avocat (5)

nov.
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Les avocats invités à diversifier leurs activités

  • Par david.castel le




[ 04/11/08 ]


Alors que les conclusions de la commission chargée de dessiner les contours de la future « grande profession du droit » sont attendues pour la fin de l'année, son président, Jean-Michel Darrois, fait un premier état des lieux des discussions en cours.


Le droit n'a jamais été aussi présent dans la vie quotidienne des entreprises comme dans celle des citoyens. Et il n'a jamais autant attiré les convoitises. Avocats, notaires, chacun défend son territoire. Et les nouveaux entrants sur ce marché sont de plus en plus nombreux : experts-comptables, assureurs, banquiers, mais aussi consultants en « optimisation de coûts ». Tous ont été reçus par la commission Darrois, chargée par le président de la République de réfléchir aux contours d'une « grande profession du droit », et dont les conclusions sont attendues pour la fin de l'année. Pour son président, Jean-Michel Darrois, lui-même avocat d'affaires, « on ne peut pas laisser à tout le monde l'activité du droit, ce n'est pas dans notre tradition et c'est dangereux ». Mais la porte n'est pas totalement fermée : « Est-ce qu'il ne faut tout de même pas permettre, sous conditions, à d'autres professions d'en faire de manière annexe ? C'est en discussion. »


Des propos prudents qui visent à rassurer, en partie, une profession qui vit un véritable tournant : « On constate un mouvement ambigu de judiciarisation de la société, d'une part, et de diminution statistique du nombre de procès, de l'autre. Par conséquent, les avocats qui ne font que du judiciaire se retrouvent dans une situation de plus en plus difficile. Or ils peuvent faire autre chose que des procès, il faut le leur faire savoir », poursuit le président de la Commission.


Obligations renforcées


« Autre chose », c'est-à-dire du conseil, comme les avocats d'affaires savent déjà si bien le faire. Et pourquoi pas de l'immobilier, qui reste pour le moment du seul ressort des notaires ? « Autoriser les avocats à être notaire, pour moi, il n'en est pas question. Mais permettre à certains professionnels de traiter ce type de dossiers s'ils ont une spécialité reconnue, la question peut se poser », indique Jean-Michel Darrois, pour qui les deux critères les plus importants restent « l'intérêt du client et la sécurité » du service rendu. Une sécurité qui passe aussi, selon lui, par une amélioration de la formation initiale - « trop théorique aujourd'hui » - et un contrôle effectif des compétences pendant la carrière. « Il nous faut imaginer un système qui permette de vérifier qu'un professionnel, après plusieurs années d'exercice, est toujours un spécialiste du domaine dont il se revendique. »


De nouvelles activités donc, mais aussi des obligations renforcées. Notamment dans le domaine des tarifs pratiqués, dont l'opacité a été maintes fois critiquée par les entreprises et les associations de consommateurs, également auditionnées par la commission. « Une réglementation des tarifs n'est pas pensable car elle serait contraire aux exigences de libre concurrence de Bruxelles. Mais il faut rendre les honoraires plus prévisibles », reconnaît Jean-Michel Darrois.


MARIE BELLAN

févr.
15

Pourquoi les avocats portent-ils une robe ?

  • Par david.castel le
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Posté le 14-02-2008


Dans la catégorie (Le saviez-vous ?) par glloq8 - Trackback


En fait, la robe des avocats s'appellent une toge !


La toge d'avocat a été modifiée dans le temps mais au départ c'était une soutane de religieux, car en effet, au moyen âge, la justice était rendue par l'église !


Petite parenthèse, à cette époque, énormément de "procès" se terminaient par la peine de mort. Voici quelques exemples de peines de mort :


* Les auteurs de meurtres sont traînés sur une claie avant de subir la pendaison qui, en général, est réservée aux larrons

* Les criminels de lèse-majesté sont décapités

* Les faux-monnayeurs sont en principe bouillis dans un grand chaudron

* Les sorciers et sorcières, comme les hérétiques, les auteurs de crimes sexuels comme la bestialité, l'homosexualité ou l'inceste sont brûlés

* Les femmes sont plus facilement enfouies vivantes dans une fosse au pied du gibet ou brûlées comme les hommes, mais certaines peuvent aussi être pendues


Fin de la parenthèse, revenons à la toge des avocats.

