presse liberté information (1)

sept.
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LE "QUATRIEME POUVOIR" EN VOIE D'EXTINCTION ? ( semaine 39)

  • Par gaelle.juillerat le

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » article 11 de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789


Des journalistes qui se voient interdire l'accès à une réunion tenue par une personne publique : cette scène ne se déroule pas dans un pays où règnerait un dictateur honni mais chez nous, en France. Anecdote sans conséquence ou signe révélateur des atteintes portées par le pouvoir politique à la liberté d'expression de la presse ?


Certains pourraient penser que je fais allusion à l'interdiction faite à la presse par le Président du Sénat de couvrir la visite du Dalaï lama dans ses murs au courant du mois d'août 2008. Non, en fait, il s'agit d'un incident survenu à Privas en Ardèche et relayé par certains médias.

Ainsi, le 11 septembre 2008, le Préfet de l'Ardèche, Monsieur Claude Valleix, a organisé une conférence de presse afin de faire le point sur l'alerte orange mise en place par Météo France, et ce suite aux inondations qui ont frappé la région et aux dégâts provoqués par les derniers orages. Une vingtaine de journalistes étaient invités à l'exception de ceux de France Bleu. Ces derniers décident néanmoins de s'y rendre mais l'accès leur en est interdit par les services de la préfecture puis par le Préfet en personne, invité à venir s'expliquer. Finalement sur intervention du président PS du conseil général de l'Ardèche, qui assiste à la réunion, le rédacteur en chef de France Bleu est autorisé à assister à la réunion, mais sans le collègue qui l'accompagnait. Et la réunion commence par les propos suivants du Préfet Valleix : « "Il y a de bons et de mauvais journalistes, ceux qui mentent et ceux qui disent la vérité". ....

Cette phrase a provoqué un drôle d'écho en moi car il me semblait déjà avoir lu de tels propos dans un autre journal. Je me précipite sur l'exemplaire du courrier international que je lisais le matin même et retrouve le passage recherché. Je pouvais y lire les déclarations d'un autre homme politique : « Quand des journalistes mentent cela m'offense profondément pas seulement parce que je ne suis pas d'accord mais parce que les gens lisent ce qui est écrit ». Qui a tenu ses propos ? Je vous le donne en mille ...le Président dictateur Biélorusse LOUKACHENKO . Il est des parallèles assez surprenants et franchement inquiétants.


Le projet de loi sur le futur de la télévision publique devant être discuté le mois prochain en conseil des ministres, et ensuite débattu au Parlement en principe à partir du 18 novembre 2008, il m'a semblé important de rappeler ici la fragilité de la « presse » - entendue dans un sens large, à savoir tous les moyens d'information - et sa nécessaire protection afin qu'elle puisse travailler en toute indépendance. Le directeur général de l'Unesco, Monsieur Koïchiro Matsuura a d'ailleurs déclaré à la conférence organisée à Maputo au Mozambique à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse « L'information est l'âme de tout système politique », Il a ajouté qu'une citoyenneté bien informée était essentielle au développement de la bonne gouvernance, à la lutte contre la corruption et au combat contre la pauvreté. Cette conférence a donné lieu à la « Déclaration de Maputo » qui souligne l'importance d'avoir des gouvernements ouverts, transparents, responsables et qui permettent l'accès du public à l'information.


Cela peut sembler une évidence, et j'aimerais que cela en reste une.

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