ? Il sera déclaré truqueur par l'arbitre qui annulera l'avantage espéré, s'il a vu la faute ; il ne le sera pas, en regard des règles actuelles du jeu, si l'arbitre n'a pas vu de tricherie. Que ceux qui n'ont jamais chaussé les crampons se taisent, et évitent de donner des leçons de morale, sur ce qu'ils ne connaissent pas, et changent de chaîne télé pour y trouver des émissions ne heurtant pas leur sensibilité morale exacerbée. Titi n'est pas un tricheur, c'est un joueur de foot, au demeurant doué, qui a eu la chance qu'un arbitre n'ait pas vu une faute technique qu'il avait commis en cours de jeu. Point barre !


Une tel débat n'aurait pas eu lieu à une époque où le télé, ses gros plans et ralentis, n'existaient pas : tous les spectateurs d'un match, n'ayant que leurs deux yeux pour apprécier d'une action d'une durée d'une seconde, voyaient, croyaient voir, ou ne voyaient pas ce qui s'était réellement passé, tout comme l'arbitre. Certains protestaient, d'autres s'interrogeaient, le reste s'indignait des protestations, puis tous revenaient dans la minute suivante à la réalité de la poursuite de la partie. Alors, si l'on cherche à ne plus avoir de doutes, que les instances du jeu modifient les règles actuelles et que soit systématisé le recours à la vidéo pour valider ou infirmer une situation litigieuse ; le sport y perdra sa légendaire et glorieuse incertitude, qui apporte tant de plaisir au bon peuple, consolé de ses maux quotidiens par le pain et les jeux. Il y manquera le piment de l'aléa d'un match, où l'équipe la plus nulle, dotée d'un entraîneur plus théâtral que compétent, s'offrira le pompon pour aller engranger à l'autre bout du monde les fruits juteux d'une campagne illusoire.


Ainsi va la vie : il parait que ce ne sont pas les meilleurs qui émergent du lot, mais les plus malins.



nov.
17

L'ENFANT ROI

De la fessée à la députation : il y a des baffes qui se perdent.


Décidemment, heureusement que le ridicule ne tue pas ! Après avoir débattu de l'emprisonnement de très jeunes mineurs délinquants, puis d'un couvre feu pour les priver de virées nocturnes, voilà que nos chères petites têtes blondes font l'objet de toutes les attentions protectrices de leur auguste personne.


Dans le cadre scolaire, on avait jadis supprimé les notations traditionnelles et les antiques distributions des prix qui agrémentaient la fin d'année pour les meilleurs élèves, afin de ne pas perturber les retardataires ou fainéants, qui rêvaient pourtant de décrocher le prix de camaraderie ou du meilleur sportif ; on avait ensuite allégé les programmes pour que les moins doués ne se sentent pas humiliés par les connaissances plus développées de leurs camarades, par un nivellement par la base ; on a banni l'autorité du maître des classes, au point d'en envoyer certains remplir les centres psychiatriques ; on réprime sévèrement toute manifestation gestuelle d'autorité du maître, qualifiée de coup et blessure volontaire, dès qu'il secoue un enfant provocateur. Un pas de plus dans la bêtise a été franchi quand un élu a émis l'idée saugrenue de vouloir lutter contre l'absentéisme récurrent des certains élèves, en leur payant leurs journées de présence. On a oublié de leur proposer de venir les chercher à domicile en limousine VIP. Comme toujours, seul le politique a échappé à la répression, à l'instar du président d'un groupe inclassable, qui ne fut pas embastillé derechef, pour avoir collé un baffe à un gamin qui lui faisait subrepticement les poches, lors d'un bain de foule populaire.


Ce sont maintenant les règles familiales qui sont sur la sellette, alors qu'il est établi que l'enfant en dérive est généralement issu de géniteurs qui ignorent ce que peut être une règle éducative, et que le même enfant est envoyé dans la rue pour parfaire son éducation sociale et soulager ses parents de sa bruyante présence. Alors, pour les autres, ces bourreaux d'enfants qui tentent d'apprendre à domicile les règles de la vie à leur progéniture, et osent réprimer les dépassements de limites permises, voilà qu'un représentant du peuple y met son grain de sel, ou plutôt de poivre.