En vertu de l'article 3 de la loi du 31 décembre 1971 les avocats "revêtent, dans l'exercice de leurs fonctions judiciaires, le costume de leur profession". Les robes d'avocat sont souvent confectionnées sur mesure, de nos jours, ces robes d'avocat sont faites dans différents tissus (panama, faille, serge, micro fibre, fine laine, laine froide, soie, satin). Le costume complet de l'avocat, se compose de :


* la robe avec boutons (traditionnellement 13 comme sur une soutane) noire

* l'épitoge : Les avocats parisiens, selon un usage ancien, portent une épitoge sans hermine. Elle est herminée lors de la prestation de serment, lorsqu'ils plaident en province, devant la cour d'assises ou au cours d'une audience solennelle de la cour d'appel. Les douze secrétaires de la conférence portent aussi l'épitoge avec fourrure blanche.

* une toque : Elle n'est plus utilisée. Désormais elle désigne la case dans le vestiaire des avocats parisiens. Jusque dans les années 70, ils communiquaient leurs pièces dans le carton de la toque. Le nom est resté.

* des gants blancs

* des accessoires supplémentaires peuvent être ajoutés : nœud papillon blanc lors de la prestation de serment...


La toge des avocats est en fait un uniforme, plus pour impressionner que par réel nécessité !


En ma qualité d'avocat, je ne me sens pas ridicule dans ma robe. Je serai bien plus désolé si à l'image des "barristers», avocats plaidants en Angleterre, je devais porter un ersatz de perruque. En cela, mes confrères britanniques sont, me semble-t-il, bien plus ridicules.


Cependant afin de compléter ce qui a été dit précédemment avec brio par cette chère juriste.

Je te rappelle que les robes actuelles des magistrats, rappelle les origines religieuses du pouvoir de rendre la justice. Elles étaient d'ailleurs composées à l'origine d'une soutane. Composée d'une robe noire qui ressemble à l'habit du clerc et complétée pour le Premier Président et le Procureur Général du manteau, une robe rouge d'origine royale, la robe des magistrats maintenant réunie en un seul costume, est le fruit d'une ancienne tradition que l'on date du XIIIe siècle.


Sous l'ancien régime, le sens, que l'on donnait à ces artéfacts, était naturellement bien différent.


Cependant, le port de la robe ne se limite pas aux seules professions judiciaires. Je pense ici aux confréries ainsi qu'aux universitaires qui ont eu aussi pour tradition de revêtir une robe, signe de ralliement d'une corporation.


Si, je puis comprendre que les justiciables puissent parfois ressentir le port de la robe par les professions de justice lors des audiences comme le symbole d'un corporatisme désuet, cet usage me paraît pleinement justifié.

En effet, le port de la robe s'il est un prestige, permet à ceux qui la revêtissent de se souvenir des devoirs propres à leur charge.


Par ce rituel, le magistrat comme l'avocat entrent dans l'effectivité même de leurs fonctions. Selon moi, revêtir sa robe permet en ce sens de se saisir toute la gravité et l'importance de nos rôles respectifs.


L'un de mes défunts mentors pour lequel j'avais le plus profond respect à savoir Maître Jean-Marc Varaut a dit un jour : " Endosser la Robe est un de ces rituels nécessaires afin de se mettre en conscience de servir la Justice"


J'ose espérer que cette conscience habite toujours tous mes confères ainsi que les magistrats que je suis amené à fréquenter, au moment de boutonner leurs robes et de redresser leurs rabats.


Ainsi, ce qui peut paraître comme ridicule ou accessoire pour un observateur extérieur, prend ici tout son sens, aussi symbolique que nécessaire au bon exercice de notre justice.

nov.
24

Le serment

  • Par david.castel le
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oct.
25

Me Cahen, l'inconnue qui divorce les célébrités

  • Par david.castel le
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LE FIGARO.FR

MATHIEU DELAHOUSSE.

