iran (26)
L'Occident tente d'étouffer économiquement et médiatiquement l'IRAN dans l'espoir de supprimer son régime théocratique moderniste et non-aligné.
Tout y passe, y compris les méthodes les plus viles.
Les effets sont indiscutables, mais sur le fond les constats sont:
- l'industrie iranienne se renforce et la dévaluation du rial rend les produits iraniens à nouveau compétitifs,
- l'économie iranienne s'oriente vers l'Est qui l'accueille à bras ouverts,
Pour ce qui nous concerne nous perdons nos marchés et notre influence.
La prochaine voiture d'Iran Khodro ex Iran National ne sera sans doute pas française et les ouvriers de Peugeot n'ont pas fini de souffrir.
L'IRAN vend à prix réduit son pétrole à la Chine et à l'Inde qui nous exporteront des produits raffinés à prix cassés.Nous sauverons nos raffineries pour sur.
Mais félicitons-nous; nos relations avec les grandes démocraties de la région sont au beau-fixe.
Les autorités iraniennes se félicitent de la situation économique:
- progression annuelle de 4% du PIB en 2010 / 2011,
- la Bourse de Téhéran enregistre une hausse annuelle de 46% au 21 Octobre 2011,
- la fin des subventions aux produits de base a permis un recul de 5 % de la consommation de produits du pétrole; l'Iran est devenu autosuffisant,
- le chomage est en baisse légère à 11,1 %,
- les Chinois remplacent les Occidentaux; ex: Huawei est désormais le seul fournisseur en téléphonie et internet,
- les échanges se multiplient avec l'Inde, le Pakistan, la Turquie et s'accroissent avec l'Ukraine et l' Asie Centrale.
Gérard GUILLOT
AVANCEES VERS UN MARCHE COMMUN D'ASIE CENTRALE
Les membres de l'ECO, l'organisation de la coopération économique des pays de l'Asie Centrale, composée de ses 3 membres fondateurs, la Turquie, le Pakistan et l'Iran, auxquels se sont ajoutés en 1995 l'Afghanistan, l'Azerbaidjan, le Kazakhstan, la Kirghizie, le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Ouzbekistan, ont décidé l'unification de leurs systèmes douaniers.
Ils ont lancé la route ferroviaire Bandar-abbas/Almaty, longue de 3756 km, capable de transporter 2 millions de tonnes annuellement.
Cette desserte, combinée à des oléoducs, permettra aux Etats d'Asie Centrale de commercer par la voie maritime avec le reste du monde.
Gérard GUILLOT
Un Iranien devenu pasteur protestant a été condamné à mort pour apostasie.
Il a cependant 3 jours pour réintégrer l'Islam parce qu'il n'a pas pu être démontré qu'il avait jamais eu une pratique musulmane personnelle. Il n'était que de tradition nationale musulmane par ses parents.
Tout Iranien est réputé musulman s'il ne relève pas légitimement d'une minorité religieuse reconnue.
Ce crime d'apostasie existe dans tous les pays musulmans qui placent la sharia en source principale de législation.
Il emporte diverses conséquences outre les sanctions pénales telles la privation des droits successoraux, la non-reconnaissance d'enfant, entre autres joyeusetés.
On entend peu de protestations sur ces points qui violent nombre de conventions internationales signées par les Etats islamiques.
Le régime iranien se rappelle bien comment il est arrivé au pouvoir : mise à bas d'un pouvoir autocratique laîc par revendication démocratique.
Ce scenario peut se reproduire en Tunisie, en Egypte, en Lybie et peut-être en Syrie.
Les Occidentaux, pouvoirs comme intellectuels, ne tolèrent l'autocratie que lorsqu'elle est soumise à l'Occident et à ses appétits en matières premières.
On a encore vu l'absence de tout soutien aux femmes séoudiennes, l'encouragementà l'écrasement de la revendication bahreinienne.