Désormais, à en croire cette éminente tête pensante, devraient être prohibées toutes manifestations parentales de nature à contrarier les chérubins : on ne touche pas un cheveu du petit qui transgresse les interdits parentaux pour en apprécier les limites ; on le laisse faire ! Le petit diable qui osait proférer une injure à l'encontre d'un de ses parents, et qui recevait une fessée en réponse, voire une tape sur la main, pourrait aller dénoncer l'auteur du geste offensant pour son auguste personne, et pourquoi pas, au point où l'on en est, obtenir une indemnité pour le préjudice subi ; à moins que, dans sa grande mansuétude, il donne son pardon à ses parents implorant à genoux sa clémence. Attention, la parole parentale peut parfois être aussi déstabilisante pour le gamin que la fessée : alors on est prié de choisir ses mots pour ne pas traumatiser le petit monstre qui vient de casser la vaisselle pour protester contre une privation de dessert, pouvant d'ailleurs être assimilée à un mauvais traitement ! Fini l'incessant « as-tu rangé ta chambre ? », le sempiternel « va te laver les mains avant de passer à table » : c'est à l'évidence du harcèlement moral ! En un mot, l'enfant Roi décide de tout et ses parents doivent s'adapter sans mot dire.


Pour les résistants qui se cacheraient chez eux pour éduquer leur progéniture à leur guise, attention : le risque est grand d'être dénoncé par les voisins ou par les enseignants : « Monsieur le Commissaire de Police, le gamin de mon voisin, qui a cinq ans, m'a dit ‘Bonjour Madame'; cet enfant est à l'évidence conditionné en cachette par des parents rebelles ». On marche sur la tête ! Quel espoir pour la patrie des Lumières d'avoir des générations futures incultes et mal élevées.


Cette épouvantable fiction relèverait du canular si la prohibition de la fessée au gamin n'avait pas été très sérieusement imaginée par une élue du peuple, par ailleurs pédiatre de formation, qui entendait déposer un amendement à un énième réforme, sans doute pour que son nom demeure attaché à une telle ineptie ; on pensait que, seuls, les psychiatres, à force de subir des transferts, étaient perturbés par leur exercice professionnel ; il faudrait donc y ajouter les pédiatres, qui craignent que l'enfant fessé ne devienne agressif, devenu adulte !


Cette situation permet de s'interroger sur les choix des électeurs pour désigner leur représentant au sein des nobles assemblées parlementaires : peut-être faudrait-il s'attacher à mieux connaître leur personnalité avant de les envoyer légiférer... Aujourd'hui, l'électeur vote pour une étiquette politique, sans se préoccuper de celui qui la porte ; comme le disait un confrère lucide après une élection : « si mon chien avait porté un collier UMP (ou PS), il aurait été élu député ». La composition de nos assemblées révèle que la grande majorité des élus a une compétence pour y siéger et faire valoir les préoccupations de ceux qui les y ont envoyés : la preuve, tout texte proposé par le gouvernement est illico adopté, sauf boulette lors du vote. Mais, par la faute de certains originaux, le débat est parfois agrémenté de quelques inepties, alors livrées aux médias avides de croustillant. Les trublions du parti sont sermonnés et désavoués, mais laissent à la postérité la preuve de leur existence et de leurs idées folles. Après tout, c'est sans doute une manifestation ludique de l'exercice démocratique, donnant aux députés d'un groupe l'impression d'une liberté de légiférer, alors que leur possibilité de choix est aussi précaire que le siège sur lequel ils sont assis.


Ouf, l'autorité parentale s'exercera en famille, sans que des lois viennent l'encadrer ; restons en seulement à l'encadrement des défaillances dans cet exercice, qui seules méritent notre attention, car l'enfant est alors réellement en danger.



Une fois n'est pas coutume : je dédie ce billet à mon instituteur qui m'a appris la valeur du travail en me tirant les oreilles pour des fautes d'orthographes ou des poésies balbutiées, à mon grand père qui m'a inculqué les tables de multiplication et les déclinaisons latines en me donnant une petite tape sur l'épaule à chaque erreur, à mon père qui m'a administré à 13 ans ma première baffe en découvrant que mon zéro en maths avait été amélioré par le chiffre « un » précédant la bulle, et plus généralement à tous ceux qui m'ont permis de rester sur un droit chemin : aucun de ces signes éducatifs ne m'a traumatisé, et tous furent profitables pour la vie d'adulte. Ils restent enfouis, non comme des signes de violence, mais comme des manifestations d'amour portées à l'enfant que j'étais, et je ne me sens en rien traumatisé, bien au contraire, par ces émouvants souvenirs.


Il est vrai qu'à l'époque, la pédiatrie était balbutiante : elle aurait mieux fait de le rester, ce qui aurait permis à l'honorable parlementaire de rester concentrée sur son clavier de vote, plutôt que de proférer des idioties, au point de mériter une mémorable fessée.




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