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Dans les TPE et PME (- de 1000 salariés) ou toute entreprise faisant l'objet d'une procédure collective, l'employeur qui envisage de licencier pour motif économique doit, sous peine de sanctions, proposer aux salariés concernés une convention de reclassement personnalisé, d'une durée maximale de 8 mois.
Le salarié a le choix de refuser ou d'accepter cette convention. S'il l'accepte, son contrat de travail est rompu et il bénéficie d'actions de soutien psychologique, d'orientation, d'accompagnement, d'évaluation des compétences professionnelles et de formation destinées à favoriser son reclassement.
Il bénéficie également, sous réserve d'avoir deux ans d'ancienneté, d'une allocation spécifique de reclassement et peut avoir droit, s'il reprend un travail moins bien rémunéré que le précédent, à une indemnité différentielle de reclassement.
Tout employeur entrant dans le champ du dispositif de la CRP et qui procède au licenciement pour motif économique d'un salarié sans lui proposer le bénéfice d'une telle convention, doit verser à l'ASSEDIC une contribution égale à deux mois de salaire brut moyen des 12 derniers mois.
Peuvent bénéficier d'une convention de reclassement personnalisé les salariés totalement privés d'emploi :
- justifiant d'au moins 2 ans d'ancienneté ;
- justifiant des périodes d'affiliation requises pour avoir droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;
Pour les salariés ayant moins de 2 ans d'ancienneté, les modalités particulières suivantes leur sont alors appliquées :
- le montant de l'allocation qui leur est versée pendant la CRP est égal au montant de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ;
- la durée de versement de cette allocation ne peut en aucun cas excéder celle à laquelle ils auraient pu prétendre au titre de l'ARE ;
- l'indemnité différentielle n'est pas due en cas de reprise d'un emploi salarié moins rémunéré que leur emploi précédent.
Chacun des salariés concernés doit être informé individuellement et par écrit du contenu de la convention de reclassement personnalisé et de la possibilité qu'il a d'en bénéficier.
Le document (délivré par l'ASSEDIC) est remis par l'employeur au salarié contre récépissé et doit ainsi mentionner : la date de remise du document faisant courir le délai de réflexion ; le délai imparti au salarié pour donner sa réponse ;
la date à partir de laquelle, en cas d'acceptation de la convention de reclassement personnalisé, son contrat de travail est rompu.
Lorsque le licenciement pour motif économique doit être précédé d'un entretien préalable au licenciement, la CRP est remise au cours de cet entretien préalable.
Lorsque le licenciement pour motif économique doit être soumis à la procédure d'information et de consultation des représentants élus du personnel dans le cadre de l'article l'article L. 1233-28 du code du travail, la CRP est remise à l'issue de la dernière réunion de consultation des représentants élus du personnel.
Ce document comporte également un volet « bulletin d'acceptation » détachable, à compléter par le salarié s'il demande à bénéficier de la CRP et à remettre à son employeur.
Dans les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire, l'information des salariés est assurée par le mandataire judiciaire.
Lorsque, à la date prévue par le Code du travail pour l'envoi de la lettre de licenciement, le délai de 21 jours dont dispose le salarié pour faire connaître sa réponse n'est pas expiré, l'employeur doit lui adresser une lettre recommandée avec demande d'avis de réception lui rappelant la date d'expiration du délai de réflexion et lui précisant qu'en cas de refus de la convention de reclassement personnalisé, cette lettre recommandée constituera la notification de son licenciement (les motifs du licenciement doivent lors figurer dans la lettre...).
Le salarié dispose d'un délai de 21 jours pour accepter (« bulletin d'acceptation » ) ou refuser la CRP, à partir de la date de la remise du document lui proposant cette convention.
S'il décide d'accepter la CRP, le contrat de travail du salarié est alors rompu par commun accord des parties, à la date d'expiration du délai de réflexion de 21 jours. Le préavis n'est pas effectué et la convention prend effet dès le lendemain de la fin du contrat de travail.
Afin de l'éclairer dans son choix, le salarié bénéficie, au cours du délai de réflexion de 21 jours, d'un entretien d'information réalisé par l'ASSEDIC.