Il est donc logique que les peuples arabes ayant une revendication islamique et/ou nationaliste se tournent vers l' Iran qui met en application ces principes depuis 30 ans.
Ceci explique l'activisme des Etats-Unis et de leurs affidés contre l'Iran qui est moins une menace par ses armes que par son idéologie.
A voir dans quelques mois où l'on en sera.
Depuis 6 semaines nombre de boutiquiers font grêve à Téhéran pour obtenir le retrait de la mise en application de la TVA.
Cette mesure avait déja été suspendue il y a un an.
Il est vrai qu'elle est révolutionnaire par ce qu'elle implique en fixation des prix, comptabilité, fiscalité, en deux mots formalisme et controle.
M. Ahmadinejad poursuit sa campagne de vérité des prix.
Son abolition des subsides aux produits de base a été une réussite.
Parviendra-t-il à faire plier les bazari , principaux soutiens du régime?
L'épreuve de force est en cours!
Le pouvoir iranien jette de l'huile sur le feu: fusées spatiales, missiles longue portée, centrifugeuses nouvelle génération, bateaux de guerre à Suez et dans l'Atlantique.
Naturellement la France crie, les Etats-Unis serrent, l'Europe suit.
L'IRAN poursuit sa réorientation à l'Est et s'isole de l'Ouest attendant que les " révolutions " arabes liquident les régimes laics ( Tunisie, Egypte, Syrie, Yemen ) et accouchent d'une prise de pouvoir islamique.
Finalement 2011 peut répéter 1979 !
Le pouvoir à Téhéran se réjouit de tout celà et étouffe toute opposition progressiste, a fortiori laique.
Par le Conseil des Gardiens on interdira toute candidature réformiste aux prochaines élections.
Grace au pétrole, l'économie iranienne se nationalise de plus en plus et ne va pas plus mal que les autres.
Pour le reste Chine, Russie, Inde, Turquie sont là.
La guerre avec l'Irak avait été poursuivie à des fins d'unité nationale.
L'accès au nucléaire rassemble le peuple derrière un régime religieux qui déclare lutter contre des Etats oppressifs et coloniaux.
Malgré les secousses évoquées antérieurement qui peuvent donner une impression de démocratie interne, les religieux sont heureux.
Qui peut se frotter les mains aujourd'hui?
IRAN, ça vibre au sommet!!!
Les religieux contestent les nationalistes.
Les partisans de l'absolutisme religieux sont entrés en conflit avec les "républicains" nationalistes.
Il est certain que la double voie du chef religieux élu par l'Oumma et de la démocratie électorale peut entrainer des conflits d'objectifs ou d'action.
On avait eu l'exemple de BANI-SADR; AHMADINEJAD est sur un siège éjectable...
Sera-t-il éjecté?
Le régime survivra-t-il?
Les Américains sapent et espèrent un islamisme modéré, tendance verte, mais la double légitimité a-t-elle un avenir dans une société moderne comme la société iranienne?
Les Etats membres de l'Organisation de Coopération Economique sont déterminés à améliorer leurs relations et former un ensemble économique privilégié.
Il a été notamment décidé de relier Téhéran au Kazakhstan en créant une ligne de Gonbad-e-Kavous au réseau kazakh par le Turkménistan.
On a lancé le projet en IRAN sur 90 km en franchissant le mur d'Alexandre en direction du Turkménistan. L'Iran aidera à construire 300 km de voies chez son voisin.
Dès lors Bandar Abbas sera relié par Bafgh et Gorgan au Kazakhstan et au delà la Chine par Almaty et Ouroumshi et la Russie centrale.
On peut imaginer une branche reliant plus tard cette ligne à Ourgentch et Tachkent..
Ces liaisons intéressent fortement les Emirats Arabes Unis pour l'accès à l'Asie centrale.
GERARD GUILLOT
Le refus de se soumettre à des contrôles conduit l'IRAN à l'isolement complet de l'Ouest.
L'opposition verte a échoué alors que sa différence essentielle portait sur cette question.
