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Confirmation de l'étape obligatoire de médiation familiale après décision judiciaire

  • Par dominique.lopez-eychenie le
    (mis à jour le )
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Le 28 janvier 2010 aux Etats généraux du droit de la famille à Paris qui rassemble 1500 avocats inscrits chaque année, Madame M. ALLIOT-Marie, notre ministre est venue nous parler des réformes qu'elle entendait soutenir en droit de la famille.


Après avoir exprimé sa volonté de réprimer les violences au sein de la famille sous toutes ses formes en rappelant également la dimension psychologique de celles-ci qui devait être prise en compte. elle nous a parlé de "médiation obligatoire".

L'expression m'apparait malheureuse car on ne peut absolument pas forcer la médiation seulement sans doute l'encourager déjà en recourant à des méthodes incitatives de médiation qui existent déjà puisque le juge aux affaires familiales peut enjoindre les parties à aller à une séance d'information sur la médiation familiale. Il est vrai aussi que ces séances apparaissent peu suivies d'effet même dans les grandes juridictions, entendons par là, celles qui ont les moyens humains à disposition pour faire tourner des permanences entre associations de médiation.


Mais la ministre a bien évoqué une étape obligatoire de double-convocation pour les justiciables qui auraient eu entre eux une précédente décision judiciaire en matière familiale. Par là, elle considère qu'avant de ressaisir le juge d'un nouveau litige familial à trancher, il sera obligatoire de passer par l'étape de médiation avant de voir le juge. En clair, cela veut dire qu'après avoir présenté une requête, au lieu de recevoir une simple convocation pour se présenter devant le juge, il y en aura deux dont une préalable par exemple la semaine précédent l'audience pour voir un médiateur car elle ne veut pas que cela constitue un moyen dilatoire. Toutefois, elle a indiqué qu'il sera possible d'exciper d'un motif légitime pour ne pas aller en médiation. Quid d'une assignation ? Nous n'en savons rien.

Aujourd'hui, il faut rappeler que si la médiation est préconisée dans un dossier que ce soit généralement par un avocat ou un magistrat, si l'autre partie n'est pas d'accord, elle n'a pas besoin de s'expliquer sur son refus.


Au fond, ce n'est ni plus ni moins qu'un projet fortement inspiré de la procédure québecoise, le financement de la prestation en moins puisqu'en France, on a choisi jusqu'à ce jour en tout cas de financer des associations (dont l'activité de médiation n'est pas exclusive d'autres missions) et pas les médiateurs directement de sorte que cela créée des distorsions de concurrence sur lesquelles il faudra bien que l'ensemble des libéraux réagissent.


J'ai été interviewée par Anne Portmann, journaliste de la revue Actuel avocat sur la question et elle vient de me livrer l'article que je suis autorisée à mettre sur mon blog ici qu'elle a intitulé: <<Médiation familiale "obligatoire" : quelle place pour l'avocat ? >>.


A priori, ce titre est surprenant car les avocats sont les conseils naturels et légitimes de personnes en conflit et a fortiori quand ce litige devient judiciaire. Rien ne permet de les écarter du processus de médiation pour y accompagner leurs clients. Simplement, le rôle de l'avocat est ici en retrait mais il est pour autant essentiel. Il doit s'attacher à vérifier in situ ou en débriefing dans son cabinet (lequel est préconisé selon moi si les parties en cause ne sont pas toutes assistés d'un avocat) que le cadre et processus de médiation suivis sont conformes aux règles qui régissent la médiation. Il peut aider son client dans le cadre du processus à y voir plus clair et enfin, ce sont les avocats qui sont le plus à même de mettre en forme les accords de médiation et les rédiger pour les rendre viables et pérennes. C'est un acte d'avocat type qui rentre parfaitement dans les missions des professionnels du droit qui sont rompus à la pratique judiciaire et aux recours qui peuvent découler d'un accord mal rédigé.


Et pourtant dans cet article, on observe avec stupéfaction qu'une médiatrice a pu déclarer que "les avocats sont nos partenaires pas nos adversaires mais que le rôle de l'avocat dans la médiation doit être précisé par la loi.".

C'est l'expression même de la méconnaissance de certains médiateurs des règles de droit élémentaires qui nous font peur à nous avocats pour nos clients et qui légitiment plus que jamais une présence accrue des avocats en médiation dans le respect évident du cadre et du processus de médiation en lui-même.


Or, il n'est pas rare de constater que les avocats ont été "interdits" de médiation par certains médiateurs familiaux, ce qui a renforcé une défiance légitime de ce qui s'y passe.

