oct.
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"AU SECOURS ! ZOLA REVIENT"

  • Par dominique.mattei le
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" La crise financière a agi comme une piqûre de rappel sur une hantise séculaire des français; leur pouvoir d'achat baisserait, la pauvreté exploserait et les inégalités s'accroîtraient de manière telle qu'elles annuleraient presque un demi-siècle de croissance. 57 % des personnes âgées de 20 à 30 ans pensent qu'elles vivront moins bien que leurs parents. 47 % des français estiment même qu'ils pourraient devenir un jour sans abri. Apparaissent des 'nouveaux pauvres', femmes et hommes cisaillés par les licenciements, qui deviennent les cibles favorites des marchands de sommeil prospérant sur la misère humaine. Des femmes et des hommes qui doivent se contenter de 448 euros par mois, le montant versé aux bénéficiaires du revenu minimum pour se loger, se nourrir et se déplacer. De CDI en CDD, de CDD en temps partiel, de temps partiel en intérim ou en travail au noir, ils seraient des dizaines de milliers à glisser ainsi vers la précarité, jusqu'à ce qu'une infortune quelconque - séparation, endettements, maladie - les pousse dans la rue.

Dans le même temps mûrissent les raisins de la colère. L'idée que les responsables du désastre financier continueraient de s'enrichir alors que chômage et récession menacent, alimente une colère populaire qui puise sa légitimité dans les dérives d'un système dont les élites auraient perdu le sens des valeurs morales.

.../ Autant de 'scandales' qui aigrissent les humeurs, plongent le pays dans la sinistrose et font croire aux français qu'ils sont devenus les victimes d'un monde sans foi ni loi où l'opulence des uns se nourrit de la misère des autres.

.../ Bref à en croire tous ceux qui se penchent sur la nouvelle question sociale, la France du début du XXI° siècle serait redevenue une société profondément inégalitaire, semblable à celle que fustigeait Emile ZOLA à la fin du XIX° siècle.

.../ Un siècle de croissance pour rien ? Telle est la redoutable interrogation posée à ceux qui entendent mesurer les faits et en comprendre les évolutions. Les faits ? En un peu plus d'un siècle, de la mort d'Emile ZOLA à aujourd'hui, le revenu par habitant de France est passé, en monnaie constante, d'un peu plus de 2200 euros à un peu plus de 22 000 euros; dans le même temps, toujours, le temps de travail a été divisé par deux. Autant dire que le 'prolétaire' a vu son pouvoir d'achat multiplié par dix et son temps de travail divisé par deux.

Immense progrès ou formidable illusion ?

Mythe ou réalité ?"

(Jacques MARSEILLE - L'argent des Français - Les Chiffres et les Mythes - Perrin)



6 commentaires

Le regretté Jacques MARSEILLE .....

  • Par patrice.giroud le

qui avait donné à GRENOBLE alors que j'étais Bâtonnier en exercice une conférence remarquée organisée par la Compagnie des Commissaires aux Comptes !


Laissons donc nos candidats à la présidentielle livrer leur analyse !


Et les français pourront alors voter pour le candidat le plus susceptible de corriger ce qui doit l'être en conscience tout de même que les solutions "miracle" et les "y a qu'à" seront assénés avec une démagogie qui devrait décidément pouvoir être rangée aux oubliettes de l'histoire !


NON ZOLA NE REVIENT PAS

  • Par bernard.kuchukian le

Et ce qui est triste est que Jacques MARSEILLE soit mort l'an dernier: il aurait pu donner "l'après-vente" de son analyse que je partage totalement.


Quant à ZOLA, il avait fait son beure sur les pauvres du temps, et devenir célébre et riche dans sa propriété de MéDAN, qui a été rachetée par Pierre BERGé, et sur le site de laquelle on invite les entreprises à investir pour défiscaliser.


Voyageons à CHYPRE, en GRECE, au PORTUGAL, en ESPAGNE et en ITALIE et comptons les MERCEDES, les B.M.W. et les AUDI.



RE: NON ZOLA NE REVIENT PAS

  • Par MOSCOVICI le

Ou encore à MALTE !


RE: NON ZOLA NE REVIENT PAS

  • Par bernard.kuchukian le

Sauf que MALTE paie ses dettes et ne demande rien à personne.


@BK

  • Par JRM le


S'en tenir aux apparences (Mercédes, Audi, BMW...), c'est oublier ceux qui n'ont pas de voitures....!


En période de crise, il y a ceux qui meurent et ceux qui se gavent. Et au mileu, ceux qui sont verts, à défaut d'être gris.


REPONSE : DISCOURS D'EGLETON (CORREZE) le 03 OCTOBRE 1976

  • Par PLINE le

"Le devoir de l'homme politique n'est pas de rêver pour les autres, mais de les écouter, de démêler avec eux le possible du souhaitable et d'en tirer des règles pour son action.

Que veulent donc les hommes et les femmes de ce pays ?

Leur attente, telle que je la perçois, est à la fois simple et très ambitieuse :

- un monde juste

- une vie quotidienne qu'ils maîtrisent davantage et dont ils assument eux-mêmes plus directement la responsabilité.

La justice, bien sûr, tout le monde la veut. Mais comme la liberté, elle a ses disciplines.

La justice n'est pas l'égalitarisme : la diversité, la différence entre les hommes sont un droit autant qu'un fait.

La France de demain ne saurait être une société d'assistés où chacun recevrait d'une bureaucratie tentaculaire la même portion congrue de la pénurie collective. Certaines inégalités en revanche sont intolérables: toutes celles qui résultent de rentes de situations où le mérite personnel n'a que faire, toutes celles que secrète le jeu de certains mécanismes économiques quand l'Etat ne maintient pas la mesure.

Réduire ces inégalités, voilà ce que doit être, concrètement notre action de justice.

La deuxième discipline de la justice, c'est la solidarité.

L'excès des revendications, la relative facilité avec laquelle celles-ci sont satisfaites, l'acharnement croissant avec lequel chacun s'en remet à l'Etat pour satisfaire tous ses besoins et toutes ses exigences créent un climat d'inflation psychologique non moins dangereux que l'inflation elle-même et non moins générateur d'angoisse."


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