Le MBA de Rachida Dati est faux, et en voici la preuve. Mais la preuve de quoi ? Si l'on accuse, autant essayer d'être précis.
Quel est donc le document publié par le Canard enchaîné ? C'est l'extrait d'un CV qui indique, pour l'année 1993, «M.B.A. du groupe H.E.C.» avec la mention «ancienne élève de l'Institut supérieur des affaires».
Et tout le monde sait que Rachida Dati n'est pas titulaire de ce diplôme ! D'où le drame absolu. Et on voit déjà poindre l'argumentaire : « Bien sûr elle n'avait pas besoin de ce diplôme pour intégrer l'Ecole de magistrature ; bien sûr, ce n'est pas en soi, si grave ; mais celui qui a menti mentira, et donc, finalement ça devient très très grave car nos ministres doivent être irréprochables. C'est une tâche qui pèsera hélas sur l'autorité des décisions que vous devrez prendre. Donc, chère Madame, imaginez l'immense avantage que vous auriez en mettant votre conscience en paix par... »
Bon. Les coups de fils peu sympathiques adressés aux rédactions ont accrédité que l'affaire était d'importance. De qui se moque t-ton ?
Ce qu'a publié Le Canard enchaîné c'est une formule ambiguë, portée dans un CV, comme on en voit très souvent, expliquant que le candidat s'est inscrit à une formation qu'il n'a pas conduit à son terme. Et c'est tout. Quel employeur n'a jamais reçu un Cv avec une mention « niveau Bac » ? La République tremble !
Celui qui étudie le CV n'en a absolument rien à faire, dans la mesure où la seule chose qui l'intéresse, ce sont les pièces jointes. Imagine-t-on que l'Ecole de Magistrature recrute « sur titre », à la seule vue du CV, et sans examiner les pièces ?
Dès lors la question est simple, et se dédouble.
1. Rachida Dati avait-elle joint un faux diplôme ? Non.
2. A-t-elle, ce qui semble être l'accusation sous-jacente, utilisé ses relations pour obtenir indûment le précieux diplôme ? Non.
Que reste-t-il ? Une mention, plus maladroite qu'ambiguë, dans un CV, et aucune pièce permettant de parler de « faux diplôme ». Le flop total ! L'étudiante Rachida Dati aurait pu mieux écrire cette ligne sur son CV, en indiquant qu'elle avait seulement suivi les cours de ce MBA. Delà à en faire un scandale national...
Les raisons sont ailleurs : cette femme dérange. Et beaucoup de monde.
Beaucoup des projets en cours en matière de justice, nourri de conservatisme et de souci répressif, me déplaisent fortement : récidive, délinquance sexuelle, dépénalisation de la vie des affaires, politique pénale, ... de même je déplore le silence du garde des sceaux sur l'ADN et la politique de l'immigration, à la saveur de l'identité nationale. C'est une politique à combattre.
Mais cette chasse à la femme est odieuse. Qui veut voir Rachida Dati enchaînée ?
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