Publié le 25 octobre 2007

Actualisé le 25 octobre 2007 : 08h03



« J'essaie de pacifier. Travailler dans l'intimité », explique Me Michèle Cahen, à propos de ses différents clients.


L'avocate qui a conclu la séparation de Cécilia et Nicolas Sarkozy est aussi décriée pour ses méthodes que jalousée pour sa liste de clients.


SITÔT passée l'annonce du divorce du couple présidentiel, elle affirme avoir repris sa place de « femme de l'ombre ». Elle refuse les photos et se montre peu dans les milieux judiciaires. Eux la connaissent bien : « C'est l'une de celles qui a la plus longue carrière dans cette spécialité. Alors, elle est très controversée et très jalousée », résume Béatrice Weiss-Gout, étiquetée comme elle « avocate du divorce ».


Le nom de Michèle Cahen s'associe d'abord à ceux d'une kyrielle d'illustres clients : Élisabeth Depardieu, Françoise Castro, ex-épouse Fabius, Marie Sara séparée d'Henri Leconte, Paul-Loup Sultizer, en guerre contre son ex-épouse Delphine, ou encore les époux Balkany, remariés depuis. « Elle est très perso, elle a un méga-réseau et c'est une vraie batailleuse », décrit une pénaliste parisienne. « Elle s'est très bien fondue dans les conflits familiaux qui sont très durs y compris pour les avocats, dit un autre. Dans ces moments-là, la confraternité n'existe pas. »


Avec son élégance un brin tape à l'oeil, tailleur Chanel, talons aiguilles et sourire permanent, celle que les méchantes langues du barreau surnomment « Joan Collins » en référence à l'héroïne de la série Dynasty, tisse ses relations depuis qu'elle a prêté serment en 1965.


« Elle a un côté magnétique, affirme sa consoeur Hélène Poivey-Leclercq. Mais aujourd'hui, quand je me retrouve contre elle dans un dossier, c'est qu'il y a une personnalité en face. » Le carnet d'adresses donc, mais la principale intéressée assure que sa clientèle provient de tous horizons. Et elle s'emploie à démentir sa tenace réputation de « tueuse d'hommes », qui parviendrait à faire grimper les prestations compensatoires versées par les maris : « J'essaie de pacifier. Travailler dans l'intimité. Obtenir un accord intelligent de la part des deux. »


Réformes à venir


À ses débuts, avant d'épouser exclusivement le droit de la famille, Michèle Cahen négociait des contrats de vente, notamment pour la griffe de prêt-à-porter Chloé. Avec son mari, l'avocat parisien Bernard Cahen, elle collabore aussi sur des dossiers criminels. Celui par exemple du meurtrier d'une prostituée du bois de Boulogne. Expérience singulière : pour le défendre, les deux avocats misent sur la génétique. L'accusé porte-t-il « le chromosome supplémentaire » que des études écossaises désignent alors comme le chromosome du tueur ? Est-ce une circonstance atténuante ? « La cour d'assises, évidemment, n'en a absolument pas tenu compte, s'amuse aujourd'hui Bernard Cahen. Notre client a été condamné. Je crois que c'est à partir de là que nous avons décidé de mener nos vies d'avocats séparément. » Suivent donc les premiers pas avec Violette Gorny, première grande spécialiste française du divorce. C'était dans les années 1980. « Nous étions les femmes de ménage du droit », se souvient l'une de celles qui a suivi le même chemin.


Réputation et fortune faites, Michèle Cahen songe aux réformes à venir, comme l'importation de contrats prénuptiaux américains. Les mariés connaîtraient à l'avance les conditions d'un éventuel divorce sans être « otages de procédures interminables ». Dans les couloirs du palais, l'idée est accueillie avec mépris. « Au fond, tranche une consoeur, elle est très américaine dans un monde qui ne l'est pas. »

oct.
19

Un avocat pourquoi faire ?