Ceci conduit à un renversement des relations industrielles et commerciales ( Chine, Turquie ), un renchérissement des produits importés et un développement autonome en des secteurs de pointe.
Cette position idéologique est assez absurde dès lors que l'objectif n'est pas la bombe nucléaire.
L'IRAN islamique pourrait avoir une position beaucoup plus forte en prônant le désarmement nucléaire total et la défense des droits des Palestiniens.
Lorsque l'on constate l'abstention chinoise et russe dans le dossier lybien, il n'est pas certain que le jeu iranien soit gagnant car la CHINE a besoin de l'Occident.
L'IRAN fournira du gaz à la SYRIE par un oléoduc passant par la TURQUIE.
Un projet plus important d'oléoduc reliant les champs gaziers de Pars Sud et Assalouyeh à la mer Méditerranée par l'IRAK, la SYRIE et le LIBAN est lancé.
La coopération gazière et économique en général des 4 grands Etats de la région se renforce.
Le 15 Mars, fête du feu; le 21 Mars, l'An Neuf; fêtes favorites des Iraniens et plus encore de ceux qui rêvent ou ambitionnent un retour à des valeurs traditionnelles de l'IRAN ou rejettent la théocratie islamique.
Les autorités et notamment les autorités judiciaires ont averti qu'aucun débordement ne serait toléré!
A voir s'il y aura plus que des pétards, des lentilles et des poissons rouges.
IRAN : L'APARTHEID SEXUEL
La théocratie iranienne estime que la mixité est une valeur de l' « Occident » qui entraine la corruption des moeurs.
Elle souhaite la séparation des sexes dans la vie sociale.
Plages séparées, voitures de métro et trains distincts, femmes au fond des bus, taxis pour femmes etc...
Un ministre vient de réclamer la séparation des sexes à l'université.
Demain, il sera sans doute prôné des entreprises de femmes, des rues pour femmes...
Cette société iranienne est un mélange de modernisme et de puritanisme.
Les femmes conduisent, étudient, travaillent. On est loin de l'Arabie Saoudite et de nombre de sociétés musulmanes où la femme est réduite à la procréation et au ménage.
On pourrait aussi prôner une Présidente de la République distincte, une Première Religieuse, des conductrices de prière pour les femmes etc...
Peut-être un pays d'hommes et un pays de femmes, les filles élevées par les femmes, les garçons par les hommes.
Fascinant ! Déprimant !
IRAN - EMIRATS : LA QUESTION DES ILES ARTIFICIELLES
Les Émirats, en particulier DUBAI, ont construit des îles artificielles au large de leurs côtes.
Les Iraniens s'en émeuvent.
Non seulement parce que ces ilots peuvent modifier les fonds marins, les courants, les espèces, mais également parce qu'ils vont rendre encore plus ardue la solution de l'appartenance des îles Tomb contestées entre les deux États.
En effet, aux termes de la loi internationale, la limite territoriale est fixée à 12 miles nautiques depuis la côte.
Les îles artificielles, créées d'ailleurs peut-être en contradiction avec la loi internationale, repoussent la souveraineté des Émirats en créant un nouveau point de départ.
Or, certaines des îles contestées sont désormais en deçà de cette possible nouvelle limite territoriale.
La question des îles Tomb est rendue encore plus délicate à régler.
IRAN : BANDARABBAS MOSCOU
L'Iran, l'Azerbaidjan et la Russie, viennent de signer des accords aux fins de relier Moscou à Bandar Abbas par Bakou, Astara, Rasht et Téhéran par chemin de fer.
En particulier un lien frontalier doit être établi à Astara sur la Mer Caspienne et une ligne créée entre Astara, Rasht, Kazvin et Téhéran.
Le rêve des mers du Sud de la Russie prend corps.
Une liaison sur l'Europe se réouvre à l'Iran après que la crise entre l'Arménie et l'Azerbaijan a fait disparaitre la liaison toujours délicate par Djoulfa.
