- ALLO, SHERLOCK HOLMES...-
C'est l'histoire d'un justiciable qui a commandé des travaux de chauffage à un entrepreneur recommandé par EDF, grand organisateur de réfections d'installations domestiques novatrices pour économiser l'énergie, et qui a obtenu illico le financement de la douloureuse par un partenaire financier offert (proposé) de ce grand groupe. Tout ne se passe pas comme prévu, puisque l'entrepreneur adoubé dépose son bilan avant d'avoir achevé l'ouvrage, laissant son client sans chauffage, mais n'oubliant pas, par quelque artifice, de faire débloquer le prêt et d'en encaisser le montant intégral.
Le client fait séance tenante un procès au liquidateur de feu l'entrepreneur, à l'assurance de ce dernier et y appelle l'organisme financier qui demande déjà paiement des échéances du prêt, comme si tout était normal. Le juge envoie un expert pour constater la catastrophe, qui confirme que le chauffage ne fonctionne pas, que le matériel n'est pas bon, que les travaux sont inachevés et que l'immeuble du client a été laissé à l'état de chantier de démolition, avec de trous béants dans les murs.
Bien qu'ayant avisé l'organisme financier, qui était d'ailleurs partie à l'expertise, qu'il allait faire annuler le contrat de travaux, le client reçoit des lettres indignées de cet organisme qui ne comprend pas pourquoi les échéances du prêt ne sont pas payées ; il répond, explique à nouveau la situation et le fait que les travaux ne sont pas achevés et ne les seront plus ; il reçoit pour réponse que le prêt sera suspendu jusqu'à la fin du procès. Ouf !
Sauf que peu après cette bonne nouvelle, le client commence à être harcelé de lettres de relance, puis de menaces, puis enfin de l'information de son inscription au Fichier de la Banque de France des incidents de paiements de prêts, le FICP.
Le juge est à nouveau saisi, pour qu'il suspende officiellement le prêt comme déjà accepté par le responsable de l'organisme prêteur et qu'il ordonne le défichage. Et là, devant le Juge, l'organisme financier jure sur ses grands dieux de la finance qu'il n'a jamais fait ficher le client, malgré ses précédentes correspondances indiquant le contraire. Report d'audience.
Là commence le besoin de recourir à un détective illustre.
Le client se transporte illico à la Banque de France, qui ouvre le grand parapluie de la confidentialité, avec l'impossibilité d'avoir des renseignements et encore moins de disposer de justificatifs : seul le juge pourrait avoir quelques informations ! Dans le creux de l'oreille on lui glisse cependant, après examen d'un écran secret, qu'il n'est pas fiché.
Et alors, ces lettres, c'était du bidon, de la pression psychologique ? La bonne nouvelle est l'absence de fichage... sauf que dans les jours précédents, le client avait reçu d'autres organismes financiers, gestionnaires des banales cartes de crédit des grandes enseignes de la consommation, des lettres l'avisant que, compte tenu d'un incident déclaré, ils entendaient mettre un terme à leurs concours et réclamaient restitution des cartes.
Le client n'avait avec eux aucun incident particulier et était parfaitement à jour ! La seule situation litigieuse était celle du prêt des travaux de chauffage, en cours de procès...
Bon alors, résumons : le seul à pouvoir ficher ne l'a pas fait ; aucun autre ne l'a fait, et confirmation est donnée par la gestionnaire du fichier que ça n'a pas été fait !!!
Question bête : comment ces autres organismes de crédit ont-ils pu avoir concomitamment connaissance d'un incident... qui n'aurait jamais été déclaré au FICP par leur seul confrère qui aurait eu la capacité de le faire ?
Pour que ces organismes réagissent ensemble, il a bien fallu qu'un incident soit déclaré quelque part ! Ils ont donc du consulter un fichier commun le mentionnant... Si ce n'est pas le FICP comme confirmé, quel autre fichier existerait en matière d'incidents de prêts ?
Dans la mesure où le FICP est le seul fichier national officiel, sous contrôle particulièrement strict et soumis à la plus grande confidentialité, quelle serait la caractéristique principale de tout autre fichier privé occulte interbancaire ? Sa totale illégalité, à l'évidence.
Cher SHERLOCK, pourriez vous enquêter sur la chose ?
Si quelques témoins peuvent apporter des informations complémentaires en annexe à ce billet, elles seront les bienvenues pour aider notre détective à résoudre cette énigme. Tous les indices seront précieux, tous les témoignages seront analysés.
La grande enquête est lancée.
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