  • Par david.castel le

Si en principe les hommes naissent libres et égaux en droits, et s'ils ont décidé de vivre dans une société organisée, les aléas de la vie créent des déséquilibres et même des inégalités. Le premier rôle de l'avocat est d'être le porte parole de celui ou celle dont les droits sont menacés. Par ailleurs, toute personne poursuivie devant les juridictions répressives a le droit de se défendre et aussi le droit et même le devoir d'être assistée par un avocat. Lorsque la société décide de la poursuivre pour un crime ou pour un délit, il est un principe universellement admis que toute personne est présumée innocente jusqu'à ce qu'elle soit déclarée coupable et que toute personne a un droit naturel de se faire assister et de se faire défendre par le biais d'un technicien indépendant, l'avocat. Il en va de même de la partie civile, victime de l'acte incriminé.


C'est l'idée étroite que se fait le commun des mortels du rôle de l'avocat : défenseur plaideur devant les tribunaux répressifs ou « avocat pénaliste ». C'est l'effet « spectaculaire de la profession ». Or, la réalité de nos jours est toute autre et le champ d'intervention de l'avocat est beaucoup plus vaste. En effet, « il n'est pas un événement politique, économique, social, littéraire, scientifique, technique et même religieux qui n'ait un jugement d'échos dans les prétoires » (André Ginesse, «Seule la vérité blesse » ).


Par ailleurs, les activités économiques, quelle que soit leur nature, sont désormais régies par une multitude de textes, très souvent épars, généralement peu connus – c'est normal – des entrepreneurs.


D'autre part, la libéralisation de l'initiative entrepreneuriale, outre une concurrence sévère, n'obéissant parfois pas aux règles de l'éthique, introduit des difficultés relationnelles pouvant avoir de sérieuses conséquences sur la vie de toute entreprise


De même, les développements de la législation sociale, fiscale, commerciale, bancaire, financière ou autres, les arrêts jurisprudentiels en chaque matière et autres faits juridiques provoquent des interprétations divergentes, parfois préjudiciables au développement harmonieux de l'activité.


Pires sont les problèmes de la compétence (territoriale ou en raison de la matière), de la prescription des droits ou des délais de recours (qui varient en fonction de chaque cas d'espèce) et dont la négligence fait perdre aux justiciables des droits certains.


A travers ces quelques exemples, on peut déjà pressentir l'extrême complexité de ce qu'aucuns qualifient de « maquis juridique ».


Certes, toutes les personnes et toutes les entreprises ne sont pas forcément confrontées à ce « maquis » ; il est même manifeste que le droit est vécu par l'immense majorité des individus et des entreprises sans litige et donc sans procès. En effet, dans la majorité des cas, les relations se nouent et se dénouent à l'amiable. Cependant, le caractère incontournablement économique de la matière juridique (toute décision économique et sociale comporte un aspect juridique), fait que nul n'est à l'abri d'un litige, source de perte de temps et de déperdition d'énergies. Contre une telle éventualité, le management moderne retient le recours à un conseil spécialisé : l'avocat. Longtemps considéré par les entreprises comme un mal nécessaire (qu'il fallait consulter le moins possible), plutôt que comme un bien, l'avocat-conseil est devenu de nos jours l'assistant quasi-indispensable de la majorité des entreprises des pays développés. Les États Unis, le Japon et les pays de la communauté européenne, ont tous compris la nécessité de l'intégration de la profession d'avocat dans leurs stratégies économique et commerciale.


En effet, face aux mutations économiques, technologiques et sociales auxquelles toute personne physique ou morale est quotidiennement confrontée ; face aux défis personnels ou professionnels que cette personne souhaite relever, l'avocat est pratiquement le seul partenaire juridique valable pouvant offrir les garanties indispensables de confidentialité, de compétence, d'indépendance et de responsabilité.


L'avocat n'est plus un luxe, mais une nécessité. Il est l'outil juridique indispensable dont une entreprise bien structurée ne peut se passer de nos jours. Si le droit est aujourd'hui de plus en plus au cœur de la stratégie de l'entreprise, l'avocat est la dynamo de ce droit.