Comment s'y retrouver ?

Un médiateur qui est un bon professionnel de la médiation ne refusera pas les avocats car il n'a pas de motifs de les craindre et ce sera déjà un signe évocateur pour les clients de sérieux.

Un bon avocat est celui qui saura aider un client à passer des phases difficiles que suscite le processus dans un cadre juridique sécurisé.

Il est certain en ce sens que le recours à un avocat, praticien de droit collaboratif, sera un plus car ces avocats pratiquent à l'instar du médiateur entre autres la méthode de négociation raisonnée dont l'objectif est de dépasser les guerres de position. Il ne peut être qu'en phase avec le processus suivi.


Sur l'objection formulée par moi quant à recevoir une double convocation à une semaine près pour freiner les moyens dilatoires parce qu'elle est un leurre absolu, la même médiatrice interrogée répond que si la médiation prend plus de temps, "nous pouvons demander au juge de renvoyer l'audience" !

C'est inquiétant car il y a des situations urgentes à régler et les défendeurs à ces actions ont intérêt à gagner un maximum de temps et faire durer tous les moyens qui empêchent au juge de trancher du litige outre que la médiation ne peut pas se régler en une semaine sinon ce n'est pas de la médiation. Enfin, la loi prévoit surtout pour le moment qu'une durée initiale de médiation ne peut excéder 3 mois et qu'elle peut être renouvelée une fois à la demande du médiateur. Ces temps sont parfois nécessaires pour faire du bon travail.


Alors oui, je suis réservée car le diplôme de médiation familiale actuel n'offre que bien peu de garanties tant les médiateurs sont inégaux en formation, en expérience mais aussi quant à la déontologie suivie quand celle-ci n'est pas absente de leurs pratiques. On ne répétera jamais assez que les validations des acquis des expériences n'ont pas été menées sérieusement pour être respectables et offrir toute la sécurité juridique qui doit s'attacher à la médiation du fait des cooptations visibles de certains ou de jurys composés de concurrents directs des candidats !


Si les médiateurs, toutes origines confondues, ne savent pas travailler avec les avocats, c'est l'échec programmé de la médiation...obligatoire.

Il eut été intéressant de commencer par se demander pourquoi la médiation n'a pas pris en France jusqu'ici comme ailleurs en Europe et dans le monde où il y a aussi des avocats et même souvent plus présents à toutes les étapes d'un processus amiable ou judiciaire que dans notre organisation de la justice.

Il faudrait aussi se rappeler que ce sont les avocats qui ont les premiers développé ces techniques de médiation et de négociation raisonnée.


Nom : 2février2010pdf (2).pdf
Taille : 458 Ko

32 commentaires

Quel dommage de ne pas pouvoir lire cet article.

  • Par sylvie.lore le

RE: Quel dommage de ne pas pouvoir lire cet article.

mais le lien incorporé marche ! Ok je rajoute le fichier si ce n'est pas lisible au premier coup d'oeil !


absolument

  • Par brigitte.bogucki le

mettez le sur votre blog directement si vous le pouvez


droit collaboratif

  • Par brigitte.bogucki le

au fait, je me suis permis de vous citer dans un article que je viens de faire à ce sujet sur le site du village de la justice


sur le terrain

  • Par veronique.levrard le

la place de l'Avocat en médiation n'est guère appréciée par les médiateurs familiaux qui nous voient arriver comme des fauteurs de troubles, alors que leurs compétences laisse parfois à désirer, comme vous le soulignez régulièrement.

la médiation préalable pourquoi pas en effet, la suggestion n'est pas mauvaise, mais la place de l'Avocat doit être préservée pour convenir d'accords qui soient juridiquement valables.

le droit collaboratif au quel je suis également formée peut aussi être une excellente alternative au conflit et permettre aux époux de négocier leur séparation dans des conditions raisonnables et raisonnées.


