En ce qu'il représente un processus global et raisonné le droit collaboratif s'avère à la fois novateur et profitable à toutes les parties intéressées (y compris à l'Etat en ce qu'il peut engendrer des économies certaines à l'institution judiciaire en permettant une solution négociée en amont par l'avocat).
Le droit collaboratif s'inscrit pourtant dans le droit fil de notre pratique professionnelle en matière notamment de divorce par consentement mutuel.
Qu'en est il dans les faits ?
Tout le monde s'accorde à dire que l'audience fixée en bout de course devant le juge du divorce se déroule très rapidement en règle générale dans les procédures de divorce amiable (même si ce faible temps semble encore trop long et couteux au regard des exigences de la RGPP), ce temps "court" n'est pourtant que le pendant d'un temps "long" des discussions et parfois de négociation entre les époux qui souhaite s'engager dans un processus de divorce amiable et leur avocat.
Une fable (qui prête à sourire pour les praticiens) voudrait que le processus complet du divorce par consentement mutuel ne soit qu'une formalité, une chose simplissime qui ne constituerait même pas d'ailleurs un processus.
Notre réalité quotidienne est radicalement différente, le cas d'école (évoqué en son temps par Madame DATI) du couple sans biens, sans chien et sans enfants et dont l'accord est totalement acquis à la fois sur le principe et sur le conséquences du divorce est, la plupart du temps une fiction.
Un couple se rapproche d'un avocat (en général l'un des époux avant les deux), ils sont tristes, perturbés, déboussolés. Ils aimeraient bien divorcés, puisque tel est l'intention d'au moins UN DES DEUX (l'autre subi en général la situation et là réside nombre d'enjeux et de danger) mais ils même pas idée des sujets sur lesquels il convient de trouver un accord.
C'est sur l'impulsion et avec la participation de leur avocat que ces enjeux vont se revéler en général pour la PREMIERE fois.
A partir de là un processus (qui à mon sens dans les faits n'est déja pas si éloigné du droit collaboratif ou à tout le moins en constitue les prémices) va se mettre en place.
La collaboration active des conjoints guidés par leur avocat qui les informe des conséquences juridiques de telle ou telle option et les invite à être toujours sensible au besoin d'EQUILIBRE des conventions dont le juge reste TOUJOURS LE GARANT EN DERNIER LIEU.
Insistons en dernier lieu sur ce point FONDAMENTAL, ce n'est UNIQUEMENT parce qu'une TIERCE personne (le juge)
IMPARTIALE, INDEPENDANTE ET QUI N'EST PAS EN AFFAIRE AVEC LES EPOUX reste saisie d'un pouvoir de CONTROLE et le cas échéant de CENSURE des accord pris (refus de prononcer le divorce y compris amiable si celui-ci est manifestement déséquilbré) que L'AVOCAT peut mener à bien la formalisation d'accord équilibré entre les époux.
Disons le clairement si une telle "épée de Domaclès" (que nul autre que l'autorité judiciare ne peut incarner) n'existait en dernier lieu d'une manière ou d'une autre, nombre sont les accords totalement déséquilibrés qui seraient conclus (ou tentés de l'être) sans que l'avocat puisse invoquer le pouvoir d'appréciation du juge.
Combien de fois n'ai je vu en mon Cabinet des époux qui étaient TOUS LES DEUX D'ACCORD sur des arrangements totalement inéquitables voir profondément choquants.
C'est uniquement grace à l'invocation du pouvoir de contrôle du juge que l'avocat peut m'être alors en oeuvre un processus "collaboratif" qui permet de rétablir de l'équilibre dans les conventions de divorce "amiable".
A cet égard rappelons que nous constatons souvent dans nos Cabinets que la limite entre "l'amiable" et le "contentieux" est souvent tenue et qu'il suffirait de pas grand chose (ce qui arrive parfois) pour que l'accord des époux ne puisse plus être trouvé (ce qui démontre qu'il faut souvent aller le CHERCHER).
En conclusion, il m'est permis d'avancer que, quel que soit le sort réservé à la reconnaissance du "droit collaboratif", que j'appelle de mes voeux pour les raisons évoquées au début de ce texte, ce dernier existe déja partiellement EN FAIT dans notre pratique professionnelle dont l'objet même est d'aller chercher, puis de trouver l'accord total des époux permettant leur divorce par consentement mutuel dans tous ces ascpects.
Yacine ZEMMAM - Avocat





Derniers commentaires