En effet, chaque jour apporte aux particuliers et aux entreprises son lot de textes législatifs ou réglementaires, son lot de circulaires administratives ou d'arrêts jurisprudentiels. En dehors d'un spécialiste du droit, la lecture et l'interprétation de ces textes ainsi que de cette jurisprudence sont souvent très difficiles pour un non spécialiste.


L'avocat est là pour informer son client des lois applicables à chaque cas d'espèce et sans doute est le seul à pouvoir naviguer dans ce labyrinthe de textes. L'avocat, qui suit quotidiennement l'évolution des textes ( promulgation, modification, abrogation, etc...) et de la jurisprudence ( avec ses revirements ), est à même d'informer l'entreprise sur la loi applicable et la tendance jurisprudentielle. L'avocat informe ses clients non seulement sur leurs droits mais aussi sur leurs devoirs.


A côté de l'information qu'il peut apporter à l'entreprise ou au particulier, l'avocat a un second rôle qui consiste à conseiller. Il joue dans ce cas le rôle d'avocat-conseil. Pour ce faire, il étudie comment mettre en œuvre un projet dans le strict respect de la loi et dans tous les domaines du droit ( droit des affaires, droit fiscal , droit des transports, de l'urbanisme, de l'environnement, des banques, du travail, etc...). Par ailleurs, le rôle de l'avocat-conseil consiste avant tout à éviter les procédures et à intervenir préventivement. Le conseil peut être oral ou écrit. On parle alors de consultation. Ce rôle de conseil juridique et fiscal est lié aux défis économiques et à la connaissance du risque contentieux. Pour pouvoir exceller dans ce rôle de consultant, tous les diplômes ne peuvent pallier le « sens juridique » si celui-ci fait défaut à l'avocat. En effet, si chaque personne a normalement cinq sens, l'avocat, lui doit avoir un sixième. C'est le « sixième sens juridique ».


Il peut en outre assister l'entreprise dans la conclusion d'un accord et essayer de trouver une solution négociée évitant le risque d'un conflit et l'enlisement de l'entreprise dans un litige, source de procès, de perte de temps et d'argent.


À côté de son rôle qui consiste à informer, conseiller, assister, l'avocat procède à la rédaction de tous actes et de tous contrats conformément à la réglementation en vigueur et aux intérêts de son client. Les actes que peut rédiger un avocat sont innombrables : statuts de société, d'association, contrat de bail commercial, professionnel, rural... ; contrat de travail, de vente, de prestation de services, de prêts ; contrat de licence ; de cession de fonds de commerce, de gérance-libre, de nantissement ; de vente d'actions ou de parts sociales, etc... L'avocat averti, en rédigeant lui-même un contrat ou tout autre acte, pense non seulement à l'intérêt des clients mais aussi aux moyens de défense que peut opposer une partie à l'autre en cas de litige. Généralement, un contrat ou un acte rédigé par un avocat spécialisé est net, clair et précis et englobe tous les points qui peuvent éventuellement prêter à confusion et même à contestation. Même un notaire se doit de consulter un avocat avant l'établissement de certains actes.


L'avocat peut en outre représenter une partie dans la conclusion d'un contrat, à la condition d'avoir reçu procuration spéciale.


Par ailleurs, si le sixième rôle de l'avocat est la défense du client, défendeur ou demandeur, devant les juridictions du pays, qu'elles soient civiles, commerciales, administratives, pénales, disciplinaires, etc..., et s'il peut aussi assurer cette défense devant les juridictions des pays étrangers ayant conclu une convention judiciaire avec la France, un rôle tout aussi important incombe à l'avocat : le rôle de « l'espoir ». En effet, la personne qui s'adresse à un avocat ne le fait généralement pas « de gaieté de cœur » mais en désespoir de cause et parce que toutes les portes ont étés fermées devant elle et qu'elle se sent perdue. Si l'avocat reçoit ce client perdu, abattu et parfois même hagard, son rôle est de le calmer et de lui insuffler l'espoir. L'avocat assume le rôle du psychologue. Que de justiciables n'avons-nous pas vu démoralisés en entrant dans le Cabinet d'un avocat et en ressortir confiants et souriants. Pour bien réussir ce rôle, l'avocat doit cultiver ce que l'on appelle « l'art de l'écoute ». Cet art ne s'apprend pas sur les bancs des facultés de droit, ni ailleurs. C'est un don que l'on peut développer au fil des années de pratique.


