Je n'avais encore jamais entendu d'histoire comme la votre. Oublier de donner la parole à l'avocat...
Permanence du dimanche oblige, nous devons, préalablement à la comparution immédiate devant le tribunal correctionnel, passer devant un Juge des Libertés et de la Détention (JLD).
Au cours de cette audience, à huis clos, le rôle de l'Avocat est limité à plaider les garanties de représentation du prévenu (domicile, travail, notamment).
En principe, le JLD doit attendre d'avoir entendu l'Avocat du prévenu pour prendre sa décision, à savoir, laisser libre le prévenu en vue d'une comparution ultérieure, ou incarcérer celui-ci afin qu'il comparaisse le lendemain devant la juridiction pénale compétente.
Telle ne fût pas ma surprise, hier, en entendant le JLD dire à mon client : « ce soir, vous irez en prison », alors que je n'avais pas encore été en mesure de prendre la parole.
Bien évidemment, je suis intervenue (la greffière était aussi édifiée que moi) en rappelant ma présence.
Ma courte plaidoirie n'a, naturellement rien changé, la décision étant prise auparavant, ce qui me semble regrettable.
Enfin, le JLD en cause a eu le mérite d'admettre son erreur et de s'en excuser à mon endroit.
C'est suffisamment rare pour être rapporté.


Derniers commentaires