Nul ne peut oublier le vigoureux plaidoyer de Monsieur Robert Badinter, alors Garde des Sceaux, contre la peine capitale.
C'était le 17 septembre 1981 devant l'Assemblée Nationale.
La loi abolissant la peine de mort était votée par l'Assemblée le 18 septembre 1981, et promulguée le 9 octobre.
En 1829, soit plus de 150 ans avant cette date, était publié le puissant réquisitoire de Victor Hugo contre la peine de mort, à travers son oeuvre Le dernier jour d'un condamné, dont voici quelques lignes terrifiantes et sublimes :
« Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée.
Eh ! Qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud ?
Apparemment ce n'est pas là souffrir.
Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang s'épuise goutte à goutte, ou que l'intelligence s'éteigne pensée à pensée ?
Et puis, on ne souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante au bord du panier, et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas de mal !
Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous en là. La mécanique est bonne.
Est-ce Robespierre ? Est-ce Louis XVI ?...
Non, rien ! moins qu'une minute, moins qu'une seconde, et la chose est faite. Se sont-ils jamais mis, seulement en pensée, à la place de celui qui est là, au moment où le lourd tranchant qui tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les vertèbres.... Mais quoi ! une demi-seconde ! la douleur est escamotée....
Horreur ! ».
Parmi les plus fervents défenseurs de l'abolition suivront Camus, Gambetta, Clémenceau, Jaurès... Badinter.

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