L'Iran cherche également à créer une ligne permettant de relier soit Bandar Abbas, soit le Sistan au Turkmenistan et donc l'Ouzbekistan et le Kazakhstan.
Bandar Abbas et ses iles pourraient devenir dans 15 ans le principal port du Moyen Orient avec un formidable hinterland.
Les dirigeants de la République Islamique d'IRAN observent avec intérêt ( et discrétion à ce jour ) les révolutions tunisienne et égyptienne:
Les régimes laïcs hostiles à l'islamisme s'effondrent.
La structure constitutionnelle iranienne du guide religieux et du président de la république élu par le peuple sera bientôt proposée à chacun.
L'IRAN, qui a toujours soigné les " peuples " musulmans et montré sa détermination à lutter contre l'emprise occidentale et la colonisation de la Palestine, reprend la main.
En Iran comme en Chine, on constate qu'il peut y avoir des divergences au sein du parti unique ou de la théocratie et cela est normal dès lors qu'il n'y a pas dictature d'un homme, mais d'une classe ou d'une religion.
il convient de rappeler qu'en Iran les adversaires électoraux du Président réélu étaient tous membres du principal organe politique du régime, le Conseil de Conciliation (Expediency Council), organe chargé du règlement des divergences entre le Conseil des Gardiens (Conseil Constitutionnel en charge de faire respecter la Constitution et la Sharia) et le Parlement.
Le Président s'insurge aujourd'hui contre une volonté expansionniste du Parlement qui voudrait étendre ses prérogatives sur divers domaines de l'exécutif.
De vifs échanges ont lieu actuellement entre les 3 pouvoirs à propos de la désignation et du contrôle du Directeur de la Banque Centrale.
Le Président exige qu'il reste sous son autorité et que le Parlement, comme le chef du Judiciaire, n'interviennent pas.
Je conseille pour votre reflexion d'excellents articles paraissant ce jour dans le FIGARO télématique:
- 2articles de M.MALBRUNOT sur la situation intérieure;
- 1 article de M. NICOULLAUD, ancien ambassadeur de France à Téhéran, consacré aux négociations nucléaires en cours;
J'ajouterai que la révolution démocratique tunisienne interpelle les hiérarques:
les jeunes iraniens sont éduqués et en recherche d'emplois, les jeunes iraniennes sont majoritaires à l'université et pleines de fougue...mais rien n'est reproché à l'épouse du Président!
Washington multiplie les actions internes et externes visant à empêcher ou limiter les transactions financières avec l'IRAN.
les groupements VISA et MASTERCARD, sous domination américaine, ont depuis longtemps interdit l'échange.
Après avoir fait pression sur les banques occidentales pour restreindre tout nouvel investissement en IRAN, les ETATS UNIS ont contraint DUBAI, poumon des transactions avec l'IRAN, à limiter ses opérations.
En dernière date, les ETATS-UNIS interviennent auprès des chambres de compensation bancaires pour empêcher les paiements de pétrole et de gaz iraniens. En effet les ventes de ces produits procurent à l'IRAN la finance pour développer les bien-connues armes de destruction massive.
Finalement M. OBAMA est bien le successeur de M. BUSH
LEGAL INFORMATION SERVICE de PARS ASSOCIATES des 2 et 9 Mordad 1387 :
Le 18 Mai 2008 le Parlement iranien a approuvé l'adhésion de l'Iran à la Convention des Nations Unies sur l'immunité des Etats et de leurs biens du 2 Décembre 2004 . Le Conseil des Gardiens n'a pas fait objection et le gouvernement a été autorisé à la ratifier.
En ce qui concerne le dispositif de règlement des conflits organisé par l'article 27 de la convention, le Parlement iranien n'a accepté la soumission du conflit non résolu par la négociation à l'arbitrage ou à la Cour internationale de Justice qu'en cas d'accord conforme de toutes les autres parties au différend