Le salarié qui accepte la CRP perçoit son indemnité de licenciement.
S'agissant de l'indemnité de préavis, la règle est la suivante :
- le salarié qui justifie de deux ans d'ancienneté dans l'entreprise, renonce à son indemnité de préavis dans la limite de 2 mois. Dans le cas où l'indemnité de préavis qu'aurait perçu le salarié s'il n'avait pas bénéficié d'une convention de reclassement personnalisé est supérieure à 2 mois de salaire, la fraction excédant ce montant lui est versée par l'employeur (ou par l'AGS si l'entreprise est en redressement ou en liquidation judiciaire) dès la rupture de son contrat de travail ;
- le salarié qui n'a pas deux ans d'ancienneté dans l'entreprise et qui aurait bénéficié d'une indemnité de préavis s'il n'avait pas accepté la convention de reclassement personnalisé, en perçoit le montant dès la rupture de son contrat de travail.
Le bénéficiaire de la CRP a le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Il perçoit, pendant la durée de cette convention (8 mois maximum), une allocation spécifique de reclassement.
En acceptant la CRP, le bénéficiaire s'engage donc à réaliser les actions définies avec son correspondant unique et figurant dans le plan d'action de reclassement personnalisé et répondre aux sollicitations de l'ANPE ou de l'opérateur habilité (convocation, proposition d'emploi).
Il est importnnt de rappeler que, selon la Cour de cassation (arrêt du 5 mars 2008), « si l'adhésion du salarié à une convention de reclassement personnalisé entraîne une rupture réputée intervenir d'un commun accord, elle ne le prive pas de la possibilité d'en contester le motif économique ».
Enfin, en cas de refus express ou en l'absence de réponse au terme du délai de 14 jours, ce silence valant refus, la procédure de licenciement suit son cours normal...
Sur l'allocation spécifique de reclassement :
Pendant la durée de la CRP, c'est-à-dire pendant 8 mois maximum, le bénéficiaire perçoit une allocation spécifique de reclassement dont le montant, calculé sur la base du salaire brut moyen des 12 derniers mois, est égal, sous réserve d'avoir au moins 2 ans d'ancienneté, à 80 % les trois premiers mois (soit 91 jours) et à 70 % les cinq mois suivants.
Cette allocation est payée mensuellement à terme échu, pour tous les jours ouvrables ou non ; elle ne peut être inférieure au montant de l'allocation de chômage à laquelle l'intéressé aurait pu prétendre, au titre de l'emploi perdu, s'il n'avait pas accepté la CRP. Pendant les 3 premiers mois, elle ne peut être inférieure à 80 % du montant journalier brut de l'indemnité de préavis que le salarié aurait perçue s'il n'avait pas accepté la CRP.
Le bénéficiaire de la CRP qui, à l'issue de cette dernière, est toujours à la recherche d'un emploi, bénéficie, dans la limite de ses droits, de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), dès son inscription comme demandeur d'emploi, sans délai d'attente ni différé d'indemnisation.
La durée d'indemnisation au titre de l'ARE est alors réduite du nombre de jours indemnisés au titre de l'allocation spécifique de reclassement.
Loi sur le pouvoir d'achat
Voici les principales mesures de la Loi pour le pouvoir d'achat n° 2008-111 8 février 2008 susceptibles de présenter un intérêt pour l'entreprise et ses salariés.
Déblocage exceptionnel de la participation
La loi autorise, à titre dérogatoire, le déblocage anticipé des droits à la participation affectés au plus tard le 31 décembre 2007. Le déblocage peut, en principe, avoir lieu sur simple demande du salarié avant le 30 juin 2008.
Les sommes ainsi débloquées sont plafonnées à 10.000 € nets de prélèvements sociaux et sont exonérées de cotisations de sécurité sociale et d'impôt sur le revenu.
Toutefois, dans certaines hypothèses, ce déblocage est subordonné à la conclusion d'un accord et ce, conformément aux articles L. 442-10 et L. 442-11 du code du travail (notamment lorsque l'accord prévoit l'affectation de sommes investies dans l'entreprise...).
