janv.
23

Pratique judiciaire de la médiation familiale à Evry (91)

  • Par dominique.lopez-eychenie le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

A Evry, la médiation familiale est en vogue et il y a une réelle collaboration en la matière entre les avocats et les JAF.


Systématiquement, les JAF lorsque la médiation leur parait une solution potentielle proposent aux parents un rendez-vous d'information à la médiation.


En outre dans leurs décisions, ils ordonnent aux parties de rencontrer un médiateur et désignent une association de médiation en prévoyant le cas échéant une consignation et selon les cas, ils fixent ou non une date de report, de sorte que la médiation puisse se dérouler au mieux.


Au TGI, deux associations les recoivent dans leurs locaux, deux autres les recoivent à l'extérieur.


Les avocats peuvent accompagner leurs clients lors de cette réunion d'information et ensuite lors de la médiation elle-même. C'est une évidence qui mérite d'être rappelée.


Selon les statistiques locales, environ 10% des personnes ainsi informées vont en médiation.



7 commentaires

Mr

  • Par Lefeuvre le

Vous parlez de la collaboration JAF-Avocats, de médiation familiale et d'associations de médiation et de présence des avocats lors de la réunion d'information sur la médiation.

Je ne vois pas nommés les médiateurs familiaux, la médiation familiale, les associations.

Autre point qui pose le principe même de la médiation familiale est la présence des avocats au cours de la série d'entretien de médiation familiale. comment collaborer pour la reconnaissance des différences des personnes, des lieux, des métiers, des fonctions, des compétences et des métiers.

Cordialement

Dominique Lefeuvre


RE: Mr

je n'ai pas à faire de pub pour une association/un médiateur plus qu'un(e) autre. Il s'agit d'informer purement et simplement.


je ne suis pas sûre de comprendre votre dernière question sur la collaboration pour la reconnaissance des différences citées. Je ne vois pas que pour l'instant, il y en ait dans l'esprit des justiciables concernés sauf à considérer que la présence des avocats en médiation puisse vous déranger. Elle n'a rien d'incompatible pour s'assurer notamment que les droits des parties à un cadre et un processus de médiation dans les règles de l'art soient respectés par le médiateur, ce qui est même un devoir quand il y a un doute. je ne vois pas que cela empêche les bons professionnels de travailler efficacement.


Médiateur familial

  • Par Lefeuvre le

La présence des avocats au cours des entretiens de médiation familiale est incompatible avec le principe même du dispositif de médiation familiale dont la proposition est la rencontre directe entre les personnes concernées. Les nommer "parties", les assignent à leur place dans une procédure judiciaire et à une identité restreinte à un litige.

Cordialement

Dominique lefeuvre


RE: Médiateur familial

je ne suis pas d'accord du tout avec vos propos.

Les avocats ont leur place pleine et entière s'ils le souhaitent sous réserve d'être en retrait pour permettre un échange direct avec les parties qui sont parties si nous sommes en médiation judiciaire que vous le vouliez ou non. Par ailleurs, cela veut aussi dire dans un conflit familial qu'il peut y avoir plusieurs personnes de chaque côté. Enfin, un litige est un litige sérieux s'il arrive au judiciaire, il n'y a pas lieu de de le nier avec les risques patents. je les nomme pas parties eux-mêmes mais il faut cesser d'infantiliser et de penser que parce qu'on devient jusiticiable, on perd toute identité propre et qu'on ne peut plus faire la part des choses.

En pratique, certains de vos collègues ont pu justement dire que devant une hésitation, cela aidait beaucoup d'avoir les avocats dont je ne préconise pas non plus la présence tout au long de la médiation.

Refuser les avocats à la médiation, c'est interdire aux parties d'avoir un conseil qui va éclairer leur consentement. résultat soit ils refuseront de signer l'accord; soit celui ci exposera à la sortie de la médiation à la première difficulté !


RE: Médiateur familial

  • Par brigitte.bogucki le

Monsieur Lefeuvre, je suis sidérée à vous lire sur votre vision de l'intervention des avocats lors de la médiation.


Comment pouvez vous à la fois parler de médiation judiciaire et nous exclure??? Il ne s'agit pas d'une discussion à bâtons rompus pour apaiser un conflit simple mais bien d'une modalité alternative de règlement d'un conflit que sa gravité a amené sur le plan judiciaire.


Les personnes concernées ne pourront trouver un accord pérenne et viable qu'à la condition qu'elles soient totalement informées de leurs droits et des conséquences de leurs accords, afin qu'elles le prennent en toute connaissance de cause. Vous devriez, en tant que médiateur, être le premier à savoir que ce qui reste dans l'ombre, le non-dit, est la cause de bien des conflits...


Et il est bien moins risqué pour la médiation que les avocats puissent s'exprimer en présence des intéressés pour éviter toute difficulté de communication.


A vous lire je comprends mieux pourquoi trop souvent des clients reviennent vers nous après avoir signé un accord juridiquement impossible et s'étonnent de ne pas avoir été informés par le médiateur.


Vous n'avez pas les compétences juridiques, soyez assez humbles pour faire appel aux experts dans l'intérêt de vos médiés.


Nous sommes (je ne suis pas la seule loin de là) très favorables à la médiation et aux solutions amiables et notre propos n'est pas de "mettre de l'huile sur le feu".