RE: sur le terrain

vous avez raison et c'est d'ailleurs la règle de renvoyer à plus compétent de manière générale mais il y a comme une main mise globale de certains médiateurs qui dépassent leur mission et leurs compétences de base.


merci de l'avoir dit

  • Par brigitte.bogucki le

car le fait que Mme le Ministre n'ait pas même énoncé le mot avocat alors même qu'elle parlait du droit de la famille devant un parterre d'avocats spécialisés est tout à fait regrettable.


médiation mais encore

  • Par brigitte.bogucki le

qui seraient les médiateurs ainsi nommés, quid de leur rémunération, entrerait-elle dans le cadre de l'aide juridictionnelle et à quel titre...


quid des reports,


quid d'un compte-rendu du médiateur en cas d'utilisation abusive du sytème pour gagner du temps...


bref de nombreuses questions qui ne semblaient pas à l'ordre du jour du Ministre


désolée d'intervenir ainsi à répétition sur cette question mais je dois dire que toutes ces réformes envisagées sans le moindre apport des praticiens que nous sommes m'exaspèrent


RE: médiation mais encore

je pense rédiger un article sur l'ensemble des questions posées. Il est certain que la responsabilité civile professionnelle du médiateur va s'en trouver aggravée. Madame la ministre a lancé des idées louables mais au plan pratique, je ne suis pas certaine que les aspects pratiques ont tous été bien vus. a nous de les faire remonter. Cela dit, il faudrait aussi que l'on pense à consulter l'ensemble des auxilioaires de justice en ce compris les médiateurs sur ces épineuses questions.


médiation familiale

  • Par Danielle Gauthier le

Je suis médiatrice familiale, installée depuis septembre 2009 en libéral (diplômée en avril 2009). J'ai lu les différents commentaires avec attention.

Plusieurs remarques.

- certes certains médiateurs peuvent empiéter sur le travail des avocats, mais il s'agit d'une minorité. Les médiateurs ayant obtenu leur diplôme depuis la création du diplôme d'état, et en voie directe, sont très bien informés des limites de leurs missions. Si des accords sont rédigés à la fin du processus de médiation (but aussi de la médiation), personnellement, je demande aux personnes de les transmettre à leur conseil pour avis et mise en forme.

- Oui, il faut que les médiateurs et les avocats travaillent en partenariat, mais je me heurte à certaines "fins de non recevoir de certains cabinets d'avocats". Comment est-il possible de travailler dans nos compétences complémentaires et non concurrentes?

- Vous dites qu'il faudra bien que les médiateurs en libéral réagissent face à la "distorsion de concurrence" qui nous pénalise de fait. Les services subventionnés le sont depuis des années, bien avant le référentiel de formation et la création du D.E. Je dois préciser qu'aucun critère de compétence n'était requis pour recevoir le "label" de la CAF. Depuis, plus aucun service ne peut prétendre à des subventions, le libéral est donc la seule solution pour exercer ce métier. Il ne nous est pas possible de concurrencer les tarifs de ces services : pour information les personnes percevant le RSA, auront à leur charge 2€ par séance, le reste étant payé par la CAF soit 129€ . Pouvons nous parler d'entrave à la libre concurrence? Je précise que dans mon département, un seul service est subventionné et a pour mission (et donc les moyens) d'occuper tout le département. Ce service se retrouve en situation de monopole.

J'aimerai vraiment avoir votre avis, d'autant que toute personne étant en demande (ou par ordonnance du juge) n'aura qu'une seule adresse communiquée, celle du service habilité. Les personnes n'auront pas la liberté de choisir, comme on peut choisir son avocat ou son médecin. C'est regrettable, et peut dans certaines situations être préjudiciable si la confiance envers le médiateur n'est pas établie.

Merci de prendre un peu de votre temps pour me répondre.


RE: médiation familiale

je vous remercie de votre message très intéressant et bien évidemment, je souhaite vous répondre, ce qui est un minimum pour votre apport personnel à la discussion.


- En ce qui concerne le diplôme de médiateur familial, il est certain et à espérer que la situation s'améliore car vous l'avez compris, je dénonce la période transitoire et les conditions de validation des acquis de l'expérience (VAE) qui font que certains médiateurs familiaux ne connaissent pas les limites de leur intervention même ceux qui prétendent donner des leçons aux autres

- pour les avocats, je suis ravie de vous entendre dire que nous devons être partenaires. votre attitude positive et professionnelle n'est pas le cas de tous les médiateurs comme vous pouvez le constater et vous comprendrez que ce qui précède sur ces VAE n'a pas encouragé la profession d'avocat à faire confiance aux médiateurs DE outre que dans certains dossiers, les plus favorables ou les plus attentistes ont été catastrophés par les résultats dévastateurs de certaines médiations. Seul le professionnalisme convaincra les avocats des bienfaits de la médiation et de l'outil formidable que cela représente pour leurs clients.