En tout état de cause, nous attirons votre attention sur le fait que toutes les sociétés concernées ont l'obligation d'informer par tout moyen, avant le 9 avril 2008, les salariés de la possibilité de débloquer, de façon exceptionnelle, leurs droits à participation.
Rachat des temps de repos
La loi ouvre la possibilité pour le salarié de renoncer, à sa demande et avec l'accord de l'employeur :
? à tout ou partie des journées ou demi-journées de RTT acquises jusqu'au 31 décembre 2009 dans le cadre de la réduction du temps de travail ; le rachat de ces jours ouvre droit à une majoration de salaire au moins égale au taux de majoration de la première heure supplémentaire applicable à l'entreprise et ne s'impute pas sur le contingent légal ou conventionnel d'heures supplémentaires.
? à une partie des journées de repos acquises jusqu'au 31 décembre 2009 dans le cadre d'une convention de forfait en jours en l'absence d'accord collectif permettant la renonciation par les salariés de leurs jours de repos ; le rachat de ces jours donne lieu à majoration de rémunération, négociée entre le chef d'entreprise et le salarié sans pouvoir être inférieure à 10 % de la valeur d'une journée ou d'une demi-journée.
? aux droits (à l'exception de ceux qui ont été versés au titre des congés payés annuels légaux) affectés jusqu'au 31 décembre 2009 sur son compte épargne-temps, et ce, même si l'accord de mise en place du CET ne prévoit pas cette faculté.
Sous réserve que la demande du salarié intervienne au plus tard le 31 juillet 2008 et le versement au plus tard le 30 septembre 2008, les sommes versées en contrepartie du rachat des JRTT et des jours de repos acquis ou des droits affectés au CET au 31 décembre 2007 sont exonérées de cotisations salariales et patronales de sécurité sociale à l'exception de la CSG et CRDS. Elles restent néanmoins sont soumises à l'impôt sur le revenu.
Par ailleurs, pour les JRTT et les jours de repos acquis, au-delà de 1607 heures et 218 jours, entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2009, leur rachat ouvre droit aux avantages sociaux et fiscaux prévus par la loi Tepa du 21 août 2007 (réduction de cotisations salariales de sécurité sociale, déduction forfaitaire de cotisations patronales et exonération d'impôt sur le revenu). En revanche, la monétarisation des droits affectés sur un CET après le 31 décembre 2007 n'ouvre droit à aucune exonération spécifique
Conversion du repos compensateur
Le salarié peut, en accord avec l'employeur, décider de convertir en argent tout ou partie de ses repos compensateurs de remplacement acquis entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2009. Cette monétarisation donne lieu à une majoration salariale qui ne peut être inférieure au taux de majoration des heures supplémentaires fixé par la convention ou l'accord collectif applicable à l'entreprise, ou à défaut par la loi (25 % pour les 8 premières heures et 50 % au-delà) et ouvrent doit aux mêmes avantages sociaux et fiscaux prévus par la loi TEPA.
Versement d'une prime exceptionnelle pour les petites entreprises
La loi prévoit également la possibilité pour les entreprises qui ne sont pas assujetties obligatoirement à la participation, de verser à leurs salariés, entre le 1er janvier et le 30 juin 2008, une prime exceptionnelle exonérée de cotisations sociales hors CSG et CRDS mais assujettie à l'impôt sur le revenu.
Le montant de la prime est plafonné à 1 000 € par salarié et peut être uniforme ou modulé selon les salariés en fonction du salaire, de la qualification, du niveau de classification, de la durée du travail, de l'ancienneté ou de la durée de présence dans l'entreprise. Cette prime ne peut se substituer à des augmentations de rémunérations ou à un élément de salaire et doit bénéficier à tous les salariés de l'entreprise ou de l'établissement concerné.
Attention : Le versement de cette prime doit être prévu par un accord d'entreprise ou d'établissement conclu selon les mêmes modalités de conclusion que les accords de participation et doit intervenir au plus tard le 30 juin 2008.