Médiateur familial

  • Par Lefeuvre le

Je suis médusé du langage de sourd. Je parle de médiation familiale judiciaire exercée par des médiateurs familiaux DE en articulation mais en différence du travail des avocats et de la procédure. Certains juges aux affaires familiales semblent mieux appréhender la nécessaire rencontre directe entre les personnes avec un uniquement tiers qui ne soit pas partie prenante dans la procédure.

Etre parent dans le quotidien ne se fait pas avec un code civil à la main. Les compétences des avocats ne sont pas celles des médiateurs familiaux, elles sont différentes et peuvent se penser complémentaires.

Nous sommes nombreux à situer la médiation familiale autrement que sous les notions de MARC.

Est-il possible que les lecteurs habituels de ce blog puissent participer à une réflexion où la question de la place de chaque personne, celles de chaque professionnel n'aboutisse pas à poser comme un leitmotif les compétences supérieures des avocats ?

Avez-vous déjà participé à un entretien de médiation familiale avec un médiateur familial expérimenté "suffisamment" détaché de sa profession d'origine ?

Cordialement

Dominique Lefeuvre


RE: Médiateur familial

Je ne vois pas qu'il s'agisse ici d'un langage de sourds. Chacun est libre de s'exprimer comme il l'entend sous réserve que le propos ne soit pas injurieux.


Il n'y a pas que certains juges aux affaires familiales qui soient favorables à une rencontre directe avec un médiateur car certains avocats le sont aussi et nous en sommes. C'est ce qui vient de vous être exprimé par Me Bogucki. pour autant, je ne vois pas que rencontre directe soit exclusive de la présence des avocats. Il n'a jamais été question dans ce contexte de confondre les rôles de chacun simplement de les respecter de part et d'autre.


Pour autant, si être parent dans le quotidien ne se fait pas avec un code civil à la main, la séparation est un dysfonctionnement qui a des incidences non négligeables pour le foyer considéré qui peut être destructeur dont les premières victimes sont d'ailleurs souvent les enfants et bref de façon générale, les personnes les plus faibles et les moins à même de réagir pour des motifs psychologiques ou/et même tout simplement économiques. Et là heureusement, il y a le code civil pour poser des règles qui visent à faire respecter les droits et devoirs de tout un chacun pour éviter que s'impose la loi du plus fort précisément. Il n'est donc pas question que par le fait d'un médiateur indélicat qui n' a rien de neutre et d'impartial, le code civil soit oublié voire violé sur des règles strictes et élémentaires comme celle du consentement.

Et la médiation est bien un mode alternatif au judiciaire de résolution des conflits car sinon elle se substituerait aux compétences des thérapeutes, des psy etc.

Ce que veut vous dire Me Bogucki, c'est qu'ensuite nous récupérons des clients dans certains cas blessés par la médiation qui n'ont pas compris ce à quoi on les a amenés dont ils n'ont pas saisi toutes les incidences pour pouvoir l'accepter tel quel et ne l'auraient pas fait s'ils les avaient connus. quel est l'intérêt d"un accord arraché ?!


En tant que médiateur et délégué IDF de l'APMF, vous ne pouvez méconnaître ces problèmes qui sont manifestement peu sanctionnés par votre association et cela ne peut plus durer. La médiation n'aura qu'à y gagner.

Je trouve pour ma part que les avocats ont réagi jusqu'ici calmement face à ces dérives inacceptables qui nuisent directement aux personnes venant en médiation mais aussi à la médiation.

Un médiateur n'a pas à conseiller et certains le font et disent vraiment n'importe quoi, parfois en toute bonne foi, mais c'est une faute qui peut avoir des incidences graves. La compétence d'un médiateur, c'est aussi de savoir renvoyer à d'autres formes d'aide que la sienne que ce soit un psy, avocat, travailleur social, thérapeute. Ne pas le faire ou refuser de le faire est une faute professionnelle et se substituer à professionnels plus compétents est une faute plus grave encore.

Alors j'invite mes lecteurs de tous bords et de tous origines à être vigilants et à en débattre, c'est un vrai problème . Il n'est pas question de « compétences supérieures des avocats » mais plutôt d'insuffisance professionnelle ou de fautes de certains médiateurs qui s'attribuent des compétences qu'ils n'ont pas.


Vous me demandez si j'ai "participé à un entretien de médiation familiale avec un médiateur familial expérimenté "suffisamment" détaché de sa profession d'origine ? Oui , je connais des médiateurs expérimentés détachés de leur profession d'origine exerçant dans le domaine familial majoritairement hélas ailleurs qu'en France. Justement, ces mêmes médiateurs sourient de ce titre de médiateur familial DE franco français pensé pour des travailleurs sociaux avec des validations basées sur le livret d'éducateur qui est sans rapport avec la médiation et totalement inadapté aux autres professions. Ces VAE françaises n'ont visé qu'à montrer que certains ne sont vraiment pas détachés de leur profession d'origine de travailleur social comme vous dites pour se penser compétents par nature sans doute plus que d'autres pour aller même jusqu'à s'être cooptés entre eux.


Mais j'ai aussi une question pour vous, avez-vous « participé à un entretien de médiation familiale avec un médiateur familial expérimenté "suffisamment" détaché de sa profession d'origine » pour pouvoir renvoyer les personnes vers leurs avocats ou un avocat pour la rédaction de l'accord passé ?



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