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Maroc: la régulation de la violence par la médiation sociale et ses limites

Le projet de cellules de médiation dans quelques quartiers chauds de Casablanca dédiées à la résolution des conflits prend forme avec la création de trois centres dédiés également à la promotion sociale de ceux qui les fréquentent.

75 médiateurs sont formés, 458 cas de conflits traités dont 91% ont été résolus : conflits de voisinage, conflits familiaux et conflits dans les établissements scolaires.

C'est Search for Common Ground (SFCG), une ONG internationale, en partenariat avec les associations locales, l'INDH et l'USAID qui est à l'origine de ce projet et envisage la création de cinq nouveaux centres de médiation sociale à Rabat, Salé, Marrakech, Fès et Meknès.


Voir l'article intégral sur lavieeco.com ici .


Néanmoins, je reste extrêmement réservée sur le fait qu'il semble que la médiation sociale telle qu'instaurée vise à réguler des cas d'extrême violence qui iraient au tribunal comme le dit l'auteur de l'article.

L'exemple scolaire donné ou encore celui d'une médiation décrite comme le cas d'un jeune homme qui a roué de coups sa cousine dont les parents allaient déposer plainte pour coups et blessures laissent pantois. Dans le second cas, il est relaté que la cellule est intervenue pour calmer les esprits ...<<L'homme est fautif, il n'y a pas de doute là-dessus, mais comment le convaincre d'aller présenter des excuses à sa cousine ? « Nous avons invité l'agresseur qui a accepté de nous écouter et de reconnaître son tort, raconte le médiateur. Il a avoué avoir agi sous l'effet de la drogue. Dans ce travail de médiation, nous avons constaté qu'il suffit pour les parties en conflit de trouver devant elles une tierce personne à qui se confier et, généralement, le différend prend fin». «Pour ce cas aussi, une solution a été trouvée, en présence des parents et des voisins» >>.

La médiation sociale n'a pas vocation à rendre justice et à considérer que des excuses suffisent pour la violence décrite, la victime féminine ayant été rouée de coups. La prise de drogue n'est pas du tout une circonstance atténuante ! Une médiation demandée dans un cadre pénal pour la femme dont on ne dit rien de plus dans l'article m'aurait semblé plus appropriée. Ce sont ces excès là qui montrent les limites de médiateurs certainement pavés de bonnes intentions mais qui m'apparaissent clairement outrepasser leur rôle. Le cas décrit n'était pas un conflit entre deux personnes !

Par ailleurs, la médiation ce n'est pas se confier, s'excuser pour que le conflit prenne fin et je pense que là, sous réserve que le récit relaté par le journaliste soit exact, le "médiateur" n'a rien compris à ce qu'est la médiation.


Il est certain que le Maroc semble progresser à vive allure pour développer la médiation au sens moderne du terme mais trop de médiation tue la médiation aussi, il faut en être conscient. La violence ne se résoud pas par la médiation mais surtout la victime de violences ne doit pas être contrainte d'aller en médiation et c'est ce que l'exemple donné suggère avec la pression de tous qui est décrite alors qu'elle a été rouée de coups, ce qui est une violence supplémentaire.

Faire comprendre et entendre à une personne violente qu'elle l'est pour qu'elle accède au repentir est certainement une bonne chose mais ne se fait pas dans le cadre d'une médiation même si la victime doit pouvoir l'entendre à condition d'ailleurs qu'elle le veuille, c'est largement insuffisant et beaucoup trop facile.


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