J'ai entendu, non sans effroi, l'un de mes confrères déclarer dans un reportage télévisé que l'avocat ne servait "à rien" à l'occasion des gardes à vue.
Il me semblait utile de m'insurger contre une telle affirmation.
En effet, si certes, l'intervention des avocats en garde à vue est, à l'heure actuelle, pour le moins contestable tant leur rôle est réduit, elle n'est cependant ni inutile, ni vaine.
J'en veux pour exemple cette intervention récente que j'ai effectuée à l'égard d'un gardé à vue pour cause de délit routier.
Cette personne avait fait l'objet d'une prolongation de sa garde à vue en raison de l'attente des résultats d'analyses sanguines concernant les stupéfiants.
Or, elle était persuadée de sortir du commissariat une fois les résultats obtenus puisque, selon elle, l'OPJ le lui avait affirmé.
L'habitude, sans doute, m'a conduite à expliquer à ce gardé à vue toutes les options envisageables à l'issue de ladite garde à vue.
A la rencontre de l'OPJ, je n'ai pu que constater que mon intervention était nécessaire afin d'informer le gardé à vue de ce qu'il risquait de se produire ultérieurement d'un point de vue judiciaire.
En effet, sur son ordinateur était inscrit un ordre de défèrement émanant du Parquet.
Au moins, la personne en cause, qui croyait sortir libre, a été dûment informée en temps utiles.
L'avocat ne sert donc pas "à rien" en garde à vue.

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