oct.
17

SI PROCHE, SI LOIN OU ... SI LOIN, SI PROCHE ? (semaine 42)

  • Par gaelle.juillerat le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

Cela se passe tout près de chez nous, de l'autre côté des Alpes , plus précisément en Italie, dans la région de Naples. Mais les faits relatés nous laissent à penser que cela ne peut se passer dans un pays faisant partie de la communauté européenne et considéré comme ayant un régime politique démocratique.


Roberto Saviano est un écrivain italien. Certainement son livre , « Gomorra » qui a fait l'objet d'un film ayant reçu le Grand Prix du dernier festival de Cannes, est plus évocateur que le nom de son auteur. Dans son ouvrage, Roberto Saviano dissèque et dénonce les rouages de l'organisation mafieuse qui ronge Naples, connue sous le nom camorra.


Or depuis 2006, l'auteur de cet ouvrage a fait l'objet de sérieuses menaces de mort et vit sous escorte policière dans un lieu tenu secret. Ces menaces sont devenues de plus en plus sérieuses et pressantes ces derniers jours, à telle enseigne que Roberto Saviano a été contraint d'annoncer qu'il allait devoir quitter son pays, l'Italie. Une telle situation dans un Etat – sensé être – de droit est à peine crédible et en tout état de cause, inacceptable. Il est tout aussi inacceptable qu'aucune réelle mobilisation dans les pays de la communauté européenne n'ait été organisée. Car le silence fait le jeu de ce ramassis de criminels. Les paroles de l'écrivain ne peuvent nous laisser indifférents à son sort et devraient nous conférer un sentiment de honte, face à l'impuissance à faire régner le droit et la justice.


"Pourquoi dois-je vivre comme un détenu, un lèpreux, caché à la vie, au monde, aux hommes . Quelle est ma maladie, mon infection ? Quelle est ma faute ? Je n'ai voulu que raconter une histoire, l'histoire de mes concitoyens, de ma terre, toutes celles de son humiliation. J'étais satisfait de l'avoir fait et je pensais avoir mérité cette petite joie d'être approuvé par mes semblables, par mes concitoyens. J'ai été naïf : à Naples, personne ne veut me louer un appartement. Mes amis, mes vrais amis, quand je les ai enfin revus après tant de fuites et d'absences, m'ont dit : 'Ça suffit, nous n'en pouvons plus de te défendre, toi et ton maudit bouquin ; nous ne pouvons pas être en guerre contre le monde entier par ta faute.' Faute ? Quelle faute ? C'est une faute d'avoir voulu raconter leur vie, ma vie ?"


Le départ annoncé de Monsieur Saviano représente certainement une victoire pour la camorra mais, et surtout, une très grande et humiliante défaite pour la liberté d'expression. Sans parler de l'échec des autorités italiennes qui ne parviennent pas à faire respecter les règles les plus élémentaires du droit. Ce qui arrive à Roberto Saviano nous concerne tous. Il est dommage que les instances de la communauté européenne ne soient pas plus loquaces et interventionnistes par rapport à ce type de situation, comme elle sait l'être par rapport aux modèles économiques qu'elle souhaite imposer et qui sont en train de faire preuve de leur faillite.



1 commentaire

Solidarité en effet

  • Par dominique.jourdain le

Les Instances de l'Union comme celles de l'OTAN ainsi que les médias aux ordres savent en effet discerner les infos qu'il faut privilégier pour alimenter leur sratégie. Ne peut-on également pointer la discrétion des instances dirigeantes du Barreau, aujourd'hui promptes à faire l'éloge du néo-libéralisme? Faire des avocats des notaires, outre que le projet soit absurde, tend à démobiliser!


Connexion
Création d'un membre
Création d'un espace
Inscription à une communauté
Partage d'une publication
Modification d'une publication
Suppression d'une publication
Suivi des modifications d'une publication
Suivi des modifications d'un commentaire
Ajout d'un commentaire
Réponse à un commentaire