J'ai naïvement cru pouvoir penser qu'en matière correctionnelle, le Parquet intervenait dans l'intérêt de la société.
Et bien, hier, j'ai découvert que la Parquet pouvait aussi trouver des excuses au prévenu.
Je suis partie civile dans l'intérêt de la famille d'un motocycliste auquel un automobiliste a coupé la route et l'a tué.
Non seulement le motocycliste est décédé mais encore l'automobiliste n'a subi ni les examens toxicologiques concernant les stupéfiants, ni garde à vue, ni suspension de permis de conduire.
Après avoir questionné le Procureur sur la façon discriminatoire dont l'enquête a été menée, j'ai pris une volée de bois vert.
En effet, selon le Procureur, je n'avais pas à faire part au Tribunal de mon incompréhension concernant la violation de la loi par l'OPJ et si je n'avais pas intérêt à insister sur ce point à l'audience.
Il m'a carrément menacée de requérir la nullité de la procédure au détriment de mes clients, de la victime et donc de la société !
Bref, le monde à l'envers.
Non content de cela, il a ensuite cherché à atténuer la responsabilité de l'automobiliste prévenu:
"c'est un accident involontaire"
"cela peut arriver à tout le monde"
Etc, etc...
J'apportais pourtant toutes les preuves de l'entière responsabilité du prévenu puisque l'expertise, faite aux frais de ma cliente principale, démontrait clairement que la victime respectait la limitation de vitesse.
Evidemment, après tant de mansuétude, les réquisitions ne pouvaient qu'être a minima:
"1 an d'emprisonnement, éventuellement assorti du sursis et 1 an de suspension du permis de conduire".
Et dire que, pour avoir consommé deux fois de l'alcool et conduit après, l'annulation du permis est automatique...
J'en déduis que la Justice est beaucoup plus clémente à l'égard de ceux qui commettent l'irrémédiable qu'envers ceux qui ne prennent que le risque de tuer autrui sur la route.
Site internet: www.florenceberline-avocat.fr

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