Toutefois, pour être objectif, souvenons-nous de l'affaire BUFFET et BONTEMPS:
L'un était coupable, l'autre non: moralité, tous deux ont été guillotinés
On nous annonce la fin des citoyens jurés tirés au sort devant les Cours d'assises. Mais savez-vous ce qu'est un jury populaire ?
Et bien, je vais vous l'expliquer en vous contant une petite histoire tout à fait authentique.
C'est l'histoire de Marie-Emilie.
Pour l'heure, elle est dans le box des accusés et regarde avec angoisse la porte de la salle des délibérations.
Elle a 27 ans et va probablement être guillotiné.
Peut-être son avocat sauvera-t-il sa tête, mais il ne pourra certainement pas éviter le bannissement.
Car un soir de réveillon, elle a froidement tiré dans la nuque de son mari.
Elle avait acheté un petit revolver deux jours auparavant, la préméditation est donc établie.
Oh, bien sur, elle a agit pour mettre fin à un calvaire : coups, humiliations, prostitution... Mais comment échapper à cet enfer quand on est mère de trois enfants ?
Oui, voila la bien triste vie de Marie-Emilie qui n'espère rien du verdict attendu.
Et que pourrait-elle espérer puisqu'elle a avoué, que toutes les preuves sont là et que sa culpabilité ne fait aucun doute ?
Soudain la sonnerie retentie, les jurés prennent place, le président rappelle les textes, fait les déclarations d'usage, puis .... «Acquittée !».
Un jury populaire, c'est ça, tout simplement...
Et c'est ça que nous allons peut-être perdre !
Cette histoire est celle de Marie-Emilie Pompilius, acquittée par la Cour d'assises des Bouches du Rhône en 1897. Je remercie Laetita SARIROGLOU qui a rappelé cette histoire dans un supplément de la Provence « Faits divers en Provence », publié en mai 2010.
Photo : Clémentine Delzanno
Toutefois, pour être objectif, souvenons-nous de l'affaire BUFFET et BONTEMPS:
L'un était coupable, l'autre non: moralité, tous deux ont été guillotinés
Certes Buffet n'a pas tué (sauf erreur, la Cour l'a reconnu dans son verdict).
Cependant, il a été reconnu comme complice...
"Sera puni comme auteur principal le complice de l'infraction"...
1000 pardons, vous avez raison (je viens de vérifier dans l'Abolition de Badinter).
Mais mon précédent commentaire, sur la complicité, reste valable.
Tout celà pour dire que jamais des magistrats professionnels ne pouraient acquitter une personne qui est de toute évidence coupable.
Je suis, et reste, attaché au jury populaire.
J'avais lu l'Abolition, au moment de sa parution.
C'est sans doute à cause de ce livre que Robert BADINTER a défendu Patrick HENRY.
L'histoire d'Emilie est touchante.
Moi aussi, je suis attachée au jury d'Assises.
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