Feb
8

Assassinat d'Ivana Hodak : la police croate arrête... un marginal

  • By ivan.jurasinovic on
    (updated on )

- le 06 octobre 2008, quelques jours après l'extradition du général Zagorec et quelques jours avant le procès Jurasinovic / Mesic, l'assassinat d'Ivana Hodak avait horrifié l'opinion publique croate et profondément inquiété, à l'étranger, les observateurs attentifs de la "démocratie" croate, rongée par l'insécurité et les liaisons entre les structures de renseignements, le crime organisé et les milieux politiques au plus haut niveau. Le nouveau ministre de l'intérieur, Tomislav Karamarko, lui-même issu des services de renseignements et proche du parrain de la mafia, Hrvoje Petrac, nommé à ce poste au bénéfice du remaniement ministériel faisant suite à l'assassinat, avait alors annoncé une lutte sans merci contre le crime organisé. Les résultats sont là : l'enquête qui durait depuis 4 mois vient de permettre l'arrestation d'un ... marginal.


L'Histoire est la suivante : Mladen Šlogar Žila connaissait, dans les années 1990, l'Avocat Zvonimir Hodak, le père de la victime, lequel l'aurait profondément déçu à trois reprises par des promesses non tenues, en termes de défense maladroite de ses intérêts. Žila aurait alors décidé, il y a quinze ans déjà, de se venger. C'est ainsi que le 06 octobre 2008, Žila s'est dirigé vers l'appartement des Hodak, en plein coeur de Zagreb et, tombant fortuitement sur la fille de son ex-avocat, lui a tiré deux balles dans la tête.


Evidemment, personne n'y croit :


-> les témoins dans l'enquête s'accordaient tous pour décrire l'assassin comme un homme âgé d'environ 35 ans. Žila est deux fois plus âgé.

-> l'assassin aurait fortuitement reconnu la fille de son ex-avocat, âgée de 26 ans, alors qu'il ne l'avait pas vue depuis l'âge de 11 ans

-> le seul élément matériel permettant d'imputer les faits audit meurtrier est l'arme du crime retrouvée à son domicile et soigneusement conservée depuis 4 mois alors que n'importe quel amateur aurait commencé par s'en débarasser

-> l'arme identifiée comme étant l'arme du crime était un TT 7,62 f(abrication yougoslave). L'arme retrouvée chez Zeila est un Bereta 7,65

-> Karamarko, ministre de l'Intérieur doué d'extralucide, avait annoncé, dès sa prise de fonction, qu'il ne s'agissait pas d'un crime mafieux

-> Žila n'est d'emblée mis en examen que pour des faits de meurtre alors qu'il s'agit clairement d'un assassinat, selon la thèse même de la vengeance soutenue officiellement -> indice de l'existence d'un "deal" avec le parquet.


Le flamboyant résultat de cette enquête, enlisée depuis 4 mois et qui se termine en queue de poisson, ne vise qu'à détourner tous les regards du véritable problème : la lutte contre le crime organisé. Car, détrompez-vous, la mafia n'existe pas : il s'agit du crime crapuleux d'un pauvre SDF qui rumine sa vengeance depuis plus de 15 ans.


Bien entendu, cette fable ne convaint personne, même les médias croates, pourtant sous pression, ne manquant pas d'en souligner les incohérences. L'Union européenne ne sera pas dupe, à commencer par la France, que visitera sous peu le Premier ministre croate, Monsieur Ivo Sanader, lequel devra bien s'efforcer de trouver une explication plus pertinente pour, à défaut de convaincre, au moins tenter de ne pas se ridiculiser devant ses interlocuteurs.





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