Autre rôle de l'avocat et pas des moindres est celui « d'amortisseur de chocs » en cas de décision judiciaire qui va à l'encontre de ce qu'attend le client. Cela émane de son devoir de délicatesse. En effet, l'avocat doit faire preuve de délicatesse au moment du compte rendu de la décision prononcée. Très souvent, on ignore le grand rôle de l'avocat lors de cette phase. Or sans avocats délicats, compatissants avec leurs clients et leur donnant un nouvel espoir en leur proposant de porter le litige devant une juridiction d'un degré supérieur, combien de juges n'auraient-ils pas été malmenés et même agressés ?...


N'oublions pas de signaler ici le rôle traditionnel et avant-gardiste de l'avocat dans la défense non seulement de son client mais aussi et surtout dans le combat qu'il mène pour veiller à la bonne marche de la justice. Un arrêt de la Cour de cassation a bien précisé que « le but du législateur dans la consécration du ministère de l'avocat est en même temps la protection de l'utilité publique et la réalisation de l'utilité privée ». La doctrine française considère que l'avocat constitue à lui seul un service public... Mais ce côté de la mission de l'avocat a été tellement développé par d'autres confrères qu'il serait vain de le répéter.


Par ailleurs, l'avocat pourra jouer le rôle d'arbitre, que ce soit au sein d'une institution spécialisée ou simplement parce que deux parties ont fait appel à son arbitrage. S'il a rendu sa sentence arbitrale, il va de soit qu'il ne peut se constituer pour défendre l'une ou l'autre des parties en cas de contentieux.


A côté de « l'avocat pénal » et de « l'avocat d'affaires », etc..., il faut souligner ici le rôle de « l'avocat politique », qui mène quotidiennement des combats, à l'intérieur et à l'extérieur des prétoires pour la défense des droits humains en général et pour l'instauration effective de la séparation des pouvoirs au sein d'une société menacée par un manque de démocratie, une politique davantage répressive et par la confusion de ses différents pouvoirs, politique, législatif et judiciaire.

Cet avocat est partout présent : au sein des partis politiques, au sein du Parlement, des collectivités locales, des associations pour la défense des droits humains et dans diverses autres organisations non gouvernementales. Son rôle est de dénoncer les abus du pouvoir répressif et non démocratique.


Notons que le nombre des juridictions étant considérable, le problème qui se pose en premier lieu à l'avocat est celui de la compétence de chaque juridiction. Laquelle choisir et comment combiner la compétence ayant trait à l'attribution avec celle ayant trait à la territorialité ?


Se posera ensuite à l'avocat le dilemme des procédures judiciaires ou extra-judiciaires qu'il serait conduit à suivre. Généralement, c'est l'avocat qui comprend le sens d'un constat, d'une sommation interpellatrice, d'une injonction de payer, d'une expertise, d'une saisie conservatoire, d'une saisie-arrêt, d'une saisie descriptive, d'un commandement immobilier, d'une vente globale de fonds de commerce, d'une action possessoire, d'une action pétitoire, d'un appel incident pour ne citer que les plus simples sans entrer dans les détails de minorités de blocage, de l'action en nullité ou en dissolution d'une société, du redressement judiciaire, de la faillite, de la responsabilité pénale des personnes morales ou autres.


L'avocat examinera non seulement les problèmes que posent les différentes prescriptions des droits ( qui se comptent par centaines ) mais aussi celles ayant trait aux voies et délais de recours. Si certains ( et qui sont extrêmement nombreux et variables ) commencent à courir à partir de la notification de la décision, d'autres en revanche le sont à partir du prononcé du jugement. Il y a des délais de 8 jours, de 10, de 15,... de 30 pour ne citer que ceux-là. Le non respect de ces délais rend le justiciable forclos de ses droits.


