nov.
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BILLET D'HUMEUR

  • Par d.chapelin-viscardi le
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Notre profession subit les avatars de la législation

Il ne s'agit pas de mettre en cause le législateur avec un grand L ou deux grandes ailles suivant ce pour qui il se prend- celui-là ne peut que se tromper car le vent de l'opinon publique est trop fort pour qu'il puisse garder le cap

Non je pense à l'irresponsable suprème - ce besogneux dont je recherche vainement l'identité - cette poule pondeuse de réglementations

Celui qui s'est fait une spécialité de nous sortir entre le 20 et le 30 décembre les décrêts d'application de textes devant entrer en vigueur le le 1er janvier

Dès les premiers jours les commentateurs s'étranglent et s'égosillent - mais le mal est fait.

Je pense alors - corrélativement - à ce pauvre maçon dont le mur se lézarde quelques années plus tard après son édification - et le juge , et l'expert , et le client, et l'association de consommateur pour lui rappler qu'il en a pris pour 10 ans de garantie.

Je me prends à rêver qu'on traîne alors à la requête de la nation toute entière ce rédacteur incapable devant le juge suprème , innamovible, irresponsable également celui-là ( il faut bien lui permettre quelques erreurs judiciaires) mais ne disposant que d'un seul code avec un seul article : " l'homme et la société sont gouvernés par le bon sens partagé "

Alors à titre de peine principale je proposerai qu'il vienne , ce rédacteur anonyme, faire un stage au cabinet pour mettre en oeuvre ses propres innovations ( bien qu'alors je craigne qu'il ne se retranche derrière la convention européenne des droits de l'homme en raison de la barbarie d'un tel traitement ) ou pour le confronter à quelques réalités et expériences qui lui font défaut

Mais c'est un rêve et j'ai crainte qu'il continue de me persécuter jusqu'au jour où je l'identifierai

Et alors je découvrirai un jeune homme aimant le droit, passionné de ce qu'il fait, mais devenu fou d'organisation et de cases à cocher, spécialiste du montage des usines à gaz qui n'aura qu'une différence avec moi : celle d'avoir perdu le contact avec le sol

De la législation à la lévitation il n'y qu'un pas - vertical !


2 commentaires

l'avènement des petites cases

  • Par Danielle SARRIOT le

Ma spécialité n'est pas la justice néanmoins, dans le journal, c'est la rubrique que je regarde en premier et mon intérêt est entier.

Votre billet d'humeur me parle y compris dans l'analyse que vous faîtes. Il y a déjà un certain nombre d'années qu'avance à grands pas la primauté des petites cases à remplir. Dans une profession où j'écoutais des gens aux activités très variées, je l'ai vue se faufiler partout avec la conséquence de stresser chacun dans son travail et l'effet pervers de déresponsabiliser par rapport à la réalité et à l'humanité.

Je n'en donnerai qu'un exemple vécu qui m'avait confirmé en 2002 ce que j'entendais alors dans la pratique de ma profession.

Dans une clinique où j'avais été opérée, la garde de nuit lors de son tour dans les chambres est entrée, a longé mon lit, l'a contourné est allée jusqu'à la table au coin mettre une croix sur une feuille. J'avais les yeux ouverts, elle est revenue pour sortir, j'attendais qu'elle me regarde, elle est ressortie sans l'avoir fait.

Le règlement avec, en fin d'année les évaluations pareillement constituées de cases à remplir, avait transformé la nature même de sa surveillance devenue : prouver que je suis passée en lieu et place de vérifier que tout se passe bien pour le malade.

Quant au pourquoi de ceux qui inventent et rédigent ces processus, celui que vous donnez me paraît juste mais j'en ajouterai un autre : Dans cette société où la marge de liberté, d'initiative, est de plus en plus réduite car il est plus simple de gérer des moutons que des humains...il peut y avoir un effet inconscient voir un besoin tout aussi inconscient de prendre un petit pouvoir là où l'on peut.

Obliger les autres à remplir des petites cases ce qui part du principe qu'il ne faut rien laisser à l'initiative de chacun etc. etc. peut, me semble-t-il, être pour certains sinon de l'ordre du plaisir au minimum de celui d'une certaine satisfaction. Etre celui qui décide des détails auxquels d'autres devront se plier peut avoir un côté jouissif pour qui n'est pas assez libre dans sa tête pour ne pas éprouver un besoin de pouvoir si communément partagé et pourtant si stérile en tant que tel.


Cher Confrère,

  • Par nicolas.creisson le

Je parle de vous ici.


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