nov.
20

Quand les policiers "républicains" s'insurgent contre les droits de l'Homme

  • Par didier.richard le
  • Dernier commentaire ajouté

Je livre à votre reflexion un communiqué proprement effarant d'un syndicat de police .Cela en dit long sur la conception que les forces de l'ordre ont de leur mission et du respect des règles fondamentales....








"G.A.V ILLEGALES : CAMPAGNE PUBLICITAIRE DES AVOCATS !




SYNERGIE-OFFICIERS constate aujourd'hui qu'il est demandé aux avocats d'engager des

recours en annulation de TOUTES les procédures ayant entraîné des mesures de gardes à vue

au motif qu'un arrêt de la Cour Européenne des Droits de l'Homme du 13 Octobre 2009, juge

le système des gardes à vue non conforme aux droits de la défense


SYNERGIE-OFFICIERS s'insurge contre ces accusations graves portés contre les policiers

présentés comme les vigiles zélés d'un totalitarisme larvé et qui jettent encore un peu plus la

suspicion sur des femmes et des hommes qui n'ont pas de leçons d'intégrité à recevoir de la

part de commerciaux dont les compétences en matière pénale sont proportionnelles au

montant des honoraires perçus !


SYNERGIE-OFFICIERS refuse de revenir une fois de plus sur la conscience

professionnelle et la probité des enquêteurs travaillant à charge et à décharge sans être

inféodés à telle ou telle partie.


SYNERGIE-OFFICIERS s'inquiète très sérieusement des grandes manoeuvres en cours

depuis plusieurs mois autour de la chose pénale et dont la finalité ne semble pas être

d'améliorer la qualité de la Justice rendue mais bel et bien de préparer le terrain à la main

mise des avocats sur le fonctionnement total de la Justice.


Rappelons-le, les avocats ne sont pas les garants des libertés publiques, ils

ne sont que les représentants des intérêts particuliers de leurs clients !


SYNERGHIE-OFFICIERS exige des politiques qu'ils se prononcent rapidement sur

l'avenir de la procédure pénale de ce pays pour sortir enfin du gué et choisir enfin entre un

système accusatoire (de type anglo-saxon) ou inquisitoire (de type continental).


Après une Loi Pénitentiaire qui revient à ne plus mettre hors d'état de nuire la majorité des

prédateurs sociaux, la future réforme de la procédure pénale risque d'achever ce qui reste

d'équilibre dans le pacte républicain. Pour ne pas renouveler la mascarade du rapport Léger, il

est impératif que les véritables techniciens de la procédure pénale que sont les officiers de

police soient enfin écoutés mais surtout entendus !


A défaut et afin de préparer le changement de statut des enquêteurs qui devront quitter la

fonction publique pour intégrer le secteur tertiaire en allant travailler pour des avocats dans

des cabinets d'enquêtes privées (au moins, les choses seront claires) il serait en effet utile

que les organisations syndicales soient prévenues suffisamment tôt pour mieux préparer les

dossiers de reconversion.

Tant pis pour les victimes... "


13 commentaires

Dediou...

  • Par laurent.epailly le

c'est un chouïa diffamatoire, ça.



Il faut rester calme ...

  • Par Patrick Delbar le

J'avais déjà pris connaissance de cette intervention qui est évidemment une provocation à laquelle les avocats ne doivent pas répondre.

Les policiers sont déboussolés parce qu'ils ont été formatés par des écoles où les avocats sont présentés soit comme les complices de leurs clients ou comme des individus ne pensant qu'à ponctionner l'argent de ceux qu'ils défendent.

Les réactions ont été les mêmes lorsque nous sommes intervenus en garde à vue.

La présence de l'avocat lors des interrogatoires en garde à vue est inéluctable et les policiers le savent alors en désespoir de cause certains extrémistes tentent de salir notre profession.

La Cour européenne des droits de l'homme ne porte aucune accusation à l'encontre de la police française. Elle indique simplement que l'avocat doit être présent si le gardé à vue le souhaite.

La Cour ne dit pas qu'il s'agit d'une atteinte au droits de la défense mais bien aux droits de l'homme !

La conférence régionale des bâtonniers demande à tous les avocats de déposer des conclusions de nullité des procédures.

Il s'agit simplement de faire respecter les droits de l'homme et certainement pas de s'attaquer à la police.

D'ailleurs dans leur immense majorité les avocats et les policiers se respectent car ils sont des citoyens au service de la loi, de la démocratie et des français.

Le problème provient que nous ne nous parlons pas assez.



“Pas sur la tête...”

  • Par Muriel Cuadrado le

Monsieur le Bâtonnier vous avez tout à fait raison, et nous devrions même tendre l'autre joue...

Le fait d'être considéré comme une serpillière sur laquelle on s'essuie les pieds dessus, est tout à l'honneur de notre profession.

A force de courber l'échine nous allons finir par ramper...

C'est dans ces moments là que je mesure la reconnaissance et l'utilité sociale de la profession d'avocat et le respect que nous devrions inspirer.

