contrôle routier (2)
L'explication peut laisser dubitatif si l'on en croit deux articles parus les 16 et 18 août dans le Courrier Picard.
Le journaliste rapporte en effet que la presse locale a été conviée à assister à un contrôle routier de gendarmerie devant se dérouler en présence du sous préfet.
Au bout de dix minutes d'attente, un premier véhicule est contrôlé à 80 Km/H au lieu des 50 autorisés sur cette portion de route.
Le véhicule stoppé, il s'avère que son conducteur est un notable bien connu dans la région.
Visiblement la situation décrite était gênante.
Ainsi, le commandant de gendarmerie, responsable du contrôle aurait lancé : « Ah, c'est de la provocation, il savait qu'on était là. C'est de la provocation », pendant que le sous préfet allait saluer le présumé contrevenant qualifié de « figure locale ».
Le contrôle aurait alors immédiatement repris sur ordre de l'OPJ.
Compte tenu des faits rapportés, le Préfet aurait pris la peine de rédiger un communiqué aux termes duquel il justifie l'absence de verbalisation de l'automobiliste en expliquant que le véhicule était le premier à faire l'objet d'un excès de vitesse et que le commandant ayant repéré un mauvais positionnement du radar, il a demandé que cela soit corrigé.
L'argumentaire serait totalement fallacieux, le journaliste rapportant que le cinémomètre en cause n'a, en réalité, jamais été déplacé.
Si les faits dont il s'agit sont exacts, il y a tout lieu de considérer que l'automobiliste a, ni plus ni moins, bénéficié d'une clémence liée à sa personne.
Ceci est proprement scandaleux.
Pour la première fois depuis des années que je circule en voiture à cet endroit des Yvelines, j'ai, enfin, été contrôlée par la police.
Il faut dire que, sauf à être totalement stupide, tous les autochtones savent parfaitement que les contrôles sont plus que réguliers en ces lieux.
Ainsi, je suis stoppée et m'arrête comme il se doit.
Inutile que le policier me demande ce qu'il souhaite car je le sais, en bon avocat en droit routier.
Je lui indique immédiatement que mes papiers sont dans le coffre et donc que je dois sortir du véhicule afin de les lui présenter.
Confiant, il faut dire que je n'ai pas un physique de collosse, il me laisse faire.
Je dois avouer que le macaron "avocat" apposé sur le pare brise offre quelques garanties.
Mes papiers sortis, évidemment tout est en règle, et j'avais d'ores et déjà annoncé que j'étais parfaitement à l'aise.
En revanche, lorsque le policier me précise que ce contrôle n'est que préventif sans toutefois vérifier si mon permis de conduire est valide, je suis sceptique.
Si mon permis n'avait plus été valide ou sous le coup d'une suspension, le policier ne s'en serait pas aperçu.
Si j'avais été sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, rien ne se serait produit de plus.
Enfin, que je dispose du fameux triangle obligatoire depuis l'année dernière importe peu.
Je mets sciemment à part le gilet fluorescent qui n'est que trop visible dans mon véhicule.
Alors, de quoi ce contrôle routier était-il supposé prévenir?
Certainement pas de la délinquance routière à un rond-point très fréquenté, en pleine ville, où tous les automobilistes habitués savent que les contrôles sont légion.