Seul un avocat peut « nager » dans ces méandres obscurs. Mais pour pouvoir le faire, l'avocat a besoin de disposer d'une infrastructure performante : bureaux, bibliothèques, photocopieuses, salle de réunion , archivages , ordinateurs, imprimantes, scaners, modems, internet, sémaphones, centrale téléphonique, téléphones mobiles, fax, voitures. Il a aussi besoin d'être tenu informé des dernières nouveautés en matière juridique : abonnement au Bulletin officiel, aux revues spécialisées, abonnement d'accès aux différentes banques de données juridiques existantes dans le pays, création d'une banque de données propre au cabinet ; achat d'ouvrages multiples, etc...


Un avocat est également confronté au paiement d'autres charges permanentes : loyers, eau et électricité, téléphone, fax, internet, fournitures de bureau ( papier imprimantes, papier photocopieuses, toner, cartouches, etc...


L'avocat est également tenu de payer des cotisations au Conseil de l'Ordre des avocats ainsi que les services rendus par ce dernier, des vignettes, des timbres.. D'autre part, plusieurs types d'assurances sont imposés à l'avocat. Outre les assurances des véhicules automobiles, l'avocat doit s'assurer contre la responsabilité civile, contre les accidents de travail, contre l'incendie, contre l'inondation, contre le vol... ; l'URSSAF est là aussi pour réclamer ses cotisations, ainsi que la Caisse Nationale des Barreaux Français.


Par ailleurs, l'avocat ne peut pas travailler seul devant le nombre impressionnant des juridictions.. Il a besoin d'avoir des associés responsables , des avocats collaborateurs, des avocats stagiaires, des secrétaires juridiques, des coursiers et des correspondants dans les autres villes. Dans un Cabinet spécialisé, l'avocat a parfois recours à des personnes étrangères au Cabinet, tel des docteurs universitaires ou des spécialistes en fiscalité, pour faire des recherches sur un point précis de droit.


C'est dire que le cabinet d'avocat constitue à lui seul aujourd'hui une véritable entreprise qui, pour bien fonctionner, doit elle-même être bien structurée et composée de personnes qualifiées, à commencer par les avocats eux mêmes qui doivent constamment se recycler, en passant par les collaborateurs, les secrétaires juridiques, etc.


Tout ce beau monde, a besoin d'être payé et bien payé pour mener à bien les taches que le cabinet d'avocat lui confie. Tout ce beau monde se déplace à longueur de journée, que ce soit à l'intérieur de la ville où se trouve le Cabinet ou en dehors de celle-ci entre les différents tribunaux et Cours ou entre les différentes administrations.


Au rythme où évoluent les juridictions, l'avocat d'aujourd'hui doit s'organiser de telle sorte qu'il puisse garder sa noblesse, sa grandeur et son idéal.


Les avocats sont-ils conscients des dangers qui les guettent avec cette mondialisation imposée et ces cabinets d'avocats étrangers implantés en France qui menacent pour le devenir de l'avocat classique, l'avocat traditionnel. Nonobstant la différence dans les moyens mis en œuvre par ces nouvelles sociétés, ni leur intégration et leur maîtrise du milieu des affaires, de nombreux problèmes se poseront dans le futur. Le premier en fait est qu'il s'agit là de succursales multiples dont le siège social se trouve à mille lieux d'ici et par conséquent échappent à tout contrôle. Le deuxième danger et non des moindres est l'alimentation de ces sociétés par des capitaux extérieurs à la profession d'avocat. Les détenteurs de ces capitaux pourront se servir des avocats pour attirer une clientèle dont ils conserveront le monopole. Le troisième danger viendra du non équilibre entre les cabinets classiques et ces nouvelles sociétés multinationales qui engendrera une mainmise sur le cabinet de l'avocat traditionnel auquel ne restera d'autre choix que le salariat. Mais encore faut-il qu'il remplisse les conditions qui seront posées par les capitaux extérieurs. Après avoir vendu son eau, son électricité, son téléphone... et même ses ordures, viendra un jour où la France verra la vente des cabinets de ses avocats ( plutôt leurs fermetures ) et n'ayons pas peur des mots, la vente de l'indépendance de ces avocats.


