victimes (2)
Le code de la route prévoit expressément qu'en cas d'accident mortel de la circulation routière, des opérations destinées à vérifier l'éventuelle emprise d'alcool ou de stupéfiants DOIVENT être mises en oeuvre.
Il ne s'agit nullement d'une option et les OPJ ne disposent d'aucun pouvoir d'appréciation en la matière.
Pourtant, un OPJ s'est octroyé le droit de se soustraire à ses obligations issues des dispositions légales précitées.
En effet, à l'occasion d'un accident impliquant une voiture et une motocyclette dans lequel le motard est décédé, l'OPJ a bien fait procéder aux vérifications sur le motard mais n'en a pas fait de même vis à vis de l'automobiliste.
Pourtant, dès l'origine, il ne faisait aucun doute que l'automobiliste avait coupé la trajectoire du motard, prioritaire, et qu'en conséquence il avait commis une faute à l'origine de l'accident.
A la demande d'explications formulée par la veuve du motard disparu, l'OPJ a répondu qu'il avait considéré que, compte tenu de la personne de l'automobiliste, il pouvait légitimement penser que ce dernier n'était pas sous l'emprise de stupéfiants.
Autant dire que cet OPJ respecte les obligations qui lui incombent "au faciès ".
La violation manifeste de la loi n'a donc pas de limites et le respect des victimes est totalement inexistant.
On ne peut que regretter que le Parquet n'ait pas immédiatement réagi afin d'assurer l'égalité de tous devant la loi.
Le métier d'avocat est loin d'être simple, mes confrères en conviendront.
Cette profession fait très souvent appel à des aspects humains et, parfois à des situations dramatiques.
C'est notamment le cas lorsqu'un avocat est amené à traiter un dossier d'accident mortel de la circulation routière.
Les attentes des proches des victimes ne peuvent pas être éludées et il est normal qu'elles attendent des réponses à leurs interrogations.
Dans un premier temps, ces réponses seront tirées du procès verbal qui aura été dressé par les services compétents.
Encore faut-il que l'avocat puisse avoir accès audit procès verbal...
Il ne m'était, en effet, jamais venu à l'esprit qu'un dossier pourrait être "recherché" par le Parquet, la Cour d'Appel, le service de l'audiencement du TGI.
Une telle situation est non seulement exaspérante mais également extrêmement embarrassante vis à vis du client.
Nous pouvons, dans ces conditions, être dubitatifs quant au traitement des victimes par notre institution judiciaire.
