Après la pitoyable affaire « Matvejević » à l'issue de laquelle le Président Josipović a nommé, comme représentant de la Croatie auprès de l'Organisation de la Francophonie le meilleur ami des pires ennemis du Président Sarkozy (voir l'article sur Vecernji list), Josipović se permet maintenant, à propos des roms, de donner des leçons de droits de l'Homme et de morale à la France et à son Président ! (voir l'article sur dnevno.hr)
Avant de prétendre analyser les raisons historiques, juridiques et morales de la politique française envers les roms, qui est parfaitement compatible avec l'Etat de droit et les règles européennes (la Roumanie ne fait pas partie de l'espace Schengen) le Président croate serait bien inspiré de commencer par respecter l'ordre constitutionnel du pays qu'il préside.
En déclarant qu'il dégraderait les généraux croates en cas de condamnation par le TPIY, Josipović oublie qu'une condamnation des généraux pour responsabilité de commandement et participation à une entreprise criminelle équivaut juridiquement à qualifier l'opération « Tempête » de crime de guerre. Cette opération constituant le fondement même de l'Etat croate moderne, c'est l'Etat lui-même, celui que préside actuellement Josipović, qui se retrouverait mis en cause comme Etat criminel. Dégrader les généraux, c'est dégrader l'Etat car l'oeuvre des généraux, quel qu'en ait été le prix, c'est la survie de l'Etat.
En accédant à la fonction présidentielle, Josipović doit porter et défendre cet héritage. Telle est sa responsabilité. Tel est aujourd'hui son échec. Avant d'envisager la dégradation des généraux, il était de la responsabilité du Président Josipović de transmettre à leur défense les journaux des observateurs de l'UE que le Conseil de l'Union Européenne, dans deux affaires actuellement en cours au Tribunal de l'UE (recours T-465/09 et T-63/10), affirme avoir transmis aux Etats majors concernés pendant la guerre. La transmission de ces documents par le Président Josipovic relevait non seulement de sa responsabilité de Président envers ses citoyens mais également de son obligation constitutionnelle envers le TPIY.
Au lieu d'assumer dignement sa fonction, le Président croate préfère donner des leçons aux autres.
Contrairement à la Croatie, la France n'a pas besoin de se battre quotidiennement contre des forces obscures qui, au sein même de l'Etat, luttent continuellement pour sa destruction. La France s'est débarassée de ses démons collaborateurs après la Libération. La Croatie les a tellement entretenus depuis 60 ans qu'ils se permettent aujourd'hui de critiquer ses rares amis.
La France n'a que faire des critiques d'un Président irresponsable, qui ne respecte ni l'Histoire, ni la morale de son propre pays et n'a, pour les siens, que l'ambition de la servilité à l'égard de ses voisins.


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