avocat de la cité (3)
DARROIS : A bas l'avocat de proximité
Vive la grande surface !
Le rapport DARROIS est là.
On ne peut pas dire qu'il brille par une défense de l'avocat de proximité.
Rien ne permet à l'avocat de proximité de survivre :
- rien sur la TVA
- rien sur l'article 700 CPC
- rien sur le de quota litis
- peu sur l'exécution d'honoraire.
Mais vive la grande surface.
Je ne suis pas sur que le consommateur, la veuve, l'orphelin en un mot le pauvre, le modeste, y gagne.
Nous aurons donc
- pour les affaires : les grands cabinets de préférence big (ou fat) d'avocats comptables
- pour l'immobilier et les successions avec le divorce simplifié : les notaires
- pour le pénal d'urgence et le « petit pénal » : les avocats employés par l'Ordre
- pour le contentieux civil : les assurances, les banques et entreprises qui y pourvoiront car rien ne leur interdit de limiter au maximum les contentieux et de dire à leurs clients de se présenter seuls sur un dossier préparé par eux
- pour le reste : les structures d'avocats hyper spécialisés (seule façon de gagner sa vie malgré le pressurage) feront de l'abattage.
Adieu le contact, la psychologie.
Et quant aux affaires pénales un peu importantes, le consommateur devra se saigner aux 4 veines, mais c'est le pénal avec un avocat présent à la première heure en investigateur, enquêteur, défenseur...alors on doit mettre les moyens, n'est ce pas !
Ça sent bien le capitalisme sans morale qu'on disait « d'antan » mais la profession d'avocat a toujours été d'avant garde !
Pour les autres :
ils peuvent toujours être agents de joueurs ou agents d'influence (oh pardon : lobbyistes) et garder le titre d'avocat si précieux, souvenir des temps anciens !
Je remercie les Confrères qui m'ont donné leurs voix.
Je pense que les thèmes que j'ai évoqués sur la survie de l'avocat de proximité et l'amélioration du role de la défense dans les procédures d'enquêtes préliminaires, restent de brûlante actualité. Je n'aurai pas la possibilité de les faire valoir moi-même, mais je soutiendrai tout élu qui en fera ses lignes d'action.
Pour ma part, je retourne aux affaires iraniennes; les conceptions de M. OBAMA, les proches élections en IRAN, les souhaits de la population iranienne d'une libéralisation économique, l'optimisme de mes associés à TEHERAN, m'y portent.
A bientôt à TEHERAN ou ailleurs....
GERARD GUILLOT avec JEAN BALAN
À l'écoute des avocats, du petit comme du grand
A 62 ans, ayant étudié et pratiqué le droit en Pologne, Allemagne, Grande- Bretagne, Iran et France, je suis aujourd'hui plus soucieux de l'avenir des jeunes avocats et du barreau de proximité que de faire carrière.
Lorsque j'observe la situation actuelle, je constate qu'à ce jour peu a été fait pour que le conseil et la défense de l'individu vis à vis du corps social soient sérieusement assurés malgré des déclarations de principe.
Pensons qu'un avocat au tarif UJA est assujetti à la TVA à 19,6 % après un an.
Pensons qu'un avocat à 50.000 euros d'honoraires paye la même prime d'assurance que celui à un million d'honoraires.
Pensons que l'article 27 de la Convention Collective des avocats, détruit l'emploi et mine les cabinets.
Pensons qu'aucune formation télématique pour faciliter les procédures n'a été proposée à ce jour.
Pensons que rien n'a été examiné au regard du pacte de quota litis pour permettre sur les longs dossiers une rémunération de l'avocat sans ruiner le client.
Pensons qu'aucun article 700 CPC minimum à la charge du perdant n'a été fixé pour permettre une prévisibilité du coût du procès.
Aujourd'hui,
peu satisfait des conditions financières de la profession, de la taxation des honoraires, de la démocratie à l'Ordre, des procédures de déontologie et de discipline, des techniques obsolètes de représentation,
je souhaite promouvoir la défense de proximité, élément nécessaire à la protection de la personne humaine dans une société mondialisée et fichée.
Cela passe par l'amélioration des conditions d'activité de l'avocat et l'assurance d'un Ordre qui le défend.
Cela passe par des élus peu soucieux de médailles et de rangs d'hermine, mais défenseurs de l'ordre démocratique, de la séparation de la promotion (le Bâtonnier) et de la sanction (le Conseil de discipline), et respectueux d'une charte de l'élu.
Cela passe par des méthodes modernes car la défense de la personne est nécessairement coûteuse en temps et donc en argent.
Cela passe par la définition d'un pacte de quota litis acceptable et des conditions de fonctionnement et rémunération dignes.
J'ai trouvé ces mêmes ambitions chez Jean BALAN qui se présente au Bâtonnat:
Je me présente au Conseil de l'Ordre aux fins de permettre à l'avocat de la cité d'agir au bénéfice du justiciable et donc de chacun de nous.
Ce combat nécessaire je le mène avec Marc BORNHAUSER, Sarah BARUK et Najoua BOSSARD
Gérard GUILLOT
Avocat libre d'association agréée
et respectueux du secret professionnel
