Tout à chacun peut citer l'exemple d'une personne qui inlassablement répète la même anecdote à telle ou telle occasion et de se souvenir du sourire poli et condescendant qu'on a collé sur ses lèvres, en pensant, « ça y est, il remet ça ... » Et bien, le Président de notre République ne nous épargne pas de tels procédés afin de tenter de faire passer ses messages. Parfois, le comique peut provenir de la répétition ; mais dans ce cas, c'est tellement pathétique que le rire reste coincé dans la gorge.
Sur le site internet d'arrêt sur images, vous pouvez retrouver un très intéressant papier relatif au gag à répétition du Président. Ainsi, ce dernier nous raconte comment il a découvert – presque par hasard- en se promenant sur les Champs Elysées que le dimanche, les magasins situés sur le trottoir de droite (en montant l'avenue) étaient ouverts et ceux de gauche étaient fermés car sur le trottoir de droite on pouvait travailler le dimache tandis que sur celui de gauche non. L'exposé est ponctué de petits silences afin de permettre à la foule – en délire – de rire, car ces propos seraient d'un comique et de mimiques – en fait il semblerait que ce soient des tics (ou T.O.C. , trouble obsessionnel compulsif) . Mais n'a pas le talent de Devos qui veut.
Mais le problème c'est que les propos du Président sont totalement inexacts !
En réalité, les deux côtés du trottoir des Champs Elysées sont classés en zone touristique et donc à ce titre certains commerces peuvent ouvrir le dimanche, tels que les bars, les restaurants, et ceux liés à la culture, aux loisirs et au tourisme, s'ils en font la demande.
Or il apparaît que l'anecdote censée être hilarante vient de l'affaire « Vuitton » , magasin qui avait ouvert une succursale sur les Champs Elysées et qui avait obtenu une autorisation préfectorale pour ouvrir le dimanche. Des syndicats avaient saisi le Tribunal administratif afin de solliciter l'annulation de cette décision préfectorale. Il avait été fait droit à leur demande en 2006 mais en 2007 la cour administrative de Paris a infirmé ce jugement.
Est-il besoin de rappeler que la magasin Vuitton fait parti du groupe LVMH, appartenant à Bernard Arnault, excellent ami du Président et son témoin à son deuxième mariage ?
En fait le magasin Vuitton avait, de manière fort habile il faut le reconnaître, mis en avant le côté culturel de son échoppe. Ainsi, Vuitton se targuait de pouvoir proposer à ses visiteurs une promenade en spirale où chaque recoin recelait une découverte artistique : des malles frappées du monogramme datant du XIX ème siècle au rez-de-chaussée, une espace d'expositions temporaires de 400 mètres carrés au septième étage, et une petite librairie. Et voilà le magasin estampillé « espace culturel » lui permettant ainsi d'obtenir la clef lui offrant le droit d'ouvrir le dimanche. Et comme l'a si bien titré la CFTC dans son communiqué de presse : « Louis VUITTON Champs -Elysée, la culture en malle », a pu ainsi ouvrir ses portes le dimanche.
Il serait intéressant que l'on prenne le magasin de luxe a son propre jeu en organisant des visites en groupes – bien bruyants – de ce haut lieu culturel. J'aimerais bien voir la tête des agents de sécurité submergés par des classes de charmants bambins venus visiter les lieux avec leur professeur ( d'histoire ? de dessin ? )
Il semblerait que la saga judiciaire ne soit pas terminée car un recours devant le Conseil d'Etat serait pendant.
Si l'on met en parallèle cette méthode présidentielle avec la volonté du gouvernement de créer une chaîne d'Etat où ses décisions seraient présentées de manière pédagogique, il y a de quoi avoir des frissons. Tout cela alors que la conférence européenne sur l'intégration a choisi Vichy comme lieu de ses débats. On dit que l'histoire ne se répète pas, ... mais elle a tendance à bégayer !
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