Dispersé, atomisé, mangé, et bientôt envahi, l'avocat aujourd'hui n'est pas au bout de ses peines. Les mentalités et le niveau encore trop bas d'une grande partie du monde judiciaire que doit « affronter » l'avocat à longueur de journée pour faire valoir les droits de son client font que l'avocat travaille dans des conditions draconiennes et sous pression. Certains juges, à qui on a inculqué à l'avance un certain préjugé sur l'avocat, ne lui facilitent pas la tâche non plus. Leur comportement vis à vis des jeunes avocats laissent beaucoup à désirer. Au lieu de leur tendre la main, de les guider, de les orienter, ces mêmes juges et heureusement qu'ils ne sont pas très nombreux, excellent dans le soupçon, dans l'agressivité et dans l'intimidation. Pourtant ce sont les avocats qui forgent un juge et non l'inverse.


« l'avocat naît avocat tandis-que le juge ce sont les jours qui le façonnent ! ». Plus, ces mêmes juges ne trouvent généralement refuge qu'auprès des avocats pour les défendre ou défendre les leurs, pour publier leurs recherches scientifiques dans les différentes revues des barreaux et leur ouvrir grandes les portes de la profession lorsqu'ils décident de quitter le corps de la magistrature pour devenir avocats. Afin d'assurer un meilleur service judiciaire, les avocats et les magistrats doivent cohabiter dans un climat serein, responsable et emprunt de respect mutuel. L'absence de ce climat fait perdre aux uns et aux autres leur crédibilité devant le justiciable et porte atteinte et au corps des avocats et à celui des magistrats.


Par ailleurs, les déboires quotidiens de l'avocat avec certains services du greffe font que le plus endurci et le plus patient des citoyens aurait « déposé les armes » depuis le premier mois de leur fréquentation. Faire un tour au service du registre du commerce donnera une idée de ce que vit l'avocat et l'exemple de ce service est transposable à presque tous les autres services du greffe dans les autres tribunaux ou cours. Le manque de moyens, le manque du personnel dans ces services et l'étroitesse des locaux rendent le travail du greffe et par conséquent de l'avocat des plus difficiles qui soient.


Enfin, n'oublions pas que le client en confiant son dossier à l'avocat se « décharge » sur ce dernier de son problème et c'est l'avocat « qui le vit » désormais avec toute la pression imaginable et inimaginable. Sa seule récompense est souvent morale : avoir gagné une procédure pour laquelle il a tant bataillé, tant attendu et tant espéré. Sa souffrance n'est pas descriptible lorsqu'un jugement vient débouter son client dans une affaire claire et qu'il a en plus bien ficelée et dans laquelle d'autres considérations que celles de l'équité ont joué. On remarquera cependant que malgré son rôle primordial dans le juridique ou dans le judiciaire, l'avocat reste le mal-aimé de la justice et n'est pas pour autant le bien-aimé du justiciable. Cet état de fait mérite une étude particulière mais soulignons tout de même que la responsabilité d'une telle situation incombe non seulement à chaque avocat mais aussi et surtout à ceux qui n'ont pratiquement rien entrepris pour vulgariser et la nécessité du droit dans la société et le rôle ou les rôles que joue l'avocat en tant que dynamo de ce droit. Sans droit, c'est la jungle et une personne qui a décidé de vivre seule dans une île n'a pas besoin de lois. Le droit ne se conçoit que dans un environnement social ( J.J. Rousseau ) composé de plusieurs personnes dont les intérêts sont contradictoires et la loi intervient pour réglementer leurs droits et leurs devoirs à commencer par leur vie familiale. Le but du droit c'est d'assurer la sécurité de l'individu et l'organisation de la société. Personne ne peut imaginer une ville sans feux et sans panneaux de signalisation par exemple. C'est la loi de la circulation. Tel est le cas dans tous les autres domaines de la vie en société : politique, économique, sportif, familial, ... que nous ne pouvons tous citer ici. Sans avocat, le droit restera statique, sans âme. Par conséquent la société tout entière ne peut se passer de ses avocats.

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