janv.
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Que pensez-vous du projet de M. Sarkozy de supprimer le juge d'instruction ?

  • Par eva.achoura-fischer le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

En droit français, pour les infractions les plus graves comme les crimes, les 3 phases de la procédure pénale sont confiées respectivement à des autorités différentes :

- la phase de poursuite est confiée au procureur qui décide s'il est opportun de poursuivre l'auteur des faits ou s'il vaut mieux classer sans suite ;

- la phase d'instruction est confiée au juge d'instruction qui est un juge unique ;

- la phase de jugement est confiée à une juridiction collégiale comme la cour d'assises.


Chacune de ces autorités qui interviennent successivement, peut arrêter le processus de mise en cause de l'accusé.


Ce système de triple regard favorise la neutralité, et profite à l'accusé.


S'agissant du juge d'instruction, suite à l'affaire d'Outreau et aux malheurs qu'avait faits le jeune juge Burgeaud, le projet envisagé était de mettre à la place du juge unique d'instruction un collège de trois juges.


Aujourd'hui, loin d'instaurer la collégialité de l'organe d'instruction traditionnellement constitué par un juge unique, M. Sarkozy veut carrément supprimer le juge d'instruction.


Il est pour le moins curieux de passer, sans aucune explication, du tout au rien.


D'autant que les pouvoirs du juge d'instruction passeront en grande partie au procureur.


Et que le procureur charge, par nature, la personne mise en cause ; alors que le juge d'instruction a pour rôle d'instruire à charge et à décharge.


Et que le procureur dépend directement du gouvernement qui peut, notamment, le muter à sa guise. Alors que le juge d'instruction est un magistrat indépendant qui n'est pas exposé aux pressions du gouvernement (ce dernier ne peut ni le muter ni décider de sanctions disciplinaires à son égard).


La suppression du juge d'instruction déséquilibrerait donc gravement la procédure pénale, au détriment de l'indépendance de la justice, et au détriment de l'accusé.


3 commentaires

Le discours du Garde des Sceaux...

  • Par gilles.huvelin le

À l'occasion de la rentrée solennelle de l'École de Formation du Barreau, le 4 janvier, le garde des Sceaux a évoqué certains axes de la réforme de la procédure pénale, - notamment suite à la suppression du juge d'instruction -, en préparation à la Chancellerie :

- lorsque le parquet souhaitera faire une enquête, le garde des Sceaux ne pourra faire obstacle à son déclenchement. Il sera fait interdiction au garde des Sceaux d'ordonner le classement sans suite d'une affaire. Supposons qu'un ministre de la Justice passe outre cette interdiction, et qu'il demande au parquet de classer l'affaire : « dans cette hypothèse, le procureur sera tenu de désobéir à cet ordre manifestement illégal », a indiqué Michèle Alliot-Marie, ajoutant que « cette disposition sera inscrite noir sur blanc dans le futur Code de procédure pénale » ;

- si le procureur refuse de déclencher l'enquête, les parties pourront former un recours devant un juge qui pourra ordonner au parquet d'enquêter ;

- dans les cas où n'y a pas de partie pour contester la décision du procureur, par exemple dans le cadre de certaines infractions qui touchent une collectivité publique, la ministre souhaite que « tout citoyen puisse contester la décision de classement du procureur et que le juge puisse ainsi ordonner une enquête ».

Au stade de l'enquête, si le procureur refuse d'effectuer certains actes demandés par l'une ou l'autre des parties (expertises, auditions de témoins, confrontations), la partie pourra saisir le juge de l'enquête et des libertés (JEL), magistrat du siège. Il lui reviendra alors de juger l'opportunité de ces actes, et le cas échéant d'ordonner au procureur de les effectuer. Si le procureur refuse de tirer les conséquences de la décision du JEL, la partie pourra saisir la chambre de l'enquête et des libertés. Celle-ci peut décider d'évoquer l'affaire. Il reviendra alors au JEL de mener lui-même les actes nécessaires à l'enquête.

À la fin de l'enquête, en cas de poursuite, la défense pourra considérer que toutes les vérifications nécessaires n'ont pas été faites et saisir le JEL à qui il reviendra de décider si des actes complémentaires sont nécessaires.

Si le parquet décide le non-lieu, les victimes pourront saisir le JEL pour contester cette décision. Il lui reviendra de confirmer ou d'infirmer le non lieu. Dans le cas d'infraction au préjudice de la collectivité publique, tout citoyen pourra contester le non lieu en se constituant « partie citoyenne » dans la procédure.

La ministre a affirmé qu'ainsi, « aucune affaire ne pourra donc être étouffée, à aucun stade de la procédure ».

Ne jamais oublier de lire les sources des commentaires


"On"a été un peu vite en annonçant ...

  • Par albert.caston le

...la suppression du juge d'instruction.


Et maintenant, on monte une usine à gaz qui recrée qque chose qui y ressemble.


Beaucoup de complications pour pas grand chose, alors que moins de 3% des affaires vont à l'instruction et que le Pôle Financier n'a plus rien à faire.


L'affaire Julien Dray est un superbe exemple de ce que peut faire le Parquet tout seul ...


RE: "On"a été un peu vite en annonçant ...

  • Par gilles.huvelin le

Je continue à considérer que "l'affaire" Julien Dray est le reflet de l'évolution de notre société dans son ensemble...et après tout le Parquet représente la société...


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