On a les avocats qu'on mérite...


Muriel Cuadrado


Je ne crois vraiment pas

qu'il s'agisse d'une question de communication...


RE: Je ne crois vraiment pas

  • Par Maxime MOULIN le

Monsieur le Bâtonnier,


Je crains que le syndicat SYNERG(H)IE ne partage pas la finesse de votre analyse concernant la portée des arrêts de la CEDH.


Certes, on peut ne pas être d'accord avec ce syndicat mais il ne lui était pas interdit d'y mettre les formes :


"G.A.V ILLEGALES : CAMPAGNE PUBLICITAIRE DES AVOCATS ! "

"préparer le terrain à la main mise des avocats sur le fonctionnement total de la Justice"

"les avocats ne sont pas les garants des libertés publiques, ils ne sont que les représentants des intérêts particuliers de leurs clients"

"recevoir de la part de commerciaux dont les compétences en matière pénale sont proportionnelles au montant des honoraires perçus"

"tant pis pour les victimes ..."


Et il ne faudrait pas répondre !


Je ne partage pas votre analyse Monsieur le Bâtonnier, je pense que les bornes sont dépassées.


J'envisage donc, avec d'autres confrères, de prendre la plume et de répondre au syndicat SYNERG(H)IE-OFFICIERS si nos instances, notamment locales, ne réagissent pas.


Nous en avons assez de passer pour des gens avides, sans conscience et, aujourd'hui, pour des incompétents aux yeux des officiers de police qui, au demeurant, sont contents d'avoir un avocat à leur côté lorsqu'il s'agit de solliciter des dommages et intérêts lorsqu'ils sont victimes, dans le cadre de leur mission de service public, de violences.


Cordialement,


Quel est le but recherché par ce syndicat d'officiers de police ?

  • Par Patrick Delbar le

Mon cher Confrère,


Ils veulent créer une polémique et je ne pense qu'il faille y rentrer.

Ceux qui me connaissent savent qu'il n'est pas dans mes habitudes de

transiger avec les droits de l'homme.

NOUS SOMMES EVIDEMMENT LES GARANTS DES LIBERTES PUBLIQUES puisque sans nous les tribunaux ne seraient que des boîtes d'enregistrement.

Notre objectif doit être que la présence de l'avocat lors des interrogatoires s'inscrivent le plus vite possible dans notre droit positif.

Et il hors de question d'inviter ce syndicat d'officiers de police aux discussions que nous pourrons avoir avec le ministère de la justice.

Il n'attendent que cela.

Ce n'est pas l'envie qui me manque de leur écrire ma colère vis à vis de tels propos injurieux et inadmissibles.

Ce serait une erreur et se mettre à leur triste niveau.

Ce n'est évidemment qu'une appréciation personnelle.

Sachez que je partage votre indignation et j'espère qu'elle sera partagée par tous les avocats.

Vous avez raison de souligner que des avocats défendent des policiers tant comme victime que comme prévenu.

Comme je désire terminer cette lettre par une note positive vis à vis de nos policiers, je voudrais avoir une pensée pour deux de mes clients gardiens de la paix qui n'ont pas hésité à risquer leurs vies dans l'exercice de leurs fonctions.

Je suis très fier de les assister et nous avons longuement discuté de l'utilité de nos métiers respectifs ; je dois dire que nous étions très proches sur de nombreux points.

C'est évidemment l'avis de ces personnes de terrain qui m'importe plutôt que ceux de certains policiers technocrates et frustrés.


Votre bien dévoué.


Patrick Delbar

Ancien Bâtonnier de l'Ordre des Avocats au barreau de Lille




RE: Quel est le but recherché par ce syndicat d'officiers de police ?

  • Par Maxime MOULIN le

Monsieur le Bâtonnier,


Vous pensez bien qu'il n'aurait pas été question de se "mettre à leur niveau".


Je sais pertinnement que vous ne transigez pas avec les "droits de l'homme" mais, sauf erreur, ce syndicat professionnel n'est pas minoritaire et, sauf une seconde erreur de ma part, il est proche du syndicat ALLIANCE qui, je crois, est majoritaire.


Loin de moi également l'idée de créer l'amalgame entre les "policiers de terrain" et des "policiers technocrates et frustrés" car, pour ma part, les rapports que j'entretiens avec les policiers au palais sont bons et, parfois, il nous arrive d'être d'accord sur certains points lors de nos discussions.


Pour autant, je ne transige pas non plus avec les valeurs qu'incarnent notre profession.


Nous sommes des auxiliaires de justice et devons bénéficier d'un minimum de respect.


Remplaçons le mots AVOCAT par MAGISTRAT, HONORAIRES par TRAITEMENT, et les syndicats de magistrats auraient immédiatement répondu.


A la marge, le syndicat SYNERG(H)IE en représentant des "professionnels de la procédure pénale" (sic) omet dans son raisonnement (s'agit-il d'un raisonnement ?) que les arrêts de la CEDH n'ont pas été écrits par des AVOCATS mais par des MAGISTRATS ...


