juil.
23

L'outrage au drapeau

  • Par nicolas.creisson le
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On se souvient de la réaction de notre Garde des Sceaux qui avait demandé que des poursuites pénales soient engagées à l'encontre d'une personne qui se serait essuyé le postérieur par un drapeau français, sur une photographie, dans le cadre d'un concours.


Cependant, son porte parole s'était empressé de rajouter : "Si le droit actuel se révélait être lacunaire sur ce point, alors il faudrait le faire évoluer, et Michèle Alliot-Marie le proposerait", a conclu le porte-parole.


(Rappelez-vous de l'excellent article de Laurent Epailly : Drapeau bas ! ).


C'est chose faite :


Au JORF n°0168 du 23 juillet 2010, page 13589, est publié un décret n° 2010-835 du 21 juillet 2010 relatif à l'incrimination de l'outrage au drapeau tricolore


Extrait :


Le chapitre V du titre IV du livre VI du code pénal est complété par une section 11 ainsi rédigée :


« Section 11


« De l'outrage au drapeau tricolore


« Art. R. 645-15. - Hors les cas prévus par l'article 433-5-1, est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe le fait, lorsqu'il est commis dans des conditions de nature à troubler l'ordre public et dans l'intention d'outrager le drapeau tricolore :

« 1° De détruire celui-ci, le détériorer ou l'utiliser de manière dégradante, dans un lieu public ou ouvert au public ;

« 2° Pour l'auteur de tels faits, même commis dans un lieu privé, de diffuser ou faire diffuser l'enregistrement d'images relatives à leur commission.

« La récidive des contraventions prévues au présent article est réprimée conformément aux articles 132-11 et 132-15. »



Ainsi, l'infraction ne sera constituée que s'il y a intention d'outrager le drapeau tricolore.


C'est très intéressant car, en principe, l'élément intentionnel n'a pas à être rapporté en matière contraventionnelle.


Encore plus intéressant, le 2° : celui qui l'a détruit, détérioré ou utilisé de manière dégradante sera également sanctionné s'il diffuse ou fait diffuser l'enregistrement d'images relatives à la dégradation.


Ainsi, le journaliste qui photographie et diffuse une image de manifestant brulant un drapeau ne pourra être puni puisqu'il ne l'a pas lui-même brulé.


De même le photographe qui participe à un concours en mettant en scène un homme s'essuyant le postérieur avec un drapeau ne pourra pas être puni pour la même raison.


Bizarre, bizarre...


C'était justement l'hypothèse de départ...







4 commentaires

Bien vu!

  • Par dominique.jourdain le

Et dire que l'équipe qui a pondu cette daube doit être gratifiée de salaires avantageux...


Excellent

  • Par sylvie.lore le

j'y avais même pas pensé...

  • Par vuparmwa le

bien vu, je n'y avais même pas pensé... c'est sans doute pour cela que je ne suis que moi...


Sinon, vu tous les gens qui ne me suivent pas dans ce délire, j'aimerais poser une question : qu'est ce qu'un outrage au drapeau ?

enfin, je veux dire à partir de quel moment les faits peuvent être pénalement qualifiés d'outrage au drapeau...?


Qui peut me dire ce qu'est juridiquement qu'un outrage au drapeau ?


RE: j'y avais même pas pensé...

  • Par nicolas.creisson le

Et bien, c'est très simple, la définition en est donné par le texte légal : c'est le fait "de détruire celui-ci, le détériorer ou l'utiliser de manière dégradante".


Maintenant, en français, l'outrage est une "offense grave".


Voila.


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