Je ne sais pas comment en pratique et donc à quel moment, vous vous heurtez à "la fin de non recevoir de certains cabinets d'avocats" de votre région.

le dernier point évoqué par vous y participe si une seule association a droit de cité, il est enfin scandaleux que les magistrats puissent se référer au label CAF qui n'a jamais été un critère de compétence mais simplement une acceptation de travailler à des tarifs impossibles pour un libéral, lesquels pris dans la masse des subventions déjà versées aux mêmes associations outre le bénéfice de l'AJ ont en réalité une prime suppémentaire avec ce tarif d'appel CAF tout à fait artificiel. Bien sûr qu'il faut le dénoncer à la DGCCRF ainsi que l'attitude du TGI, s'il vous est refusé au même titre que l'autre service de figurer dans la liste des médiateurs familiaux ou si vous constatez des désignations qui vont toujours au profit des mêmes. il n'appartient pas aux magistrats de discriminer telle ou telle association en fonction des tarifs qu'elle peut pratiquer. Le fond du problème est qu'il faudrait que ces subventions aux associations cessent car elles sont par nature discriminantes vis à vis des libéraux qui ont tout autant le droit d'exercer que des salariés et a fortiori ceux dont les salaires sont financés par diverses subventions.


RE: médiation familiale

  • Par Danielle Gauthier le

Le partenariat avocats/médiateurs serait-il utopique? Il me semble que la professionnalisation de médiateur familial fait peur aux avocats. Nous entendons souvent que nous allons vous faire perdre des clients! Le recours à un avocat est obligatoire dans le cadre du divorce et votre tarif de base est établi. Toute personne qui vient vous trouver avec des accords de médiation vous allégera votre temps de travail sans que cela allège la facture des personnes.

Comme dans toute profession, il y a des "bons et des moins bons". Les médiateurs n'y échappent pas, les avocats non plus. En tant que médiatrice j'ai pu moi aussi, être scandalisée par l'attitude de certains avocats qui faisaient durer les procédures, un exemple : une avocate qui a demandé à sa cliente de porter plainte contre son ex pour maltraitance, alors que l'enfant avait reçu une toute petite fessée. L'affaire est maintenant sur le bureau de la Juge des Enfants et reviendra après devant le JAF. La "fin de non recevoir" dont je parlai dans mon précédent message vient de tels professionnels.

A chacun de balayer devant sa porte.......

Le droit collaboratif dont on entend parler de plus en plus, n'est-il pas une manière de contourner le recours à la médiation familiale? Nombre d'avocats se forment à la médiation mais par des cycles courts de sensibilisation, encore un moyen de nous ignorer?

Je vous remercie de vos commentaires sur les services subventionnés, je partage votre avis. Je rajoute que le médiateur en libéral n'a pas droit à l'erreur, pas de clients, pas de revenus. Il n'a pas d'autre choix que de faire du bon travail et de se faire une réputation de bon praticien. Le médiateur en service subventionné aura son salaire entier à la fin du mois quel que soit la qualité de son travail et le nombre de médiations qu'il aura effectué.

Enfin, d'un point de vue citoyen, je me demande sur quels fondements les pouvoirs publics financent le règlement de conflits d'ordre familial donc privés.


@ dgauthier sur médiation familiale

La professionnalisation des médiateurs familiaux ne fait certainement pas peur aux avocats et il faut cesser de penser les avocats en termes d'images d'Epinal.

un bon avocat et un libéral ont le souci de bien faire car un client satisfait est toujours plus agréable qu'un client qui ne l'est pas et vous fera une bonne publicité qui est importante car elle permettra d'avoir de nouveaux clients. de plus, l'avocat a une obligation de moyens et un devoir de conseil. son but dans ce contexte n'est certainement pas de faire durer les procédures. enfin, contrairement aux idées reçues, un dossier qui dure n'est pas rentable dans la majeure partie des cas à plus d'un titre. Maintenant que la procédure dure n'est pas de son fait mais de celui des tribunaux anormalement surchargés. On ne peut plus avoir de procédures rapides et diligentes de nos jours et nous sommes les premiers à en subir les conséquences et à hésiter dans certains cas à y recourir. Je me garderai de tout commentaire à l'égard de l'avocate que vous critiquez sans connaître le dossier soumis ni l'origine de vos contacts avec elle si ce n'est que je reste très étonnée et franchement dubitative que la saisine puisse se limiter à une "petite fessée" qui est peut etre la pointe de l'iceberg..

les avocats travaillent au temps utile passé sauf forfaitisation possible mais dans tous les cas, une médiation quand elle est envisageable peut surtout permettre de faire avancer le client différemment et aider l'avocat à lui faire percevoir que son intérêt n'est pas dans ce qu'il croit au départ. ce n'est pas toujours facile car nous avons dans les demandes formulées certaines personnes qui veulent aller au contentieux pour faire payer l'autre en quelque sorte et le refuser n'est pas toujours facile même si la période est propice à une évolution des mentalités. maintenant, la vraie inquiétude est que la négation des droits et des devoirs et de leur connaissance n'est pas non plus la solution. c'est ici que le partenariat évoluera entre compétences et missions différentes mais complémentaires.

