Si le film de Claude ZIDI, avec notamment les comédiens Louis de Funès et Coluche « L'aile ou la cuisse » traitait avec humour et légèreté le thème de la mal bouffe, les nouvelles de la semaine à ce sujet laissent plutôt un goût amer dans la bouche.
Ainsi, les médias se sont faits l'écho de la « découverte » de mélamine - sa formule chimique brute est C3H6N6. - dans le lait et produits dérivés du lait (glaces, yaourts...) chinois. Mais comment un tel produit a pu se retrouver dans le lait alors qu'il a été initialement utilisé dans la fabrication de meubles commercialisés sous le nom Formica®, compte tenu de ses propriétés exceptionnelles de résistance à la chaleur, à la lumière, aux produits chimiques, à l'abrasion et au feu ? En fait, depuis le début des années 1990, principalement en Chine, la mélamine aurait couramment été ajoutée aux aliments destinés aux animaux (bétail, voire animaux de compagnie) afin de les vendre plus cher, la mélamine provoquant une importante augmentation de leur teneur en protéines apparente, et tout cela pour coût réduit ... ! Mais la mélamine provoque également, dans certaines conditions, un blocage des fonctions rénales, suite à la formation de cristaux (calculs rénaux) , pouvant entraîner le décès de la personne ayant absorbé ce produit.
Si aujourd'hui le scandale est géographiquement situé en Chine, il convient de rappeler qu'en mars 2007, un premier scandale agro-alimentaire a fait connaître ce fait en Amérique du Nord, étant précisé que ce scandale était circonscrit à de la nourriture animale. A cette époque, une centaine de marques de nourriture animale contenant du gluten de blé contaminé par de la mélamine –adjuvant interdit aux Etats-Unis- , ont retiré leurs produits du marché.
Pour en revenir à la Chine, c'est au mois de mai 2008 qu'a été signalé le premier décès de nourrissons, étant précisé que de nombreux autres sont tombés malades - après qu'ils aient absorbé du lait maternisé frelaté, auquel avait été ajouté de la mélamine, afin de le faire apparaître plus riche en protéines (lait notamment commercialisé par le géant laitier chinois Sanlu ). La « trêve olympique » et les engagements des autorités chinoises de mettre tout en oeuvre afin d'assurer une nourriture saine (voir le très intéressant cahier spécial Science et vie sur la face cachée des jeux olympiques) ont permis de mettre ce problème entre parenthèses quelques temps mais il a ressurgi avec plus de violence au début du mois de septembre 2008. A noter que les autorités chinoises ont reconnu que deux des compagnies laitières incriminées dans le scandale exportaient leurs produits (vers le Burundi, Gabon, Bangladesh, Birmanie et Yémen). Ce scandale agro alimentaire n'est pas sans rappeler celui de la « vache folle » apparu dans les années 1990. A cette occasion nous avons pu découvrir que les bovins destinés à la consommation n'étaient pas nourris uniquement d'herbe et de végétaux, mais aussi avec des compléments alimentaires d'origine minérale, de synthèse ou animale ... ces manipulations de notre nourriture sont plus qu'inquiétantes et ne peuvent qu'inciter à une opposition ferme et farouche, nécessitant une vigilance de tous les instants.
Petite touche d'optimisme, le tribunal correctionnel de Carcassonne a relaxé le 17 septembre 2008 les militants anti OGM, dont la tête de prou José Bové, poursuivis pour avoir pénétré dans les hangars de la société Monsanto à Trèbes (Aude), près de Carcassonne, en forçant des portes ou escaladant des grillages afin d'y rechercher des semences transgéniques. Il est vrai que le procureur de la République avait requis des peines modérées à l'encontre de chacun des militants (amende dont une grande partie avec sursis). A la suite de cette décision, Monsanto a fait part de "son incompréhension et son exaspération", en estimant que les faits jugés étaient "particulièrement violents et clairement délictueux"...
Si votre moral n'est toujours pas remonté après cette info, vous pouvez aller sur le site http://www.la-vache-folle.com/jose.html et jouer avec José Bové
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