juin
22

La présentation de la médiation familiale par le ministère de la justice

  • Par dominique.lopez-eychenie le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

Le ministère a une nouvelle lettre actujustice qui a publié ce 18 juin une édition sur "Médiation familiale : un autre mode de règlement des conflits" visant à présenter ce qu'elle est et comment y recourir ici . Elle est encore en première page du site.


C'est a priori une bonne chose mais quelques bémols cependant puisque le site semble dire que la CNAF soit la caisse nationale des allocations familiales définit les services de médiation qui ont droit de cité, un barème national qui n'est jamais que celui de la CNAF qui a d'ailleurs la parole sur le site. Au fond, toutes les associations non subventionnées et les médiateurs indépendants sont parfaitement absents de cette présentation qui fonctionnarise l'approche de la médiation familiale, ce qui n'est pas un gage de qualité quand on sait que la première qualité d'un médiateur familial est d'être indépendant et neutre.


Enfin, une fiche pratique indique que pour avoir de l'information, il faut s'adresser aux juges aux affaires familiales (ils vont apprécier d'avoir en plus de leurs dossiers des missions de renseignement), aux maisons de la justice et du droit, aux points d'accès du droit et aux services de médiation ou encore à la FENAMEF et l'APMF.

Les avocats ne sont pas mentionnés et les services de médiation qui sont les autres par rapport à l'APMF, à laquelle il n'est pas nécessaire d'adhérer pour être médiateur familial, se voient nettement défavorisés, ce qui n'est pas du tout normal.


De la même façon, la FENAMEF (Fédération Nationale de la Médiation familiale) est une fédération d'associations qui est d'ailleurs devenue depuis le 25 mars 2010 (date de l'Assemblée Générale Extraordinaire), la Fédération Nationale de la Médiation et des Espaces Familiaux ne représente que les associations qui ont choisi d'adhérer mais en plus des points de rencontre qui n'ont pas vocation à être des services de médiation familiale.


Il est donc regrettable que la médiation familiale et ses acteurs puisse être limitée à cette vision restrictive et désolante de la médiation familiale en France qui peut donner l'impression qu'il s'agit d'un énième service social qui s'adresse donc à des familles en difficulté. Et après, on s'étonne que la médiation familiale n'ait pas le succès attendu.


Quant à dire que les séances sont au nombre de 3 et durent de 1h30 à 2H, c'est bien s'avancer là encore.




3 commentaires

N'ayons pas peur des mots: c'est un pur scandale!

  • Par Danielle Gauthier le

Un des principes fondamentaux du médiateur est comme vous le rappelez, d'être indépendant. Comment peut-on encore avancer une telle ignominie lorsque son salaire est pris en charge à 100% par les pouvoirs publics? Comment peut-on encore défendre un tel principe inscrit dans les principes déontologiques, alors même que les associations labellisées ont un nombre minimum de médiations à effectuer entre autre? Comment peut-on respecter ce principe alors même que ces associations dépendent exclusivement de subventions publiques?

Pour faire émerger la médiation familiale en France, certaines instances de médiateurs familiaux ont fait le choix de s'engouffrer dans des financements CAF en associant ce métier au secteur social. Le financement de la médiation familiale ayant été la priorité dans la mise en place de ce nouveau métier cela n'est pas sans conséquences et il faudra bien mettre sur la table les contraintes et contre effets que cela produit. Mais quand son salaire dépend de la CAF, via la labellisation, il va de soi que les médiateurs des services subventionnés, se tairont. Vous avez dit indépendant????

Une telle organisation non réfléchie sur du moyen et long terme est malheureusement en train de subir une situation végétative et ce faut-il le rappeler, malgré les sommes publiques astronomiques mises dans ce dispositif.

Les médiateurs ayant obtenu récemment leur diplôme, ceux là même qui se battent pour faire sortir la médiation du champ social et pour simplement avoir le droit de travailler, sont ignorés,méprisés, non reconnus dans leur qualification par ces instances qui, il faut l'avouer, transgressent sans vergogne le principe d'égalité pourtant inscrit dans notre constitution.


ëtre médiateur familial c'est sauvegarder son indépendance...

  • Par Audrey Ringot le

L'un des principes fondamental de la médiation, et par là de la médiation familiale, est bien l'indépendance du médiateur et en même temps du service qui propose cette voie alternative à l'scalade des conflits.

Pour ce faire, nous, médiateurs familiaux, devons, et ce quelque soit nos statuts défendre ce principe qui découle de l'Etique de liberté de la médiation familiale (à lire : la médiation familiale, pour une pratique éthique, livret édité par l'APMF). L'APMF réunit des médiateurs familiaux qui travaillent dans des services conventionnés (par la CNAF/JUSTICE/CCMSA/DGCS) et aussi des médiateurs familiaux qui exercent avec un statut libéral. L'APMF rappelle et cela avec force, auprès de tous les institutionnels, du grand public et notamment récemment auprès du Ministère de la Justice que tous ces professionnels, quelquesoit leur statut sont compétents et que l'accès à la médiation familiale, dite spontanée ou conventionnelle et judiciaire ne peut pas être réduite à une question de financement des services qui emploient les médiateurs familiaux.


RE: ëtre médiateur familial c'est sauvegarder son indépendance...

sauf que l'APMF n'a pas toujours tenu ce discours et que seule l'évolution personnelle de certains administrateurs leur a ouvert sans doute l'esprit sur des réalités dont ils ignoraient tout jusqu'il y a peu..


Connexion
Création d'un membre
Création d'un espace
Inscription à une communauté
Partage d'une publication
Modification d'une publication
Suppression d'une publication
Suivi des modifications d'une publication
Suivi des modifications d'un commentaire
Ajout d'un commentaire
Réponse à un commentaire