L'Etat par la médiation croit pouvoir désengorger les tribunaux et sa charge directe mais tout ne se pretera pas à la médiation et c'est là que le bât blesse.

quant aux subventions aux associations, la réponse est historique car dans le cadre de désengagements de l'Etat d'un certain nombre de missions qu'il ne peut assurer lui-même, le relai des associations a permis de remplir des missions d'intérêt général qui restent moins coûteuses qu'une prise en charge directe sauf que voilà il y a des abus et qu'à ce jour, il vaudrait mieux rémunérer les prestations et favoriser la pratique libérale que d'entretenir des personnes peu sanctionnées sur la qualité de leur travail et le nombre d'actes comme vous le dites. La cour des comptes l'a déjà dénoncé et j'avais commencé à traiter région/région du coût horaire de la médiation qui devient monstrueux.

je pense que cela changera tout simplement parce que le public saura où aller et il est bien connu que ce n'est pas l'apparent bon marché qui ne coûte pas cher en final. La qualité se paye et a un coût qui peut parfaitement s'entendre, se voir et se comprendre. de ce point de vue, il n'y a aucune inquiétude.



RE: @ dgauthier sur médiation familiale

  • Par Manuel Pellegrini le

Bonjour Maître,

Je me permet de vous écrire car je me pose quelques questions. Techniquement parlant, qu'entendez-vous par négociation raisonné ? Je suis un passionné de la Médiation et je ne comprend pas cet intitulé que vous fusionnez avec le mot Médiation. Si je comprend bien, vous exercez la Médiation par la négociation? Si c'est le cas je ne comprend plus rien, car je pensait que la Médiation et la négociation était deux choses différentes. Dans la Médiation, le Médiateur ne donne pas de solutions il les fait émerger. Le conciliateur, voire le négociateur eux apportent des solutions, avec pour risque de devenir arbitre. Nous ne sommes donc plus dans la Médiation. Autre question, comment arrivez-vous à passer de Médiateur à arbitre (Med-Arb). En effet, ma question va dans le sens ou une tierce personne effectue un acte de Médiation, rentre dans l'intimité des gens et ensuite elle effectue un acte d'arbitrage? Deux métiers si différents et contradictoires peuvent-ils cohabiter? J'aimerais assister à une telle séance, et observer la réaction des gens qui viennent au départ pour une Médiation, donc pour un accord à l'amiable. D'autant plus qu'un Médiateur(re) doit vérifier la volonté de rentrer dans le processus de Médiation auprès des parties. Et si ceux-ci savent que vous proposez un arbitrage par la suite, vont-ils bien saisir finalement le processus de Médiation? Merci de m'éclairer maître, pour terminer, une remarque sur la Médiation Familiale. Les Médiateurs familiaux disent vouloir collaborer avec les avocats, je peux vous assurer le contraire. Car j'en connais, et beaucoup. Personnellement, je pense qu'ils ont tord.


RE: @ mpellegrini

En ce qui concerne la technique de" négociation raisonnée" mise au point essentiellement par Ury et fisher, elle s' se distingue de la négociation dite sur positions. elle sert de base au processus de mediation puisqu'il est quetion en médiation de dépasser les positions pour s'intéresser aux intérêts et besoins mutuels en cause. Néanmoins, ce sont es parties qui onfrontent leurs points de vue et négocient leurs accords pas le médiateur !


Pour le med-arb qui devrait en effet faire l'objet d'un billet à lui seul, il ne s'agit pas d'une transformation en arbitrage au cas d'échec. Le choix est initial.


Pour les propos contradictoires tenus par beaucoup de mediateus familiaux en tout cas issu du champ social, à propos de la collaboration avec les avocats, c'est assez connu dans le milieu hélas Mais quelle est votre expérience ?



