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L'abandon de poste dans la fonction publique territoriale

  • Par etienne.lejeune le
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Dans une réponse publiée au Journal Officiel de l'Assemblée Nationale le 17 février 2009, le Ministre de la Fonction Publique a rappelé les principes essentiels qui dirigent la procédure de l'abandon de poste au sein de la fonction publique territoriale :


"La jurisprudence a précisé à plusieurs reprises qu'une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer (CE, 25 juin 2003, n° 233954 ; CE, 10 octobre 2007, n° 271020 ; CAA Lyon, 4 mars 2008, n° 05LY00984 ; CE, 7 mars 2008, n° 292475). La mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est ni présenté ni n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, l'administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé. L'agent qui reprend ses fonctions dans le délai fixé par la mise en demeure sans que son absence ait été justifiée est passible d'une sanction disciplinaire (CE, 10 janvier 1968, n° 72991) ; son absence engendre également une retenue sur traitement pour service non fait. Le délai fixé par la mise en demeure peut être court (CE, 25 juin 2003, précité : délai de vingt-quatre heures ; CE, 10 octobre 2007, précité : délai de cinq jours) et est fixé par l'administration en fonction des circonstances particulières de l'espèce. Ce régime tient compte des spécificités des conditions d'emploi statutaire. Il permet aux administrations d'adapter le dispositif à l'ensemble des situations auxquelles elles font face et c'est la raison pour laquelle il n'est pas prévu, à ce stade, de fixer par voie réglementaire un délai unique de reprise de fonction avant radiation des cadres".


La radiation des cadres intervenant à l'issue d'une procédure réduite à sa plus simple expression, la jurisprudence est venue encadrer strictement le régime de la mise en demeure préalable.


L'irrégularité de la mise en demeure affecte en effet la légalité de la radiation des cadres et ouvre donc, comme le rappelle la cour administrative d'appel de Nancy, un droit à réintégration à l'agent (et ce même si l'agent se trouvait de fait en absence irrégulière), l'annulation d'une mesure d'éviction quelle qu'elle soit et quel qu'en soit le motif, ouvrant droit à réintégration à l'agent (CE, 29 déc. 1995, n° 129659, Kawadias), même si elle n'interdit pas l'intervention d'une nouvelle mesure d'éviction.






  • mise en demeure faite à l'agent de reprendre son poste





  • La mise en demeure, qui doit être signée par l'autorité compétente (CE, 14 avr. 1995, n° 131966, Nogues), doit prendre effet à une date postérieure à la date la plus tardive à laquelle l'intéressé a la possibilité d'en prendre connaissance, soit à la date limite fixée par les services de la poste pour pouvoir retirer le pli recommandé (CE, 5 déc. 1994, n° 109594, Centre national de la cinématographie : Juris-Data n° 1994-049576)





  • En ce qui concerne le libellé de la mise en demeure, cette dernière doit mentionner le risque encouru en cas d'absence de reprise du travail d'être rayé des cadres sans procédure disciplinaire préalable (CE, 11 déc. 1998, n° 147511, Casagranda : Juris-Data n° 1998-051115, et plus récemment, CE, 15 juin 2005, n° 259743, Yoyotte : Juris-Data n° 2005-068524)





  • Enfin, sur le plan indemnitaire, par application de la jurisprudence du Conseil d'État, la cour administrative d'appel de Nancy n'accorde qu'une indemnité réduite à l'agent tenant compte des fautes respectives de l'Administration dans l'irrégularité de la mise en demeure et du comportement fautif (l'absence irrégulière) de l'agent.

  • 4 commentaires

    Jurisprudence Yoyotte "abandon de poste"

    • Par Yoyotte le

    Bonjour et bonne année,


    Je suis Lucien Yoyotte que vous citez s'agissant de la jurisprudence relative à l'abandon de poste dans l'administration (CE 15 juin 2005, n°259743, Yoyotte : Juris-Data n°2005-068524). Depuis je suis "massacré" dans l'armée pour avoir osé... A 62 ans, je crains le pire : 15 ans de harcèlement ça fatigue... Si vous acceptez que je parle de cette affaire, il suffit de cliquer sur le lien joint. Je vous remercie. Lucien Yoyotte, Paris 17


    fuckfptàmort

    • Par fuckfpt le

    Je demande des renseignements à mon chef de service et à la drh pour l'IDV , la démission, la disponibilité et même finalement sur un départ sans préavis et personne ne réagit (j'ai envoyé mes premières demandes (par mail) il y a environ 2 mois, et je fais partie d'un service touristique du CG manche (50).

    Devant un tribunal, si je pars 3 mois après mes premières démarches (sachant qu'en plus, il me reste 40 jours de congés sur 2010 à prendre et 35 de 2009 que je n'ai pas pu poser, est ce que l'on me donnera raison?

    Merci de m'aider à quitter ce système de merde.

    !!!!!!!LIBERTE!!!!!!!


    Justice:Lucien Yoyotte/général Mourrut

    • Par Mourrut le

    Le 13 janvier 2011, la Cour d'appel de Paris a reconnu Monsieur Lucien Yoyotte, ancien adjudant-chef, coupable de diffamation et d'injure à l'encontre du général Jean-louis Mourrut sur Internet et l'a condamné en conséquence.


    "Arrêt Cour d'appel de Paris n° 08/11311"

    Arrêt n°9( consultable au greffe)

    "Extraits":

    (Page 8/9)

    "......"La culpabilité de Lucien YOYOTTE, auteur et diffuseur sur son site Internet des propos diffamatoires et injurieux à l'égard du général Jean-Louis MOURRUT,.....,est, en conséquence, établie. "

    "Au regard de la gravité des imputations et du caractère particulièrement méprisant et grossier des injures proférées*, Lucien YOYOTTE sera condamné à une peine d'amende de1 000€, peine adaptée à sa personnalité et aux circonstances des infractions poursuivies. »

    ...... Par ces motifs:

    "La cour, .........déclare Lucien YOYOTTE coupable de diffamation publique et d'injure publique à l'égard du général Jean- Louis MOURRUT......

    -condamne Lucien YOYOTTE à la peine d'amende de 1 000 €

    (page 9/9)

    ......- condamne Lucien YOYOTTE à payer à Jean-Louis MOURRUT la somme de10 000 € à titre de dommages-intérêts en réparation de son préjudice.

    - condamne Lucien YOYOTTE à payer à Jean-Louis MOURRUT la somme de 1 000 € sur le fondement ......"




    Abandon de poste

    • Par Claude le

    Bonsoir,


    Je me retrouve dans une impasse à propos de mon abandon de poste dans la fonction publique.


    En effet, depuis bientôt 1 semaine j'ai abandonné mon poste de fonctionnaire et ne compte plus le reprendre. Mon problème et que je ne sais pas si je pose ma démission ou j'abandonne tout simplement mon poste (chose que j'ai faite actuellement). Qu'est-ce que je risque réellement si j'abandonne le poste? ou est-il préférable que je fasse une lettre de démission?


    Ma question est surtout quel est le mieux à faire, abandon, ou lettre de démission?


    Merci à bientôt.