Comment peut-on faire quand vous souhaitez rompre le concubinage, que vous être propriétaire, mais que votre concubine refuse de déménager ....
Vivre ensemble sans être mariés , c'est simple et sans formalité.
Rompre c'est facile, sauf si l'on a un ou plusieurs enfants communs, et/ou si l'on a acheté ensemble des biens meubles ou immobiliers.
CONCUBINAGE
LA RUPTURE
Deux personnes se rencontrent et décident de vivre ensemble sous le même toit, en union libre.
Cela va durer quelques jours, mois ou années.
Ils se séparent d’un commun accord ou parce que l’un ou l’autre part, quittant le domicile commun.
Que cette rupture soit houleuse ou paisible, il est souvent nécessaire de régler divers problèmes et de disposer d’une décision de justice.
D’abord, les concubins ne sont tenus à aucune obligation particulière entre eux au sujet de leur union : le concubinage s’est crée sans formalité. La rupture interviendra sans formalité et aucune discussion ne pourra être poursuivie pour savoir lequel des deux est la cause de cette rupture.
A noter : une démarche, si vous étiez tous les deux locataires du même domicile : informer votre bailleur par LRAR de celui qui reste et de celui qui part ; pour ce dernier, il donne congé au bailleur pour ce qui le concerne, ce qui lui évitera ensuite d’être garant du paiement du loyer, si celui qui reste ne le payait plus.
Les problèmes existent seulement pour les couples qui ont eu ensemble des enfants, et qui parfois ont acquis leur maison.
Pour les enfants, la situation est la même que dans les divorces, et il est nécessaire de tracer un cadre de vos droits et obligations de parents vis-à-vis de vos enfants.
Ainsi il faudra soit vous mettre d’accord, soit faire trancher par le Juge aux Affaires Familiales, sur les points suivants :
- l’autorité parentale sur les enfants : elle sera conjointe si les deux parents ont reconnu leurs enfants ; elle sera, autrement, attribuée au seul qui les a reconnus ; la reconnaissance peut être effectuée maintenant si elle n’a pas été faite auparavant par l’un des parents.
- la résidence des enfants : chez quel parents vont-ils habiter ? soit chez l’un, soit chez l’autre, ou parfois chez les deux, en résidence alternée.
- Les droits de visite et d’hébergement : le parent chez lequel les enfants n’habitent pas pourra continuer à les voir et à s’en occuper, soit amiablement soit selon un cadre qui sera fixé par le Juge, en principe un week-end sur deux, et durant la moitié des vacances scolaires.
- La pension des enfants : chaque parent doit financièrement participer ; celui qui les héberge habituellement participe en les logeant, les nourrissant, les habillant, etc. ; l’autre devra apporter son aide et contribuer à l’éducation et l’entretien de ses enfants, durant leur minorité, mais aussi jusqu’à ce qu’ils ne soient plus à charge. Cette pension est fixée selon les besoins des enfants, en fonction des revenus et charges de chaque parent.
Pourquoi aller devant un Juge, si les parents se sont mis d’accord sur tous ces points,?
Sans décision du Juge, vous pouvez ultérieurement rencontrer des difficultés, dans les mois ou années suivants ; les aléas de la vie de chacun font que ce que vous avez décidé au départ ne sera peut être plus valable demain pour l’un ou l’autre. Quand un incident survient, comme par exemple le non paiement de la pension des enfants, ou le refus de remettre les enfants, le défaut de décision de justice vous empêche de réagir aussitôt ; porter plainte exigera, pour intervention, que vous montriez l’Ordonnance du Juge confirmant vos droits ou obligations.
Sans cette décision, votre accord étant remis en cause, vous m’aurez pas plus de droits de l’autre parent. Vous serez alors obligé de saisir le Juge, et vos droits seront fixés avec retard et au terme d’une longue discussion.
C’est pourquoi, même si vous étiez d’accord au départ, faites homologuer cet accord par le Juge et chacun disposera de la décision de justice, irrémédiablement applicable.
Elle ne pourra être modifiée qu’après un nouveau débat, si un élément nouveau est survenu depuis lors, la précédente restant applicable jusqu’à ce que la nouvelle intervienne.
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Plus complexe est la situation de règlement des biens que vous avez pu acheter durant votre union.
Pour le mobilier, leur répartition se fait généralement au moment du déménagement de celui qui part : il reprend ses affaires personnelles et les meubles qu’il avait avant le concubinage, ou qu’il a acheté pendant, à son seul nom ; l’autre garde donc ce qui lui appartient.
S’il existe des meubles acquis et payés ensemble, ils sont indivis et doivent être répartis équitablement.
Pour les dettes, chacun reprend celles qu’il a lui-même contractées ; si vous avez fait des prêts communs, ils doivent être également répartis.
Pour une maison, vous avez un acte d’achat qui détermine qui en est propriétaire.
Si vous avez acquis ensemble, vous êtes sans doute propriétaires indivis par moitié ou selon un autre pourcentage, selon les apports que chacun a pu faire. Vous vendez votre maison, vous soldez les emprunts communs et vous vous partagez le solde, selon votre pourcentage de « propriété ».
Si l’un veut garder seul cet immeuble : il va « acheter » la part de l’autre : ce sera normalement la même somme que celle résultant d’une vente, comme indiqué ci-dessus.Toutefois, il devra "désolidariser" l'autre des prêts communs qui ont été souscrit pour cet achat; il ne peut en effet rester garant des prêts concernant un immeuble qui ne plus appartiendra plus; c'est souvent difficile d'obtenir l'autorisation du banquier de laisser filer un de ses deux emprunteurs; soit vous donnez un autre garantie à la Banque, soit vous refinancez la totalité du solde du prêt (plus la part de l'autre) à votre seul nom.
Mais parfois, la situation est encore plus délicate, comme, par exemple, si l’immeuble a été rénové ou amélioré par les fonds de l’un, qui a donc investi beaucoup plus que l’autre : il doit en être tenu compte.
Cette situation complexe doit souvent être tranchée, compte tenu des difficultés qui opposent les concubins par le Tribunal (et non pas par le Juge aux Affaires Familiales qui s’est occupé des problèmes relatifs aux enfants). L’avocat est alors obligatoire.
Ce Tribunal intervient pour mettre fin à la situation d’indivision si l’un des deux le souhaite (malgré l’opposition de l’autre), pour définir les droits de chacun, et faire établir les comptes entre eux ; souvent, si l’opposition est majeure, comme un refus de vente générant une paralysie, un désaccord sur la valeur du prix de vente, par exemple, le Tribunal pourra ordonner la vente forcée de l’immeuble (c’est la « licitation »), en vente aux enchères, au Tribunal ou devant Notaire, sur une mise à prix déterminée ; c’est parfois le seul moyen pour mettre un terme à une obstruction, et pour partager le prix, ce qui est plus facile à réaliser que de partager un immeuble, surtout s’il est unique.
Le règlement d’une rupture de concubinage exige parfois une démarche similaire à celle des divorces, pour régler le sort des enfants et des biens ; seul, finalement, le motif de votre séparation n’intéresse pas la justice.


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