RE: @ mpellegrini

  • Par Manuel Pellegrini le

Merci Maître pour vos réponses, j'y vois plus clair. Vous êtes très intuitive, mais je ne peux malheureusement pas donner mon identité sur votre blog. En privé oui et je pourrais vous expliquer pourquoi et pourquoi ces questions. En tout cas, je suis heureux de constater que vous aimez la Médiation en tant qu'avocate et triste de voir qu'il y a autant de discussions négatives sur la Médiation en général, sur internet ou ailleur. Cette profession à part entière, en 2010, mériterait que l'on s'y attarde beaucoup plus, au lieu de faire la guerre à savoir qui peut l'exercer ! Moi j'entend et je lit plein de choses sur la Médiation mais je suis persuadé au moins d'une chose, c'est qu'elle représente un progrés social majeur de ce siècle. A la condition bien sûr qu'elle soit bien développée et développée par toutes les professions connexes à la Médiation, car nous savons tous que ça marche ! Merci de me donner de votre précieux temps... un passionné...


RE: @ mpellegrini

mais rien ne vous empeche de m'écrire directement sur l'onglet à propos


pourquoi une telle opposition

  • Par isha le

j'avoue ne pas comprendre, vu de l'extérieur tout cela n'a que peu de sens.


si je vous lis bien, les médiateurs familiaux diplômés, se scinderraient en réalité en deux groupes distincts, les libéraux d'une part et les institutionnels de l'autre et il y aurait une autre scission entre les avocats d'un côté et les psy et sociaux de l'autre...


RE: pourquoi une telle opposition

  • Par Manuel Pelligrini le

Je pense que La Médiation familiale est une sectorisation (secteur) de la Médiation. Elle ne prend pas le conflit dans sa globalité. Je donne mon avis, il n'engage que moi. En ce moment, la question qu'il faut se poser, c'est surtout comment développer la Médiation de manière rationnelle. Tout le monde peut un jour exercer cette profession, je ne vois pas pourquoi les avocats ne la pratiquerait pas ? Certains Médiateurs ne comprennent cela. Si demain je veux être agriculteur alors qu'avant j'étais pilote de ligne, et alors ! Je ne veux blesser personne, mais nous avons en face de nous un "produit" qui s'appelle Médiation. Et l'on ne devrait pas en vivre ! La philosophie n'a pas sa place en 2010 et surtout en Médiation.


RE: pourquoi une telle opposition

  • Par sha le

vous semblez fort désabusé???


Désabusé, un peu oui

  • Par Manuel Pellegrini le

Et il y a de quoi, vu la jungle que doit traverser le public pour comprendre ce qu'est la Médiation, alors je serais même désespéré. Car il faut être réaliste, les Médiateurs sont partouts mais les gens ne savent pas à quoi ils servent. Les Médiateurs eux-même se marchent dessus, parfois, ils ne savent plus quel dossier accepter ou pas, et ça c'est une réalité. Pourquoi c'est la jungle, parce qu'il y a un manque d'informations sur cette profession à part entière, n'existe-t-il pas la directive du 21 mai 2008 du parlement européen, qui contrairement à ce que l'on dit, ne concerne pas que les litiges transfrontaliers ? Pourquoi c est la jungle, parce ce qu'il n'y a pas de cadre, de règlementation stricte, pour le plus grand bonheur de certains, et le plus grand malheur de la Médiation. Mais cela tous le monde le sait. Les Médiateurs ont les même problèmes que les psychologues jadis. La Médiation devrait être une des causes nationale à défendre dans un pays malheureux et lui aussi désabusé (dernier rapport du Médiateur de la République). Et ça aussi tout le monde le sait, et les sociologues le savent aussi, mais accentuent la peur Française en rédigeant des mémorandum sur la Médiation à faire vomir. Eux-aussi vont devenir des "médiateurs-sociologiques" vous verrez, ça ne tardera pas. La Médiation doit être défendue bec et ongle, elle salvatrice, prône la paix moderne pour une société moderne. Le besoin du dialogue est apparu au début des années 80 en France, ce n'est pas un hasard. Nous sommes en 2010, et les gens se renferment de plus en plus, ou est l'erreur ? Forcément, s'il ne comprennent rien à la Médiation ou si ce mot est employé n'importe comment et par n'importe qui cela crée une grande méfiance du public, c'est normal.


RE: jungle de la médiation

  • Par gauthier danielle le

Le terme de jungle me parait fort approprié. Des médiateurs fleurissent partout...

