déc.
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La désagréable interprète et l'avocat

  • Par florence.berline le
  • Dernier commentaire ajouté

De toutes mes expériences en qualité d'avocat commise d'office, celle-ci est une première.


En effet, de permanence CRPC (plaider coupable pour les non initiés), je dois traiter un dossier dans lequel intervient un interprète en langue arabe.


Rien d'extraordinaire et, du reste, je connais la majorité des interprètes en la matière.


Tout se déroule habituellement bien, mais pas aujourd'hui.


Ainsi faut-il que je demande à une personne, présente au P 12, lieu où nous recevons les prévenus, si elle est interprète dans la langue arabe.


Elle me répond positivement et je lui demande donc de me suivre, puisque j'allais recevoir un client qui nécessitait sa présence.


Je sens une réticence certaine quand elle me demande si cela devait se dérouler dans l'immédiat.


L'affirmative était évidente, sauf pour elle (comme si les avocats s'amusaient à interrompre inutilement les interprètes de leurs lectures...)


Enfin, je parviens à la réunion entre le futur prévenu, l'interprète et moi-même.


Au cours de l'entretien, je demande à l'interprète de traduire mes paroles et là, oh, surprise, elle se permet de prendre ma place d'avocat.4

Ainsi, elle n'hésite pas à mettre en cause ma lecture du dossier en ce qui concerne les délais légaux (comme si j'étais novice en la matière) et pose nombre de barrières qui me conduisent à me retourner vers le greffe.


La situation éclaircie, je me laisse à penser que tout ira pour le mieux.


Et bien, pas du tout.


J'ai attendu longtemps dans la salle d'audience dédiée à l'homologation de la peine proposée par le Parquet sans que l'interprète arrive elle aussi.


Quand elle s'est présentée, alors que l'audience était en cours, avec un prévenu assisté d'une consoeur, cette interprète me demande si les deux individus qu'elle devait assister étaient déjà « passés ».


L'ire de l'attente aidant, je réponds que, du fait de son absence, nous ne pouvions évidemment pas traiter le dossier des deux co-prévenus nécessitant un interprète.


Elle s'énerve à une voix suffisamment haute pour que je me taise.


Bref, l'audience se déroule, la Présidente (que j'avais au préalable avertie) reprend à plusieurs reprises l'interprète.


Finalement, les peines proposées et acceptées sont homologuées.


A la sortie, et comme je suis, encore, la dernière, je salue, comme il se doit, Madame le Présidente et sa Greffière.


J'ôte ma robe en dehors de la salle d'audience.


A ce moment, je suis prise à partie par l'interprète qui me traite « d'avocaillon », tout en me disant qu'elle avait été elle-même vingt ans durant avocate.


Conclusion: Il faut croire que les frustrés de l'avocatute n'en sont pas sortis indemnes.


2 commentaires

C'est une sorte d'ancienne combattante

  • Par laurent.epailly le

ce sont les pires...


Surprenant

  • Par Avocat permis le

Etonnant comme situation il faut bien l'admettre


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