Il sera pour longtemps impossible de gloser sur cette période ; tout est cadenassé, les esprits comme les écrits. La balance a définitivement penché, la justice est passée, la même, rendue par les mêmes magistrats qui avaient préalablement prêté serment.....au Maréchal Pétain. Certain Procureur Général est sorti tout noir dans sa robe rouge, mais qu'importe, la vérité est inattaquable. Et tous les commentaires vengeurs, toutes les vertus indignées sont là, en masse, pour foudroyer le contrevenant. Aucun argument ne peut prospérer, aujourd'hui voudrait dire hier. Alors, pourquoi ressasser ces histoires, cher monsieur, en un mot, allez vous faire lanlaire sur le sujet. De Gaulle avait une occasion douloureuse de ne pas en ouvrir la boîte, il ne l'a pas fait, laissant flatuler doucement la France dans une expectative frileuse. Regrettant peut-être aujourd'hui, ou s'en réjouissant, d'avoir fait de ce pays, pour longtemps, celui où il est dangereux de penser, au nom même de la liberté muselée par une mauvaise loi, de mauvais acteurs persistent à jouer sans arrêt la même pièce, alors que le public est parti depuis longtemps.
Vichy 27. Note du maréchal Pétain du 11 août 1944 sur la condamnation à mort du général de Gaulle
Dans une note manuscrite rédigée le 11 août 1944, reproduite par Louis Noguères, dans son ouvrage « Le véritable procès du maréchal Pétain », précité, page 647, le maréchal Pétain, ajustant sa théorie du bouclier, avait cherché à s'expliquer par un plaidoyer assez misérable, qui établit surtout son implication personnelle dans les secondes poursuites engagées contre Charles de Gaulle :
« Le jugement du général de Gaulle s'est imposé :
« 1°. – Par une nécessité de discipline militaire ;
« 2°. – Comme valeur d'exemple afin d'arrêter un mouvement d'exode d'officiers français vers l'étranger ;
« 3°. – Il est évident que ce jugement par contumace ne peut être que de principe. Il n'a jamais été dans ma pensée de lui donner suite ;
« 4°. – Je suis prêt, au contraire, à m'associer aux actes qui faciliteront le retour de l'ordre en France et l'union des cœurs de tous les Français.
* * *
Charles de Gaulle accordera sa grâce au Maréchal Pétain, et la refusera à Pierre Laval. Et dans ses Mémoires, il impute la responsabilité de la condamnation au ministre de la Justice Raphael Alibert, alors qu'elle résulte d'un initiative politique du Maréchal Pétain, que celui-ci reconnaît.


Derniers commentaires