Pour les médiateurs familiaux il existe un cadre, un code de déontologie ou des principes déontologiques auxquels nous adhérons tous. Il existe un diplôme d'état pour les médiateurs familiaux, et aussi des formations qualifiantes et DU pour les médiateurs dits "généralistes". Il est regrettable et préjudiciable pour les personnes qualifiés de voir s'installer ici et là des personnes non qualifiées, s'auto proclamant médiateur et de surcroît se réclamant compétents dans le domaine des divorce et de ses effets. Je vois maintenant apparaître des personnes se réclamant d'une pratique de "médiation moderne". Ah bon! parce qu'il y avait une "médiation ancienne"?

La faille étant que le titre de médiateur familial n'est pas protégé.

Le discrédit ainsi jeté ne peut que rajouter de la confusion et de la méfiance chez les personnes venant consulter. Quant aux professionnels partenaires il est facile de leur communiquer la preuve de notre qualification s'ils le souhaitent.

Il existe effectivement des différences de traitement par les pouvoirs publics entre les services de médiation subventionnés (prestation à la fonction, prestation de service, mise à disposition de locaux gratuits ou pour une somme symbolique, porte d'entrée assurée auprès des tribunaux et autres services publics.....)


Il faut différencier qualification et compétence. Si le diplôme est un critère non négligeable de reconnaissance du professionnel, la pratique sera "validée" par les clients et les partenaires. Malgré cette dernière remarque, je tiens quand même à inciter à la prudence. Ce n'est pas parce qu'une médiation n'aboutit pas à des accords que l'on peut parler d'échec pour autant. Ce qui s'est dit, s'est passé dans l'espace médiation ne sera peut-être pas visible immédiatement. Il faut du temps pour que les personnes cheminent....

Plus que quiconque, le médiateur familial installé en libéral devra apporter la preuve de sa compétence. Pas de clients : pas de revenus et de lourdes charges à payer..... contrairement effectivement aux services subventionnés où les médiateurs auront le même salaire à la fin du mois qu'elles que soient le nombre de médiations qu'ils auront effectuées.


Nous sommes quelques médiateurs familiaux à vouloir porter ce problème de distorsion au niveau national. Soyons optimistes, ne sommes nous pas dans un monde où chacun prône qu'il faut régler les différents par le dialogue et la médiation....




RE: jungle de la médiation

  • Par Manuel Pellegrini le

Bonjour Madame,

oui je suis d'accord avec vous, et comme j'ai déjà dit, seule un réglementation stricte permettra de bien réguler les choses. Après je vois deux solutions : soit on fait un diplôme à chaque secteurs d'activité de la Médiation donc une spécialisation, comme dans la médecine, soit un diplôme général. Je ne sais pas, le champ de culture est tellement vaste que l'on ne sait pas trop ou planter.

Après, je réagis par rapport à ce dont vous parlez, au niveau des compétences.

Je ne suis pas un "pro" de la médiation, mais il n'est pas évident de juger et jauger les compétences des gens. Pendant 4 ans, j'ai travaillé comme employé de bureau dans une entreprise de BTP. J'y suis rentré sans diplôme, au culot et j'ai dit tout simplement à mon patron que s'il me formait sur le terrain (enfin dans le bureau !) il y gagnerait beaucoup plus que d'employer une personne à BAC je ne sais pas combien. Cela a marché ! Après il ne voulait plus me laisser partir car il estimait que j'étais beaucoup plus fort dans mon travail que d'autres. Et si dans la médiation, les médiateurs professionnels formaient gratuitement leurs "stagiaires" ou "élèves" à ce moment là, cela deviendrait de l'intérêt général et servirait notre "société-sociale". Ensuite Madame, là aussi je l 'ai déjà expliqué plus haut je crois, la médiation est un produit, en 2010 c'est évident, c'est une réalité économique. le conflit est un produit, comme le cerveau et le psychisme sont des produits, en neurosciences et en psychologie. Mais c'est l'être humain qui à petit à petit construit cette économie du produit. Enfin, ne vous inquiétez pas Madame sur les termes qu'emploient les professionnels de votre discipline, le principal mot qu'il faut retenir et qui est d'ailleurs toujours employé, c'est le mot Médiation. Je suis tout simplement content d'entendre ce mot et puis quand les médiateurs devront tous se professionnaliser ils le feront ou pas. Ils verront bien. De toutes façons, il me semble que ceux qui ne connaissent strictement rien aux techniques de médiation n'iront pas bien loin et n'auront plus personne dans leur bureau. Ne nous inquiétons donc pas !