Alors, oui ... Nous devons réagir.


Je vous prie d'agréer, Monsieur le Bâtonnier, l'expression de mon profond respect.


RE: Quel est le but recherché par ce syndicat d'officiers de police ?

  • Par didier.richard le

Mes chers confrères,

2 observations:

-Bien entendu tous les agents de la force publique ne sont pas tous des nostalgiques de Vichy, des ratonnades de la guerre d'Algérie ou des admirateurs du préfet Papon.

-Cependant les relents véhiculés par ce communiqué rédigé par des officiers de police judiciaire ne peuvent rester sans réponse.Au mieux cela signifie qu'ils ne savent pas lire une décision de justice ,qu'ils ignorent les règles fondamentales posées par la convention européennes des droits de l'Homme et ils n'ont rien à faire dans la police judiciaire.Au pire,ils pensent ce qu'ils ont écrit et alors ils sont un danger pour la démocratie et ne peuvent accomplir les fonctions que le peuple français leur a confié.


RE: Quel est le but recherché par ce syndicat d'officiers de police ?

  • Par Olivier Maricourt le

En l'espèce je renvoie à un précédent billet intitulé « Chiche !»...



Monsieur le Bâtonnier, je ne vous ai pas connu comme Bâtonnier en exercice, mais des Confrères plus anciens m'ont raconté vos combats souvent difficiles et acharnés.

Et à lire votre premier commentaire j'avoue ne pas comprendre votre absence de fermeté.


Enfin pour nous tous je ne peux m'empêcher de citer l'un des mes auteurs préférés :


« N'écoutez jamais ceux qui vous conseille de répondre aux insultes par le mépris : il faut répondre à l'insulte par l'insulte, voire la gifle. On ne défend pas son honneur en s'asseyant dessus.

Il n'est pas de mal plus grand que de se soumettre à l'injustice et la violence par peur de la guerre. Dès lors que vous vous montrez incapable de défendre vos droits contre un agresseur, il n'y a plus de limite aux exigences et aux humiliations que vous aurez à subir »

(Lettre du 22 janvier 1927 au Premier Ministre britannique Stanley Baldwin)


Son nom ? Sir Winston Leonard Spencer-Churchill.


Et puis quoi encore ?

  • Par Nicolas Drancourt le

Je soutiens Maxime et Olivier, c'est bien beau de se draper dans sa dignité, comme si nous n'avions pas à répondre.

Sans reprendre Sir Winston, aux bons mots qui ne sont pas sans rappeler ceux d'un Clémenceau, l'honneur de la profession doit se défendre et le silence n'est pas se défendre.


Ca fait des années qu'aux insultes, au mépris, nous opposons un silence digne et fort inutile. Le silence, c'est accepter, c'est baisser la tête, c'est laisser dire, ne dit-on pas, subir en silence ?

Les notaires nous diffament chaque jour, les policiers et nombre d'hommes politiques nous méprisent pour ce que nous sommes, il va falloir arrêter de courber la tête sous les fourches caudines !


RE: Et puis quoi encore ?

  • Par didier.richard le

Nous sommes tous d'accord sur le fait que nous devons réagir à cette agression.J'ai mis ce texte sur mon blog pour que tous soient informés sur le mépris que certains ont des droits fondamentaux et des droits de la défense qui en découlent.

La réponse pour etre entendue doit etre nationale, ferme et intransigeante sur nos valeurs. Là où je rejoins Patrick DELBAR, c'est sur le ton du communiqué qui, à l'inverse de ce tract injurieux, doit prendre de la hauteur .


Re-Action

  • Par Maxime MOULIN le

Bonsoir,


Effectivement, il importe de ne pas se mettre à leur niveau car nous n'en sortirions pas grandis.


Pour autant, il convient que nous soyons fermes sur le fond et respectueux sur la forme.


SYNERG(H)IE est un syndicat de policiers, il ne représente pas tous les policiers.


Peut-être que les sections locales ne partagent pas cette vision ? Peut-être que d'autres syndicats de policiers ne la partagent pas non plus ?


Mais je crois qu'il convient de ne plus rien laisser passer.


RE: Re-Action

  • Par CS le

La presse se fait l'écho chaque jour des dérapages des services de police. C'est encore le cas ce jour avec un jeune français d'origine marocaine , maltraité , sans parler des contrôles au faciès qui font honte à un Etat de Droit. Tout individu , quelque soit son origine , sa religion , et sa couleur de peau a droit au respect. J'ai honte d'être français quand je vois comment se comporte sa police. Et après , on va prôner l'intégration ? Il me semble que la France était nettement moins regardante quand il s'agissait d'envoyer au front les tabors , tirailleurs et troupes coloniales en manière générale. C'est maintenant que nous devons payer cette dette .


Connexion
Création d'un membre
Création d'un espace
Inscription à une communauté
Partage d'une publication
Modification d'une publication
Suppression d'une publication
Suivi des modifications d'une publication
Suivi des modifications d'un commentaire
Ajout d'un commentaire
Réponse à un commentaire