RE: jungle de la médiation

  • Par isha le

la néophyte que je suis a beaucoup de mal à comprendre cette sorte de concurrence entre le privé et le public, qui ne semble au final bénéficier à personne


RE: jungle de la médiation

  • Par Manuel Pellegrini le

Oui la concurence est partout, mais il toujours été prouvé que la concurence était bénéfique.


RE: jungle de la médiation

  • Par Manuel Pellegrini le

Elle commence à en bénéficier, j'ai l'intime conviction que bientôt, l'accelération va être foudroyante au niveau de la Médiation. La négociation et la conciliation seront désuetes.


RE: jungle de la médiation

  • Par Danielle Gauthier le

Je ne parlerai pas de concurrence entre privé et public (bien que....)

Il s'agit en fait de ce qui peut être qualifié d'entrave à la libre concurrence et comme souligné, la concurrence fait avancer les choses.

Pourquoi une entrave? Parce que les personnes s'adressant à un service de médiation familiale subventionné paieront en fonction de leurs revenus ( 2€ pour les personnes percevant le RSA). Le complément étant financé par le CAF et autre financeurs.

Vous comprendrez qu'un médiateur familial en libéral ne peut pas être concurrentiel devant de tels tarifs. Une séance de médiation dure entre 1h30 et 2h, auquel il faut rajouter un travail de prise de note et autre. La CAF ne finance plus aucun nouveau service, les nouveaux médiateurs formés pour exercer, n'ont pas le choix, ils s'installent en libéral.

L'entrave à la libre concurrence est criante dans les départements ou il n'existe qu'un seul service bénéficiant des fonds publics pour exercer sur tout le département. Les personnes à faible revenus n'auront aucun choix, elles rencontreront le médiateur qui fera payer le moins cher. Et pourtant, il est essentiel que les personnes établissent une relation de confiance avec le médiateur, ce qui n'est pas toujours le cas (selon des considérations très personnelles et parfois inconscientes). Dans ces cas là, ça passe ou ça casse!!! Pas d'autre alternative pour eux, retour à la case conflit, ou à la case justice.

Pour que la médiation familiale se développe, il est grand temps que les pouvoirs publics considèrent et soutiennent les "nouveaux médiateurs" (ceux diplômés depuis la création du diplôme d'Etat) de la même manière qu'ils soutiennent et financent les "anciens"


RE: jungle de la médiation

  • Par Manuel Pellegrini le

Il y beaucoup de chances pour que la Médiation soit privée et publique. Les Médiateurs privés prendront des risques, les Médiateurs publics seront des fonctionnaires de la Médiation Etatique avec des salaires fixes. Il n'y aura pas de monopoles car à ce moment-là, nous aurons dépassé l'émergence de la Médiation puisque nous en serons à son développement.


@pellegrini

  • Par isha le

je vous lis avec beaucoup d'intérêt mais vu votre passion, avez vous eu l'occasion de bénéficier des services de médiateurs ou est ce un intérêt purement intellectuel?


RE: @pellegrini

  • Par Manuel Pellegrini le

Intellectuel oui. J'ai aussi le souhait, que la Médiation se généralise. Et plus tard l'arbitrage de façon naturelle.


RE: @pellegrini

  • Par Isha le

pourquoi l'arbitrage, quel lien faites vous avec la médiation?


RE: @pellegrini

  • Par Manuel Pellegrini le

Le lien est social et économique : Comme à chaque nouveau produit, il faut un temps d'adaptation plus ou moins rapide. J'appelle cela le temps d'émergence. Pour la Médiation, je l'estime de 15 à 17 ans environ suivant les décisions politiques bien-sûr. Nous en sommes à la moitié, 7 à 8 ans. Donc juste avant 2020 la Médiation aura émergé. Ensuite, elle resplendira pendant un demi siècle environ. Mais vers 2070, les choses auront bien changés autour de nous. Nouvelle accélération du modernisme, comme il y a 60 ans. Seulement, notre société nomade que l'on connaît déjà, va devenir multi-nomade et surtout ultra-nomade. Les gens voudront aller encore plus vite, au moins cher, habiteront PARIS, travailleront à MADRID et dans leur avion en rentrant chez eux le soir, appelleront un arbitre, pour résoudre un conflit, impérativement dans le week-end. Le lundi, L'arbitre aura prononcé sa décision. Evidemment, il y aura des arbitrages moins rapide, mais les arbitres seront formés à la vitesse de prise de décision, issue d'ailleurs des enseignements d'aide à la prise de décision de la Médiation auparavant.